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 Sympathy for the Devil

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DOSSIER ETUDIANT
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Darius Lestrange

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Situation Amoureuse : En couple.

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MessageSujet: Sympathy for the Devil   Lun 9 Juin 2014 - 14:09

  Drago vient d'ici.


Drago avait fermé les yeux et essayé de jouer le jeu de Myosotis pendant ce qu'il lui avait semblé être une éternité. Il avait repensé à cette journée de juin où il était rentré sans escorte chez lui. Cette journée même où, en poussant la porte, il avait entendu ses parents se disputer au sujet de leur hypothétique ruine. Cette journée où ils lui avaient annoncé que pour se sortir de ce mauvais pas, seul son mariage avec Mylénie de Fier-Castel pouvait les sauver.

Un voile lumineux s'était brusquement posé sur ce souvenir et, en lieu et place de la dispute qui avait suivi, cette dispute acerbe qui avait duré des heures et abouti à son acceptation, il s'entendit dire non, et sourit. La scène s'était évaporée sous ses yeux, lambeaux par lambeaux, et il était resté dans le noir le plus complet. Il n'entendait rien, ne sentait rien. Il était enveloppé de calme et il avait le sentiment de n'être plus qu'une enveloppe flottant à l'intérieur de lui-même. Le souvenir détesté n'existait désormais plus, il le savait. Il s'était disloqué morceaux par morceaux pour laisser place à autre chose...

Soudain, il sentit la réalité reprendre possession de son âme. Il sentait à nouveau le poids de ses membres, la moindre parcelle de sa peau, l'air stagnant dans ses cheveux. Il faisait chaud, moite. Sa tête lui tournait comme s'il avait fait un long voyage. Il était épuisé.

Le son d'un robinet parvint à ses oreilles. Il sentait chacune des gouttes résonner dans sa tête.

Il ouvrit doucement les yeux.

-Bien dormi, mon amour ?

Drago se raidit : en face de lui, à l'autre bout d'une baignoire circulaire en marbre noir, Mylénie lui souriait. Il écarquilla les yeux d'horreur. La jeune femme aux yeux globuleux avait le sourire le plus carnassier qui soit. Ses longs cheveux blonds pâles lui retombaient sur les épaules et s'enfonçaient dans l'eau au niveau de sa poitrine. Leurs pointes mouillées étaient rouges. Rouge sang.

Incapable de dire un mot, l'alpha comprit qu'il baignait dans des litres d'hémoglobine. Il se leva brusquement, et regarda autour de lui, haletant de peur : les murs étaient couverts d'inscriptions sataniques. Des chandeliers d'argent aux bougies noires les éclairaient d'une lueur funèbre. Des tableaux représentant des scènes de torture et de massacre avaient été disposés ça et là. Au plafond, des dizaines de têtes de poupées aux yeux crevés flottaient dans les airs. Mais le pire était le jeune homme mort qui avait été cloué au dessus de la baignoire, la tête en bas, les bras en croix et les yeux révulsés. Ses veines tranchées gouttaient dans le bain.

L'alpha manqua de vomir et se dépêcha d'en sortir :

-Où sommes-nous ? articula-t-il d'une voix blanche.

Mylénie qui sirotait une coupe remplie de vin, du moins il l'espérait, parut surprise de la question :

-Chez nous, mon amour.

-Chez nous ?!

Drago regarda à nouveau autour de lui, révulsé :

-Mais comment... ?! Mais...

Ce n'était pas possible ! Il s'était vu dire non à ses parents. Il l'avait crié haut et fort. Il n'avait jamais lâché ne serait-ce qu'un centimètre de victoire à son père. Il se voyait même quitter sa demeure et leur tourner à jamais le dos. Comment pouvait-il être avec Mylénie ?! Pourquoi ?!

-Ce n'est pas vrai ! Ce n'est pas réel ! Ça ne peut pas être réel ! s'exclama-t-il, horrifié.

-Oh mon amour, je te comprends... Moi aussi je suis si heureuse que je me demande parfois si tout ceci est la réalité. Et pourtant...

Elle désigna une bague à son annulaire :

-Ça l'est. Nous sommes mariés...

L'alpha tressaillit et ses yeux glissèrent jusqu'à sa propre main. Ce qu'il y vit lui fit fermer les yeux de désespoir.

-Et nous allons être plus heureux encore, puisque le grand jour est enfin arrivé. reprit la blonde vénéneuse.

Elle se leva avec difficulté et tandis qu'elle se redressait doucement et lui faisait face Drago hoqueta. Son ventre était distendu, énorme. Et quelque chose semblait gigoter à l'intérieur, quelque chose qui glissait sous la surface comme un long reptile. Mais Mylénie en semblait fière et caressait son ventre avec amour.

-Ce soir,  devant toute l'assemblée de nos aînés et de nos frères, je donnerai naissance au fruit de notre amour. Je donnerai naissance au futur Maître des Ténèbres ! lança-t-elle, extatique, avec les yeux d'une illuminée.

Elle tendit ses bras sanguinolents vers lui et avança d'un pas lent, ses gigantesques yeux bleus ne lâchant pas leur proie :

-Embrasse-moi. susurra-t-elle.

Drago recula et manqua de trébucher. Le mur le bloqua. Mylénie stoppa à quelques centimètres de son visage :

-Tu ne veux pas m'embrasser ? demanda-t-elle sur un air de défi.

L'alpha secoua la tête, révulsé. La sorcière n'eut pas l'air plus étonnée que ça :

-Oh, quelqu'un ne veut pas être un garçon docile aujourd'hui ?

La jeune femme posa doucement un index sur un médaillon en or qu'elle portait autour du cou, un bijou serti d'émeraudes et d'améthystes, qui semblait avoir de centaines d'années.  

-Tu sais pourtant ce qui arrive quand tu ne veux pas être un garçon docile. Tu sais que tu ne peux pas me dire non et ce, depuis le premier jour. Pourquoi ne veux-tu pas apprendre ? murmura Mylénie comme si elle s'adressait à un enfant.

Elle caressa le visage de Drago, qui tenta de se dérober :

-C'est dommage. Un si joli garçon...

Elle saisit brusquement son collier et ordonna sur un ton glacial :

-Embrasse-moi.

Ce fut comme si un millier de seringues se plantaient dans le crâne de Drago. Un sifflement suraigu manqua de lui faire saigner les tympans et il se courba sous l'effet de la douleur. Finalement, bien malgré lui ses membres se mirent en mouvement et enlacèrent Mylénie. Il posa ses lèvres sur les siennes et elle sourit :

-Gentil garçon... finit-elle par dire. Mais malheureusement tu sais que tu dois être puni.

Elle saisit à nouveau son bijou et l'alpha s'avança vers le miroir, mû par une force invisible à laquelle il ne pouvait échapper. Il s'aperçut pour la première fois depuis son réveil : il avait les cheveux taillés courts, et les traits creusés d'un homme malade. Des cernes noires soulignaient ses yeux embués de larmes. Son corps maculé de sang était recouvert de cicatrices et de coupures. Sur son avant-bras, la marque des ténèbres avait été dessinée. Il se vit ouvrir un tiroir et en tirer un couteau. Il planta sans émotion la lame dans sa cuisse et y dessina une énième scarification.  La douleur était abominable.

-Et maintenant disparaît... fit Mylénie derrière lui.

Elle baissa tristement la tête :

-Je suis si fatiguée...

La porte s'ouvrit et Drago n'attendit pas son reste. En boitant, il longea les couloirs : il était dans son ancienne demeure, qui se trouvait dans le quartier huppé de la Wow. Les lieux avaient énormément changé, et sentaient la magie noire à plein nez. D'un pas chancelant, il entra dans sa chambre, et saisit quelques vêtements. Il en déchira un, se fit un bandage de fortune, et enfila les autres d'une main tremblante. Puis, il dévala les escaliers qui le séparaient de la porte d'entrée.

Il devait trouver Grandiflore.

Il devait la trouver vite.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Mar 10 Juin 2014 - 3:25

Myosotis hoqueta.

Elle se sentait horriblement nauséeuse. Les transferts magiques et autres transplanages, c'était pas fait pour elle. Et si elle était prête à faire des concessions pour la bonne cause, son estomac ne semblait pas du même avis.

Elle redressa la tête : elle était recroquevillée, dans un coin de la chambre qu'elle occupait, à l'étage de la citrouille géante qui servait de QG aux Gammas. Tout avait l'air normal : ses innombrables plantes disséminés un peu partout, ses livres étalés par terre qu'elle se promettait toujours de ranger sans jamais rien en faire, sa pile de vêtements hippies, posée sur l'unique chaise de la pièce... Oui, tout lui semblait familier... sauf que quelque chose clochait.

Quelque chose clochait. La semi-dryade le sentait à travers chaque fibre de son corps. Le Grand Potiron lui même semblait savoir quelque chose : il semblait gémir, pour qui pouvait entendre son langage végétal. Tout ça ne disait rien qui vaille à la fille-chlorophylle, qui se releva, et dégaina sa baguette, aux aguets sans réellement savoir pourquoi.

Elle fit quelques pas en avant, et baissa la tête. Elle sentit aussitôt son cœur se serrer : ce sur quoi elle venait de buter n'était autre que sa poupée vaudou, qui gisait lamentablement à terre.

- Bibi... gémit-elle.

La française prit la poupée entre ses mains, mais cette dernière n'eut pas la moindre réaction. Et pour cause : ce n'était qu'un objet inerte. Dans ce présent-ci, Myo n'avait pas du trouver le sortilège pour lui donner vie. Bibi, telle qu'elle la connaissait et qu'elle la côtoyait depuis déjà plusieurs mois, n'existait pas.

Tout en fourrant la poupée dans sa poche, Myo ne put s'empêcher de laisser échapper une larme silencieuse.. et une douleur lancinante, profondément plantée dans son orbite, lui arracha un cri.

- Bordel de chiottes ! s'exclama-t-elle.

Elle posa ses mains sur son visage, et, sous ce que ses doigts sentirent, son cœur se serra d'effroi.

- Mais qu'est-ce que... ? commença-t-elle.

Sous une impulsion, elle se précipita sur son sac qui traînait par là, et le vida sur le sol avec affolement. Quelques bouquins s'étalèrent sur la moquette.  « L'Art d'Ensorceler vos Fleurs », « Les Sorts Végétaux de A à Z », « Comment faire son propre engrais de licorne »… Myo ne reconnaissait aucun des titres. Mais c'était le cadet de ses soucis.
Elle se saisit de son vieux miroir à double sens, tombé sur les volumes. Ce n'était pas le modèle flambant neuf que les parents de Kim lui avaient offert, mais il n'y avait rien d'étonnant : qui disait nouvelle réalité, impliquait quelques changements dans les détails. D'une main tremblante, Myo tint la glace jaunie devant son visage, et regarda droit dedans.

Elle blêmit.

Ce changement de détail là était effarant. Elle était... méconnaissable. Défigurée. Une épaisse et vilaine cicatrice, rouge et boursouflée, zébrait tout le côté droit de son visage, de son sourcil vert jusqu'au bas de sa joue. Son œil, quant à lui, était camouflé sous un cache noir digne d'un pirate, qu'elle aurait pu trouver amusant dans d'autres circonstances.

- Oh mon Dieu... murmura-t-elle, d'une voix blanche, tenant toujours le miroir à bout de bras. Qu'est-ce qui s'est passé ?!

Un cri s'éleva à l'étage du bas du QG des Gammas, suivi par un grondement inhumain qu'elle ne connaissait hélas que trop bien.

- Oh non... OH NON !

Elle se précipita hors de sa chambre, et dévala les escaliers comme une dératée.

Le grand salon du Potiron était dévasté. Le canapé était renversé, les rares meubles brisés.
Et comme dans le pire des cauchemars, le monstre vert et écailleux qui l'avait pourchassé pendant tant de mois était là, grondant et montrant ses trois rangées de crocs à un pauvre Gamma retranché dos contre le mur orangé. Ce monstre, c'était Miss Krapull, mais la bête qu'elle était sous cette forme ne ressemblait guère à la jolie blonde glaciale que tous les étudiants connaissaient. Ce n'était plus qu'une horreur aux allures de mante religieuse géante, recouverte d'écailles vertes mordorées, et aux griffes tranchantes comme des lames de rasoir. Myo l'avait battue et réduite à l'état d'être humain permanent jadis... mais à l'évidence, ce n'était pas le cas dans cette réalité-là.

La sorcière aux cheveux verts sentit son sang se figer : le Gamma vers lequel cette saloperie de monstre se dirigeait lentement mais sûrement n'était autre que Titus.

- NON ! TITUS ! hurla-elle, épouvantée.

Le cowboy, qui tendait courageusement sa baguette vers le monstre, aperçut la jeune femme, et fronça les sourcils :

- MYO ! T'APPROCHE PAS ! J'foutrai ma baguette au feu que c'est la saloperie qui a t'a éborgnée et qui a tué Naëll dans ce foutu parc !

- T... tué Na.. Naëll ?

Naëll, mort ? La fille-chlorophylle cligna de son œil gauche. C'était insensé ! Elle s'était bien faite attaquée, il y a longtemps, dans un parc, par cette monstruosité écailleuse, mais ce n'était pas Nemo qui était venu lui prêter main forte ! C'était Titus ! Bibi était allée le prévenir, et...

Oh bordel. Bibi.

Bibi n'avait pas pu aller le prévenir, puisqu'elle n'avait jamais été en vie.

- Oh mon Dieu.. qu'est-ce que j'ai fait... murmura Myo, tétanisée, alors que des larmes brûlantes montaient dans son œil encore valide.

Mais ce n'était pas le moment de s'épancher sur son ami sacrifié. Le monstre s'était retourné prestement en entendant la voix de la jeune femme aux cheveux verts : de la salive écœurante et translucide se mit à couler de ses crocs démesurés, alors qu'il la fixait avec insistance.

- INFLAMMARAE !

Une boule de feu impressionnante frôla la queue reptilienne de la créature, qui ouvrit sa gueule béante pour hurler de douleur et de rage.

Le yankee qui venait de jeter le sort, en profita pour courir vers Myo, visiblement inquiet pour elle :

- Putain, c'est après toi que cette raclure écailleuse en a !

- Je sais ! répliqua Myo. C'est Krapull, la secrétaire de Magouille ! C'est une change-forme qui veut me filer à boulotter à ses œufs parce que chuis une dryade !

Le cowboy resta interdit quelques secondes.

- Comment tu sais tout ça ?

- Parce qu'on l'a déjà vaincu une fois !

- Hein ?! Mais qu'est-ce que t'as fumé, on a jamais...

- J'ai pas le temps de t'expliquer, il faut qu'on se barre d'ici !

L'américain acquiesça. Il prit la main de Myosotis... et un voile rouge aveugla subitement cette dernière, tandis que le sang de son meilleur ami pleuvait sur elle.

La scène parut tourner au ralenti pour l'étudiante. L'œil écarquillé d'horreur, elle resta bouche bée devant la griffe acérée de Krapull, qui venait de transpercer la poitrine du yankee, et tranchait méthodiquement le corps convulsant de dernier de haut en bas.

La française se mit à hurler à plein poumons, en pleine panique. Elle voulut faire un pas en arrière, mais ne réussit qu'à tituber, et à tomber lourdement sur son postérieur. La monstresse, le museau ruisselant de sang frais, se pencha sur elle, secouée d'un ricanement inhumain et guttural. Elle passa une langue fourchue sur ses trop nombreuses dents, et Myo eut alors un réflexe qui lui sauva la vie : elle transplana.


************

Elle n'avait pas réfléchi à l'endroit où elle souhaiter aller, et s'était retrouvée au beau milieu du quartier résidentiel de Mysteria Lane.

Cette rue, d'ordinaire très passante, était aujourd'hui déserte, malgré la matinée avancée. C'était Mysteria Lane... et en même temps, ça ne l'était plus : les maisonnettes étaient délabrées et semblaient laissées à l'abandon. Les trottoirs étaient bizarrement défoncés, comme sous les effets d'une rafale de sortilèges violents. Les rares arbres encore debout, ici et là, étaient rachitiques et noirs, comme s'ils avaient été calcinés.

Mais Myo, toute à son traumatisme, ne voyait pas tout ça.

Tremblante, pâle comme jamais, recouverte du sang encore tiède de celui dont elle était amoureuse, elle s'était avachie par terre, sur les pavés déracinés, et sanglotait entre ses bras, à travers l'unique œil qu'il lui restait.

Tellement de sang... Il y avait eu tellement de sang... Et ce n'était pas celui d'un fléreur ou de n'importe quel quidam, mais celui de... de...
Elle se laissa tomber en avant en hoquetant, et vomit de la bile dans un parterre de fleurs recouverts de cendres. Elle se redressa, et tenta de reprendre son souffle.

- Oh, Titus... Titus ! Bordel ! Qu'est-ce que j'ai fait ?!

Sa voix se brisa à ses oreilles.

Il fallait qu'elle se reprenne. C'était à cause d'elle, et de son égoïsme, qu'elle se trouvait dans ce présent alternatif. C'était donc à elle de faire ce qu'il fallait pour revenir en arrière... si c'était possible.

Mais bordel... elle n'arrivait pas à réfléchir.

Elle finit néanmoins par se relever, toujours tremblante de toutes ses membres. Elle essuya ses larmes d'un revers de manche, et son œil se posa sur un mur couvert d'affiches bariolées, à l'effigie de Magnus Magouille.

Elle resta quelques instants amorphe devant... puis réalisa soudain ce qu'elle était en train de regarder.

- Mais qu'est-ce que c'est que ça ?! s'exclama-t-elle alors, effarée.

La semi-dryade relut cinq fois les informations placardées, en se demandant si elle n'avait pas la berlue. Mais il fallait se rendre à l'évidence : si quelqu'un avait perdu la tête, ce n'était pas elle.

La première affiche clamait :

CHERS ETUDIANTS DE LA BONNE SORTE !
Vous soupçonnez votre voisin d'être un Sang-de-Bourbe ?
N'hésitez pas une seconde de plus, et venez le dénoncer au Bon Docteur Magouille !
$$ FORTES RECOMPENSES A PREVOIR $$

La seconde n'était guère mieux :

VOUS ÊTES BLANC, ANGLAIS ET SANG PUR ?
VOUS EN AVEZ ASSEZ DES BASANÉS OU AUTRES MÉTÈQUES 
QUI VIENNENT VOLER NOS FEMMES ET NOS EMPLOIS ?!
Venez aider le Bon Docteur Magouille en participant à notre Grande Battue !
POUR UNE UNIVERSITÉ DÉBARRASSÉE DE LA VERMINE !

La dizaine d'autres était du même acabit. Sangs mêlés, étrangers, noirs ou métissés... tout était prétexte à un appel à la délation, voire pire : un encouragement à la violence.

Myo tourna la tête, et balaya les alentours du regard : ces affiches étaient collées sur chaque surface, à perte de vue.

- Il y a quelque chose de pourri à la WoW University... murmura la jeune femme, abasourdie.






Mes RPs du Moment !


Dream a little dream of me, avec Augustus Kane

Rock This Party !, avec plein de monde !
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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Mer 11 Juin 2014 - 19:20

Baguette à la main, Drago avançait d'un pas vif dans les rues de la faculté, regardant autour de lui avec appréhension. Tout semblait avoir changé et un voile de ténèbres s'était abattu sur les immeubles, les maisons, et tous leurs environs. L'air était lourd pour une journée de décembre, et la neige se mêlait à la boue, faisant ça et là des flaques sales. Un orage se préparait. Le ciel avait pris des couleurs sinistres, qui convenaient parfaitement aux alentours quasiment vides et constellés d'arbres morts. Il ne croisait que peu de personnes, mais toutes se dévisageaient comme si on allait les poignarder dans le dos et serraient fort leurs baguettes dans les mains.

L'alpha leur passait devant, les mâchoires serrées par l'angoisse. Il se sentait dévoré de l'intérieur par une envie qu'il ne se connaissait pas. Il savait seulement qu'un tel besoin ne serait pas assouvi par une simple cigarette. Dans cette réalité, il avait dû compenser son malheur autrement. Cela expliquait sans doute son faciès de cadavre. Soudain, il aperçut une tâche verte à l'horizon, et se mit à courir, sa jambe lui faisant un mal de chien.

La tâche prit peu à peu l'apparence de Myosotis Grandiflore. Il accéléra. Plus que quelques mètres. Il tendit les bras et saisit la jeune femme par les épaules. Cette dernière, désormais borgne, sursauta en le voyant mais se reprit rapidement :

-Drago ! Heureusement tu m'as trouvée ! Il s'est passé quelque chose d'affreux et...

-Je veux partir d'ici ! s'écria l'alpha, avec colère.

Il la secoua :

-Maintenant ! aboya-t-il. Que faut-il faire pour partir d'ici ?

La gamma avait l'air mortifiée :

-Je suis désolée si...

-Je me fiche que tu sois désolée ! la coupa Drago, hors de lui. Tu avais dis que tu ne changerais qu'un infime morceau de la réalité ! Regarde-nous ! Regarde autour de toi ! Ce n'est PAS un infime morceau de la réalité !

-Je sais ! cria à son tour la chlorofille, en pleine panique. Mais ça sert à rien de s'énerv...

-Ça ne sert à rien ?! hurla l'alpha. Si nous ne partons pas avant ce soir, ma femme désaxée va mettre au monde mon héritier !

-Félicita... commença la gamma en grimaçant, gênée.

-IL A SEPT QUEUES !!! ET ELLE L'A TELLEMENT ABREUVE DE SANG ET DE MAGIE NOIRE QU'IL SERA MAÎTRE DES TÉNÈBRES DES SA NAISSANCE !

La Gamma ouvrit des yeux horrifiés et il lâcha la jeune femme. Il se mit aussitôt à tourner en rond comme un dragon en cage, essayant de retrouver la maîtrise de lui-même, mains sur le visage. Mais ce qu'il avait vu lui donnait encore des haut-le-cœur.

-Ok, ok, on se calme ! commença Myo, terrifiée en levant ses paumes devant elle.

Drago lui lança un regard furibond.

-Il faut inverser le sort. reprit la jeune femme.

-Non, tu crois ?! siffla l'alpha.

Son ton était toujours glacial, mais au moins il ne criait plus.

-On va inverser le sort, t'en fais pas... continua Myosotis.

Drago ferma les yeux une fraction de seconde et reprit tout à fait le contrôle de lui-même :

-Fort bien. Par où commence-t-on ? demanda-t-il sèchement, en la fixant de ses yeux bleu acier.

La Gamma se creusa la cervelle :

-Faut qu'on retrouve les ingrédients qui composaient le sort...

L'alpha jetait des coups d'œil alertes autour de lui. Il ne savait pas combien de temps il faudrait à Mylénie pour le forcer à la revoir.

-Très bien. Qu'y-avait-il dans ce sortilège ? fit-il.

-Et bien d'abord, il nous faut...

-Protego !

D'un geste leste, Drago l'avait repoussée derrière lui et avait fait apparaître un bouclier, le regard perçant. Il fixait un groupe d'étudiants qui se mirent à ricaner et s'en allèrent, non sans abreuver copieusement la gamma d'insultes concernant ses cheveux verts. Une fois partis, il se retourna vers Myosotis qui était figée, choquée :

-Continue. fit-il.

-Tu m'as protégée ? bafouilla cette dernière.

-Si je veux quitter cet enfer, j'ai besoin que tu sois vivante. rétorqua l'alpha d'une voix glacée. Continue.

La Gamma reprit :

-Il nous faut le sang d'un animal, mon sang....

Drago croisa les bras :

-Ça ne sera pas un problème.

Myosotis essaya de ne pas comprendre son allusion et poursuivit son énumération:

-De la poudre de Psylis pour le pentacle, des yeux de salamandre, une branche de Léthé, et c'est tout.

L'alpha fronça les sourcils. Il avança d'un pas menaçant :

-C'est tout ? répéta-t-il.

-Je crois bien, oui...

Drago s'avança encore d'un pas et se pencha vers elle :

-Et où va-t-on trouver tout ça ? articula-t-il en la fixant droit dans les yeux.

La gamma déglutit :

-...A l'épicerie ? grimaça-t-elle.

***

Quelques minutes plus tard...


Les boutiques des Champs Z'allons-y avaient toutes fermé, toutes, exceptée une. L'épicerie de San Sou Si tenait encore debout et n'avait pas changé d'un pouce. Si on exceptait le fait que le commerçant braquait désormais sa baguette sur quiconque y entrait.
Myo et Drago se figèrent en entrant dans la boutique et déglutirent en rencontrant le regard peu amène de l'asiatique, nettement moins débonnaire que d'habitude. Il les regarda remonter l'allée principale d'un œil méfiant.

La gamma avait saisit un panier et avait fourré quelques ingrédients à l'intérieur, s'arrêtant de temps à autre devant l'étagère. L'alpha quant à lui était allé jusqu'au comptoir et considérait le boutiquier d'un œil morne. Ce dernier regarda ses cheveux blonds et persiffla une insulte avant de cracher au sol, le fusillant du regard.

Myosotis les rejoignit et posa son panier devant elle :

-On voudrait tout ça. demanda-t-elle, mal à l'aise.

Elle fouilla ses poches et posa quelques gallions sur le comptoir. San Sou Si empocha le pécule sans un mot.

-Est-ce que tu as tout trouvé ? demanda le blondinet froidement.

-Oui...enfin presque.

Les yeux de l'alpha se rivèrent sur elle.

-Presque ?

-Il manque la dague.

-La dague ?

-La dague de Paracelse.

-Notre hôte a peut-être ça quelque part... suggéra Drago.

San Sou Si se mit à rire et l'alpha sursauta. Il se tourna vers la gamma qui avait l'air gênée :

-Ce que j'ai dit est visiblement hilarant. Pourquoi est-ce hilarant, Grandiflore ?

La chlorofille baissa la tête :

-Il n'y en a qu'une au monde.

-Quoi ?!

Alors que le boutiquier rigolait toujours, la gamma prit ses achats et fit signe à Drago de sortir. Ce dernier s'exécuta :

-Où allons-nous trouver une dague unique au monde ?! s'énerva l'alpha. Où l'avais-tu trouvée ?

-Je l'ai pas trouvée, je l'ai volée. lâcha Myosotis. A Mama Ogg.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Ven 13 Juin 2014 - 3:33

Alors que les deux étudiants se pressaient pour rejoindre le plus vite possible l'Allée des Savoirs Interdits, Myosotis sentait sur elle le lourd regard de Malefoy, qui ne se gênait pas pour la juger dans un silence oppressant.

Mais elle s'en fichait. L'important, c'était de retrouver cette dague. Et cette fois-ci, elle allait faire les choses bien. Pas question de voler Azoth : elle allait prendre Mama Ogg entre quatre yeux, et lui raconter la vérité, toute la vérité. La professeur allait l'aider, elle n'en doutait pas. Peut-être lui faudrait-elle en payer le prix, mais c'était mérité. Et vu le foutoir qu'elle avait mis dans la réalité, deux adeptes du vaudou ne seraient pas de trop.

Myo s'autorisa un vague sourire, pour se donner du courage. Oui, avec Mama Ogg, ce cauchemar serait bientôt fini. Elle n'aurait plus cette douleur lancinante sous le cache qui camouflait son orbite vide. Nemo, son ami indéfectible, ne serait pas mort à cause de cette salope de Krapull. Et Titus... Titus...
Pendant une seconde, Myo revit aussi clairement que si elle était en face d'elle la griffe acérée de la monstresse, poisseuse, dégoulinante du sang vermillon de l'américain. Sous l’œil surpris du blondinet, elle chancela, blême, persuadée que son estomac allait à nouveau se vider... et elle se reprit aussitôt. Il fallait qu'elle soit forte. Si elle voulait avoir une chance de tout rétablir, elle devait être forte.

- Toi aussi tu as remarqué ? demanda Malefoy, aux aguets.

- Remarqué quoi ?

- Il n'y a presque personne dans le campus. Mais je n'aime guère la façon dont nous regardent les rares qui osent s'aventurer au dehors.

Myo tourna la tête du côté où elle voyait encore, et vit du coin de l’œil deux silhouettes s'éloigner en ricanant. Quoiqu'il se passe par ici, ça ne sentait pas bon, pas bon du tout...

Drago et Myo firent en silence le reste du trajet, qui les mena devant le grand manoir lugubre des Sciences Occultes. C'était là que se passaient les cours de la française, mais c'est également dans les sous-sols humides que la maîtresse du vaudou Démentiella Ogg avait ses appartements.

Mais lorsque la dryade parvint devant la grille, elle constata qu'une grande pancarte en bloquait l'entrée.

Étudiants en Sciences Occultes,
veuillez choisir une autre filière ou quitter la WoW
sous peine de représailles !!!

- Ah, ben voilà qui explique pourquoi j'avais des livres de botanique dans mon sac... réalisa-t-elle.

A ses côtés, Drago croisa vivement les bras, comme s'il tentait de contenir sa fureur... ou son effroi. Ou peut-être bien les deux.

- Ce n'est pas le moment de tergiverser, Grandiflore. Trouvons cette dague, et levons le camp de cette dimension parallèle infernale !

D'un mouvement de baguette, l'Alpha Alpha Alpha fit tomber la pancarte, et les grilles du manoir s'ouvrirent dans un grincement macabre.

Les deux entrèrent dans la grande maison aux hauts murs noirs, et d'un commun accord, ils se séparèrent pour la fouiller plus rapidement.

Mais, après de longues recherches infructueuses, Myosotis commençait à songer que c'était peine perdu. Toutes les pièces étaient vides, désespérément vides. Il ne restait guère que quelques rares chaises renversées dans les salles de cours, et quelques bocaux brisés sur les étagères. Même les précieux ouvrages de Démonologie et d'Occultisme avaient disparu des étals de l'antique bibliothèque. Ça fendait le cœur de la jeune femme de voir ces endroits si familiers totalement désertés, et en même temps, tout ça rajoutait un peu plus de force à ce sentiment d'irréalité délirant qu'elle ressentait. Elle avait l'impression d'errer dans une maison-fantôme... à ceci près que les esprits qu'elle croisait chaque matin et qui hantaient d'habitude les couloirs avaient eux aussi abandonné les lieux.

Sans grand espoir, elle descendit un escalier en colimaçon glacial qui menait au bureau de Mama Ogg, et poussa une lourde porte de pierre.

Et elle soupira : la pièce était aussi dénuée que les autres. C'était ici qu'elle avait volé la dague de Paracelse, dans une des malles à fond extensible et au contenu débordant de bric à brac de la prof. Sauf qu'il n'y avait nulle trace ni de malle, ni de Mama Ogg, et ça ne présageait rien de bon.

La fille-chlorophylle fit quelques pas en avant, et le claquement de ses talons résonnèrent dans le sous-sol.

- Tu ne devrais pas rester ici, Myo... fit derrière elle une voix familière.

La française sursauta, et se retourna : Kimberlie se tenait dans un coin obscur de la pièce, assise sur ce qui semblait être une pile de vieux draps en lambeaux. Elle fumait un vieux mégot, les jambes croisées devant elles.
Elle était méconnaissable : ses cheveux frisés étaient sales, et encore plus emmêlés qu'à leur habitude. Son visage était couvert de fines cicatrices, et d'hématomes violacés, qui lui conférait une allure hargneuse et effrayante. Elle n'était pas devenue borgne comme sa meilleure amie, mais on aurait pu le croire, tant son œil droit était gonflé à cause des coups qu'il avait essuyé récemment.
Elle tenait nonchalamment dans sa main droite sa baguette qui irradiait une faible luminosité, et sur ses jambes bleuis par les coups, était posée une vieille batte de quidditch, toute recouverte de traces de sang séché.

La jeune femme aux cheveux verts se précipita sur sa meilleure amie, abasourdie. Elle s'accroupit et posa ses mains sur les épaules de la métisse :

- Kim ?! Mais qu'est-ce qui t'est arrivée ?!

La batteuse esquissa un demi-sourire déterminé sur ses lèvres fendues :

- Je squatte là depuis quelques semaines. Depuis que Mama Ogg a disparu, c'est complètement vide par ici, alors j'ai réuni quelques unes de mes affaires, et je me suis installée. J'attends le bon moment pour passer à l'offensive.

Le cœur de Myo manqua un battement :

- Mama Ogg a disparu ?!

- Ouaip, depuis un bail. Elle a senti le vent tourner, et s'est barrée du jour au lendemain. Elle a eu raison, grimaça la métisse. Ils ont eu mon frangin hier. Mais t'inquiète pas, je sais où ils le retiennent, j'ai un plan pour aller le récupérer !

Myo manqua de s'étrangler sous la surprise :

- ...ils ont eu ton frère ?! Mais... qui ça, ils ?

- Mais tu sais bien  insista la métisse, le regard soudain dur. La milice ! J'aurais du écouter Screwface, quand il a quitté la fac. Il a vu clair dans les manigances de Magouille dès le départ, et il avait raison...

- J'arrive pas à y croire... articula la fille-chlorophylle.

Kim leva des yeux tristes, et considéra son amie avec lassitude.

- C'est une histoire de dingues, admit-elle. Mais il faut que tu fasses gaffe Myo ! Tu devrais partir d'ici le plus vite possible, et retourner en France. Toi aussi t'es de sang mêlé ! Je sais que t'as pas de moldus dans ta famille, mais bientôt ils feront plus dans le détail !

- Il n'y a rien dans les autres pièces, Grandiflore, soupira la voix traînante de Drago, à l'entrée de la pièce. Je crains que ce ne soit une impasse.

Les yeux de Kimberlie se remplirent d'effroi, lorsqu'ils se posèrent sur le blondinet :

- Qu'est-ce que tu fous avec lui ?! siffla-t-elle sèchement.

- Tu parles de Drago ? s'étonna Myo.

Le visage de la métisse se figea dans une grimace de haine, et elle transplana sans attendre son reste. La semi-dryade tendit le bras pour la retenir, mais il était bien trop tard.

- Mais putain c'est quoi ce monde de cinglés ?! s'exclama-t-elle, effarée.

Plus elle en apprenait sur ce présent modifié, plus elle se sentait effondrée.

Tout était de sa faute. Bordel, tout était de sa faute ! Tout ça parce qu'elle avait simplement voulu avoir eu son libre arbitre, et ne jamais avoir bu un simple philtre d'amour, voilà que la fac était à feu et à sang, ses amis morts ou en exil, et il ne lui restait qu'un seul œil pour pleurer sur le gâchis dont elle était responsable.

- Tout ça ne me dit rien qui vaille, siffla le blondinet, brisant le silence dans lequel ils étaient plongés depuis le départ précipité de Kimberlie.

Myosotis poussa un long soupir. Elle n'avait jamais eu le cœur aussi lourd. Mais, semblait-il, elle avait dépassé le stade des larmes :

- Kim m'a dit que Mama Ogg été parti depuis longtemps, et que le manoir de Sciences Occultes était vide depuis tout ce temps. Et si elle est partie...

Elle baissa la tête, découragée.

- Et si elle est partie, elle a du emmener tous ses biens, persifla-t-il, finissant la phrase à sa place. Dont sa précieuse dague qui n'existe qu'en un seul exemplaire.

Il fusilla soudain son interlocutrice du regard :

- Je n'arrive pas à croire que tu aies fait un sortilège de cet ampleur sans même songer une seule seconde à une solution de repli, au cas où ça tournerait mal !

- Et comment j'aurais pu deviner que ça tournerait mal ?! s'insurgea Myo, outrée.

Mais très vite, elle soupira, et s'adossa au mur glacial du bureau. Elle était trop lasse pour se lancer dans une dispute qui ne mènerait à rien. Et puis Malefoy avait raison, elle avait été bien trop confiante.

- Qu'est-ce qu'on va faire ? gémit-elle.

Drago se pencha, et ramassa un prospectus, qui gisait par terre.

- J'imagine que nous n'avons pas vraiment le choix, soupira-t-il. Nous allons demander à l'administrateur de cette université s'il sait où est passé son professeur.

Myo releva un œil étonné vers Drago, qui lui tendait une des affiches placardées sur tous les murs de la fac. Sur ladite affiche, Magnus Magouille, sous son éternel haut-de-forme, arborait un sourire goguenard, qui lui donnait un air particulièrement mauvais.






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Lun 16 Juin 2014 - 11:40

Enfoncé dans son fauteuil de cuir, le Docteur Magnus Magouille considérait froidement les deux étudiants debout en face de lui.

Cela faisait de longues minutes qu'il n'avait pas émis le moindre son. Et, hormis un groupe au dehors qui scandait « A mort les Sang-de-Bourbes ! », on n'entendait pas une mouche voler.

Myosotis frissonna : elle ne s'était jamais rendue compte à quel point les yeux vairons du doyen pouvaient être dérangeants. On aurait cru le regard d'un tueur. Elle lança une œillade inquiète à Drago, qui la lui rendit bien.

-Laissez-moi résumer, susurra enfin le Bon Docteur, sans les lâcher des yeux. Si j'ai bien tout compris, vous êtes des étudiants en Sciences Occultes, et vous réquisitionnez mon aide pour retrouver votre professeur...

Sentant l'ambiance virer aigre, Malefoy fit un pas en arrière :

-Je viens de réaliser que non. Non, nous ne cherchons pas Madame Ogg. Veuillez nous excuser pour cette intrusion, et bonne journée à vous...

Magouille se leva prestement de son fauteuil, et toisa l'étudiant de toute sa hauteur :

-Non, je vous en prie, restez.

L'AAA fit un nouveau pas en arrière :

-Sans façons, je ne voudrais pas abuser de votre bonté.

Le doyen tira sa baguette de son veston, et la pointa sur ses deux visiteurs :

-J'ai dit : restez, persifla-il, glacial.

Drago et Myo écarquillèrent les yeux, et s'assirent avec appréhension sur les chaises que leur désignait le moustachu.
Ce dernier se pencha vers eux, menaçant :

-Vous voulez vraiment savoir où est Mama Ogg ? Je ne sais pas qui vous envoie, mais vous avez tout intérêt à me dire la vérité au plus vite. Pourquoi recherchez-vous cette drôlesse ?!

La borgne aux cheveux vert tordit ses mains, mal à l'aise. Elle hésita de longues secondes, puis se décida finalement pour la vérité :

-On a fait un sort vaudou qui a vraiment mal tourné ! Et on a besoin d'une dague qui lui appartient ! Magnus, s'il te plaît, aide-nous !

Elle croisa le regard noir de Drago, et celui étrangement adouci du Doyen.
Ce dernier se pencha vers elle, affable :

-Chère enfant, vous voulez vraiment savoir où est Mama ?

Myo hocha vivement la tête, tandis qu'un sourire soulagé naissait sur ses lèvres :

-Oui !

Magouille hocha la tête quelques secondes, comme pour savourer ce moment.

-Morte, lâcha-t-il finalement, avec une joie non dissimulée.

Le sourire de la jeune femme se mua en moue horrifiée, tandis que celui du Doyen se faisait carnassier.

Malefoy, quant à lui, manqua de s'étrangler :

-Morte ?!

-Oui. J'y ai veillé personnellement. J'ai jeté ce qu'il restait de sa dépouille dans la rivière, et j'ai revendu ses affaires au marché noir.

Les yeux du moustachu brillèrent à la simple évocation de ce souvenir.

-Vous ne la retrouverez jamais, reprit-il, la mine réjouie. Et vous non plus on ne vous retrouvera jamais, quand j'en aurais fini avec vous.

D'un même mouvement, Drago et Myo se figèrent, et regardèrent avec appréhension la baguette du doyen, à nouveau pointée sur eux.

-Je n'aime pas les sang mêlées insolentes, surtout celles qui ont un atroce accent de mangeuse de grenouille, siffla le chapeauté, menaçant. Et cela prévaut pour les petits fouineurs qui les accompagnent ! Vous autres, vous êtes comme de la vermine : on a beau vous traquer, vous proliférez toujours ! Je l'ai pourtant répété plus qu'assez : vous n'avez pas le droit de cité dans ma belle université ! Vous ne devriez même pas avoir droit de cité dans ce pays !! Et en plus vous osez réclamer mon aide ?!

Les lèvres de Myosotis tremblèrent :

-Mais Magn...

-Les abominations de votre sorte n'ont pas à m'adresser la parole ! cracha le Bon Docteur, outré. Endoloris !

La jeune femme s'époumona, poussant un hurlement effroyable. Prise de spasmes, elle tomba à terre, au pied de sa chaise.

Et avant que le Doyen, qui pointait à nouveau sa baguette sur elle, n'ait le temps de finir son œuvre, Drago bondit sur la dryade, l'encercla de ses bras et transplana.




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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Mar 17 Juin 2014 - 19:16

Myosotis suffoquait.

Ses propres hurlements parvenaient à ses oreilles, mais paraissait éloignés, comme irréels.
Elle ne parvenait pas à réaliser. Elle ne captait pas grand chose, en réalité. La moindre parcelle de son corps lui procurait une douleur vive et brûlante, jamais expérimentée jusque là. Il ne devait pas exister quelque chose de pire au monde : c'était impossible. Personne n'aurait pu y résister, sans perdre l'esprit.

Et pendant cette indicible torture, cette cuvée de souffrance à l'état pur, elle ne pensait qu'à une seule chose, une unique prière : que ça s'arrête, que ça s'arrête, le plus vite possible, et de quelconque manière que ce soit, par pitié, que ça s'arrête !!! La mort lui semblait la seule issue. Et pendant ces longues secondes de calvaire, elle l'appela de ses vœux, encore et encore, geignant et sanglotant, sans ne pouvoir faire quoique ce soit.

Finalement, elle entendit des sons lointains, tandis que la douleur s'estompait peu à peu. Elle reprit de longues goulées d'air, comme si elle sortait la tête de l'eau après un trop long moment. Choquée, dans le brouillard, il lui fallut encore un certain temps pour réaliser que quelqu'un lui criait dessus en la secouant.

- GRANDIFLORE ! REPRENDS-TOI !

- Wouah elle a pas l'air bien, ta pote... fit une voix masculine et bourrue, qu'elle avait déjà entendu auparavant, mais où ?

Elle cligna de son œil unique, et la brume qu'elle voyait se fondit petit à petit en formes, et les formes en silhouettes. La plus proche d'elle était blonde et familière.

- M... Malefoy ? fit-elle faiblement.

L'Alpha poussa un long soupir. Son visage était tellement fermé qu'on n'aurait su dire s'il était soulagé, ou en colère.

- Bon Dieu. J'ai cru que tu étais devenue démente, fit-il sèchement. Ça arrive, parfois, quand le doloris est trop intense.

Myosotis se frotta l'épaule en grimaçant. Elle était assise sur un fauteuil, dans un living room encore plus mal tenu que sa chambre, et où, à son souvenir, elle n'avait jamais mis les pieds auparavant. Mais tant qu'elle n'était plus dans le bureau du Doyen, tout lui allait.

- Non, ça va mieux, dit-elle d'une voix encore plus douce qu'à l'accoutumée. Merci de t'en inquiéter.

- Je ne m'inquiète pas pour toi, siffla-t-il. Mais sans toi, je reste coincé ici pour toujours.

Il se redressa, et partit s'asseoir sur le canapé d'en face, aux côtés d'un Marcus Flint qui n'avait l'air de rien comprendre à ce qui se passait, et qui se grattait la tête, la bouche béante.

- Ah ouais, fit le Pi alpha, ahuri. Faudrait que tu m'expliques ça aussi, mon gaillard. T'arrêtes pas de dire ça depuis tout à l'heure.

Une jeune femme assez petite, coiffée d'une longue queue de cheval noire, entra dans le salon, et fourra sans ménagement quelque chose dans la main de Myosotis.

- Tiens, Machine, un verre de flotte.

- Heu... merci, Lucrécya... fit la chlorofille, avant de boire goulûment une gorgée fraîche.

La brunette leva un sourcil suspicieux, tandis qu'elle se laissait tomber à côté de son époux :

- D'où tu connais mon p'tit nom, toi ? On s'est déjà vues ?

La semi-dryade ne sut que répondre.

- Ben... en fait... Oui et non...

- Et toi, là ! fit-elle en apostrophant Drago. Ça fait bien six mois qu'on t'a pas vu ! Et hop, tu te pointes chez nous avec une meuf verte en train de convulser !

- C'est vrai ! Ça t'aurait pas tué une carte postale ! renchérit Marcus.

Malefoy soupira. Il prit une longue inspiration, et lâcha :

- Je ne vais pas vous mentir : je viens d'une réalité alternative où nous nous voyons chaque jour puisque je vis dans votre chambre d'amis. Une réalité que j'ai quitté en présence de cette étudiante en Sciences Occultes grâce à un maléfice vaudou de sa composition dans l'espoir fou et vain de réparer le mal que j'ai pu faire à Malicia. Mais même si mes intentions étaient louables, à l'évidence l'idée n'était pas des meilleures puisque je me retrouve dans le pire des présents possibles, affublée d'une femme psychopathe enceinte du futur Maître du Mal, au sein d'une université en décrépitude. Nous avons eu le malheur d'oser demander un peu d'aide au doyen, mais ce dernier a préféré envoyer un Endoloris à Grandiflore, et l'aurait sans nul doute assassinée de sang froid si je n'avais pas transplané chez vous. Voilà toute l'histoire.

- Oh, commenta Lulu, en haussant les épaules.

Marcus se contenta d'un laconique :

- Ah ok.

Myo cligna son œil, étonnée :

- Vous nous croyez ?

- Bah, si Malefoy le dit, c'est que ça doit être vrai ! s'exclama Marcus.

Myosotis ne put s'empêcher de sourire doucement. Même si ce n'était pas les personnes qu'elle préférait à l'université, loin s'en fallait, elle était rassurée de tomber sur eux. Eux n'avaient pas changé d'un poil, et ne représentaient pas la moindre menace, ce qui était une nette amélioration, dans cette longue journée de merde.

Flint braqua soudain son regard sur la jeune femme aux cheveux verts :

- Alors comme ça, t'as reçu un Endoloris de Magouille ? Ça doit être quelque chose !

Une ombre passa dans le regard de la semi-dryade :

- ...oui.

Elle n'avait pas vraiment envie de parler de cette expérience, et passa vite sur la question. Mais, par contre, il fallait qu'elle comprenne certaines choses. Et le Marcus et la Lucrécya de cette dimension étaient les plus disposés à répondre à ses interrogations.

- Dites... qu'est-ce qui s'est passé ici, exactement ? demanda-t-elle. Pourquoi la WoW a tourné aussi mal ?

La petite batteuse fronça le nez :

- Tu parles de quoi exactement ? De la chasse aux nés moldus et aux blacks ? Des commerces qui ont tous fermés les uns après les autres et qui nous empêchent de fêter dignement le Nouvel An dans un pub ? Et des morsures de licornes radioactives ?

Myo acquiesça :

- Oui ! Dans notre réalité, ce n'est pas comme ça du tout !... enfin, sauf pour les licornes radioactives, mais ça, c'est encore gérable...

Lulu se renfrogna :

- C'est le doyen qu'a pété une durite. Ça a commencé quand il a rétrogradé les gens de couleur chez les étudiants en Insuffisance Sorcière. Quand il a vu que personne n'a rien dit, il s'est dit qu'il pouvait aller plus loin, et il a instauré un couvre-feu spécialement pour les étrangers et les Sang-de-Bourbes. Y'a eu quelques plaintes, mais apparemment pas assez pour le freiner. Et il est passé aux sangs mêlés, qui n'avaient plus le droit de se montrer en public avec les sangs purs. Nous on est sangs purs, mais on est pas d'accord avec ça !

-Ouais ! Grommela Flint. Y'a plein de gaillards chez les PAF qui sont nés moldus ou mêlés, et ils valent autant n'importe quel autre glandu !

- Et personne n'a trouvé à y redire ? s'étonna Drago.

- Bah... vu ce qui est arrivé à certains qui ont osé dire tout haut ce qu'ils pensaient... commença Marcus, gêné.

Lulu croisa les bras, renfrognée :

- Vaut mieux se la fermer, je te le dis. Mais c'est encore après que ça a VRAIMENT dégénéré, avec la création de la milice...

Myo baissa la tête, sentant l'engourdissement et la lassitude envahir chacun de ses membres. Elle n'entendait même plus la voix éraillée de Lucrécya faire la liste des exactions de Magnus. Elle avait toujours su que son amant était raciste ; mais elle n'aurait jamais cru qu'il en était à un tel point.

Sauf que...  

Sauf que si, en fait. Elle le savait. Elle avait simplement préféré passer outre, comme l'idiote qu'elle était. Et s'il n'avait pas envoyé les personnes noires chez les Insuffisants, c'était parce qu'elle lui avait demandé de ne rien en faire. Elle avait eu une influence positive sur lui. Et il avait fallu qu'elle le découvre de la pire façon qui soit.

Elle réalisa qu'elle avait la chair de poule. Après ce qu'il venait de se passer, rien qu'évoquer Magnus en pensée la rendait horriblement mal à l'aise.

Elle s'était toujours demandé pourquoi des gens pourtant équilibrés, comme Kimberlie par exemple, avaient peur du Dr Magouille. Physiquement peur de lui. Et maintenant, elle comprenait parfaitement. Elle n'oublierait pas de sitôt son regard de pure haine sur elle, tout comme elle se rappellerait probablement toute sa vie de la morsure cruelle de l'endoloris dans sa chair. Cet homme était un meurtrier, capable de se réjouir de la souffrance d'autrui. Il n'avait ni remords, ni scrupule. C'était sa personnalité, dans cette réalité-ci comme dans celle d'où elle venait. Ici, cependant, il ne la connaissait pas. C'était la seule différence. La seule.

Myo avait cette impression bizarre d'ouvrir les yeux sur quelque chose que tout le monde avait compris avant elle depuis bien longtemps. Elle avait côtoyé ce sorcier, capable d'envoyer un sortilège impardonnable à une jeune fille venue réclamer son aide. Elle avait aimé sa compagnie, lui avait trouvé des excuses, s'était éloignée de lui parfois, mais toujours pour mieux retomber dans ses bras. Elle n'avait pas compris alors à quel point elle était naïve, et lui, dangereux.

Elle ne l'oublierait plus, à présent.






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Mer 18 Juin 2014 - 22:32

Alors que ses amis conversaient avec Myosotis Grandiflore, Drago se leva et se posta à la fenêtre, la main posée contre le carreau. Un long filet de sueur froide lui descendait le long de l’échine et il avait du mal à l’ignorer. Au fur et à mesure que la journée s’était écoulée, égrenant à chaque heure son lot de déconvenues, l’alpha s’était senti de plus en plus mal.

Il lui manquait quelque chose et ce quelque chose l’aidait à tolérer la réalité sordide dans laquelle il était plongé. Ils étaient loin de leur Wow, l’université certes mal gérée mais vivable à laquelle ils étaient habitués. Il n’avait aucune envie de savoir qui il était devenu dans ce monde. Les regards des rares personnes qu’ils avaient croisées lui en avaient dit suffisamment.

Drago avait toujours été une personnalité mélancolique, mais il n’avait jamais ressenti un tel malaise que lorsqu’il avait atterri dans la peau de son autre lui-même.  Il se sentait miné par des pensées morbides et obsédantes. Et pour couronner le tout, il y avait ce manque qu’il ne s’expliquait pas et qui le rongeait de l’intérieur. Il en était malade, et un voile noir lui tombait peu à peu devant les yeux.  C’était un miracle qu’il ait pu les sauver, Myosotis et lui, des attaques du Doyen. Il avait dû pour cela faire taire une voix dans sa tête. Une voix qui aurait été soulagée qu’il se supprime tant qu’il le pouvait.

Mais cette voix n’était pas la sienne. Elle était celle de son double, de celui qui s’était opposé à ses parents et qui, en faisant cela, avait signé son arrêt de mort. Que s’était-il passé ce jour-là ? Les yeux bleus de l’alpha se firent pensifs. Une question lui brûlait les lèvres, qu’il n’avait pas osé poser jusqu’à maintenant :

-Qu’est-il arrivé à Malicia ?

Drago n’avait pas quitté la fenêtre des yeux. Quand Myosotis avait lancé son sort, il n’avait espéré qu’une chose : se réveiller aux côtés de la zeta. Si cela s’était passé, il serait resté avec elle, même si l’université toute entière avait été démolie. Mais il aurait dû savoir que ça ne serait pas aussi facile. Rien ne l’était jamais. Marcus, Lucrécya et son acolyte d’infortune levèrent la tête.

-Malicia ? répéta le PAF.

Il jeta un coup d’œil inquiet à Lucrécya. Cette dernière hésita un petit moment avant de prendre la parole :

-Qu’est-ce que tu lui veux ?

-Où est-elle ? insista Drago.

-Elle est plus ici.

La batteuse hésita encore, comme si elle craignait de trop lui en dire :

-Elle est aux États-Unis. A Hazarvard.

Drago respira un peu plus facilement. L’espace d’un instant, il avait craint que dans sa folie furieuse, Mylénie l’ait tuée. Il préférait savoir la métisse loin d’ici. Il s’avança :

-Que s’est-il passé ?

Lucrécya soupira :

-Après qu’on soit tous rentrés chez nous en juin, t’as pas donné signe de vie pendant une semaine. Et puis un jour, t’as déboulé chez Mali. T’étais complétement flippé, il paraît, t’avais pas dormi pendant des jours. Tu voulais qu’elle parte avec toi.

-Et ?

-Vous avez prévu de vous enfuir la nuit même. Tu devais revenir la chercher mais à la place, c’est Mylénie qui est venue. Elle a dit à Mali que tu voulais juste t’amuser avant ton mariage et que tu t’étais servi d’elle. Que t’avais changé d’avis et que tu voulais plus la voir. Tu lui a plus jamais parlé, et à nous non plus. Elle a pleuré pendant des mois.

Lucrécya lui décocha une œillade assassine.

-Elle est quand même venue ici. J’crois qu’elle espérait te voir quand même. Mais elle a fini par te détester, comme nous tous. Puis Magouille a pété un plomb et c’est devenu de plus en plus difficile de rester dans les parages. Finalement, il a rétrogradé tous les blacks chez les Insus et Mali a essayé de le dénoncer.

Marcus secoua la tête :

-Toute seule en plus. Elle aurait pas dû.

-Ça a été une boucherie. Et elle a fini par quitter la fac. Son père a réussi à l’envoyer à Hazarvard. Elle devait revenir en Angleterre pour les vacances, mais on a pas eu de nouvelles.  J’pense que c’était trop pour elle.

Drago baissa la tête. Tout ce sort n’était qu’une perte de temps. Quel qu’auraient été ses actes, ils étaient voués à l’échec. Il prit une inspiration douloureuse. Pourquoi n’avait-il jamais de chance ? Pourquoi devait-il sans cesse perdre tout ce qui lui était cher ? Il eut soudainement envie de tout détruire autour de lui. La colère le dévorait. Toute sa vie, il avait été éduqué pour n’être qu’un pantin. Toute sa vie son père s’était évertué à le faire vivre dans les ténèbres. Adolescent, il était malheureux en permanence : il ne goutait rien,  il ne vivait que pour détester les autres, les jalouser, les mépriser. C’était son seul plaisir. Il ne savait rien faire d’autre. Et il était tombé sur Malicia. Ou plutôt, elle lui était tombée dessus. Une fille solaire, contagieuse dans son bonheur. Une fille qui ne cherchait pas à l’impressionner, qui ne cherchait pas à lui plaire, qui ne savait pas ce que c’était que d’être triste, ce que c’était que détester. Il l’avait fui, il lui avait crié dessus, l’avait insultée parce qu’il ne savait rien faire d’autre. Pourtant, à chaque fois qu’elle s’éloignait de lui, il aurait voulu mourir. Il était terriblement dur de retourner dans le noir quand on avait vu ce qu’était le soleil. Et il l’avait maintenant perdu à jamais. Pire, il était destiné à la perdre.

-Désolée de poser cette question maintenant… commença Myosotis, gênée.

Drago lui jeta une œillade glacée.

-Quoi ?

-Désolée, vraiment… reprit la gamma. Mais qu’est-ce qu’on fait ?

L’alpha se tourna vers elle :

-Comment cela ?

-Magnus n’a pas voulu nous aider et on a aucun moyen de retrouver notre dague. Et sans elle…

-Nous sommes coincés ici. Finit Drago.

Il frissonna imperceptiblement, toujours en proie à la fièvre. Il réfléchit. A vrai dire, l’une comme l’autre des réalités lui déplaisait. Les deux l’amenaient à perdre ce qu’il avait de plus cher.  Cependant, dans l’une d’elle, il n’était pas un jouet.

-Le Doyen a bien dit que la dague avait été revendue au marché noir ? demanda-t-il.

La chlorofille acquiesça.

-Alors je pense savoir qui peut nous renseigner. Annonça l’alpha.

Il croisa les bras :

-Dans l’allée des embrumes, il y a un magasin dans lequel j’ai passé le plus clair de mon temps, enfant. Si une dague aussi unique que celle que l’on cherche a été vendue par des voies illégales, je peux t’assurer que Barjow et Beurk en auront entendu parler.

Il leva les yeux vers sa partenaire : cette dernière ouvrait de grands yeux reconnaissants.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Dim 22 Juin 2014 - 19:49

Myosotis levait de grands yeux reconnaissants vers Drago. En une seule phrase, il avait réussi à lui rendre le peu d'espoir qu'elle avait jusque là, et qui s'était dissous dans l'endoloris que lui avait lancé Magouille.

Elle se permit un vague sourire :

- Tu veux dire qu'on a encore une chance de retrouver Azo...

Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase : un énorme fracas dans leurs dos les firent sursauter. On aurait dit que quelqu'un venait de défoncer un pan du mur à coup de bélier.
Un grognement atrocement familier parvint aux oreilles de Myo, et son sang se glaça.

- Oh non...

Drago écarquilla les yeux, et tourna vivement la tête, surpris.

- Mais qu'est-ce que c'est que CA ?!

Myosotis sentit son estomac se retourner. Elle serra sa baguette dans sa main, jusqu'à ce que ses phalanges deviennent blanches. Puis elle fit lentement demi-tour.

Elle ne fut pas étonnée de voir, devant le trou béant qu'était devenue la porte d'entrée, l'énorme créature couvertes d'écailles vertes, aux yeux rouge sang et aux trois rangées de dents dégoulinantes et pointues qu'était miss Krapull sous sa forme reptilienne.

- C'est le monstre qui a tué Titus ce matin, lâcha-t-elle froidement.

Malefoy lui jeta un regard interdit :

- ...Tué ?!

- C'est moi qu'elle veut, fit la semi-dryade. C'est une longue histoire.

- C'est une belle bête, convint Marcus, en hochant la tête.

Le monstre ouvrit sa gueule béante, et chargea vers Myosotis avec une vitesse presque surnaturelle. Mais heureusement, la semi-dryade s'y attendait ; aussi, elle pointa sa baguette et cria :

- SPERO PATRONUM !

Ce n'était pas facile de penser à un souvenir heureux, à ce moment précis, dans cette réalité-ci, et avec le moral qu'elle se payait depuis des semaines. Mais elle s'y força. Elle pensa au passé. Aux moments précieux qu'elle avait passé avec les Gammas, dans le Grand Potiron, à rire, boire et fumer sans se prendre la tête. A cette époque, tout était simple...

En un rien de temps, une petite silhouette argentée se forma à partir de la fumée grise sortie de la baguette de Myo, et sautilla à cloche pied, son bras en l'air.


Le patronus tremblotant de Myo fonça droit sur Krapull. Mais, d'un grand coup de griffe, la bête le fit s'évaporer, dans un ricanement guttural. Puis elle se redressa de son immense hauteur devant la jeune femme tétanisée, et abaissa une patte aussi acérée qu'un sabre... qui buta dans les airs, contre une paroi invisible.

Marcus avait bondi à côté de la fille-chlorophylle, et tendait ses paumes vers le monstre.

- Je suis Bouclier Man ! s'exclama-t-il, avant d'éclater d'un rire tonitruant, fier de lui.

Lucrécya sauta aux côtés de son mari, et dégaina de nulle part une batte de quidditch, la brandissant devant elle comme s'il s'agissait de l'arme la plus dangereuse du monde. Elle la pointa sur la Bête qui tâtait le mur invisible devant elle, et cria :

- Saloperie, viens donc t'en prendre à des adversaires de ta taille !

Sous le regard amusé de Marcus, elle rajouta, renfrognée :

- ...enfin... métaphoriquement parlant...

Le PAF, les mains toujours tendues devant lui, tourna son regard vers Myo et Drago :

- Allez où vous devez aller ! Passez par l'arrière de la maison !

Malefoy écarquilla les yeux :

- Mais...

- Marcus a raison ! s'exclama Lulu. Et si vous arrivez à améliorer la réalité, essayez de faire en sorte que lui et moi on se pinte la gueule comme il faut dans un bar plein d'ambiance, pour le Nouvel An !

Myosotis hocha la tête :

- Promis.

Agrippant la manche d'un Drago mutique et effaré, elle courut au dehors de la maison, au moment même où le bouclier invisible cédait sous les assauts de la monstruosité écailleuse, dans un bruit de verre brisé.

Après avoir parcourut quelques mètres, la jeune femme lâcha l'Alpha, et se tourna vers lui :

- Vite ! Où est ta boutique ?

Un hurlement de douleur horrible s'éleva de la maison des Flint, suivi d'un ricanement guttural qui faisait froid dans le dos. Le visage décomposé de Drago était plus pâle qu'il ne l'avait jamais été :

- Je ne suis pas lâche au point d'abandonner mes seuls amis, siffla-t-il.

Il fit mine de repartir vers l'habitation, mais la fille-chlorophylle lui barra le chemin :

- Non, on a pas le temps !

- Marcus et Lucrécya vont mourir !

Une ombre passa dans le regard de Myosotis :

- Je sais. Mais j'ai besoin de toi pour le sort vaudou ! Il faut qu'on le refasse dans les mêmes conditions que ce matin, ce qui implique que j'ai besoin de toi VIVANT !

- Et moi je ne peux pas laisser mes amis à une mort certaine ! rétorqua vertement l'étudiant. A l'évidence, la mort de Reynolds ne t'a pas affectée plus que ça, mais moi, je ne supporterai pas qu'il leur arrive quelque chose !

La réaction de Myo ne se fit pas attendre : elle leva le bras et gifla Drago de toutes ses forces, des larmes brouillant la vue de son unique œil.

- Si tes amis meurent, ils seront toujours vivant, dans le présent d'où on vient. Si tu meurs, ce présent-là n'existera plus jamais ! Alors arrête de jouer les connards égoïstes et amène-moi à ta boutique de magie noire, qu'on en finisse le plus vite possible ! cracha-t-elle, d'un ton qui ne lui ressemblait pas.

Le visage rembruni, l'AAA ne répondit rien, mais au moins, il ne la contredit pas.

Myo sentait qu'elle n'était pas loin de craquer. Elle n'aimait pas la réaction qu'elle venait d'avoir. Elle se détestait, quand elle se laissait aller à s'énerver. Mais elle était plus que lasse. Elle supportait de moins en moins la présence de Malefoy, qui ne montrait que du mépris et de l'exaspération continuelle à son égard. Elle était arrivée à l'extrême limite de sa patience et de sa gentillesse. Drago la fatiguait. Et elle n'avait nullement besoin de cette fatigue-là. Elle avait vu et vécu beaucoup trop de saloperies pour une journée.

Non : pour une vie entière.






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Mer 25 Juin 2014 - 23:13

L'allée des embrumes était encore plus laide que dans les souvenirs de Drago. C'était une artère humide aux dalles tordues et sales, entourée de façades en pierre grise marquée par les ans. Il semblait faire perpétuellement sombre dans cet endroit car le soleil ne s'y attardait jamais. La faune locale n'était pas plus reluisante : du mastodonte aux vêtements tâchés de sang frais à la sorcière à la face boursoufflée de verrues, la population ne donnait guère envie de s'attarder.

-Le lieu idéal pour passer son samedi avec son fils de six ans. marmonna l'alpha. Rien d'étonnant à ce que je sois devenu aussi "équilibré".

-Pardon ? demanda Myosotis à côté de lui.

Drago ne lui répondit pas et poursuivit son chemin vers le magasin préféré de son père. Les lieux lui portaient sur les nerfs et lui rappelaient une époque où il était suffisamment stupide pour être fier d'avoir un père mangemort. Il se sentait oppressé et ne pensait qu'à une chose : en finir vite avec ce qu'ils étaient venus faire. Alors qu'il évitait les résidus d'une potion répugnante qu'une habitante venait de jeter dans la rue, une main le saisit par le bras et l'attira dans une ruelle attenante sous le regard effrayé de Grandiflore. Réagissant aussi sec, l'alpha brandit sa baguette et plaqua son avant bras sur la glotte de son agresseur. Il s'agissait d'un vagabond à la tête rasée qui leva les mains en l'air en ricanant :

-Oh là ! Calme mon gars, c'est que moi...

L'alpha le dévisagea :

-Qui êtes-vous ? siffla-t-il, le regard meurtrier.

L'homme sembla trouver sa réaction très amusante :

-Ah ces camés... toujours à l'ouest...

-Tu connais ce gars ? demanda Myosotis derrière lui.

-Non.

-Bien sûr que si ! rétorqua l'homme, rigolard.

Il secoua la tête et son sourire disparut :

-T'es en retard.

Drago appuya un peu plus sur sa glotte :

-En retard pour quoi ?! articula-t-il froidement.

-Quand j'tai pas vu passer hier nuit, je me suis dit, "Bah il a renoncé, la belle affaire". Et puis j'me suis dit : "P't'être ben qu'il est mort"... En tout cas, j'pensais pas tomber sur toi aujourd'hui.

L'alpha considéra son interlocuteur sans comprendre :

-Pourquoi diable serais-je mort ? demanda-t-il, cinglant.

-C'est pas ce que tu voulais ? Te flinguer à petit feu avant que ton chiard vienne au monde ? Echapper à ta famille de malades ? lança l'homme. Dire adieu à ta vie sordide ? "Si ils ne me laissent pas me supprimer d'un coup, je me détruirai à petit feu et avant la fin d'année, je serai mort ". Ca te dit rien ?

Il considéra Drago avec dégoût :

-En même temps, vu ta tête, ta patience va être exaucée... Prends ça, ça devrait suffire.

Il tendit un petit sachet dans lequel flottait une pilule ronde et noire. L'alpha se figea et ses yeux se braquèrent sur l'objet. Son cœur s'était mis à cogner dans sa poitrine d'une manière si furibonde qu'il en avait eu un haut-le-cœur, appelant de ses vœux ce qui se trouvait devant lui. Le voile grisâtre contre lequel il avait lutté toute la journée se fit plus noir encore. Ce qu'il avait craint d'apprendre toute la journée venait de se réaliser : il était bien en train de mourir. Et c'est ce qu'il voulait le plus au monde.

-Qu'est-ce que t'attends ? Prends-la ! insista son interlocuteur.

Il eut un sourire mauvais :

-Plus qu'un petit effort et tout sera terminé...

L'alpha frissonna. Mais une main salutaire se plaqua sur son bras :

-Viens, on s'en va. fit Myosotis.

Sans attendre de réponse, la Gamma le tira hors de la ruelle sous les injures de l'homme. Drago se laissa tirer, muré dans une sorte d'état second, et le regard éteint. Il finit par reprendre ses esprits et dégagea la main de sa camarade.

-Ca va aller ? demanda cette dernière.

Drago ne lui répondit pas et se frotta machinalement les bras comme pour se tenir chaud. Il n'avait aucune envie d'évoquer avec une parfaite inconnue ses tendances au suicide et le désespoir que c'était d'être né dans une famille qui lui avait ôté dès son enfance l'envie de vivre. Il voulait quitter au plus vite cette réalité sordide qui le forçait à faire face à ses pires côtés. D'autant plus rapidement que s'il ne le faisait pas, ses derniers souvenirs seraient ceux d'une misérable épave.

-L'endroit que nous cherchions est là-bas. annonça-t-il, la voix un peu tremblante.

Il stoppa brusquement et posa une main contre le premier mur venu. Il blêmit et ferma les yeux.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Jeu 26 Juin 2014 - 16:53

Myosotis hésita.

Le temps leur était compté. Azoth, ou du moins des informations à propos de cette Dague, les attendaient dans la boutique que l'Alpha venait de désigner d'un mouvement de tête. Et à vrai dire, Myo n'avait aucune envie de s'attarder dans cette allée sordide, qui puait la magie noire par toutes les dalles crasseuses de ses trottoirs souillés. Aucun cours théorique de Sciences Occultes ne l'avait préparé à cette ambiance crapuleuse, qui lui collait à la peau et lui fichait la chair de poule. Il lui tardait de décamper.

Mais d'un autre côté... Malefoy n'avait pas l'air bien du tout. Myosotis ne l'avait pas vraiment observé jusqu'à présent, d'une part parce qu'elle n'avait plus le même large champs de vision qu'autrefois, et d'autre part parce qu'elle ne ressentait pas vraiment de sympathie pour l'AAA, et évitait son regard glacial et mordant autant que possible.
Mais là, ça lui sautait à l'unique œil qu'il lui restait : le visage du blondinet était tellement pâle qu'il paraissait presque translucide. Il laissait paraître de fines veines bleuis et inquiétantes, sur ses tempes. D'épaisses cernes violettes, sous ses yeux gris voilés, lui conféraient un aspect de mort en sursis qui ne présageait rien de bon, surtout au vu des révélations du clochard qu'ils avaient croisé plus tôt.

- Ça va aller ? répéta-t-elle, d'une voix tremblante. Tu te sens comment ?

Malefoy baissa la tête, avec une tristesse infinie. Puis il fit mine de se reprendre, tandis que son regard regagnait sa dureté plus habituelle :

- Si tu crois que je vais me confier à toi, Grandiflore...

La jeune femme aux cheveux verts tordit la bouche. Ce n'était pas parce qu'elle ne l'appréciait pas qu'elle ne se sentait pas touchée par ce qui lui arrivait, au contraire ! Elle se sentait terriblement mal pour lui, sans savoir exactement quoi faire... ou si elle pouvait faire quelque chose. En désespoir de cause, elle posa une main compatissante sur l'épaule de son compagnon d'infortune.

- Malefoy...

- Je n'ai nul besoin de ta pitié, siffla ce dernier.

- Bien sûr que si ! rétorqua vivement la semi-dryade.

Le blondinet releva des yeux étonnés vers Myosotis, ne s'attendant certainement pas à tant de véhémence. La fille-chlorophylle planta son œil dans le regard de l'AAA.

- Tu as besoin de moi ! Et j'ai besoin de toi ! Je n'ose à peine imaginer ce que ton autre toi a du vivre dans cette réalité pour en arriver à... à vouloir mourir à petit feu... articula-t-elle. Il devait avoir perdu tout espoir... mais il y a encore de l'espoir, pour nous deux ! On peut arranger tout, et revenir d'où on vient ! Et nous avons besoin l'un de l'autre pour ça ! En tout cas, moi, j'ai besoin de toi !

- Oui, tu me l'as clairement fait comprendre, lorsque nous avons abandonné Marcus et Rincevent à leur triste sort, siffla l'Alpha. Tu as besoin de ma présence pour ton sortilège.

Myo se mordit la lèvre inférieure.
Elle n'était pas particulièrement fière de son comportement récent, mais la colère et la lassitude avaient pris le dessus sur sa personnalité habituelle.
Elle reprit la parole :

- J'ai besoin de toi pour le sort, c'est vrai... mais pas que. Et je ne parle pas du fait que je n'aurais jamais eu l'idée de venir dans cette boutique sans toi. Drago ! Tu es le seul qui puisses me comprendre, ici ! Comprendre ce que je ressens, et le choc d'être ici ! Sans toi, je serai totalement seule !

Le silence retomba entre les deux étudiants. On n'entendait rien, hormis le grincement lugubre d'une vieille enseigne au sommet du mur.

Sentant que le blondinet n'allait pas briser son mutisme, la Gamma reprit :

- Je sais qu'on s'apprécie pas, et nous ne serons JAMAIS amis. Mais là, on est tous les deux dans la même galère ! Si tu ne me fais pas confiance, ici, dans cette horrible réalité, il ne te reste personne ! Personne !

Drago poussa un long soupir :

- Il ne me reste personne, affirma-t-il. Dans cette réalité, comme dans toutes les autres.

Un voile de lassitude passa devant les traits déjà tirés de son visage.

Myo sentit un pincement dans son cœur. Soudain, elle écarquilla son œil, en réalisant quelque chose.

Était-ce possible ? Certainement, si on considérait la facilité avec laquelle il avait voulu faire partie de son maléfice vaudou, sans en savoir plus que ça sur son exécution... Certes, elle-même aussi avait voulu changer les choses, mais c'était le fruit d'une réflexion de plusieurs semaines, longuement mûrie. Il avait fallu à Malefoy quelques secondes à peine pour vouloir changer de vie.

Alors, peut-être que ça signifiait...

- Oh mon Dieu... ce n'est pas que dans cette réalité... murmura-t-elle. Tu avais déjà perdu tout espoir avant qu'on se retrouve ici...

Elle déglutit, puis lança d'une voix blanche :

- ...Drago... est-ce que tu veux mourir ?!






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Sam 28 Juin 2014 - 17:10


Le cœur de Drago battit à tout rompre. La tête lui tournait et il avait l'impression que son énergie le quittait peu à peu. A côté de lui, Myosotis le considérait en silence, sans vraiment savoir quoi faire. Il n'avait aucune envie de répondre à sa question. D'abord parce qu'il n'avait pas l'habitude de s'épancher. Ensuite parce que cette question précise, il se l'était posée plus d'une fois et à chaque fois, il avait soigneusement évité de pousser la réflexion.

Il resta un instant la tête baissée, recouvrant peu à peu ses esprits et l'usage de ses membres.

-Je sais que cela n'a probablement aucun sens de poser cette question à une personne qui est née avec des cheveux verts mais, Myosotis...

Il prit une faible inspiration :

-T'es tu déjà sentie invisible ?

La Gamma le considéra avec surprise et il ne la connaissait pas assez pour savoir ce qu'elle pouvait bien penser. Elle finit malgré tout par prendre la parole :
-Tu n'est pas invisible... fit-elle d'une voix mal assurée.

-Vraiment ?

Ses yeux se remplirent de colère et de désespoir :

-Tu crois que je ne sais pas à quoi je ressemble ? Une bonne dizaine de générations me précédant avaient ce visage. La même peau blafarde, le même blond presque blanc, les même yeux dénués d'âme. Et pour tous ceux qui nous ont croisés au cours de leur vie, cela n'a toujours voulu dire qu'une chose : souffrance. Depuis que je suis né, c'est la même chose : les gens ne me voient pas. Ils voient ma famille, le mal qu'elle a fait et qu'elle fait encore. Ma propre mère n'a pas voulu me tenir dans ses bras à ma naissance parce que j'étais le portrait de mon père.

Il se tourna vers la Gamma :

-C'est au-delà de moi, tu comprends ? C'est dans ma peau. C'est dans mon sang. Je lutte en permanence contre un besoin viscéral de faire du mal aux autres. Cette colère, cette envie, cette ambition, me dévoreront jusqu'à ce que je ne sois plus que des os. La douleur est tout simplement insupportable.

Son regard se perdit un instant dans le vide.

-Malicia, elle faisait partir cette douleur. Elle l'a faisait s'envoler et je l'ai repoussée et traité si mal que je ne peux plus rien réparer. Tous ceux qui me croisent me détestent avant même que je leur adresse la parole, et s'ils ne le font pas, ils ne voient que mes défauts. Mais elle la première fois qu'elle m'a vue, elle m'a demandé pourquoi j'avais aussi mal. Elle ne voyait pas le fils de mangemort imbu de lui-même et odieux avec tous, elle me voyait, moi. Et pour une fois, je n'étais plus un Malefoy.

Il désigna ses bras :

-Tu vois ces blessures ? C'est moi, tel que je me sens à l'intérieur. Moi, après des années de colère, des années à toiser le monde, des années à suivre les pas de mon père. Dans la réalité où nous sommes, tout est remonté à la surface. Et je suis persuadé que mes parents jubileraient de me voir détruit.

Myosotis le regarda avec un regard plein de pitié :

-Ma mère est une horrible castratrice et mon père est à l'autre bout du globe. Moi non plus, mes parents ne m'aiment pas.

Drago eut un sourire aussi bref qu'ironique :

-Considère que tu es chanceuse. Pour les miens, je n'existe tout bonnement pas. Je vaux moins qu'un chien. Je ne suis même pas doué de vie. A leurs yeux, je suis une arme et ils m'ont utilisé jusqu'à ce que je me casse.

Il se tourna vers la Gamma :

-Donc, quand tu me demandes si je veux mourir, Myosotis, j'ai envie de te dire que cela n'a aucune importance, car je suis déjà mort. En t'accompagnant dans ce monde, j'espérais pouvoir ressentir à nouveau quelque chose. Je ne regrette pas de t'avoir suivie. Je me devais d'essayer.

Devant l'air interdit de son interlocutrice, il rajouta :

-Je me rends compte que je ne t'ai jamais remerciée.

-Remerciée ? s'étonna l'étudiante en Sciences Occultes.

-Il y a quelques mois, mon père et Mylénie m'avaient ôté tous mes souvenirs heureux. Tout ce que j'avais vécu avec Malicia s'était envolé. Tu m'as rendu ces souvenirs et je me suis échappé de l'emprise de ma famille. Tout ce que nous vivons aujourd'hui aurait pu arriver lais en faisant ce que tu as fait, tu l'as empêché. Et je t'en remercie.

Il lui sourit tristement :

-Sans le savoir, tu as rallongé ma vie. Du moins pour quelque temps. Et puisque je ne compte pas m'attarder ici-bas encore longtemps, je vais te laisser la parole, puisque toi, tu es vivante. Et je vais te poser à mon tour une question.

Il regarda la Gamma avec une bienveillance que peu lui connaissaient :

-Si nous rentrons, que vas-tu faire pour ne plus être malheureuse ?



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Lun 30 Juin 2014 - 3:47

Myosotis essuya la larme qui coulait sur sa joue, et considéra Drago avec tristesse.

Il avait tort. Elle en était persuadée, il avait tort. Il n'était pas mort : tant que son cœur battait, aussi faible ou douloureux que lui procurait ce battement, il y avait de l'espoir. Mais il était inutile de lui en faire la remarque, il ne la croirait jamais. En même temps, n'était-elle pas la plus à même de le comprendre ? N'avait-elle pas, elle aussi, étouffé dans une cellule familiale qui ne lui avait jamais voulu le moindre bien ? N'avait-elle pas connu la peur et le mépris, suscités uniquement par ses origines atypiques ? N'avait-elle pas souhaité être invisible, lorsqu'on s'en prenait à elle pour ces mêmes raisons ? N'avait-elle pas regretté l'être beaucoup trop, durant toute sa scolarité à Beauxbâtons, pendant laquelle elle ne s'était pas fait le moindre ami ?

Elle baissa la tête, le cœur lourd. Et contre toute attente, l'Alpha lui posa une question qui la surprit :

- Si nous rentrons, que vas-tu faire pour ne plus être malheureuse ?

Myo releva le menton et cligna son œil, surprise comme jamais. Mais Drago ne montrait pas le moindre signe de sarcasme ou de mépris. Et cette amabilité inhabituelle était encore plus étonnante que la question elle-même.

- Ne plus être malheureuse ? répéta Myo.

Son regard se perdit devant elle.

- Je n'en ai pas la moindre idée, lâcha-t-elle, de sa voix douce. Je me rappelle pas avoir déjà été heureuse une fois dans la vie.

Le blondinet prit un air grave, comme s'il était chagriné par cette affirmation. La jeune femme aux cheveux verts ignorait si cette sincérité était feinte ou non, mais peu importait : elle lui en était reconnaissante.

- Je n'ai jamais été heureuse, reprit-elle. La seule fois où je pensais l'être, ce n'était que les effets secondaires d'un sortilège qu'on m'avait lancé. Et quand j'ai voulu retrouver cette sensation virtuelle, je n'ai fait que me perdre davantage, et j'ai sombré dans la luxure jusqu'à en perdre le peu d'estime qu'il me restait encore. Parce qu'avec ça, au moins, je ressentait quelque chose.

- Je connais ça, confessa Drago.

Myo lui lança un sourire triste.

- Je te comprends, tu sais. Plus que tu ne le crois. Et si tu te sens mort, moi je ne suis pas plus vivante. Pas dans le sens où tu l'entends. Je suis juste... une survivante. Je ne compte pas mourir. Mais je ne vaux rien. Ce maléfice vaudou était ma seule idée pour changer les choses dans ma vie. Une idée pathétique, lamentablement exécutée, et avec des conséquences terribles que je n'avais pas envisagé une seule seconde. Et maintenant je me rends compte à quel point c'était lâche et égoïste de ma part. J'étais prête à changer le monde entier juste pour mon petit plaisir personnel, parce que c'était plus facile que d'assumer les erreurs que j'ai pu faire. C'était foncièrement malhonnête. Envers moi-même, mais surtout envers mes amis. Et c'était ma seule foutue idée.

Son œil s'embua de larmes. Elle voulut déglutir, mais une boule dans la gorge l'en empêchait. Elle se sentait terriblement honteuse. Plutôt que d'essayer de réparer ses actes, elle avait voulu les gommer grâce à une sorcellerie illégale. Qu'avait-elle pensé ? 'Peut-importe comment on agit, tant qu'on peut tout réparer par magie ? C'était un comportement immonde. En d'autres mots, elle avait voulu manipuler ses amis...  Non : manipuler Titus.

Titus était mort à cause d'elle. Naëll était mort à cause d'elle. Ça faisait d'elle un être immonde. Mais si le sortilège avait fonctionné et l'avait envoyé dans un présent idyllique... elle n'aurait pas valu mieux.

Son cœur se serra encore davantage, et elle dut prendre sur elle pour ne pas fondre en larmes. Penser à Titus la foutait en l'air... et elle ne pouvait pas se le permettre. Pas pour le moment. Elle avait une responsabilité de poids envers lui : faire revenir les choses à la normale, afin qu'il soit toujours en vie. Et même s'il devait être furieux contre elle toute sa vie, ce n'était qu'un maigre prix à payer, pour qu'il soit vivant.

Elle ravala son chagrin. Ce n'était pas facile, mais elle n'avait pas le choix. Elle prit une longue inspiration, et ferma son unique œil.

Lorsqu'elle le rouvrit, elle réalisa que Drago la regardait tristement. Dieu, qu'il avait l'air faible, et si mélancolique ! La semi-dryade ne pouvait pas s'empêcher d'avoir de la peine pour lui.
Mue par une impulsion soudaine, elle prit sa poupée Bibi, qu'elle gardait dans sa poche, et la piqua de toutes ses forces, à l'aide de l'une des petites aiguilles fichées dedans

Drago poussa un petit cri de douleur, puis, tout en secouant la main, jeta un regard étonné à sa camarade.

- Qu'est-ce qui te prend ?! s'indigna-t-il.

La fille-chlorophylle fixa le blondinet d'un air candide :

- Ça fait mal ? demanda-t-elle de sa voix la plus douce.

- A ton avis ? rétorqua vivement l'Alpha.

- Bien.

Myo rangea la poupée dans sa poche.

-Cette douleur, aussi petite soit-elle... c'est parce que tu es vivant que tu la ressens. Quoique t'en penses, tu n'es pas encore mort. Qui sait ce qui va se passer pour toi quand on rentrera ? Tu sais ce qu'on dit : tant qu'y'a de la vie...

Elle haussa les épaules, fit volte-face, et considéra la ruelle déserte dans laquelle ils se trouvaient.

- On devrait aller chercher la dague, maintenant. Cet endroit ne me dit rien qui vaille. Et je t'avoue que même si ma vie c'est de la merde, il me tarde de retrouver ma réalité.






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Mer 2 Juil 2014 - 22:16

Drago se frotta la main, pensif.

Même si ça lui faisait mal de le reconnaître, Myosotis avait raison : il était comme toutes les personnes issues de familles déséquilibrées. Perdu, et forcé de se débattre en solitaire contre tout ce que la vie avait cru bon de mettre sur son chemin. Pour les gens de son espèce, accumuler les erreurs de jugement était comme respirer : une fatalité. Cela semblait apparemment toucher énormément de monde, hommes comme femmes, pauvres comme riches. Sans aucun doute le mal du siècle. Mais cela ne le rassurait pas pour autant, et il se sentait toujours aussi seul.

Il ne souhaitait pas poursuivre la conversation. Pour une fois, il n'avait rien contre la fille aux cheveux verts, il avait même trouvé sa naïveté habituelle supportable. Mais parler avec une personne qui vivait les mêmes choses que lui était terriblement déprimant. Cela lui donnait l'impression qu'il y avait encore moins d’échappatoires que celles qu'il trouvait, puisque tous ceux qui s'étaient égarés comme lui avaient suivi le même chemin. Et la psyché torturée de son alter ego achevait de le miner.

En conséquence de quoi, il était d'accord : il ne valait mieux pas s'attarder dans cette contre-réalité. Et il fallait en sortir plus rapidement possible.

-Tu as raison, fit-il, en reprenant la maîtrise de lui-même. Partons d'ici.

-Tu disais que "Barjow et Beurk" était juste là ? demanda Myosotis.

Drago hocha la tête.

-Je pense pouvoir obtenir les informations que nous cherchons. Attends-moi ici.

Il laissa la jeune femme derrière lui et poussa la porte de la boutique. Là encore les lieux lui étaient plus que familiers et n'avaient pas changé d'un pouce. Toujours le même capharnaüm poussiéreux, rempli d'objets lugubres et illicites.

-Monsieur Malefoy Fils ! Je ne vous attendais pas... susurra un homme qui se tenait au fond de la boutique.

C'était un homme chauve et noueux, au regard acéré, qui frottait ses mains sèches et osseuses avec contentement.

Drago avança vers le comptoir d'un pas décidé. Il s'aperçut un instant dans un miroir en os qui était accroché derrière le commerçant : il avait le même regard dénué d'âme que son père et le teint cadavérique. C'était désespérant.

-Azoth, vous connaissez ? siffla-t-il, essayant de ne pas faire attention à ce qui lui faisait face dans la glace.

L'homme ne sembla pas choqué par son manque total de politesse.

-Bien entendu. Vous l'avez ratée de peu.

L'alpha ne laissa rien paraître de sa surprise et se contenta de fixer l'homme de son regard sans vie. Ce dernier, de plus en plus mal à l'aise, finit par lui faire un sourire doucereux et il posa une nouvelle question :

-Qui l'a prise ?

-Et bien, elle a dû s'impatienter...

Un soupçon fugace passa dans les yeux de son interlocuteur, qui posa discrètement les yeux sur sa baguette.

-Vous posez beaucoup de questions, mon jeune ami... fit-il sur un ton soupçonneux.

L'alpha réagit du tac au tac :

-Je n'en poserai peut-être pas si vous ne me cachiez pas quelque chose. articula-t-il, menaçant.

Il se pencha vers le commerçant en le fixant d'un air aussi furieux que malsain et poursuivit, sur un ton sinistre :

*Drago utilise son pouvoir de persuasion*

-Je vous préviens, je ne compte pas perdre mon temps à écouter le verbiage inepte d'un subalterne que je pourrais supprimer d'un simple claquement de doigt. Vous n'avez, pour ainsi dire, que deux choix : me dire qui a pris cette dague ou vous faire écorcher vif à l'instant. Est-ce que c'est clair ?!

-Parfaitement , Monsieur ! bredouilla Barjow.

A l'image de son père, il eut un sourire aussi bref que cruel.

-Je vous écoute. lâcha l'alpha sans cesser de le fixer.

-C'était votre femme. Elle va utiliser Azoth pour réaliser le dernier sacrifice que la naissance de votre enfant exige. Dans quelques heures, tous les mangemorts du pays seront rassemblés afin d'assister à son avènement.

Il sourit, et clama, une lueur de folie cruelle dans les yeux :

-Ce soir, nous aurons à nouveau un Maître pour nous guider dans les ténèbres. Ce soir, nous serons tous sauvés !

***

Myosotis et Drago remontaient l'allée qui menait aux appartements de Mylénie.  La nuit était tombée depuis peu et l'université semblait encore plus glauque que dans la journée, si cela était seulement concevable. La faculté s'était vidée de ses occupants. Tous semblaient s'être réfugiés chez eux par peur de ce qu'ils auraient pu croiser dans la pénombre.

Ils stoppèrent à quelques mètres de sa maison.

-Qu'est ce que tu vas faire ? demanda la Gamma.

-D'après toi, Grandiflore ? rétorqua l'alpha, la mine sombre.

-Tu crois qu'elle va te donner la dague ?

-Je ne pense pas, non. Elle l'aura probablement cachée quelque part et dieu sait ce que je vais devoir faire pour me la procurer.

Une bonne dose de tristesse passa dans les yeux de l'Alpha.

-Cache-toi et ne te montre sous aucun prétexte. finit-il par dire.

Myosotis acquiesça et disparut. Drago poursuivit sa route seul. Il se sentait faiblir à vue d'œil et ses membres le lançaient comme s'il s'effritait de l'intérieur. Il stoppa un instant et prit une forte inspiration, essayant comme il le pouvait de maîtriser la douleur. Puis il reprit sa marche. A quelques pas de la porte, d'horribles cris parvinrent à ses oreilles. Il hésita et finit par tourner la poignée de la porte.

-Le voilà !

Une femme qu'il reconnut comme la mère de Mylénie le saisit par la main et le tira vers le salon. Au milieu de la pièce, sa "bien-aimée" femme se tordait de douleur, le visage en sueur et la bouche tordue. Sa peau était si fine qu'on pouvait voir des veines bleues saillir sur son visage.

-OU ÉTAIS-TU ?! hurla-t-elle.

Drago ne répondit pas et survola la pièce du regard. Elle ne ressemblait en rien aux lieux qu'il avait habités : le salon consistait en une accumulation de consoles et de causeuses victoriennes bordées de dorures, et sur lesquelles avaient été disposées quantités de bibelots en porcelaine et de poupées aux yeux arrachés. Les murs étaient recouverts d'une tapisserie fanée aux motifs floraux. Sur les nombreux tableaux de la pièce, un paysage lugubre cohabitait avec une dizaine de portraits des ancêtres de Mylénie. Il était impossible, à regarder les lieux, d'imaginer qu'il vivait ici.

Il tenta de trouver la dague des yeux. Mais elle n'était nulle part.

Une main froide le saisit par le poignet et, arrêté net dans ses recherches, il manqua de sursauter :

-Nous devons partir ! ordonna sa "belle-mère" avec autorité.

Elle le poussa sans ménagement dans l'âtre et saisit de la poudre de cheminette.

-Où allons-nous ? demanda l'alpha, pris de court.

Les deux femmes le considérèrent comme si il était devenu fou.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Jeu 3 Juil 2014 - 2:41

Myosotis s'était accroupie contre le mur du superbe loft des époux Malefoy, et attendait là, dans le froid mordant de cette soirée hivernale.

Elle n'était pas rassurée. Déjà, elle ne pouvait s'empêcher de penser à Krapull, qui, la dernière fois qu'elle l'avait vu, errait dans les alentours de Mysteria Lane avec la ferme intention de la tuer.

Ensuite, elle n'arrivait pas à trouver rassurant l'idée que la Dague de Paracelse soit aux mains de la femme de Malefoy. Avec ce que Drago lui avait raconté sur Mylénie et ses plans diaboliques, ce n'était pas du tout, mais pas du tout une bonne nouvelle.

La semi-dryade soupira. A chaque étape de leur enquête, elle avait cette impression horrible de sombrer un peu plus dans le désespoir. Son stress atteignait des sommets. Ce qu'elle regrettait de ne pas avoir une cape d'invisibilité, ou de ne pas être animagus souriceau, juste histoire de voir comment Drago s'en sortait !

Oh, et après tout...

Poussée par la curiosité, la jeune femme se leva, et, perchée sur la pointe des pieds, regarda à travers une grande fenêtre coloniale, ce qui se passait dans le salon.
Elle fronça les sourcils : déjà qu'elle n'y voyait pas bien avec ce bandeau de pirate sur le visage, l'opacité de la vitre ne l'aidait pas vraiment. Elle plissa son œil unique dans l'espoir d'y voir mieux... et lâcha un juron.

- BORDEL DE M...

Elle se plaqua la main sur la bouche, et regarda autour d'elle, mais heureusement, il n'y avait personne pour la repérer. Elle s'adossa contre le mur, et se laissa glisser jusqu'au sol, troublée.

A travers sa grande cheminée, dans une grande flamme verte, Drago était parti. Sans elle.

Mais... Mais.... Mais pourquoi ?! Mais où ?! Mais comment elle allait le retrouver ?! Est-ce qu'il allait revenir à temps ?! Est-ce qu'il pourrait seulement revenir ?! Ou alors, son plan avait été découvert par la cinglée qu'il avait épousée, et Dieu seul savait ce qu'elle allait faire en représailles...

Oh, Seigneur, c'était foutu. Tout était foutu. Myo allait rester pour toujours dans cette réalité de merde, avec son visage balafré et son œil crevé. Elle ne pourrait pas sauver Nemo et Titus. Elle ne pourrait sauver les amis de Drago. Elle ne pourrait pas arranger le foutoir qu'elle avait foutu dans la vie de Kim, et de nombreux autres étudiants. Et de toutes façons, tout ça n'aurait bientôt plus d'importance, puisque ce n'était qu'une question de jours avant qu'elle se fasse boulotter par l'alter ego écailleux de Krapull. Ou avada-kédavériser par Magnus parce qu'elle n'était qu'à moitié sorcière.

Elle enfouit son visage entre ses bras, et geignit son désespoir.
Au bout d'un moment qu'elle n'aurait su quantifier, elle prit énormément sur elle, et se redressa.

Il fallait qu'elle se ressaisisse. Ça n'aidait pas de sombrer dans la dépression ! Peut-être qu'après tout, tout n'était pas encore fini ! Il suffisait qu'elle trouve ne serait-ce qu'un indice sur la destination de Drago et de celles qui l'accompagnaient, et elle pourrait les rejoindre pour... pour... Bon, pour être honnête, elle ne savait pas ce qu'elle allait faire dès lors, mais chaque problème en son temps. D'abord, trouver Malefoy. Ensuite... on improviserait.

Elle se releva, s'épousseta machinalement, et se dirigea à pas de loup vers la majestueuse entrée du domaine. Elle tendit sa baguette vers la poignée ronde et ciselée. Mais avant même qu'elle n'ait eu le temps de lancer la moindre formule, la porte s'ouvrit et un majordome au teint grisâtre la toisa avec mépris :

- Puis-je vous aider ?

- Heu...

Myosotis releva l'œil vers son interlocuteur :

- Je venais voir Monsieur Malefoy... commença-t-elle, gênée.

- Le maître est parti. Et vous feriez mieux d'en faire autant avant que...

- Petrificus Totalis !

Le domestique se figea dans un rictus de surprise, et tomba lourdement en arrière. Sans une once de remords, la Gamma l'enjamba et se précipita dans le salon. C'était le dernier endroit où elle avait aperçu Drago. Elle espérait vraiment qu'il ne l'avait pas abandonnée.

- Mphff. On laisse vraiment entrer n'importe qui de nos jours.

La fille-chlorophylle sursauta : la voix glaciale venait d'un tableau rond sur lequel était peint un vieillard vêtue à la mode militaire d'antan. Il portait un monocle sur son œil plissé, et considérait l'étudiante d'un air revêche.

Elle décida de l'ignorer et se jeta sur la première commode venue. Ouvrant les tiroirs, elle farfouilla à l'intérieur d'une main fébrile. Mais il n'y avait rien d'intéressant : uniquement des babioles, et des poupées de porcelaine qu'on avait toutes mutilées, pour une raison qui lui échappait.

Sans se décourager, la semi-dryade poursuivit ses recherches, mettant tout sens dessus dessous. Tout y passa : les vaisseliers, les buffets, les secrétaires... mais elle ne trouva rien. En désespoir de cause, elle finit à genoux devant la cheminée par laquelle elle avait vu Drago disparaître, et plongea les mains dans la cendre, essayant de repérer le moindre indice. Et alors qu'elle n'y croyait plus, un morceau de papier déchiré s'envola de l'âtre. Elle le rattrapa, et elle le lut avec avidité :

-"Tableau ! D."

Elle sourit, soulagée. C'était à l'évidence un message de Drago, qui lui était destiné ! Il ne restait plus qu'à le décrypter. Elle se releva et déchanta aussitôt : la pièce contenait une bonne trentaine de tableaux qui la fixaient tous avec mécontentement.

Elle soupira, et fit un pas hésitant vers le mur le plus recouvert de cadres :

- Je... je suis une amie de Drago et j'ai besoin de le retrouver, commença-t-elle, en tordant ses mains. Vous savez où il est parti ?

Un murmure désapprobateur parcourut les portraits, dont la plupart grimacèrent de dégoût :

- Quelle honte !

- Quel déshonneur !

- Quelle insolence !

- J'ai vraiment besoin de votre aide ! insista Myosotis, dont l'oeil commençait à s'embuer. Il s'agit d'une question de vie ou de mort !

Un rire sardonique parcourut la galerie.

- Aider une sang-mêlée ? Jamais de la vie ! hoqueta une petite dame aux grands yeux bleus globuleux, visiblement choquée.

- Nous n'avons que faire de ce Drago, jeune fille. Seule la pérennité de notre lignée prévaut ! renchérit le Général à monocle.

- Et ce soir notre Famille aura enfin la place et le respect qu'elle mérite !  fit un autre, qui ressemblait beaucoup au précédent.

Un rire dément s'éleva :

- Ils disaient que nous étions fous, parce que nous mêlions procréation et magie noire depuis des générations ! lança un homme blond perclus de tics, en posant ses paumes contre la toile dont il faisait partie. Mais ils verront ce soir ! Ils verront !

Des rires cinglants s'élevèrent à sa suite et Myo se recroquevilla, mal à l'aise.

Découragée, elle poussa un long soupir et se laissa tomber sur le sofa le plus proche. Encore une fois, elle se sentait désespérée, et totalement dépassée par la situation. Peut-être qu'elle était trop idiote pour comprendre l'indice de Drago. Peut-être que tout était fini. Il était trop tard.

Elle s'enfonça dans son siège, et leva l'œil, sans même y réfléchir.
Aussitôt, elle fronça les sourcils : un immense tableau de paysage se dressait devant elle.

Se relevant d'un bond, la semi-dryade s'avança vers la toile, ne pouvant en détacher son œil. La peinture était lugubre, et donnait la chair de poule. Elle représentait un petit cimetière à l'ambiance malsaine, hérissé de pierres tombales, baigné dans un brouillard épais.

En se rapprochant, on pouvait entendre le vent passer dans les branches squelettiques des innombrables arbres morts, ainsi que des rumeurs lointaines. Myosotis ne voyait personne dans le paysage nocturne, mais devinait un attroupement fébrile non loin.

En bas du cadre, une plaque dorée récemment polie proclamait : "Cimetière de Little Hangleton".






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Ven 4 Juil 2014 - 20:23

Dans un brasier de flammes vertes et crépitantes, Mylénie, sa mère et Drago atterrirent dans l'âtre d'une vaste cheminée. L'alpha n'eut pas le temps de reprendre ses esprits : il se reçut une gifle si violente qu'il manqua de tomber à terre et croisa le regard sans âme de son père.

-Imbécile. lâcha ce dernier d'une voix glaciale.

Drago toucha du bout du doigt sa mâchoire endolorie et lança un regard furieux à Lucius. Il s'avança : il était dans une pièce sombre aux murs sales et délavés. Les rares meubles présents avaient été recouverts de draps poussiéreux. Un groupe de sorciers encapuchonnés formaient un cercle autour d'eux. L'alpha reconnut sa mère qui baissa tristement la tête en l'apercevant.
Mylénie poussa un cri terrifiant et s'effondra en tenant son ventre. Aussitôt sa mère se précipita sur elle. Elle tourna les yeux vers les parents de Drago :

-Nous devons faire vite !

Lucius fit un signe de tête aux personnes derrière lui qui saisirent la future mère par les bras et la transportèrent au dehors. Les autres personnes présentes les suivirent. Au moment où Drago allait passer la porte, Lucius le poussa d'une main ferme contre un mur et lui plaqua sa canne sous le cou.

-Ecoute-moi bien. Il est hors de question que notre famille ait encore une fois à subir les désagréments de ton inacceptable conduite. Ce jour est probablement le plus important de nos vies. Un seul geste, une seule parole déplacée et tu ne quitteras plus ce cimetière.

D'un œil empli de dégoût, il le détailla des pieds à la tête :

-Tu aurais au moins pu être présentable. siffla-t-il.

Sur ce, il lâcha son étreinte et ne le laissant même pas reprendre son souffle, il le saisit fermement par le bras et le traîna au dehors. Ils firent leur entrée dans le domaine de Little Hangleton et descendirent la colline.

Une ombre voila la lune, ronde et blême, et les lieux furent aussitôt plongés dans la pénombre. Derrière un portail en fer rouillé, le cimetière, dédale de tombes et de cryptes usées par la pluie, était plongé dans un silence macabre qui n'était brisé que par les murmures des mangemorts rassemblés là. Des arbres malades, dont le tronc frêle et fissuré ne supportait qu’avec peine les lourdes branches noueuses, se tenaient là, dans l’herbe mouillée. Au centre de la nécropole, une tombe plus imposante que les autres se dressait : elle était faite de marbre noir et d’inquiétantes créatures sataniques y étaient gravées. C'étaient des femmes nues aux cheveux sinueux qui s’ébattaient avec des diables cornus. La lumière, diffuse, provenait de sept candélabres noirs posés au sol. Mylénie y était allongé et se tordait de douleur sous l'œil plein de déférence des sorciers présents.

Drago regarda la jeune femme avec horreur : son ventre mouvait et se distendait comme s'il avait sa propre vie. Sa robe blanche était couverte de sueur sanguinolente. Lucius le plaça d'autorité à côté d'une grande statue à l'effigie de la Mort qui surplombait la pierre tombale. Puis, il fit glisser sur son front la capuche noire de son ordre. Il s'avança à la rencontre de la foule qui leva les yeux vers lui :

-Le moment est venu ! lança-t-il d'une voix forte.

Les mangemorts exultèrent comme un seul homme et Drago les considéra avec épouvante. S'il avait pu, il se serait enfui, loin de ce cauchemar. Mais la douleur lancinante qu'il avait senti croître toute la journée avait désormais pris possession de tous ses membres. Il n'aurait probablement pas survécu à une poursuite.

Mylénie agrippa son pantalon et gémit de plus belle. Il leva un regard effrayé vers le groupe : il espérait vraiment que Myosotis avait trouvé sa note et qu'elle se trouvait non loin à ce moment même.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Dim 6 Juil 2014 - 0:25

Une femme d'une quarantaine d'années gisait contre une tombe, assommée. Une masse de cheveux châtains s'échappait de son chignon serré et recouvrait son visage strict, rehaussé de petites lunettes rondes. En la voyant, Myosotis n'aurait jamais deviné qu'il s'agissait d'une mangemort sanguinaire.

Pourtant, vu l'ambiance des lieux, le doute n'était pas permis.

Myo enfila la robe de cérémonie de sa victime, et cacha sa chevelure verte sous la longue capuche noire. Elle fit quelque pas hésitants, écrasant dans un bruit sec des ronces sèches étalées sous ses pieds. Son cœur battait la chamade. Elle n'aurait jamais pensé, en lançant son sort le matin même, atterrir dans un merdier pareil. Et malgré tous ses efforts pour rester positive, elle avait du mal à imaginer une issue heureuse à toute cette histoire.

Elle releva la tête, et considéra les lieux, en prenant grand soin que son visage ne se dévoile pas.
Elle se tenait dans un cimetière lugubre, faiblement éclairé par une pleine lune blafarde. Le même cimetière qu'elle avait vu représenté dans le tableau du salon de Malefoy. Elle frissonna : à quelques enjambées à peine, des fidèles encapuchonnés dans de longues capes sombres, semblables à celle qu'elle avait empruntée, s'étaient rassemblés fiévreusement. En tendant le cou, elle put voir l'objet de leur sinistre adoration : tous entouraient une sorte d'autel, recréé sur une impressionnante tombe en marbre, décorée de bougies et de glyphes occultes que Mama Ogg n'aurait pas renié. Il devait y avoir quelque chose, là, mais la foule l'empêchait d'en voir davantage.

Retenant son souffle, la fille-chlorophylle se glissa derrière les mangemorts drapés de noir, évitant soigneusement de frôler quelqu'un. Bien que tout lui paraisse terriblement irréel et incroyable, elle savait de quoi était capable ces mage noirs. Elle était entourée de meurtriers de masse. Elle avait lu dans les journaux qu'ils pouvaient commettre, sans sourciller, des atrocités qu'elle n'aurait jamais cru possible. Rien qu'en y pensant, un frisson lui parcourut l'échine. Pour l'heure, elle ne se sentait pas comme une étudiante en Sciences Occultes, non : elle avait plutôt la terrible impression d'être un agneau qui venait de pénétrer dans le territoire d'une meute de loups affamés. Un frêle, innocent agneau à la laine verte, qu'ils flaireraient en une demi-seconde, et dévoreraient plus vite encore.

Elle se fondit davantage dans la foule, tremblante de tous ses membres, priant à voix basse pour passer inaperçue. Et malgré son angoisse grandissante, personne ne la remarqua : tous avaient les yeux rivés sur l’événement qui se déroulait en contre-bas.

La semi-dryade suivit leur regard, et grimaça, écœurée : allongée sur la plus grande des pierres tombales, la femme de Drago agonisait.
C'était immonde : ce qu'elle avait dans le ventre n'était pas humain, et tentait à l'évidence de lui déchiqueter les entrailles. Ca serpentait à fleur de peau, ça tendait l'estomac, ça bouillait à l'intérieur. Et la malheureuse s'époumonait de douleur, tandis que deux mangemorts la maintenait contre le marbre, sans manifester la moindre émotion.

Une dame, plus âgée, s'avança vers l'autel. Elle ressemblait énormément à la femme "enceinte" : les mêmes yeux bleus lui mangeaient le visage, et les mêmes longs cheveux blonds coulaient sur ses épaules menues. Myo en déduisit qu'elle faisait partie de la famille de Mylénie... mais pour autant, elle ne semblait pas avoir la moindre empathie pour cette dernière, qui hurlait de plus en plus.

La dame tenait dans ses mains pâles une longue lame acérée qui reflétait la lumière de la lune. Elle la remit à un grand mangemort, dont les longs cheveux blancs dépassaient de la capuche.

Le cœur de Myo rata un battement. Cette lame ! Il s'agissait sans aucun doute possible d'Azoth ! La Dague de Paracelse ! L'ingrédient manquant du sortilège qui lui permettrait de rentrer chez elle ! Elle avait une chance de tout arranger ! Elle allait pouvoir rentrer ! Rentrer chez elle, dans la réalité ! Parler à nouveau à Bibi ! Sauver Drago, qui mourrait à petit feu ! Revoir Titus vivant ! REVOIR TITUS VIVANT !!!...
...Mais le soulagement de la jeune femme fut de courte durée : entourée de cette quarantaine de mangemorts, il lui était impossible de atteindre Azoth sans courir à une mort certaine.

Cherchant une issue, elle balaya les lieux du regard... et aperçut Drago. Derrière la tombe, à côté d'une Faucheuse en pierres noires, il se tenait en retrait, la figure blême. Il semblait ne quasiment plus tenir sur ses jambes.

Myosotis se mordit ses lèvres : comment allait-elle signifier sa présence à l'Alpha ? Elle regarda autour d'elle : dans ce silence religieux, il n'y avait aucun moyen de ne pas se faire remarquer.

A moins que...

Sortant sa poupée vaudou de sa poche, elle braqua son œil sur le blondinet. Elle espérait sincèrement que ça allait marcher.
Non : il fallait que ça marche. Leurs vies en dépendaient.






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Dim 6 Juil 2014 - 16:02

Drago chancela et se crispa, en proie à une angoisse grandissante. Ses tempes lui battaient et il sentait son cœur s'affaiblir, et cogner de moins en moins fort. C’était donc cela, mourir. L’alpha tenta de surpasser le mal-être qui emplissait la moindre de ces cellules, chassant comme il le pouvait le voile noir qui troublait sa vue. Il se retint à la statue de la Mort, et frissonna. Toujours aucun signe de Myosotis. Et il ne lui restait que peu de temps.

Depuis aussi longtemps qu’il se souvienne, il avait toujours pensé que le jour de sa mort serait une libération. Mais mourir là, à quelques mètres de ses parents indifférents, d’une femme qu’il haïssait et d’une foule composée de dégénérés de la pire espèce, cela, ce n’était pas une libération : c’était le purgatoire.

Une douleur vive s'empara de son avant-bras, et il baissa les yeux. A sa grande surprise, il était en train de graver sa chair à l'aide de ses ongles. Que se passait-il ? Il n’arrivait pas à se contrôler ! Avec affolement, il tenta de s’arrêter, mais sa main continua à écorcher sa peau, jusqu’à ce que bientôt, un message sanguinolent apparaisse. Drago le lut, le regard inquiet :

« Prend Dague. Rdv derrière Faucheuse. M.»

Myosotis. Elle devait avoir trouvé son mot. Cependant, l’Alpha ne réagit pas. Il se sentait si faible qu'il ne parvenait pas à se sentir soulagé d'avoir des nouvelles de la Gamma. D’autant que cette dernière lui rappelait une mission qui lui semblait impossible à accomplir. Où diable allait-il trouver la dague dans cette cérémonie macabre ? Dans un effort qui lui sembla surhumain, il sonda les lieux, et se figea : Azoth était là-bas, à quelques mètres à peine. Entre les mains de son père. L'assemblée toute entière avait les yeux braqués dessus.

Il n'y avait aucun moyen qu'il puisse s'en emparer.

Sans vraiment savoir ce qu'il allait faire, il fit néanmoins quelques pas vers l'objet. Sa main glissa lentement jusqu’à la poche arrière de son pantalon, à la recherche de sa baguette… A quelques centimètres de lui, Mylénie s'époumona plus que jamais et il se figea. Il glissa un regard vers elle et détourna les yeux aussi sec tant l’aspect décharné de la jeune femme était abominable. Même si il la haïssait, il aurait préféré abréger ses souffrances. Personne ne méritait une telle fin. Car à voir se tortiller sous sa peau la créature qui avait pris possession d'elle, la malheureuse serait probablement morte avant lui.

La lune choisit ce moment pour paraître derrière un rideau de nuages noirs et éclaira la tombe d'une lueur aussi blafarde que surnaturelle. Les bougies noires qui entouraient l'autel s'illuminèrent de plus belle et leurs flammes prirent une couleur vermillon. Sa belle-mère leva les yeux vers Lucius et ce dernier fit aussitôt un signe solennel à l’un des sorciers devant lui.

Un murmure s'éleva dans la foule, et bientôt, tous s'écartèrent pour laisser passer deux membres encapuchonnés. Ils encadraient une silhouette féminine qu'ils forçaient à avancer. La malheureuse, le visage caché sous un grand capuchon blanc, se débattait comme une diablesse, mais n’émettait pas le moindre son. Sans doute l’avait-on privée de voix afin que nul ne puisse l’entendre hurler. Malgré les ruades de la jeune femme, ils la poussèrent violemment contre la statue, et la malheureuse se cogna contre la pierre froide et tomba sur le sol. La victime releva la tête, et sursauta en voyant la Faucheuse s'animer soudain. Dans un raclement de pierre, l’édifice écarta les bras et, avec une vivacité redoutable, les resserra sur la jeune femme, l'emprisonnant de son étreinte.

Lucius lança un sourire cruel à son fils et il le jaugea avec appréhension. Son père ne souriait jamais sans raison. Mais Drago n'aurait jamais cru qu'il était homme à se ravir d'un sacrifice humain. Car c'était bien de cela dont il était question. Il aurait fallu être naïf pour ne pas penser que le rituel insensé de cette secte satanique nécessitait du sang innocent. L'alpha était horrifié par cette perspective. Malheureusement, dans son état, il ne pouvait rien faire pour empêcher cette abomination. Intérieurement, il se maudit de ne plus avoir de forces.

Son père s'avança vers lui :

-Il est l'heure d'accomplir ton œuvre. Annonça-t-il.

Il flanqua d’un geste brusque la Dague dans la main de Drago. Puis, avant que ce dernier ne puisse dire quoique ce soit, il pointa sa baguette sur la prisonnière. Aussitôt, le tissu qui recouvrait la tête de cette dernière tomba à terre.

Drago eut l'impression que le sol se dérobait brutalement sous ses pieds. Une myriade de cheveux dorés s'était étalée sur les épaules de la victime. Ses joues couleur café au lait étaient trempées de larmes. Elle écarquillait ses grands yeux noirs avec effroi. Elle hurla, mais aucun son ne sortit de sa bouche. Elle tenta de se débattre, mais la Faucheuse serra davantage ses bras. La prisonnière leva les yeux, l’aperçut, et lui lança un regard suppliant.

-Mylénie a beaucoup insisté pour que ce soit elle, annonça Lucius, avec un petit sourire aussi bref que sadique. Considère ça comme son dernier cadeau.

-Mali... murmura Drago, estomaqué.

Des larmes de colère lui montèrent aux yeux, et il se retourna vivement vers son père. Celui-ci se délectait de la situation. L'alpha eut une envie irrépressible de le détruire.

-RELACHEZ-LA !

-Certainement pas, rétorqua son père. Tue-la.

-NON !

Drago le repoussa brutalement, et Lucius se cogna contre la tombe. Derrière eux, la foule s'était raidie devant cet acte blasphématoire. L'alpha se rua vers son adversaire, et le roua de coups avec le peu de force qu'il lui restait.

Deux mangemorts l'agrippèrent, et le tirèrent en arrière. Son père se releva, et essuya du sang qui coulait au coin de ses lèvres.

-Si j'avais des doutes sur ta loyauté, à présent je n’en ai plus.

Il pointa sa baguette sur Drago :

-Tue-la, articula-il, menaçant.

-Plutôt mourir. rétorqua son fils en soutenant son regard.

Encore une fois, Lucius eut un bref sourire :

-Soit. Mais d'abord, fais ce qu'on te demande.

Braquant toujours sa baguette sur l'alpha, il fit un pas en arrière et s'approcha de Mylénie, qui se tordait de douleur. Il arracha le collier en or que la jeune femme portait autour de son cou, et effleura le pendentif serti d'émeraudes et d'améthystes.

Comme le matin même, Drago se recroquevilla sur lui-même. Une douleur atroce transperçait ses membres, les mouvait contre sa volonté, et oppressait son crâne. Il tenta de lutter contre l’emprise du sortilège, mais, à sa grande horreur, il se sentit dépossédé de son corps par une force implacable et aliéné de ses propres pensées. Sans qu'il ne puisse faire quoique ce soit, il se tourna lentement vers Malicia, le regard vide.

Cette dernière le regarda s'avancer avec de grands yeux affolés. Elle se mit à secouer frénétiquement la tête, prononçant le mot ''non'' sans que le moindre son ne parvienne à franchir ses lèvres. Voyant que cela ne changeait rien, elle éclata en sanglots, impuissante.

Drago s'arrêta devant elle, et elle le fixa avec désespoir, les joues mouillées de larmes. Il lut dans ses yeux qu'elle avait compris que rien ne pourrait la sauver.

Il aurait voulu tout arrêter.

Il aurait voulu lâcher son arme, et la prendre dans ses bras. Il aurait brisé la statue qui la maintenait prisonnière en morceaux. Il l’aurait amené loin de cet enfer. Il l’aurait embrassée, serrée contre lui et aurait dit qu'il était désolé de lui avoir fait vivre tout ça.

Il lui aurait dit qu'il l'aimait.

Mais il n'en fit rien.

Dans un geste aussi lent que mécanique, il leva la Dague au-dessus de sa tête…

Un voile noir s'abattit devant ses yeux.

Quand il reprit connaissance, il tenait un cœur encore battant dans sa main. Il était couvert de sang chaud et poisseux des pieds à la tête. Affolé il releva les yeux et tomba nez à nez avec Malicia, qui le fixait, hébétée.

Une dernière lueur de vie quitta son regard, et les muscles de son visage se détendirent lentement, avec douceur. La statue ouvrit brusquement ses bras, et la jeune femme tomba en avant, un trou béant dans la poitrine. Sa tête s'affaissa, pour reposer contre l'épaule de Drago.

Ce dernier regarda la masse de cheveux dorés retomber sur son torse avec une expression de stupeur. Il ouvrit la bouche pour hurler, horrifié, mais en fut incapable.

Il avait froid.

Ses membres s'engourdissaient.

Son sang s'était figé dans ses veines. Il ne pensait plus. Il ne respirait plus.

Il n'était plus rien.

Seule existait la souffrance. Une souffrance si abominable qu'elle n'avait pas de nom.

Il enfouit sa tête dans les cheveux de la métisse, et le parfum fruité de cette dernière lui monta à la tête.

Il hurla.

Mais le son de sa propre voix ne parvenait pas à ses oreilles. Tout était étouffé, déformé, submergé par la douleur suraiguë et vrombissante qui emplissait son esprit.

Parfaitement indifférent à ce qui se passait derrière lui, il se laissa lentement glisser à terre, serrant toujours le cadavre dans ses bras, pleurant et l'embrassant sans pouvoir s'arrêter, prononçant son prénom dans l'espoir qu'elle se réveille…

…mais sachant pertinemment qu'elle ne le ferait plus jamais.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Lun 7 Juil 2014 - 2:11

Myosotis avait suivi la scène de sacrifice avec une horreur muette qui grandissait avec les minutes. Elle avait beau avoir des griefs contre Malicia, elle était à mille lieux de vouloir sa mort ! Et voir la malheureuse éviscérée, sa poitrine ouverte et fouillée (par un Drago visiblement sous Impero) pour en extirper son cœur palpitant, avait mortifié Myo, et lui avait tordu les entrailles. Il lui avait fallu prendre énormément sur elle pour ne pas se plier en deux, et vomir dans l'herbe jaunie du cimetière.

Mais non. Elle n'en avait rien fait. Il ne fallait pas qu'elle se laisse aller de la sorte. Il ne fallait pas qu'elle se démarque des autres silhouettes encapuchonnées qui l'entouraient. Tous regardait religieusement la scène d'épouvante pure qui se déroulait sous leurs yeux démunis d'émotion ; manifester le moindre signe d'aversion pour cette messe noire équivalait sans nul doute à se condamner à mort.

Il lui fallait être forte.
Alors elle se força à l'être.

La Gamma fit passer sa violente nausée par de longues bouffée d'air glacial, et continua à s'avancer vers la statue de la Faucheuse, pas à pas, discrètement. Elle déployait une force et une volonté qu'elle ne se connaissait pas, et qui s'évaporeraient sans doute au moindre vacillement de son plan. Mais il ne valait mieux pas penser à ça. Maintenant que Drago avait la Dague de Paracelse à la main, ils avaient une occasion en or pour s'en sortir ! Pour ça, il leur fallait se carapater le plus vite possible. Ce ne serait sans doute pas chose aisé, mais ils n'avaient pas le choix. Cette chance ne se reproduirait sans doute pas deux fois.

Subitement, le sang de Myosotis se glaça : le grand mangemort aux cheveux blancs, qui s'était révélé être le père de Drago, se rapprochait de ce dernier, le visage fermé sous sa capuche sombre. Mais le pire craint par la fille-chlorophylle ne survint pas : sans manifester la moindre empathie face à la douleur visible de son fils ensanglanté, Lucius se contenta d'arracher le cœur de Malicia de la poigne du blondinet. Puis, il s'approcha de l'autel où sa belle-fille accouchait en se tordant de douleur, et le lui tendit, cérémonieusement.

Avec des yeux brillants de reconnaissance et d'émerveillement, Mylénie saisit avidement le cœur dans ses mains, et l'hémoglobine ruissela sur sa robe blanche immaculée. Elle mordit à pleines dents dans l'organe encore vif, et le dévora goulûment, dans une succion aussi bruyante que dégoûtante.
Ses joues pâles se maculèrent de sang vermillon.

A peine eut-elle fini son ''festin'', qu'elle se raidit. Sa tête bascula en arrière, et ses yeux se révulsèrent, sortant littéralement de leurs orbites. Dans un craquement d'os insupportable, les côtes de la jeune femme s'écartèrent et percèrent sa poitrine, dans une impressionnante gerbe rouge qui s'épandit jusque sur le sol. Ses entrailles glissèrent hors d'elle, alors que ses propres membres convulsaient et se tordaient dans des directions contraires à la nature. Un vagissement inhumain s'échappa de sa dépouille encore agitée de spasmes.

Ce qui arriva par la suite fut si écœurant que Myo dut détourner les yeux. Et à son grand étonnement, elle ne fut pas la seule. Nombreux étaient ceux qui hoquetaient sous l'anonymat de leur capuchon.

S'ensuivit une grande confusion. Certains faisaient de grands pas paniqués, en arrière, comme pour tenter de quitter la nécropole le plus vite possible ; d'autres au contraire se ruaient vers leur nouveau maître, pour voir à quoi ressemblait celui qu'ils devaient vénérer.

Profitant de ce moment de chaos et d'inattention générale, la sorcière aux cheveux verts se décida à fendre la foule en courant, et rejoignit enfin Malefoy. Lorsqu'elle fut à moins d'un mètre de lui, elle hoqueta, et stoppa net : l'odeur de ferraille du sang frais répandu, entêtant et écœurant, la prit à la gorge.

Drago, lui, ne semblait pas s'en soucier. Le malheureux avait les yeux vides, rivés sur le sol. Son visage ne manifestait pas la moindre émotion. Il restait là, totalement amorphe, serrant contre lui le corps de Malicia, ne bougeant le moindre muscle.

Myosotis se mordit la lèvre inférieure, alors que son œil brillait de chagrin. Elle comprenait tant la souffrance de son camarade. Elle se retrouvait en elle. La pluie écarlate, rougie du sang de Titus, qu'elle voyait par flash à chaque fois qu'elle fermait les yeux, en témoignait. Le destin se jouait d'eux, et se montrait de plus en plus cruel.

De grosses larmes chaudes coulèrent de son œil unique, sans qu'elle ne puisse les retenir. La souffrance de Drago résonnait en elle, faisait écho à sa propre histoire. Elle se sentit d'un coup tellement lasse... Titus lui manquait. Il lui manquait, lui manquait tellement, et peut-être qu'elle ne le reverrait jamais. Il lui manquait tellement, et même si elle parvenait à rentrer à la maison, même s'il était à nouveau vivant, il ne voudrait toujours pas la revoir. Ne voudrait plus jamais la revoir. Alors qu'est-ce qu'elle pouvait faire d'autre, à part pleurer ?

Mais il lui fallait être forte. Bordel, elle n'en pouvait plus, de devoir être forte ! De devoir aller en avant, quoiqu'il arrive ! De bâillonner son foutu cœur amoureux une fois de plus, de ravaler ses larmes et de faire comme si son chagrin n'était que secondaire ! Elle n'était pas forte ! Elle ne l'avait jamais été ! Elle était faible, elle était lâche, et c'est à cause de cette lâcheté et de cette faiblesse qu'elle s'était retrouvée dans un tel merdier !..
Mais elle n'avait pas le choix. Il lui fallait faire semblant, pendant encore un moment ; encore un effort. Il fallait qu'elle s'accroche. Quoiqu'il arrive, qu'elle s'accroche, avec les ongles, avec les dents s'il le fallait. Parce qu'elle était la seule à pouvoir faire revenir les choses à la normale.
Elle le devait à Titus. Elle le devait à tous ceux qui vivaient dans cette dimension parallèle infernale. Et elle le devait à Drago.

Elle essuya ses larmes en reniflant. Puis elle se pencha, et posa une main compatissante sur l'épaule recouverte de sang de son camarade.

- Drago, c'est moi ! chuchota-t-elle.

Le blondinet n'eut pas la moindre réaction.

Myo ignorait à quel degré d'horreur absolu devait se trouver le mental ce ce dernier ; si elle se sentait coupable de la mort de Titus, au moins avait-elle le maigre avantage de ne pas l'avoir achevé de ses propres mains. Elle ne savait pas trop quoi dire pour réconforter l'Alpha. Mais à vrai dire, le temps n'était pas au réconfort : ils devaient s'enfuir sans demander leur reste, s'ils voulaient avoir une chance de lancer à nouveau le maléfice vaudou qui les avait amené ici. La confusion qui régnait dans le cimetière leur était propice, et n'allait sans doute pas durer.

- Drago. Il faut qu'on y aille, et vite ! insista la Gamma.

Derrière elle, sur l'autel marbré, les vagissements se faisaient de plus en plus intenses. Les murmures troublés des fidèles aussi. Mais Myosotis ne préférait pas penser à ce qu'il y avait là, tout près d'elle. Elle tira sur la manche du blondinet.

- Drago ! On a assez lambiné ! On a une chance de lancer notre maléfice si on part maintenant ! Mais si on tarde trop on va se faire repérer !

Mais contre toute attentes, l'Alpha ne réagit pas. Il resta assis, affalé dans la flaque de sang de la métisse qu'il tenait contre lui.

Myo sentit son stress monter en flèche. Elle poussa sans ménagement le corps sans vie de Malicia, et tira sur le bras de l'AAA, histoire de le faire se lever :

- Allez, Drago ! Réagis !

Et elle eut droit à une réaction, mais ce ne fut pas celle escomptée. Braquant des yeux rougis de larmes, outrés et haineux sur la semi-dryade, Malefoy se redressa, la mâchoire serrée.

- COMMENT OSES-TU ?! hurla-t-il.

Son éclat de voix résonna dans le silence du cimetière. Mais cela ne suffisait pas à consumer toute sa colère : de toutes ses forces restantes, il poussa la semi-dryade, qui trébucha et tomba à terre.

Aussitôt, une rumeur parcourut l'assemblée toute proche. Myosotis ne réalisa pas de suite qu'elle en était la cause. Elle grimaça, plus pour le choc que pour la douleur. Puis, elle ouvrit son œil, et... perdit toutes ses couleurs. Plusieurs mangemorts la considéraient avec étonnement et mépris : dans sa chute, son capuchon s'était renversé, dévoilant à la vue de tous son éclatante chevelure émeraude.

Elle resta interdite quelques secondes, devant les sorciers qui la dévisageaient. Son cœur battait à tout rompre, et si elle s'était abstenue de vomir quelques minutes plus tôt, le stress n'allait sûrement pas la laisser se retenir plus longtemps. Ceci dit... Peut-être qu'elle pouvait toujours passer pour l'un d'entre eux, après tout. Mais combien y avait-il de chances qu'il y ait une adepte borgne aux cheveux verts dans leurs rangs ?

Elle eut sa réponse, lorsque plusieurs baguettes menaçantes se braquèrent indiscutablement sur elle.

Elle ferma son œil unique, tremblant de tous ses membres. Et pria pour un miracle.






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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Mar 8 Juil 2014 - 23:00

Drago ne parvenait plus à bouger.

Tout était si embrouillé. Le sang. Les cris. Le vent glacial qui hurlait dans ses oreilles. Le reflet de la lune dans les yeux sans vie de Malicia. Le trou béant qu’il avait laissé dans sa poitrine. La course désespérée des hommes autour de lui. Les craquements d’os de ce qu’il restait de Mylénie. L’abomination qui était en train de naître dans ce monde dénaturé.

Rien ne l’atteignait plus. Il n’avait plus de volonté. Plus de forces. Il se moquait éperdument de tout. L’arrivée brutale de Myosotis n’avait pas réussi à le sortir de sa torpeur. Qu’elle parte, pensait-il. Qu’elle disparaisse et le laisse mourir en paix. Il ne voulait plus rien savoir de ce qui se passait sous ses yeux. Mais la Gamma avait insisté, insisté encore et avait poussé le cadavre qu’il tenait dans ses bras sans aucun ménagement. Comme si ce cadavre ne valait rien. Comme s’il n’existait pas.

Comme s’il n’existait pas…

Les mots s’étaient figés dans l’esprit de l’alpha et ne voulaient plus en sortir. Drago les jaugea durant quelques secondes, intrigué par l’activité soudaine de ses pensées. Alors qu’il reprenait petit à petit possession de lui-même, l’idée se précisa et s’imposa avec une absolue clarté : le cadavre n’existait pas. Il n’avait corps que dans cette réalité. Cette réalité sordide dans laquelle il mourrait sûrement s’il ne faisait rien.

De l’autre côté du miroir, il n’y avait pas de cadavre. De l’autre côté, Malicia vivait. Marcus et Lucrécya également. La famille qu’il s’était constituée seul à partir des lambeaux qu’il restait de son ancienne vie. Il voulait les revoir. Il voulait leur parler.

Il voulait vivre.

Alors que tous menaçaient Myosotis, il se leva lentement et considéra la foule d’un regard glacé. Il sentit sa main se serrer sur sa baguette. Derrière lui, l’immense Faucheuse s’était mise à trembler dans un inquiétant raclement de pierre sourd… Il pointa ses adversaires d’un mouvement rageur et la statue s’extirpa aussitôt de son socle. Elle percuta de plein fouet les mangemorts qui, projetés en arrière, poussèrent des cris d’effrois et de douleur.

Myosotis tourna une tête surprise vers lui.

-On y va. ordonna-t-il d’une voix rauque.

Ils se mirent à courir, sans regarder en arrière. Mais à entendre les voix derrière eux, ils n’allaient pas pouvoir partir si facilement. Les éclairs fusèrent autour de leurs têtes et ils zigzaguèrent parmi les tombes tordues, courant pour leurs vies. Il était impossible de penser clairement. Ils ne pouvaient s’en remettre qu’à leur seul instinct. Lequel leur disait de fuir. Le plus rapidement possible.

Un éclair le frôla, puis un autre et poussant un cri, il porta la main à son bras : une large coupure y était désormais présente. Il cria à Myosotis de continuer, se cacha derrière un mausolée et tenta de stopper l’ennemi. En vain. La masse des sorciers ne semblait pas diminuer. Et derrière eux, les cris atroces de la créature monstrueuse qu’il avait engendrée fendaient l’air.

Il reprit sa course et finit par rattraper la Gamma qui s’était tapie derrière une pierre tombale croulante. Il lui fit un signe de tête et ils repartirent de plus belle. Mais il sentait ses forces le quitter à une vitesse alarmante. Bientôt, l’idée de gagner le manoir proche pour s’y enfermer fut de l’ordre de l’impossible.

Paniqués, ils bifurquèrent et coururent vers une petite chapelle avoisinante.

Ils s’y engouffrèrent. L’endroit était spartiate et tombait en ruines. Les vitraux sales ne laissaient passer que peu de lumière et achevaient de rendre les lieux sordides et inquiétants. Drago espérait vraiment ne pas avoir à mourir ici.

Haletant, il se tourna vers Myosotis :

-Prépare le sortilège, je me charge de les maintenir à l’extérieur ! lança-t-il à la Gamma.

Cette dernière ne se fit pas prier et se mit à tirer de ses poches les ingrédients qu’ils avaient rassemblés au cours de la journée. Drago quant à lui se mit à jeter toutes sortes de sortilèges, bloquant les entrées du mieux qu’il pouvait. Au dehors, les mangemorts se rapprochaient. Ils ne tardèrent pas à arriver aux portes de l’église. Une vitre se brisa. Il la répara aussitôt et pointa toutes les surfaces vitrées :

-Duro !

L’obscurité tomba aussitôt dans l’enceinte et il fit luire sa baguette. Contournant la jeune femme qui disposait à présent les différents éléments de son maléfice sur le sol,  il s’approcha de l’autel saisit un candélabre aux bougies fondues depuis des lustres dans ses mains et les alluma.

Il rapprocha le chandelier de Myosotis. Et se plaça devant la porte de la chapelle. De dehors leur parvenaient le fracas incessant des sorts que tous lançaient contre eux. Ses protections ne tiendraient pas longtemps, il le savait. Et il avait épuisé le peu d’énergie qu’il lui restait.

Il posa la main contre la porte et baissa la tête pour reprendre un peu de forces.

-Je t’en supplie, Myosotis. Dis-moi que tu vas nous sortir de là. Finit-il par dire d’une voix blanche.



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MessageSujet: Re: Sympathy for the Devil   Jeu 10 Juil 2014 - 3:12

Myosotis releva un œil embué de larmes vers Drago :

- Je... je sais pas... Je crois que oui...

Elle sursauta, comme si elle était surprise par le tremblement de sa propre voix, qui semblait prête à se casser dans un sanglot. Elle avait enfin une chance de tout rectifier, de revenir en arrière... et bordel, elle crevait de trouille ! La trouille de se planter, la trouille que les mangemorts  parviennent à défoncer la porte malgré les sortilèges d’entrave de Drago... Parce qu'ils en faisaient, un boucan, au dehors ! Leurs sorts explosaient littéralement contre le mur de la chapelle, faisant vibrer les fondations de la vieille bâtisse, éclairant par à-coup la pénombre d'inquiétantes lueurs vertes, ou rougeâtres, qui n'auguraient rien de bon.

Myo ne préférait pas penser à ce qui se passerait si leurs poursuivants parvenaient effectivement à entrer. Ce serait sans doute horrible... mais elle pourrait toujours se consoler en se disant qu'elle n'y survivrait sans doute pas longtemps.

Elle baissa le regard sur son pentagramme, et agita sa baguette :

- Incendio !

Des petites flammèches vertes apparurent au coin de chaque pointe de l'étoile qu'elle avait tracé au sol avec un peu de son sang et la poudre nécessaire achetée à l'épicerie.  Au milieu de laquelle trônait tristement Bibi, sa poupée vaudou, toujours aussi inerte.

La semi-dryade devait se concentrer pour se souvenir de ce sortilège. Elle l'avait lancé le matin même, et pourtant, il lui semblait que ce matin-là datait de plusieurs mois, tellement cette journée avait été interminable.

- Psylis... inventoria-t-elle. Yeux de salamandre... Léthé... Azoth... tout y est, c'est b...

Elle pâlit soudain, sous le regard effaré de Drago :

- Qu'as-tu donc ?! demanda ce dernier avec empressement.

- Oh, non. Oh non, non, non ! gémit la jeune femme.

Elle enfourna ses mains dans ses cheveux verts, sur son crâne, en signe de panique. Drago sembla horrifié :

- Quoi ?!

- Le.. le sacrifice ! On a oublié le sacrifice ! Azoth doit boire le sang d'un innocent, et le verser au dessus du pentacle !

Myo regarda tout autour d'elle, en quête d'un improbable être à sacrifier. Une doxy, un gnome, un rat... n'importe quoi aurait suffi. Mais non : bien évidemment, il n'y avait pas âme qui vive dans cette petite chapelle... hormis les deux étudiants terrifiés. Et quelques mangemorts au dehors, qui eux, n'avaient rien d'innocents, et que, de toutes façons, elle aurait été bien en peine de tuer.

La Gamma sentit ses rares dernières forces l'abandonner. Elle hoqueta, se retenant pour ne pas fondre en larmes. Allaient-ils vraiment mourir ici, dans une sinistre église abandonnée, par les mains ensanglantées de fous furieux adepte d'une secte satanique ? Et ce parce qu'ils n'avaient pas trouvé le moindre souriceau à sacrifier ?! C'était trop injuste.

Mais toute cette journée d'horreur s'était avérée injuste, et cruelle. A bien y réfléchir, c'était la conclusion parfaite pour toute cette aventure, qu'ils avaient vécu uniquement par sa faute. Elle ne méritait sans doute pas de finir autrement.

La tête baissée, des larmes chaudes coulant finalement le long de sa joue, la fille-chlorophylle n'entendit qu'à peine la voix traînante de Drago murmurer :

- Malicia était innocente.

L'étudiante releva le menton :

- Qu... quoi ?

- Malicia était innocente. Elle a été tuée par cette dague. Crois-tu que ce sera suffisant ?

Blême, comme si cet aveu lui coûtait énormément, Malefoy baissa des yeux trop brillants vers sa camarade. Il tendit sa main, qui tenait toujours la dague de Paracelse. La lame était recouverte du même sang qui tâchait les vêtements de l'Alpha ; quelques gouttes épaisses tombèrent sur le pentacle, faisant briller les contours du dessin occulte.

Myo fixa pendant quelques secondes l'objet morbide, comme hypnotisée... puis elle hocha la tête, le cœur battant.

- Oui...! Ça pourrait marcher...

A vrai dire... elle n'en était pas sûre. Vraiment pas. Malicia n'avait pas été sacrifié pour ce sortilège-là. Pas dans ce but-là. Mais, avaient-ils réellement le choix ? Avaient-ils une autre option ?!
Et, malgré ses doutes, malgré son horrible pincement au cœur, elle s'entendit ajouter :

- Fais... fais tomber quelques gouttes de sang entre nous.

Le visage fermé, Drago s'exécuta, agitant l'arme pour qu'elle libère les dernières gouttes du sang de la métisse. Le cœur de la semi-dryade était serré comme jamais. Ça devait être difficile pour lui de faire tout ça. Comme il avait du prendre énormément sur lui pour sortir de sa torpeur et la sauver. Elle lui en était très reconnaissante ; mais elle aurait tout le temps de le lui signifier, lorsqu'ils seraient enfin dans leur présent à eux. Si jamais ils y retournaient un jour.

Et sinon... cela n'aurait plus d'importance.

Elle s'assit au milieu du pentacle, en tailleur, et Drago en fit de même, posant l'arme entre eux.
L'étudiante aux cheveux verts prit les mains de son camarade : elles étaient poisseuses de sang. Elle se mordit la lèvre inférieure. Il lui fallait tenir. Il lui fallait tenir encore un peu. Soit le sort fonctionnerait, soit...

Elle musela ses pensées.

-Sens la puissance de ce sang sacrifié, dit-elle, presque dans un sanglot. Un...

Une explosion se fit entendre, toute proche, et la porte de la chapelle trembla encore davantage. La française prit une longue inspiration, et reprit :

-Un... un innocent sacrifié à Azoth, pour... pour le soumettre à notre volonté...

Elle vit Malefoy fermer les yeux avec ferveur, et l'imita. Elle n'avait pas besoin de lui rappeler les règles, ni de lui expliquer à quoi il devait penser. C'était tellement évident. Elle n'avait jamais souhaité quelque chose plus ardemment. Elle voulait revenir dans son présent. Elle voulait rentrer chez elle.

Elle était tellement concentrée sur cette idée qu'elle ne sentit qu'à peine Malefoy lâcher sa main. Elle ne réalisa que quelque chose clochait uniquement lorsqu'elle l'entendit se lever.

Elle ouvrit alors doucement l’œil...et l'écarquilla aussitôt, d'effroi.

-D... Drago ?!

Faiblement éclairé par la lueur glauque des flammèches, l'Alpha la considérait de ses yeux vides. Ou plutôt, ses yeux étaient dirigés vers elle, mais ne la voyaient pas. Il était debout, chancelant, comme un zombie qui ne tenait que par le fil ténu d'une volonté qui n'était pas la sienne. Avec épouvante, Myosotis réalisa qu'il avait ramassé la Dague, et qu'il la serrait si fort que ses phalanges en étaient crispées.

Elle se leva précipitamment :

- Dra... Drago ! Qu'est-ce que...

Elle n'eut pas besoin de finir sa phrase, ni d'entendre une réponse de la part du blondinet, pour comprendre. C'était le maléfice, similaire à l'Impero, que ces mages noirs cinglés avaient déjà envoyé au malheureux Drago pour le forcer à tuer celle qu'il aimait. Et à présent, ils l'avaient utilisé pour eux. Pour elle.

Le sang de la jeune femme se glaça, et elle fit un pas en arrière :

- Drago ! Ecoute-moi ! Notre... notre sort est sur le point de fonctionner !

Le blondinet s'avança, avec une démarche de mort-vivant qui faisait froid dans le dos.
Myosotis déglutit :

- Je sais que tu es encore toi-même, quelque part, au fond ! Il faut que tu souhaites vraiment revenir dans notre réalité ! Il faut que tu...

Le coup vint si vite qu'elle n'eut pas le temps de le voir venir : elle entendit simplement un sifflement, et, instantanément, elle sut que c'était fini.

Elle porta ses mains à son cou, mais en vain : son sang bouillonnait à gros flots, gantant ses doigts de rouge. Elle tenta de parler, mais ne put que vomir un flot d'hémoglobine sombre.
Elle s'effondra en avant dans un râle, sur Bibi et sur le pentacle qu'elle avait tracé plus tôt, toisée par un Drago toujours aussi absent.

Elle songea que le sacrifice qu'il leur était si nécessaire avait finalement eu lieu - trop tard cependant. Il n'y avait aucune amertume là-dedans, simplement une constatation étrangement détachée.

Son œil considéra la flaque de son propre sang s'étaler sur le pentagramme, et imprégner le ciment du sol... puis sa vue se brouilla définitivement.

Ce n'était pas si désagréable, finalement. C'était comme se noyer en soi-même. Une dernière ivresse avant la fin.

Et puis... tout serait plus paisible, à présent...

Et ce fut sa toute dernière pensée.










:arrow: direction le McGo des Champs Z'Allons-Y !






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Dream a little dream of me, avec Augustus Kane

Rock This Party !, avec plein de monde !
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Sympathy for the Devil

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