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 " Pendant ce temps, à Poudlard... " - Fanfiction.

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DOSSIER ETUDIANT
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Kimberlie J. McCormick

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Double Compte : Neville Londubat
Situation Amoureuse : En couple avec Kakyo Hideyoshi. Etonnant hein !

Sorts Connus :
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Inventaire : Essence de Dictame (x2)
Philtre de Requinquance,
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Grimoire de la Luxure,
Lait de poule Miracle du Bon Docteur Magouille (x2),
Tequila Magouillita,
Horloge des Familles
MessageSujet: " Pendant ce temps, à Poudlard... " - Fanfiction.   Dim 1 Mar 2015 - 15:51

Hello, hello les amis !  

Alors, je ne vais pas poster ma one-shot pour le concours perpétuel ( ça ne serait tarder ! ), mais en ce moment, j'écris une fanfiction sur Harry Potter alors j'voulais vous en faire profiter
Je poste sur le site Wattpad mais vu que tout le monde n'a pas d'identifiant et qu'on ne veut pas forcément se connecter avec Facebook là dessus, je vais vous la poster ici

Tout d'abord un petit synopsis pour voir si ça vous intéresse   :

" Hadès Malefoy est la dernière de la grande et illustre famille sang-pur Malefoy. Son nom a toujours été son salut, lui offrant un respect né dont elle est incapable de revendiquer de son propre chef. Mais voilà, cette année tout est différent. Le retour du Seigneur des Ténèbres poussant sa famille dans le déclin, la condition de la petite Malefoy est remise en question. Elle retrouve donc Poudlard pour une nouvelle année, la peur au ventre... "
Cette fanfiction se positionne tout le long du livre de J.K Rowling, Harry Potter et les Reliques de la Mort, du point de vue d'un personnage étranger à la saga. Montrant ainsi l'étendue de la déchéance de Poudlard avec Severus Rogue à sa tête.


Maintenant si vous vous continuer, libre à vous !  

PS : j'ouvre un topic pour commenter la fanfiction sans surcharger ce topic ICI




« CRÈVE ! CRÈVE ENFOIRÉ DE ZOMBIE ! »
 


Mes RPs du Moment !



A peine arrivé..., avec George Weasley

Ce jour à marquer d'une croix, avec Kakyo Hideyoshi

Le dernier espoir d'une désespérée, avec Lucrécya Flint-Rincevent

Night of the Cheerleadead ☠️ , avec Adhita Lonkar et Kakyo Hideyoshi
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MessageSujet: Re: " Pendant ce temps, à Poudlard... " - Fanfiction.   Dim 1 Mar 2015 - 15:57

I. Respect d'un jour, Honte de toujours.

Hadès Malefoy avait pourtant de si beaux yeux. Il était facile de reconnaître ses origines quand on la voyait. La longue magnifique chevelure blonde platine glissant avec perfection le long de son dos et de ses épaules était d’une pâleur qu’on ne dirait naturel, et surtout elle avait de tels yeux bleus… Quand on croisait son regard, c’était comme plonger dans un océan sans fin d’une eau glacée argentée. Elle était bien une digne descendante de la lignée des Malefoy, vieille famille de sang-purs d’Angleterre et cela depuis un nombre incommensurable de générations. Une telle fierté de se dire que tous les membres d’une famille étaient des sorciers, sans exceptions. C’était les fondements des Malefoy d’être Purs et fiers de l’être. Pourtant, Hadès en avait que peu faire de son statut de sang. Elle qui avait de si beaux yeux… ceux-ci étaient révulsés, les veines rougissantes sous les larmes qui ne cessaient de couler sur ses joues qui semblaient si rouge sur son teint d’ivoire.

Ça ne faisait que très peu de temps qu’elle avait eu ses 15 ans. Alors qu’elle était censée n’être qu’une enfant, cela faisait bien longtemps que son innocence lui avait été arrachée. Etre née Malefoy en avait été la cause bien sûr, même si, jamais elle ne blâma sa famille pour ça. Elle était si douce… si désintéressée contrairement au reste de sa famille. Jamais elle n’oserait rejeter la faute sur ses parents ou bien sur son frère… surtout sur son frère ! Encore plus en ce moment même qu’elle le suppliait à chaudes larmes :

- Je t'en prie... restes avec moi, viens avec moi à Poudlard.

- Hadès, ne sois pas idiote. Je suis un Mangemort maintenant. Je n’ai aucun intérêt à revenir à l’école.  

Drago Malefoy semblait insensible au désarroi de sa petite sœur. Il n’y avait que lui pour savoir qu’en réalité, il était meurtri, meurtri jusqu’aux tréfonds de son âme, et que le départ d’Hadès n’allait rien arranger à cela. Quand on avait poussé le Directeur de Poudlard, le plus grand sorcier de l’Histoire du Monde des Sorciers à sa perte, il était clair qu’on n’avait pas la conscience tranquille. Puis… ça n’avait rien changé. Absolument rien du tout. Il n’arrivait absolument rien fait pour arranger la situation de sa propre famille, c’était un fait qui s’accumulait au reste et qui s’ajoutait à ce qui le rongeait.

Quant à Hadès, elle avait toujours du mal à lire en son aîné. Hautain, supérieur, arrogant, vil, il était clair qu’il avait des milliers de défauts apparents et sa façon de lui dire qu’elle était qu’une idiote dans un moment pareil n’arrangeait absolument rien. Mais la jeune Malefoy avait assez côtoyé Drago pour savoir que derrière ses airs, il était aussi effrayé qu’elle pour les évènements à venir dans le monde magique et dans leur propre famille. Mais ce qu’elle savait par-dessus tout, c’était qu’il l’aimait. Il l’avait prouvé mainte et mainte fois, toujours au loin pour faire en sorte que son quotidien soit plus sûr, plus heureux.

- Qu’est-ce que je vais faire moi, toute seule là-bas ? frotta-t-elle ses yeux pour les sécher, mais ça ne fit que faire rougir davantage le blanc de ses yeux.

- Blaise sera à Poudlard lui aussi, et je lui ai bien fait comprendre ce qu’il avait à faire. De toute façon, c’est son devoir de te protéger à présent. Maintenant arrêtes de pleurer, ce n’est vraiment pas le moment !

Elle n’osa pas répondre. Elle se doutait bien qu’elle restait la dernière personne sur qui il avait encore un tantinet de pouvoir et d’autorité et se tut justement pour lui permettre d’être le plus possible… lui-même malgré les temps qui courent. Pourtant, c’était aussi pour une autre raison qu’elle n’osa pas faire de commentaire sur ce qu’il venait d’annoncer.

Blaise Zabini. Un ami de Drago, enfin… si les Serpentards comme eux étaient véritablement capables de se considérer comme des amis, ce qui était moins sûr. Mais cela ne changeait rien au lien qu’elle avait elle-même avec lui. A vrai dire, Blaise était son petit-ami depuis quelques mois à présent. Ce n’était pas vraiment un choix en lui-même, plus une accommodation. Sa famille et la sienne en avaient décidé afin de faire perpétuer leur sang-pur avec une future union entre l’héritière Malefoy et le fils unique Zabini. Cela s’était arrangé, il y avait bien des années avant cela, mais Hadès était à présent assez grande pour comprendre ce qui en découlait. Elle et le Serpentard plus âgé qu’elle dans le sens où il avait le même âge que Drago en étaient convenus qu’il était mieux de s’habituer au plus tôt de cette future vie à deux. Ce fut ainsi qu’elle devint officiellement petite-amie de celui-ci. Elle ne cessait de dire qu’elle aurait pu tomber sur bien pire. Après tout, il était beau, intelligent et très loin d’être méchant. Cela ne l’empêcha pas de ne pas sauter de joie à savoir qu’elle passerait encore plus de temps avec lui de part une promesse qu’il avait fait à Drago d’après ce qu’il venait d’en dire.

- Tu as finis de préparer tes affaires j’espère ? demanda Drago après un long silence.

Hadès se contenta d’acquiescer d'un mouvement de tête. Même si elle n’avait pas hâte de partir seule à Poudlard, elle n’avait pas non plus envie de rester plus longtemps chez eux. Enfin… si on pouvait encore appeler cet endroit ainsi. Ca faisait bien longtemps qu’Hadès ne se sentait plus chez elle dans le Manoir Malefoy après tout. Plus rien dans cette gigantesque propriété ne lui rappelait ses jours heureux où elle était encore qu’une enfant, loin de l’environnement de l’école de magie d’Ecosse, très loin de tous ces arrangements pour sa future vie de famille, très loin de cette angoisse d’être séparée un jour de son frère sans être sûre qu’elle le reverrait un jour vivant, très loin de cette atmosphère sombre qui avait couvert toute l’Angleterre depuis son retour. Qu’est-ce qu’elle donnerait pour revenir aux jours heureux où elle n’était qu’une petite fille qui avait tout l’amour de sa mère et la fierté de son père. Non, plus rien ne suggérait que la moindre vie heureuse de famille pût voir le jour ici.

Hadès leva enfin les yeux vers Drago. Ils se ressemblaient tant tous les deux, c’était assez époustouflant les traits de visage qu’ils pouvaient partager, mais c’était un fait ; dans la famille Malefoy, les mêmes gênes physiques se perpétuaient de génération en génération sans la moindre exception, comme une traduction de leur sang pur, chaque Malefoy portaient magnifiquement bien la pureté de leur teint, la pureté de leur regard, et la pureté de leur chevelure. Tout ceci pour en venir au fait que si les différences de taille et de maturité du corps n’étaient pas si flagrantes, il serait facile de prendre Drago et Hadès Malefoy pour des purs jumeaux. Pourtant, la plus jeune n’avait strictement rien à voir avec son aîné quand on apprenait à les connaître. Quand un était autoritaire, l’autre prônait la soumission… Hadès pensait que ce n’était qu’une particularité de sa personne d’être incapable de donner le moindre ordre, de n’être que l’ombre d’une véritable Malefoy sans cette capacité à montrer la supériorité de la famille. Ce qu’elle ne savait pas, c’était qu’elle n’avait tout bonnement pas trouvé la personne plus faible qu’elle pour être soumis à sa petite personne. Peut-être aveuglée par son sentiment d’infériorité, elle ne voyait pas que tous les membres de sa famille étaient au moins soumis par au moins une personne.

- Père et Mère seraient déçus de voir que tu n’es pas ponctuelle tu sais.

- Je sais… se contenta-t-elle de répondre comme si elle avait quelque chose à se reprocher.

Quelque chose à se reprocher. Hadès n’avait pas à se reprocher quoique ce soit, et toute sa vie elle n’aurait jamais dû se reprocher la moindre chose. Elle était une fille modèle, obéissante et respectueuse, et était tout aussi brillante à l’école. Elle n’était peut-être pas la plus puissante des sorcières de son âge, mais était du moins la plus douée et la plus studieuse. Pour finir, lors de ses onze ans, elle fut envoyée comme tous les membres de sa famille, comme son frère, dans la maison de Salazar Serpentard et portait le vert et l’argent avec brio. Enfin… presque. Voilà où était le hic ; elle n’était pas exactement la Serpentard rêvée par ses parents et plus particulièrement par son père. Si Lucius Malefoy était fier de son fils unique, il arrêta définitivement de montrer la moindre fierté en ce qui concernait Hadès depuis qu’elle s’avéra être une espèce de Serdaigle dans un costume de Serpentard. Si elle était intelligente, rusée et maligne, elle ne montrait pas le moindre signe d’être manipulatrice, ambitieuse ou même fière de ce qu’elle était, et c’était bien le pire ; qu’elle ne montrait pas la moindre fierté à faire partie d’une famille de renom avec un tel statut de sang. D’où ce sentiment perpétuel d’être sans arrêt en faute, car de toutes façons, elle n’était pas entièrement une Malefoy.

Elle suivit Drago lorsque celui-ci insista pour lui prendre ses bagages. Tous deux savaient qu’il ne l’accompagnerait pas à la gare, mais Hadès se surprit tout de même de sourire quand ils traversèrent les nombreux couloirs du manoir. Ils n’étaient pas côtes à côtes, mais ça lui allait très bien. Lui et elle n’avaient jamais été très proches. Même s’ils s’aimaient, c’était un fait irréfutable, surtout par les temps qui couraient, Drago ne portait que guère attention à sa petite sœur. Elle ? Elle était tout bonnement trop intimidée par son aîné pour exiger quoique ce soit de lui. Encore maintenant alors ses allures propres sur lui avaient disparu avec ses espoirs, et qu’il avait l’air depuis des mois d’un garçon qui venait de se réveiller. Il restait mille fois plus impressionnant qu’Hadès elle-même. Elle l’avait toujours regardé avec une admiration sans bornes. Il était celui qui lui montrait pour la première fois la magie quand ils étaient petits enfants. Celui qui lui parlait de Poudlard avant même qu’elle y soit, avec une telle façon qu’on pourrait croire qu’il en était le Prince. Il était sans arrêt celui qui vivait tout avant elle et surtout qui racontait le mieux. Il savait se rendre important lorsqu’il contait ses histoires, le rendant sûrement plus courageux, plus chevaleresque qu’il ne l’était bien sûr, mais cela ne faisait qu’accentuer cette idolâtrie de la part de la petite dernière Malefoy. Pour elle, marcher derrière lui n’avait rien de dégradant. N’avait-elle pas marché dans ses pas toute sa vie après tout ?

Son sourire s’estompait très vite au fur et à mesure qu’ils traversaient le manoir. Elle haïssait les regards des Mangemorts sur elle et son frère lorsqu’ils croisèrent un partisan du Seigneur des Ténèbres sur leur passage. Voilà pourquoi elle ne se sentait plus chez elle ici ; il fallait que le QG de Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom soit la maison de sa famille. Bien sûr, c’était un très grand honneur, enfin… à l’époque, quand sa famille était encore respectée et comptée comme la famille de Mangemorts la plus proche du Seigneur des Ténèbres en comparaison avec les Lestranges. A présent, la tournure des choses n’était vraiment plus la même. Des erreurs, encore, encore des erreurs de la part de ses parents. Si ce n’étaient que des erreurs humaines ou le destin leur jouant des tours, pour le Seigneur des Ténèbres c’était pareil que si Lucius et Narcissa Malefoy avaient délibérément faire capoter certains de ses plans. Aucun respect dans les yeux des compères mangemorts, du dédain dans les yeux de certain, et surtout, une perpétuelle peur de voir l’un d’eux mourir sous la colère du Mage Noire que sa famille servait depuis toujours ; ainsi était leur punition. La punition poursuivrait les générations à venir, commençant durement par Hadès en l’isolant du reste de sa famille, sans aucun moyen d’avoir la moindre nouvelle. Parce qu’elle n’était pas dupe ; elle n’avait aucune idée de ce qui se passerait dès qu’elle aurait rejoint l’Ecosse, très loin de ce manoir…

Pour la énième fois, Hadès baissa le regard, cette fois-ci sous le regard pesant de Macnair, un mangemort qui mangeait pourtant dans la main de son père autrefois… Heureusement pour elle, Drago et elle se trouvaient enfin dans le hall du Manoir. Postée devant la porte, toujours aussi élégante malgré le temps de crise pour sa famille, Narcissa Malefoy lança un regard bienveillant à sa fille ce qui la poussa une nouvelle fois à sourire. Les longs cheveux blonds, exactement comme sa fille, elle possédait cette même beauté mystérieuse et énigmatique, même si les cernes qui trônaient lourdement sous les yeux de la Mangemort lui faisait une mine si fatiguée qu’on lui en aurait donné bien plus que son âge réel. Les joues creusées, le regard dénué de joie, les rides de fatigues accentuées, Narcissa Malefoy semblait plus vieille que jamais.

- Mère. la salua Drago avec respect tout en posant les valises de sa sœur à ses pieds. Père n’accompagne pas Hadès ?

- Ton père est très occupé chéri. fit-elle passer une mèche des cheveux de son fils en arrière avec tendresse tout en affichant ce sourire, un sourire faux mais qui avait pour but d’essayer de remonter le moral de ses enfants. Je te promets qu’il t’enverra une lettre dès qu’il aura terminé. ajouta-t-elle en s’adressant cette fois-ci à Hadès.

Celle-ci acquiesça, mais savait qu’elle ne recevrait aucune lettre. Parce qu’elle n’arriverait pas jusqu’à Poudlard ou parce que son père ne s’en serait pas pris la peine, c’était la même rengaine. Les deux possibilités l’affectaient en tous cas.

- Tu dis au revoir à ton frère, Hadès. On va y aller. Tu ne voudrais pas louper le Poudlard Express ? souriait-elle encore sans conviction.

- Oui ! Dis au revoir à ton frère. Drago qui est si gentil ! ricana derrière eux une voix aiguë et stridente qui semblait dénué de compassion, mais surtout remplit d’un sarcasme des plus accentués.

- S’il te plait, Bella. somma Narcissa à cette femme vêtue de noire à la longue chevelure corbeau.

Bellatrix Lestrange souriait d’un sourire satisfait sa baguette magique à la main. Il était étrange de savoir qu’elle était la sœur aînée de Narcissa lorsqu’elle voyait comme elle traitait la famille de celle-ci. Si on pouvait se douter qu’elle n’avait pas le sens de la famille, ce qu’il fallait savoir sur la tante des deux jeunes Malefoy c’était qu’elle aimait bien plus le Seigneur des Ténèbres que quoique ce soit dans ce monde, et si la chute des Malefoy dans l’estime de celui-ci courait la perte de sa petite sœur, elle jouissait davantage de se savoir plus proche de lui qu’elle ne l’était déjà avant.

- Où vous allez comme ça au juste ? finit-elle par demander sans pour autant faire disparaître ce sourire de ses lèvres.

Hadès avait toujours eu peur de sa tante. Avant même sa naissance, elle avait été enfermée à la prison des Sorciers d’Askaban, mais sa libération n’en fut pas une bonne nouvelle pour elle. Bellatrix était sadique et moqueuse avec la pauvre petite Hadès qui d’après elle ne ferait pas une bonne mangemort. Pas que ça gênait Hadès d’être considérée comme incapable de faire une bonne partisante, mais sa tante avait une façon très particulière de lui faire savoir tous les jours depuis qu’elle créchait avec son mari au Manoir Malefoy. Menaces et intimidations, Hadès était un véritable souffre-douleur pour elle. Ce fut sûrement pour cette raison qu’elle se décala de façon à partiellement se cacher derrière son frère et sa mère. De toute façon, Narcissa était sa sœur et Bellatrix, malgré tout, avait toujours apprécié Drago et avait toujours été pour son ascension au titre de Mangemort. Aucuns d’eux n’étaient plus la cible de Bellatrix Lestranges qu’Hadès.

- Hadès rentre à Poudlard aujourd’hui, Bella.

- Oh, la petite Malefoy va à l’école. C’est mignon comme tout ! se moqua-t-elle suivit d’un rire incontrôlé.

- Mère… il ne… il ne faudrait pas être en retard… osa-t-elle dire lorsqu’elle sentit une sueur froide glisser le long de son dos dans un frisson particulièrement désagréable.

- Sans m’avoir dit au revoir jeune fille ! Aller ! Viens donc faire un bisou à Tante Bella ! ouvra-t-elle ses bras.

Hadès déglutit tout en levant un regard suppliant vers sa mère. Malheureusement, elle sut très vite qu’elle ne ferait rien contre sa sœur.

- Aller. Dépêches toi avant que l’on soit en retard. incita Narcissa en lui exerçant une légère pression dans le dos du bout des doigts.

L’air anxieux, Hadès se plia tout de même à la volonté de sa mère. Soumission obligeait. Elle retint sa respiration lorsque sa tante ferma l’étreinte contre elle, puis serra les dents lorsqu’elle sentit son souffle contre son oreille.

- Ne crois pas que tu seras totalement en sécurité à Poudlard. Ta famille est rejetée ici, elle le sera toute autant là-bas. lui murmura-elle dans un souffle qui glaça le sang d’Hadès.

Elle voulut s’en aller ; Maintenant ! Heureusement, Bellatrix ne semblait pas vouloir prolonger l’embrassade et la laissa se réfugier sous les jupes de sa mère. Ce fut sans un au revoir ou aucune autre parole que sa tante s’éloigna, mais Hadès devinait le sourire sadique sur ses lèvres parce qu’encore une fois, elle avait réussi avec brio à mettre sa nièce dans tous ses états. Malgré qu’elle restait plutôt calme à première vue sans compter ses sourcils crispés, Hadès ne voulait qu’une chose ; aller se tapir dans un trou et ne plus jamais en sortir.

- Prends une de tes valises Hadès, on y va. annonça Narcissa qui avait définitivement mis son sourire aux oubliettes pour le moment, alors qu'elle saisissait la seconde valise.

Incapable de dire un mot par peur de laisser les émotions l’envahir, elle se contenta d’acquiescer d’un signe de tête avant de se pencher pour attraper son sac et une de ses deux valises aux initiales de Poudlard. Elle allait prendre la main de sa mère afin de transplaner avec elle jusqu’à la gare de Londres quand la main de Drago vint se poser au sommet de son crâne.

- Prends soin de toi et ne fais pas de bêtises.

Elle voulut lui répondre, le remercier parce que grâce à ses vagues preuves d’attention, elle se sentait sûrement mieux, mais au même moment il fit glisser sa main le long des cheveux de sa soeur et Narcissa en profita pour attraper la main de sa fille et de disparaître avec elle du hall du manoir, laissant Drago seul avec lui-même.

Il y avait une chose dont Hadès était plutôt fière, c’était cette capacité qu’elle avait de finir un transplanage sans éprouver la moindre nausée, le moindre étourdissement comme ceux qui n’étaient que peu habitués à ce mode de déplacement. Hadès ne transplanait qu’avec ses parents et ce n’était que pour quitter la gare de Londres ou pour y aller, et pourtant très vite elle sut s’habituer à ce téléportage magique de matière ce qui n’était pourtant pas si anodin que ça. Ce fut donc très vite qu’elle suivit sa mère en direction de l’immense bâtiment de briques rouges qu’était la gare King’s Cross.

Elles zigzaguaient donc entre les nombreux moldus qui se trouvaient aux alentours et Hadès cherchait désespérément à ne pas perdre Narcissa de vue car celle-ci se fondit dans la masse à une vitesse et avec une facilité déconcertante. A côté, Hadès avait l’air d’une empotée en portant sa valise à bout de bras et son sac en bandoulière qui ne cessait de glisser de son épaule. Grimaçante, elle finit par passer la porte d’entrée de la gare en même temps que sa mère. Ce miracle ne tenait que parce que Narcissa avait ralenti pour chercher de quoi pousser sans effort les deux bagages d’Hadès.

- Il y a tant de moldus ce jour de l’année… se plaignit Narcissa en déposant la valise qu’elle portant dans des chariots proposés aux voyageurs.

- Mère… Il faut que je vous demande quelque chose. dit-elle incapable de toute façon de déblatérer sur les moldus dont la présence dans ce monde était très loin de la gêner.

- Poses ta valise, nous parlerons en avançant.

Ce qu’elle fit et puis s’empressa de pousser le chariot quand Narcissa commença à parcourir les voies de trains. Ce fut beaucoup moins ardu à présent qu’elle avait le chariot, mais sa mère s’obstinait aujourd’hui à la devancer de deux bons mètres. Pourtant Hadès avait véritablement besoin de lui faire part de ses inquiétudes. Il n’y avait qu’à elle à présent qu’elle pouvait confier sa peur de se découvrir orpheline et séparée de son frère du jour au lendemain tout en étant à des centaines de miles d’eux. Après ce que lui avait dit Bellatrix et malgré les attentions de Drago, elle avait bien besoin d’un réconfort parental. Elle crut qu’elle allait avoir ce qu’elle voulait quand sa mère finit par s’arrêter, mais il s’avéra que c’était juste parce qu’elles étaient à la voie qu’elles cherchaient.

Il n’y avait qu’un seul moyen de se rendre à Poudlard sans difficultés quand on était un élève de l’école. Primo ; se rendre à la Gare King’s Cross à Londres, ce qui était fait. Secundo ; trouver la voie 9, ce qui était fait aussi. Tercio ; se positionner face au mur de la troisième voute de cette même voie, ce qui était fait par la même occasion. Pour finir, trouver la voie du train menant tout droit à Poudlard, le Poudlard Express, qui s’avérait être la voie 9¾, de l’autre côté du fameux mur. Cela faisait plusieurs années d’affilé qu’elle passait ce mur et le traversait par magie sans encombre. Elle l’avait fait pour accompagner son frère lors de ses deux premières années à l’école de magie, puis l’avait fait pour elle-même s’y rendre à son tour. Mais c’était la première fois qu’elle n’était pas plus emballer que ça à passer le passage magique. Elle fixa le mur, de nouveau un air anxieux inscrit sur son visage.

- Aller, chérie. l’encouragea sa mère en agrippant le chariot à son tour.

En même temps, elles foncèrent vers le mur et le traversa sans difficultés. Devant elles apparut alors un train à vapeur à la locomotive rouge et noire inscrite aux lettres d’or Poudlard Express. Hadès avait toujours adoré ce train, mais ce qu’elle aimait réellement, c’était les voyages à son bord. Grâce à Drago, elle avait toujours un compartiment remplis de Serpentards plus âgés qui comme avec son frère recherchait son attention. Sa première année où elle avait fait le voyage, elle avait adoré la façon dans les gens étaient gentils avec elle dès sa première rentrée. Elle n’avait cessé de se dire qu’elle avait eu beaucoup de chance, mais aujourd’hui, la chance avait tourné. Drago n’était pas là et plus personne n’allait être gentil avec elle, elle le savait, elle le sentait.

Narcissa fut sur le point de pousser avec elle le chariot, mais celui-ci lui fit défaut. Elle s’étonna, mais le fut encore plus en voyant que c’était bien sa fille qui retenait le chariot.

- Qu’est-ce qui te prend ?

- Je…

Elle hésita. Après tout, elle n’était pas habituée à tenir tête à sa mère, mais maintenant qu’elle avait commencé, elle ne pouvait plus faire machine arrière.

- Je ne peux pas partir en sachant… en sachant que vous ne serez peut-être plus là à mon retour…

Ses yeux commençaient à se border de larmes. Si elle n’avait jamais eu le moindre courage, Hadès n’avait jamais eu aussi peur de toute sa vie, et elle avait la sensation que ça durait bien trop à son gout. Cette situation était insoutenable et serait bien pire en s’éloignant de la famille.

- Qu’est-ce que tu racontes voyons ?

- Je ne suis plus une enfant. Je me rends bien compte de ce qui pend au nez de notre famille… Nous sommes comme en équilibre sur un balai instable... Mère. Promettez-moi que j’aurais des nouvelles de vous. Je veux vous savoir en vie vous trois quand je serais à l’école…

Narcissa semblait un instant embêtée par la demande de sa fille. Comment pouvait-elle promettre une telle chose ? Elle savait qu’Hadès n’était pas idiote et qu’aucun d’eux n’auraient sûrement l’occasion de lui donner des nouvelles cette année pour des raisons qui ne lui échappait pas à première vue, mais ce qu’elle ignorait, c’était bien que c’était une bénédiction pour elle d’être à Poudlard dans les temps qui couraient. Hadès, elle, fixait sa mère essayant de ne pas détourner le regard pour avoir la réponse qu’elle voulait entendre.

- Tout ira bien Hadès. Nous ne sommes pas les cibles de notre Seigneur, loin de là. Essayes de le comprendre.

Hadès rêvait de lui hurler d’arrêter de la prendre pour un bébé et d’arrêter de lui mentir, mais elle n’était tout simplement pas capable de parler ainsi à sa mère. En plus d’être dénué de la moindre autorité, elle était aussi terrible lâche. Elle se contenta de baisser les yeux.

- D’accord… si vous le dîtes.

- Je suis fière de toi chérie. caressa-t-elle la joue d’Hadès avant d’ajouter : Allons ranger tes bagages avant d’être définitivement en retard. D’accord ?

Elle acquiesça de nouveau en silence et suivit Narcissa en poussant, cette fois-ci seule, le chariot vers la soute. En chemin, elle essaya une nouvelle fois d’éviter les regards d’autrui. Cette fois-ci, ce n’étaient pas les mangemorts qui la dévisageait, mais les autres, tous les autres. Le côté des Ténèbres et maintenant le côté du bien… Comme elle l’avait imaginé ; plus personne ne serait gentil avec elle, mais elle le pouvait le comprendre. Elle était une Malefoy et la sœur de celui qui avait introduit des mangemorts au sein de Poudlard, le soir même où le Professeur Rogue en profita pour tuer le Professeur Dumbledore et révéler ainsi qu’il était encore fidèle au Seigneur des Ténèbres. Il était clair que ce n’était pas ainsi qu’elle aurait les bonnes faveurs des autres élèves et ça même si elle n’avait rien à voir avec cette histoire. Elle faisait partie d’une famille de mangemorts et ça suffisait pour la condamner. Maintenant elle le savait ; elle n’avait définitivement pas hâte de retourner à l’école cette année. Si elle avait eu du cran, elle l’aurait stipulé à ses parents, elle aurait exigé de rester au Manoir avec son frère. Mais la vie d’Hadès n’était faite qu’avec des « si » et des possibilités de prendre son destin en main sans jamais les saisir.

Ses valises dans la soute à bagages, plus qu’une chose retenait Narcissa auprès de sa fille ; un au revoir, mais celui-ci sonnait comme un adieu à la façon qu’elle avait de laisser son nez rougir et ses yeux se border de larmes dont elle ne voulait pas, dont elle ne voulait nullement que sa fille voit.

- Je sais que ton père ne montre plus réellement son affection pour toi Hadès, mais n’oublies jamais que nous t’aimons, lui, moi et Drago.

- M… Maman. osa-t-elle prononcer en serrant la main de sa mère avec plus de force qu’escomptée.

- Bientôt tout ira mieux et toi tu deviendras une grande sorcière, la plus grande que notre famille n’a jamais osé rêver.

- Je ne veux pas m’en aller… Restez avec moi…

- Il faut que tu ailles apprendre, permets nous d’être fiers de toi.

- Père serait plus fier de moi si je restais et devenais mangemort.

Hadès prit une mine surprise en voyant sa mère attraper brutalement ses épaules, d’autant plus en voyant une larme couler le long de la joue creusée de Narcissa malgré son regard plus déterminé que jamais.

- Ne penses jamais ça ! Notre famille a fait des erreurs, nous ne voulons pas les réitérer, surtout pas avec toi, Hadès Druella Malefoy. Maintenant tu vas entrer dans ce train et faire du mieux que tu peux, d’accord ?

Grimaçante pour retenir ses propres larmes, Hadès acquiesça vivement de la tête. Ce fut alors que Narcissa sortit un morceau de parchemin de sa robe et le fourra dans le creux de la main de sa fille.

- S’il arrive quoique ce soit, envois un hibou à cette femme. Signes juste tes initiales, pas un mot de plus, tu me le promets ?

- Qui… qui est-ce… ? prononça-t-elle quand elle put ouvrir la bouche.

- Elle te le dira elle-même si tu as besoin d’elle. Je t’assure juste qu’elle est de confiance. Tu me crois n’est-ce pas ?

- Bi… bien sûr…

- Parfait. C’est très bien chérie. passa-t-elle une des mèches platine de sa fille derrière son oreille avec une douceur infinie. Tu as bien ta robe et ta cravate dans ton sac ?  changea-t-elle ensuite de conversation comme si rien n’était bien entendu.

Narcissa Malefoy avait cette classe, cette distinction de son rang lui permettant de passer toutes les épreuves sans craquer. Son visage avait repris ses teintes d’ivoire et ses yeux ne semblaient n’avoir jamais laissé échapper la moindre petite larme. Ce qui était loin d’être le cas d’Hadès qui ne cessait de renifler et d’essuyer ses yeux. Elle hocha juste de la tête pour répondre.

C’était peut-être une des habitudes d’Hadès qui poussait son père à ne pas avoir toute la fierté qu’il faudrait pour elle, mais la jeune Malefoy n’avait jamais voulu porter les insignes de Serpentard lorsqu’elle était obligé de traverser la gare King’s Cross et ses centaines de moldus. Déjà que leur famille paraissait bizarre lorsqu’elle passait au complet dans ce lieu principalement non magique mais elle imaginait qu’en montrant tout le monde un blason vert et argent inscrit d’un serpent et du nom de sa maison serait d’autant plus étrange pour eux. Voilà ce qui la différenciait du reste de sa famille ; même devant des moldus misérables elle n’était pas fière de ce qu’elle était, ce qui était particulièrement honteux pour une Malefoy. Si Narcissa et Drago avaient fini par s’habituer, Lucius ne le fut jamais préférant lui faire la morale et cela tous les ans. Ce fut ainsi qu’elle ne portait seulement ce qui faisait une uniforme typique de n’importe quel élève d’Angleterre ; la jupe noire jusqu’aux genoux, les longues chaussettes noires sous les petites chaussures noire, la chemise blanche et le petit pull sans manches gris. Ça lui allait terriblement bien. Ça lui donnait en tous cas un air de gentille petite fille dont elle aurait bien besoin pour avoir l’air moins sombre vis-à-vis de ses camarades.

La locomotive laissa échapper un nuage de fumée et le sifflet se mit à tinter surplombant les voix de tous les sorciers et sorcières présents sur le quai. Narcissa incita alors sa fille à entrer dans le train avant qu’il ne parte sans elle, mais ne put empêcher Hadès de se serrer contre elle avant de la quitter et de la voir s’éloigner à peine entra telle dans un des wagons. Hadès ne sut si c’était la nature pressée de sa mère qui l’avait poussé à partir à la seconde où elles se séparèrent ou si elle était aussi meurtrie de voir partir sa fille, peut-être pour de bon… La porte du wagon se ferma devant elle avec une brutalité qui la poussa à reculer d’un seul coup. Ce fut sûrement ce qui l’incita à parcourir le long couloir du train sans plus tarder pour trouver un compartiment ou tout simplement une place de libre. Sur son chemin, c’était comme si elle était invisible, ce qui n’était pas plus mal. Elle préférait de loin se faire bousculer par ignorance que par dédain. Malgré tout, elle était terriblement gênée, comme lorsqu’elle apprit ce qu’avait fait Drago l’année précédente tout en recevant les foudres d’autrui sans comprendre, sans être capable de fournir la moindre explication. Elle était seule il y avait quelques mois, et aujourd’hui encore elle se sentait terriblement seule dans ce monde de brutes.

- Hadès !

Entendre son prénom lui glaça le sang. Elle voulait tellement être invisible… ses yeux étaient encore bordés de larmes. Pas maintenant, suppliait-elle intérieurement. Elle déglutit, mais finit par se retourner. Jamais, au grand jamais, elle n’avait jamais été aussi contente de voir Blaise. Il avait la tête dépassant d’un des compartiments, mais quand elle se retourna avec un sourire soulagé, il décida de sortir faisant un pas vers elle. Hadès ne put s’en empêcher ; elle fonça vers lui et se blottit dans ses bras. Il était grand, fort et sa beauté couleur chocolat était légendaire. Il avait toujours fait sensation chez les Serpentards et s’il n’avait pas un panel impressionnant de jolies sorcières à son actif, c’était parce qu’il était humble et particulièrement introverti.

- Je suis tellement contente de te revoir. laissa-t-elle échapper, alors que ce n’était pas totalement le cas.

A vrai dire, elle était soulagée de ne plus être seule, rien d’autre. Si elle avait pu rester à Wiltshire au Manoir, elle y serait restée et Blaise ne lui aurait pas manqué. Elle aurait pu tomber sur bien pire pourtant… il avait tout pour lui, l’un des Serpentards de sa génération les plus désirés, et c’était Hadès qui avait touché le gros lot ; elle était prédestinée à l’épouser. En plus aujourd’hui, elle était sa petite-amie et ça de façon officielle. Il n’y avait rien de mieux pour une sorcière de sang-pur comme elle de se voir attribuer un homme aussi classe comme futur. Malheureusement, quand on n’aimait pas, il était bien difficile de s’y obliger. Mais Hadès n’était pas du genre à le faire savoir. Elle n’avait jamais connu l’amour en lui-même. Peut-être était-elle amoureuse de Blaise sans le savoir ? Puis elle avait tellement peu de personnes sur qui compter, elle ne pouvait que s’en accommoder.

- Tu as pleuré ? releva-t-il son menton afin de la regarder en détail.

- Rien de grave.

- Tant mieux.

Le silence. Si Blaise avait tout pour lui, il n’avait malheureusement pas la conversation. Ce n’était pas personnel, c’était ainsi avec tout le monde, et encore, c’était quand il parlait avec les personnes qui lui étaient proches… Il ne fallait mieux pas compter sur lui lorsqu’on était un étranger à ses yeux.

- Tu as un compartiment alors ? finit-elle par lui demander, sûrement fatiguée de se serrer contre lui sans rien d’autre à faire.

- Oui, viens. Je suis avec Pansy, Crabbe et Goyle.

- Super. lâcha-t-elle sans la moindre conviction dans sa voix.

En entrant, Blaise ferma la porte coulissante derrière eux, et Hadès fut une nouvelle fois terriblement gênée. Elle devinait du regard que les deux anciens sous-fifres de son frère n’étaient plus autant prédisposés à lui lécher les bottes, et surtout elle redoutait la Serpentard qui la jugeait du regard. Pansy Parkinson était déjà habillée de son uniforme entier, les cheveux bruns attachés en une haute queue de cheval. Si Pansy n’avait pas été une jolie petite sorcière autrefois, aujourd’hui, elle était une magnifique jeune femme parfaitement maquillée et propre sur elle. Hadès ne sut par contre si son regard traduisait de la rancœur ou de la compassion. Resterait-elle une amie pour elle ou est-ce que c’était définitivement fini ? Pas qu’Hadès et Pansy aient déjà été proches, mais elle lui avait toujours accordé une attention particulièrement qui pouvait mettre la jeune Malefoy en confiance.

Par contre, en s’asseyant près d’elle, elle vit tout de suite que Crabbe et Goyle, les deux empotés et idiots fils de mangemorts ne témoignaient plus du tout de respect dans leurs regards lui portant. Blaise s’installa ensuite à sa gauche sans un mot, pas le moindre mot pour dire aux deux singes d’arrêter de la regarder ainsi… ça la mettait mal à l’aise, mais bien sûr, pas autant que le regard de Pansy. Il fallut attendre que le train fasse encore un sacré bout de chemin sur les rails pour qu’elle daigne à enfin dire quelque chose.

- Hadès ! Dis-moi, comment va Drago ?

- On s’en fout de comment il peut aller ! s’écria Crabbe de sa voix douce qui n’allait terriblement pas avec son visage gras et ratatiné.

- La ferme ! lâcha Pansy sans hésitation avant de sourire à Hadès avec la même bienveillance qu’autrefois.

Elle savait très pourquoi elle avait toujours été si gentille avec elle pendant toutes ces années et ce n’était pas pour ses beaux yeux, mais bien pour ceux de son frère. Pansy, d’après ce qu’avait pu en voir Hadès, avait toujours été amoureuse de Drago malgré le fait que celui-ci n’ait jamais véritablement accepté ses avances. Peut-être pour entrer plus profondément dans l’estime de son amoureux, elle développa une bonté sans égal avec la petite sœur de celui-ci. Mais cela ne gênait pas Hadès, encore moins en voyant qu’elle avait maintenu ce désir de voir un jour Drago la prendre dans ses bras avec amour. Hadès se voyait ajouter un second nom à sa liste de ceux à qui elle pouvait encore faire confiance.

- Très occupé par son nouveau statut, mais il va bien. répondit Hadès, même si ce n’était pas réellement le cas.

- Pff ! Les Malefoy n’ont plus de pouvoir auprès du Seigneur des Ténèbres ! Ça m’étonnerait qu’il ait quoique ce soit à faire pour lui dans les jours à venir. lâcha Goyle avec satisfaction, ou était-ce sa fierté d’avoir déblatérer une phrase en faisant preuve d’une bonne conjugaison ?

- Lui au moins, il est Mangemort, ce qui est déjà mille fois plus que toi Goyle ! s’empressa de répliquer Pansy avant d’ajouter à l’encontre d’Hadès : Je suis tellement contente qu’il aille bien. Je suis sûre que ta famille va vite remonter dans l’estime de Tu-Sais-Qui, il ne faut pas t’inquiéter Hadès.

Elle acquiesça, mais en fut tout de même moins sûre que pouvait l’être Pansy. Tout ce qu’elle voulait, c’était ne plus parler de son frère pour l’instant ou même de sa famille qui n’était pas en très bonne voie pour l’instant et qui avait le don d’angoisser terriblement Hadès surtout après ce que lui avait dit Narcissa en la quittant.

- A vrai dire, je m’inquiète plus pour l’accueil que je vais avoir à Poudlard pour l’instant… avoua-t-elle même si ce n’était qu’une préoccupation secondaire face à ses angoisses sur le devenir de son frère et de ses parents.

Elle voulait changer de conversation, mais restait gênée de parler de ses propres problèmes. Hadès n’avait jamais été égoïste dans sa vie, pas une seule fois elle s’était fait passée avant les autres. Ce fut donc nerveusement qu’elle tripotait la lanière de son sac, le regard rivé sur celui-ci, posé sur ses genoux.

- Poudlard va beaucoup changer cette année. annonça Blaise de façon solennelle.

- Blaise a raison. renchérit Pansy. Rogue est directeur maintenant, il ne laissera pas une fille de mangemort se faire maltraiter, surtout Rogue. Drago l’aime beaucoup, je suis sûr que le Professeur Rogue a de l’estime pour ta famille.

- Cette année ça va trop gérer Poudlard ! lâcha Crabbe sans retenue.

- Rogue directeur, les Carrow professeurs ; on va devenir les rois de cette école de bombabouses ! ajouta Goyle avec joie.

- Les Carrow ? s’étonna Hadès. Amycus et Alecto Carrow vont travailler à Poudlard ?

- D’après ce qui a été dit, Amycus Carrow va se charger du cours de Défenses contre les Forces du Mal, et à eux deux, ils se chargeront de la discipline. présenta Blaise sans fioritures.

- Tu n’auras donc rien à craindre des autres élèves ! Plus jamais un Serpentard qui le vaut ne sera jamais persécuter dans cette école. Tu seras en sécurité. J’en suis sûre.

Pansy semblait si sûre d’elle, cela offrit de l’espoir à la pauvre Hadès qui en avait bien besoin en ce moment. S’ils disaient vrai, elle finit par comprendre pourquoi ses parents voulaient tant qu’elle se rende à Poudlard. S’ils ne pouvaient plus protéger Drago des ordres du Seigneur des Ténèbres, ils pouvaient mettre leur fille à l’écart dans un environnement qui semblait être propice à sa sécurité. Après tout, elle avait beau faire partie de la famille Malefoy qui avait baissé dans l’estime de tout le mouvement des mangemorts, Hadès restait une sang-pur et ça la protégeait bien plus qu’elle n’en demandait. Du moins, elle l’espérait.

Elle fut sur le point de remercier Pansy d’un sourire quand le train s’arrêta soudain au milieu de nulle part. Les plaines d’Angleterre à perte de vue, il n’y avait rien pour excuser cet arrêt imprévu. Cela n’empêcha pas les passagers du compartiment à regarder par la fenêtre s’ils voyaient quelque chose. Voyant qu’il n’y avait bel et bien rien à signaler, Hadès se tourna vers Blaise la mine inquiète.

- Qu’est-ce qui se passe ?

Mais celui-ci se contenta d’hausser les épaules tout en tournant la tête vers le couloir au même moment où deux hommes apparurent derrière la porte du compartiment. Hadès les reconnut direct-chef ; deux mangemorts et ce n’étaient ni Rogue ni même les Carrow. Rowle et Travers examinèrent le compartiment avec attention avant d’ouvrir brusquement la porte sans y être invité à le faire ; mais avaient-ils véritablement besoin d’une invitation pour ça… ? Rowle resta dans le couloir une mine renfrogné sur le visage, quant à Travers, il entra puis après avoir examiné tous les visages qui s’y trouvait, il annonça d’une voix roque et menaçante :

- Nous cherchons un individu dangereux qui aurait pu entrer dans ce train.

Il prit un air hautain lorsqu’il croisa le regard d’Hadès. Même s’il était sûr qu’il ne devait pas se rappeler de l’existence de la petite dernière des Malefoy, Hadès était sûre qu’il avait reconnu le physique de la famille.

- Vous savez bien sûr de qui il pourrait s’agir. ajouta-t-il en fronçant légèrement les sourcils.

Il ne cessait de quitter Hadès du regard et ça commençait vraiment à lui faire peur. Elle voulait disparaître, encore une fois, elle voulait être invisible. Discrètement, elle attrapa la main de Blaise posée entre eux sur la banquette et la serra de toutes ses forces, comme une façon pour elle de garder un semblant de courage de maintenir le regard de Travers. Peut-être s’attendait-il qu’elle réponde, mais ce fut à Pansy de le faire :

- Si nous avions vu Potter, ça f’rait un baille qu’on aurait déjà essayé de prendre contact avec nos parents. Nous ne sommes peut-être pas comme vous, mais nous n’attendons que d’en être dignes.

Il avait dévié son regard le temps de ses paroles, mais l’instant d’après, il toisa de nouveau Hadès l’air de dire qu’elle devait se tenir à carreaux vu les antécédents de sa famille. Elle déglutit, plus capable de faire preuve du moindre courage, pour enfin baisser les yeux.

- Bien.

Puis ils quittèrent le compartiment sans prendre la peine d’offrir une parole d’adieu et sans même prendre la peine de fermer derrière eux. Une nouvelle fois, Blaise se leva et fit coulisser la porte. Quant à Hadès, elle était tétanisée. Sa respiration était haletante et tremblait de toutes parts tout en serrant son sac contre elle avec une volonté qui touchait du besoin d’être protégée. Elle commença à se demander si Pansy avait eu raison de lui assurer qu’elle serait en sûreté à Poudlard, peut-être que les Carrow seraient exactement comme Travers… Elle repensa aux paroles de Bellatrix. « Ta famille est rejetée ici, elle le sera toute autant là-bas. » Qui avait raison, sa tante ou son amie ?

- Potter va se faire chopper, t’façon. A Poudlard ou pas.

- Ouais, c’est trop un nullos t’façon !

Les rires gras et idiots de Crabbe et Goyle résonnèrent dans tout le compartiment. Aucun des trois Serpentards devant eux de prirent la peine de faire le moindre commentaire. Pansy les fixait en deux fois et Blaise levait les yeux au ciel, complètement dépité. Quant à Hadès, elle n’osait tout simplement pas dire ce qu’elle pensait. Après tout, qu’est-ce que ça lui apporterait qu’Harry Potter, le Survivant, se fasse attraper une bonne fois pour toute ? Rien du tout. Dans tous les cas, sa famille était mise en dessous de tout et serait reniée par le camps vainqueur quel qu’il soit. Hadès n’espérait plus qu’une chose ; que le destin ait pitié d’elle et de sa famille, qu’il leur laisse la possibilité de survivre. Elle n’avait même plus l’espoir de vivre, mais le souhait de survivre dans ce monde devenu froid et cruel. Et dire qu’elle n’avait que quinze ans. Seulement quinze ans et une vision si pessimiste de la vie.

- Qu’il se fasse attraper ne change rien.

L’annonce de Pansy étonna tout le monde ici. Crabbe et Goyle ne semblaient rien comprendre, mais absolument rien. Hadès, elle, sentit une vague d’angoisse l’envahir. C’était comme si on venait de hurler ses pensées. Ce qui était bête de sa part. Personne n’était capable de lire dans les pensées, enfin… sauf les Legimens bien sûr, ceux qui possédaient la capacité d’extraire les sentiments et les souvenirs d’autrui, et ce serait grandement se tromper de penser que Pansy Parkinson était capable d’une telle magie. Cela ne changea malheureusement rien au sentiment de malaise d’Hadès.

- Il a perdu de toutes manières. ajouta-t-elle avec un plaisir non dissimulé.

Les deux compère d’en face gloussèrent une nouvelle fois sans retenue pendant qu’Hadès se soulageait l’esprit, de toute façon même si la famille Malefoy était descendu plus bas que terre, personne au monde ne renierait que les idéaux de cette famille restait et resterait ceux du Seigneur des Ténèbres. Même si Hadès ne donnait pas son avis, personne en examinant son faciès n’affirmerait voir une traitre à son sang. C’était déjà ça de prix. Il ne valait mieux pas pour elle qu’elle s’invente d’autres problèmes, elle en avait déjà assez à porter sur ses frêles épaules. Elle prit une profonde inspiration tout en fermant les yeux.

- Tout va bien ?

En levant son regard, elle croisa celui de Blaise. Ses yeux brun d’une intensité déroutante témoignait d’une certaine inquiétude à l’égard de sa future promise. On pouvait dire ce que l’on voulait, Hadès ne pouvait nier le dévouement qu’il avait pour elle, une fille qu’il n’était pas censé aimer, mais épouser. Peut-être était-ce parce qu’il avait eu une conversation avec Drago sur sa protection ou était-il véritablement un ami sincère, mais Hadès savait au moins une chose ; malgré le temps, tous les deux ne s’aimeraient jamais d’un amour sans bornes. Ils s’aimeraient, sûrement, mais d’une proche amitié, d’un amour… purement amical. Hadès espérait juste que ça pourrait lui donner l’illusion du véritablement amour. Après tout, Blaise méritait qu’elle fasse des efforts. Elle étira donc ses lèvres d’un sourire et annonça avec un maximum de faux semblant :

- Oui, je sens que tout ira bien si tu restes avec moi.

C’était toujours impressionnant de voir Blaise en colère ou sortir de ses gonds, mais le voir sourire l’était cent fois plus. Hadès comprenait cette façon qu’il avait, sans le vouloir, d’hypnotiser toutes les filles qui osait le voir sourire ; elle était subjuguée et ne put s’empêcher de penser à la mère du Serpentard, à cette beauté céleste dont il avait hérité. Hadès avait déjà rencontré Mrs Zabini, plusieurs fois même. Entre familles de sang-pur, rien de plus normal que de se rendre visite par pure courtoisie, surtout quand il y avait une possibilité d’un arrangement de mariage entre les deux enfants des familles. Hadès se souvenait sans difficulté de la première fois qu’elle était tombé sur elle. Quand elle était petite enfant, Hadès voyait sa mère comme la plus magnifique des créatures, rêvant un jour de tenir de sa beauté. Jusqu’au jour où une femme, plus classe, plus belle, plus désirable encore que Narcissa Malefoy fit son apparition dans le manoir en compagnie d’un petit garçon qui semblait avoir l’âge de Drago. Elle se rappelait comme si c’était hier de ce face à face. Alors qu’elle était caché derrière l’ouverture d’une porte, elle put voir la mère et le fils de deux familles se toisant, comme pour définir quel couple était le plus beau, le plus respecté. Elle se rappelait comme si c’était hier du regard de Blaise se tournant vers elle et de son sourire bienveillant, comme s’il avait l’esprit bien loin de cette confrontation du regard, loin de ce futur mariage qui était sur le point de se concrétiser dans le salon entre leurs deux pères.

Comme une évidence, ils affirmèrent leur proximité, fermèrent leurs paupières, approchèrent leurs lèvres… Pas de cloches, pas de feux d’artifices, juste cette sensation de sureté, de douceur dont Hadès avait bien besoin, et bien plus qu’elle ne pouvait l’imaginer. Le train reprit de la vitesse et Poudlard approchait à grands pas. Hadès devait profiter de ce moment de tendresse tant qu’elle y avait droit.




« CRÈVE ! CRÈVE ENFOIRÉ DE ZOMBIE ! »
 


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MessageSujet: Re: " Pendant ce temps, à Poudlard... " - Fanfiction.   Dim 1 Mar 2015 - 22:28

II. Adieu Lumière, Bonjour Ténèbres.

La sortie du Poudlard Express donnait l’impression d’un gout amer. Pour la majorité des Serpentards, on ne notait pas ce changement d’attitude ou bien d’une façon bien plus joviale que le reste des élèves sorciers. Les élèves des autres maisons avaient tous une mine déplorable. Hadès se demanda si ce n’était pas la visite de Rowle et Travers pendant le voyage qui les avaient laissé dans cet état. Habillée de sa cravate verte et argent et de sa robe au blason de Serpentard, Hadès ressentait cette sensation de malaise, non pas à cause des Mangemorts, principalement par l’ambiance que la Gare de Près-Au-Lard offrait pour cette nouvelle année. « Et dire qu’il y a des nouveaux élèves qui découvre ce lieu comme ça…» pensa-t-elle tristement. Près-Au-Lard, un village sorcier pourtant si joyeux, si souriant. Ici, sous la pénombre de la nuit qui tombait, les habitants postés là par hasard semblaient dénués de joie de vivre, tout comme le Gardien des Clés et Professeur de Soins aux Créatures Magiques, Rubeus Hagrid appelant les premières années sans beaucoup de conviction, qui arborait une mine morose et fatiguée.

- Allons-nous chercher une calèche ! ordonna Pansy, très au-dessus de cette ambiance.

Elle semblait comme un poisson dans l’eau, et si les regards fusant sur eux avec dureté et dégout, Pansy semblait s’en foutre royalement, aimant de toutes façons être le centre d’intérêt d’autrui. Ce qui n’était pas le cas d’Hadès qui restait tapie derrière Blaise afin de ne faire qu’un avec son ombre.

- Eh Nott ! Gardes-nous la calèche ! hurla Goyle.

Celui-ci courait vers une calèche pratiquement vide qui était sur le point de prendre la route, suivit plus ou moins de près par Crabbe dont le visage traduisait sa peine à courir sur ses petites jambes potelées. Blaise, lui, avec une certaine prestance, marchait à son rythme tel un prince attendu et respecté. Ce qui n’était pas difficile avec l’allure de sa marche, très loin de la petite blondinette derrière qui était limite obligé de courir sous les grands pas de son compagnon. Hadès revoyait à l’instant les moments où elle courait après Blaise et son frère dans le parc de Poudlard. Tous deux à la marche fière et déterminée, les deux Serpentards avaient toujours fait sensation à l’école, que ce soit positivement que négativement. Puis, il y avait Hadès, la sœur du beau blond et la petite-amie du beau black. Est-ce qu’elle avait été jalousée ? Elle n’en savait rien. A l’époque, elle était juste contente de sa vie. Elle avait des amis, une famille en sureté et respectée, et même si ce n’était pas réellement un couple d’amoureux, avec Blaise, elle savait qu’elle ne risquait rien, qu’elle était bien tombée avec lui. Heureusement, il était encore là, elle aurait juste voulu que Drago soit à leurs côtés pour se moquer d’eux, parce que c’était exactement ce qu’il aurait fait s’il était là en ce moment même en montant dans la calèche tirée par les sombrals. En s’asseyant près du garçon qui leur gardait la place, Hadès jeta un coup d’œil vers l’avant de la calèche. Elle ne voyait pas les sombrals, et à vrai dire, elle ne savait pas vraiment à quoi ces créatures pouvaient ressembler. Lorsque quelqu’un pouvait voir ces créatures ténébreuses, ça ne pouvait que prouver que celle-ci avait vu la mort de ses propres yeux. C’était terrible d’imaginer cela… Hadès était d’ailleurs plutôt soulagée de ne pas être capable de les voir, même si la curiosité la démangeait. Il en fallait de la curiosité pour se plonger dans les cours comme elle était capable de le faire. Malheureusement, les livres ne disaient pas tout. Par exemple pour les sombrals, les livres ne stipulaient que des créatures ailées et squelettiques. On ne pouvait pas dire que ça donnait une vue détaillée de ce que ça pouvait être…

- Ils sont très doux.

- Pardon ?

Théodore Nott ne portait ni sourire, ni aucune autre expression sur son visage. D’une neutralité déconcertante, il était considéré comme un garçon étrange. Il était un sorcier de sang-pur dont le père était, comme chacun des sorciers de cette calèche, un mangemort, mais contrairement aux autres, il ne s’en ventait pas et ne prenait aucun air supérieur. D’un physique filiforme, Théodore avait une carrure ridicule pour un garçon de 17 ans. Il était grand certes, mais semblait si maigre qu’on pouvait imaginé le casser en deux d’un geste et sa chevelure brune coupée mi longue n’arrangeait rien à cela. Malgré tout ça, Hadès n’était pas plus confiante en le voyant s’adresser à elle. Puis… de quoi parlait-il ?

- Les sombrals. Ils font peur, mais en réalité ce sont des créatures très douces.

- On s’en fout de tes conneries Nott ! On les voit même pas t’façon ! lâcha Goyle durement et sans raison, un commentaire qui fit beaucoup rire Crabbe.

« C’est moi ou ces deux-là se lâchent depuis qu’ils se sont rendus compte qu’ils n’étaient plus obligé de jouer les toutous de Drago ? » observa-t-elle sans bien sur montrer de quelconque façon extérieure ce qu’elle pensait. Elle était trop lâche pour ça, même face à ces deux idiots.

La calèche commença à avancer. La nuit était définitivement tomber et parcourant ainsi le chemin traversant la petite foret en lisière de Près-Au-Lard, ils ne discernèrent plus que les lanternes sur les autres calèches à la queue leu-leu. Ils passèrent un moment dans le silence. Enfin… presque dans le silence. Goyle et Crabbe essayaient bruyamment de se faire une idée de ce que serait les cours de Défenses contre les forces du Mal dispensé par un mangemort, et Pansy faisait un commentaire de temps à autre. Quant aux trois autres en face, tous étaient très loin du profil de la pipelette de base. Entre l’introverti, le désintéressé, et la renfermée, il n’y avait pas véritablement de quoi forger une véritable conversation. Mais derrière ce regard rivé sur ses genoux, Hadès cherchait le bon moment pour engager de nouveau la conversation avec Théodore. Elle ne lui avait jamais véritablement parlé, après tout il n’était pas réellement un ami de Drago. A vrai dire, elle avait déjà entendu son frère dire que ce n’était qu’une goule sans cervelle, tout ça parce qu’il était désintéressé par une amitié entre sang-pur et fils de mangemort. Mais quelque chose en Hadès lui disait qu’elle pouvait lui parler sans soucis. Il devait être moins gêné par le fait qu’elle était une fille Malefoy que tous ceux qui étaient présent dans cette calèche, Blaise comprit. Elle jeta vite fait un regard sur les deux d’en face décidant de profiter de leur hilarité de savoir McGonagall dans une mauvaise situation à cause de la nouvelle politique de Poudlard. Elle leva donc enfin le regard tout en passant quelques mèches de ses cheveux derrière son oreille.

- Comment sont-ils ? … Les sombrals ? A quoi ils ressemblent ? demanda-t-elle de sa petite voix.

Elle sentait bien le regard de Blaise derrière elle, mais préféra ne pas y prêter attention pour l’instant. Elle avait très envie d’entendre ce que Théodore avait à dire. Encore une fois sa curiosité intellectuelle la poussait à la conversation. Dans le but d’en apprendre davantage, elle serait capable de tout ce qu’elle pourrait, malheureusement… il était difficile de savoir plus que ce qu’il y avait dans les livres quand on avait trop peur de la réalité. Mais une simple conversation était dans ses cordes.

Sur le coup, il sembla étonné. Peut-être s’attendait-il à voir une mini-Drago face à lui ? A vrai dire, elle n’en savait rien. Encore une fois, c’était une difficulté immense de deviner les pensées du Serpentard tant qu’il restait impassible dans toutes les situations. Puis, il se tourna vers elle en s’appuyant sur le rebord de la calèche.

- Ils ressemblent à de grands chevaux, terriblement maigres. Sombres, pas noir, je dis sombre parce qu’il est très difficile de les voir dans l’obscurité, enfin… pour ceux qui les voient bien sûr. Puis, ils ont de grandes ailes, très fines. Il savent voler il paraît, mais j’en n’ai jamais vu le faire moi-même.

C’était surprenant de l’entendre parler, parler sans s’arrêter ainsi. Théodore n’avait jamais sembler être quelqu’un de très causant, mais peut-être se trompait-elle, peut-être cherchait-il juste une bonne raison d’ouvrir la bouche et de gâcher sa salive.

- Je sais que c’est bête de dire ça… mais j’aurais quand même bien aimé pouvoir les voir, ce ne serait-ce qu’une fois…

Pour la première fois depuis le début du voyage, Hadès devina avec précision le sentiment qui traversa l’esprit de Théodore. Son visage s’était décomposé ne pouvant que traduire la difficulté à encaisser ses paroles. Hadès s’en voulut à la seconde d’avoir dit tout ça, même en stipulant qu’elle était idiote de le penser.

- Tu ne voudrais pas les voir…

- Je sais, je sais ! Excuses moi, j’ai été idiote… Je sais que tu as perdu ta mère, et je m’en veux d’avoir dit une telle chose, je…

Une main vint se poser sur son épaule l’obligeant à se taire. Elle en fut reconnaissante parce qu’elle sentait vraiment qu’elle s’enfonçait dans ses médiocres excuses. Théodore, de son côté, se repliait de nouveau sur lui-même, le regard vide par-dessus le bord de la calèche. Hadès se tourna alors vers Blaise, qui la dissuada de dire un mot de plus. Encore une fois, plus honteuse que mal à l’aise, elle baissa les yeux sur ses genoux souhaitant arriver au château le plus vite possible. Le dîner de la répartition ne l’inspirait guère, tout ce qu’elle voulait c’était se cacher derrière les rideaux de son lit à baldaquin et de se réfugier sous les couvertures. Pourquoi n’avait-elle pas des amis de son âge ? Elle était trop immature pour les garçons de 17 ans, trop immature pour ce pauvre Théodore qui en faisait les frais.

- Mes amis, notre nouveau Poudlard est à portée de nous ! s’extasia Pansy en se frottant les mains, satisfaite.

La forêt de Près-Au-Lard s’estompait, laissant le château de Poudlard s’élever dans le ciel, majestueux et fier. « Magic is power » semblait-il dire ainsi perché sur les collines d’Ecosse. Ça n’avait jamais été aussi vrai que depuis cette année… Hadès osa lever les yeux, juste pour admirer sa seule demeure pour cette année, parce qu’un mauvais pressentiment lui faire penser qu’elle ne reviendrait pas à la maison pour les fêtes.

Quand ils descendirent enfin de la calèche, ce fut pour marcher quelques pas vers la grilles noir montrant la limite des lieux. La hauteur et la solidité des barreaux traduisaient parfaitement la sureté des lieux. Albus Dumbledore n’avait cessé de répéter toutes ces années que tant qu’on était au sein de l’école, on était protégé des forces du Mal. Que dirait-il s’il voyait des fils et filles de mangemorts faire la loi sous un Directeur lui-même mangemort ? Hadès le plaignit intérieurement et sincèrement. Contrairement à beaucoup de Serpentards, elle n’avait jamais détesté l’ancien directeur, loin de là. Malgré les antécédents de sa famille, il avait toujours été gentil avec elle, et même avec Drago même si elle savait que ce n’était pas une mince à faire. Quand il perdit la vie, l’année précédente, Hadès n’angoissa pas seulement parce que Drago avait été partiellement coupable de sa mort, mais surtout pour de ce qu’allait devenir Poudlard. A présent, elle se demanda si ce n’était pas une bonne chose pour elle. Après tout, Pansy avait peut-être raison ; serait-elle plus en sécurité dans un Poudlard sous les ténèbres que sous la lumière ? Elle s’efforça de le penser en marchant vers le concierge qui faisait l’appel à l’entrée de la grille ouverte avec un parchemin trois fois plus long que lui sous le coude.

Hadès n’aimait pas beaucoup Argus Rusard. Mais, qui aimait ce vieux cracmol aigri au sein de Poudlard ? Pourtant, elle fut bien obligée de suivre Blaise en sa direction, enfin… jusqu’au moment où quelqu’un lui en empêcha. Retenue par le bras, elle se retourna vivement. Ses cheveux virevoltèrent dans son mouvement avec une grâce dont elle en ignorait tout bonnement l’existence.

- Fais attention.

Théodore Nott avait le chic pour tourner ses phrases de façon à le rendre plus mystérieux que possible. Hadès ne savait s’il s’en rendait compte et qu’il en jouait ou si c’était tout bonnement sa façon à lui de s’exprimer, mais ça ne la rendit pas moins confuse. Quel était ce revirement de situation ? Elle qui s’était dit qu’après le coup qu’elle lui avait fait, jamais il ne lui adresserait la parole de sitôt. Pourtant, c’était bien ce qu’il faisait, dans toute sa neutralité maîtrisée, comme si rien ne c’était passé.

- A… à quoi ? l’interrogea-t-elle, le rouge montant aux joues, particulièrement gênée, alors qu’il ne semblait pas vouloir lui lâcher le bras.

- Je sais à quel point mon père n’est pas un tendre, mais les Carrow sont mille fois pire.

Hadès ne répondit pas. Ses sourcils se fronçaient d’appréhension. Où voulait-il en venir ? Quelque chose en Hadès lui fit penser qu’elle n’allait pas aimer ce qu’elle allait entendre.

- Mon père m’a demandé de ne pas essayer de te parler, parce que le Seigneur des Ténèbres compte bien punir ta famille, à tous les niveaux.

- Les Carrow…

- Ils vont te mener la vie dure. Fais attention à toi, à ce que tu dis, à ce que tu fais.

- Pourquoi est-ce que tu me dis tout ça ? Tu… tu ne dois pas me parler… Puis…

- Je sais ce que tu penses. Mais ce n’est pas important. Toi, au moins, tu as de la curiosité pour ce que tu ne vois pas. Ne te prends pas la tête, ça fait bien longtemps que j’ai fait le deuil de ma mère. Non, si je te dis tout ça, c’est parce qu’il faut bien que quelqu’un t’ouvre les yeux. Personne ne t’aidera, personne ne te protègera au bout du conte. Même pas celui que tu prends pour ton petit-ami.

Hadès resta bouche bée un instant, jusqu’au moment où tout ça lui monta enfin au cerveau. Elle était tellement choquée par cette franchise, comme si c’était inhabituelle de voir un Serpentard être aussi franc. A vrai dire… ce n’était pas non plus le genre de la maison ! On voyait plus un Gryffondor lâcher ce qu’il pensait sans penser aux conséquences. Mais là, ce n’était pas un Lion qui s’exprimait, mais un Serpent, un serpent qui était très loin d’être irréfléchi et idiot. S’il la prévenait, c’était que c’était délibéré et bien réfléchi au préalable. Par contre, il continuait à serrer son bras et ne semblait pas vouloir la lâcher. Mais Hadès se fit violence pour ne pas se renfermer sous le malaise. Après tout, il avait dit quelque chose qu’il ne lui plaisait guère.

- Blaise me protègera. C’est quelqu’un de bien.

- Crois en ce que tu veux. Je ne suis pas un fils de mangemort comme un autre, je ne ressemble en rien à mon paternel, mais eux… Chacun d’eux sont comme leurs parents ; égoïstes, lâches et profiteurs.

- Tu n’es pas un lâche toi peut-être ?

Ils se toisèrent. Alors que la blonde défendait un garçon dont elle n’était pas amoureuse, elle put continuer à se forcer et donc à prendre ces airs menaçants qui ne lui allait absolument pas, surtout en notant un vague sourire s’étirer sur les lèvres de Théodore.

- Hadès ? Ça va ?

Elle leva les yeux et vit que ce n’était pas réellement à elle que Blaise s’adressait. Il fixait le Serpentard avec méfiance et cette attention envers elle s’exprimait comme un ordre envers Théodore. Il ne fallut que peu de temps pour lui pour enfin se décider à lâcher son bras.

- On discutait, c’est tout. lâcha-t-il.

Lorsqu’il s’éloigna, il eut un dernier regard insistant vers elle avant de paraître de nouveau fermé et mystérieux à souhait.

- Qu’est-ce qu’il te voulait ?

- Euh… hésita-t-elle un instant. Rien. Il m’a dit qu’il m’en voulait pas pour toute à l’heure… mais je ne suis pas sûre que ce soit vrai.

- Ne parles pas avec lui. Il n’est pas comme nous tous. Il se fait discret alors personne ne lui dit quoique ce soit, mais… c’est un traitre à son sang. Drago l’a toujours su, même si on a pas de preuve.

Elle fronça de nouveau les sourcils. Blaise ne le prit pas pour lui alors qu’il regardait déjà au loin, mais il se trompait… Hadès se rappela alors que ce n’était pas Théodore qui était différent, mais elle. Est-ce que Blaise serait tout aussi dur si elle n’avait pas été sœur de Drago Malefoy, son meilleur ami ? Elle avait toujours été protéger par le statut de sa famille, mais aujourd’hui, elle apprit qu’elle serait la punition infligé à ses parents pour leurs erreurs et donc qu’elle souffrirait de part ce nom qu’elle portait, mais elle se rendit aussi compte qu’à présent, les adeptes des idéaux de sang pur finiraient par voir qu’elle n’était pas dans leur camp, ni d’en aucun camp d’ailleurs… Elle sentait que la neutralité allait lui porter préjudice dans les temps actuels.

Elle finit par suivre son petit-ami, mais avec plus de distance. Les fois où elle se rappelait qu’elle n’était pas amoureuse de Blaise étaient rares, ce qui la poussait souvent à se demander si jamais l’amour pour lui ne venait pas avec le temps... A ce moment précis, elle se disait que cette façon de dénigrer Théodore, de dénigrer ces sorciers quelques peu différent de lui, était bien ce qui l’empêchait de lui laisser son cœur. Pourtant son frère était exactement pareil. Qu’est-ce qui changeait ? Ce qui changeait c’était qu’il était son frère, son sang, sa famille, et que ça faisait depuis sa naissance qu’elle le côtoyait et l’aimait, l’admirait même pour sa prestance typique de leur famille dont elle n’avait pas hérité. Blaise, lui, était un ami de Drago, même pas le sien à l’origine mais plutôt une amitié qui lui était imposé. C’était peut-être un raisonnement de fille pourrie gâtée, mais ne pouvait-elle pas se le permettre si elle le cachait bien ? Elle n’avait jamais rien demandé mise à part cette demande incessante de rester à Wilshire avec sa famille au lieu d’aller à Poudlard. Elle n’était pas une gamine pourrie gâtée, loin de là même si pendant longtemps qu’elle avait été plus qu’aimer par ses deux parents, dont son père. De plus, elle était loin de l’idée de le dire à haute voix. Elle n’en aurait jamais le courage…

- Zabini Blaise. s’annonça-t-il à Rusard sans prendre la peine de dire bonjour, ni même bonsoir.

Le vieux cracmol qui servait de concierge à l’école semblait toujours aussi négligé. Les cheveux ondulés et gras lui tombant sur le visage, les yeux noirs d’une colère perpétuelle contre le monde entier, Rusard restait toujours le même et cela depuis toutes ces années où il travaillait à Poudlard.

- Toujours aussi hautain Monsieur Zabini. Vous pouvez entrer. grommela-le concierge en cochant son parchemin gigantesque. Votre nom ! ordonna-t-il ensuite en levant à peine les yeux vers Hadès.

- Ma… Malefoy Hadès. murmura-t-elle, intimidée.

- Quoi ?!

- Malefoy Ha-Hadès, Monsieur. répéta-t-elle un ton légèrement au-dessus.

- Malefoy, Malefoy, Malefoy… chercha-t-il sur son parchemin du regard, jusqu’au moment où il cocha d’un vif mouvement de sa plume. Voilà ! Votre frère ne sera pas à Poudlard cette année, je me trompe ?

Hadès sentit du sadisme dans sa voix. C’était la façon de faire de Rusard ; se venger de tout ce que les sang-purs lui avait infligé comme insultes et persécutions contre toutes les descendances de ces sorciers aux airs supérieurs, préférant bien sûr les pauvres petites sorcières incapables de se défendre ; les sorcières comme Hadès en somme. Et quoi de mieux que de remuer dans la plaie en ressassant les erreurs de son frère ?

- Allons-y, Hadès.

Blaise lui attrapa la main pour la sortir de ce mauvais pas et l’éloigna. Si quelques minutes plus tôt, elle se disait qu’elle n’était pas prête de l’aimer, une chose se forgea dans son esprit ; elle avait raison, il la protègerait. Que ce soit grâce à Drago ou à leur lien, Blaise la protègerait et quels que soient les problèmes qu’elle rencontrerait.

La pénombre était vaguement combattue par quelques lanterne sur le chemin menant au château, mais cela ne gêna aucun des élèves. Tous étaient tant habitués qu’ils prenaient le chemin comme diriger par leurs réflexes d’orientation. Ce qui était aussi le cas d’Hadès malgré le fait qu’elle ne lâchait son petit-ami du regard au fur et à mesure qu’ils gravirent la cote, montant jusqu’à la cours d’entrée de Poulard. Ce fut à partir de ce moment, que l’on pouvait se sentir terriblement petit. Hadès avait toujours été impressionnée par la splendeur de l’école. Le manoir familiale semblait ridicule à côté de lui. Mais à présent, elle se sentait misérable au pied de ses fortifications qui tenait bon depuis des siècles et qui pourtant semblaient si tristes à la lumière de la lune.

Ca s’était avant d’entrer. Lorsqu’elle suivit Blaise à l’intérieur de la Grande Salle, cette sensation de malaise, d’être une moins que rien fut plus grande que jamais. Le plafond enchanté montrait un ciel nuageux d’une noirceur sans pareils et sur les longues tables de chaque maison se dressait mille et un couverts en métal sombre. Au loin, les professeurs montraient des mines inquiètes. Tous ? Non… Le Professeur Rogue au centre, sur le fauteuil de Dumbledore portait son regard noir et perçant au loin, l’expression d’une impassibilité pouvant mettre mal à l’aise ( c’était le cas d’Hadès, qui malheureusement lui en fallait peu pour l’être. ). Puis de part et d’autre du nouveau directeur, une femme et un homme, tous deux habillés d’une robe de sorcier stricte et noir. L’homme portait les cheveux courts et bruns sans coquetterie. Quant à la femme, son chignon ébène était si serré sur son crâne qu’on pourrait s’attendre à voir son visage partir avec son cuir chevelu. C’était comme s’ils avaient le mot Mangemort inscrit sur leurs fronts. « Bien plus que mes parents en tous cas » pensa-t-elle sans le moindre humour.

Comme si ça la dissimulait au monde, Hadès devança pour la première fois Blaise pour aller s’asseoir à la table des Serpentard parmi les élèves déjà installés. Elle n’hésita pas une seconde en choisissant de se poser près de Pansy qui lui souriait encore. Hadès, dans toute sa confiance des gens en général, ne cessait de laisser l’idée qu’elle était trop gentille avec elle pour être sincère lui traverser l’esprit. Ce qui fut le cas à cet instant précis, d’où son sourire grimacé qu’elle lui rendit. Si Hadès n’avait aucune confiance en elle, elle n’avait pas non plus très confiance en la nature humaine. Après tout, Pansy aurait des raisons d’être hypocrite dans le cas hypothétique où elle ne l’aimait pas. Quand elle quitterait Poudlard, priant sûrement pour rejoindre le corps des Mangemorts, Hadès était sûre que la jeune femme irait de ce pas raconter à Drago à quel point elle avait été gentille et protectrice avec la petite sœur de celui-ci. S’il s’avérait que Pansy ne portait pas particulièrement Hadès dans son cœur, en tous cas, elle savait se servir d’elle pour ses propres projets.

- Regardes Hadès. ne fit-elle pas attention à la mine grimaçante de la jeune Malefoy. Les futurs Serpentards de ce lot sont les plus chanceux, bien plus que nous qui n’aurons pas profité bien longtemps d’un Poudlard à notre hauteur.

Le groupe des premières années était bien moins dense que les années précédentes. Hadès se surprit à regarder au-delà du peloton pour s’assurer que des petits nouveaux ne soient pas en retrait. Ce qui s’avéra de pas être le cas. Pas plus d’une quinzaine d’élèves – voir moins - semblaient anxieux vis-à-vis de leur rentrée pas comme les autres. Hadès le savait mieux que quiconque à quel point la répartition pouvait être impressionnante. Elle se souvenait de cette angoisse… :

Elle avait 11ans. Propre sur elle, un nœud dans les cheveux, elle était telle une petite poupée de porcelaine. Elle était parfaite, pourtant, la jeune Hadès n’avait jamais été aussi stressée de toute sa jeune existence. A l’époque, elle n’avait jamais réellement subit des angoisses comme elle aurait tendance à subir très régulièrement dans son futur. Son enfance était radieuse. Son père était toujours près d’elle à lui apprendre les choses de la vie, à faire naitre ses propres idéaux dans l’esprit de sa petite dernière. Celle-ci était encore trop jeune pour se faire une propre opinion, ce qui la soulageait d’un poids contrairement à l’heure actuelle. On pouvait donc dire que la jeune Malefoy était plutôt bien dans sa peau, si l’on excluait cette légèrement timidité qui l’empêchait d’aller facilement vers les autres. Il était donc normal que cette bouffée de stress lui fasse un drôle d’effet ; elle n’était pas encore habituée. Pourquoi était-elle si stressée ? Elle s’était mise cette possibilité en tête ; et si elle n’était pas prise à Serpentard ? Longtemps, comme sa famille en parlait, c’était comme une évidence qu’elle suivrait les pas de son illustre famille, comme son frère l’avait fait avant elle. Jusqu’au jour où lors de ces dernières vacances d’été, Drago lui avait affirmé que ce n’était pas obligée qu’elle soit répartie chez les Serpents, que ça dépendait de sa personnalité et de ses capacités d’étudiante et de sorcière. Depuis, le doute s’était installé et la pression de son père pour entrer chez les rusés ne l’avait pas aidé à se sentir mieux. A présent, les nouveaux élèves défilaient sur le tabouret du Choixpeau et l’échéance ne faisait que s’approcher dangereusement. « Et si je ne suis pas prise chez les Serpentards ? » se demanda-t-elle pour la énième fois. Que lui arriverait-elle ? Rien de bon, toute son existence en serait bouleversée. Son père perdrait toute estime pour elle, sa mère serait terriblement déçue, et Drago ne cesserait de lui rappeler qu’elle ne valait pas son titre de petite sœur du dernier descendant mâle des Malefoy. Elle n’imaginait rien de bien joyeux en somme. Elle tordait ses doigts par nervosité quand le Professeur McGonagall annonça : « - Hadès Malefoy. » Son cœur se mit à battre à tout rompre sous sa petite poitrine. Le rouge lui montait au joues sans s’en rendre compte alors qu’elle se démenait pour se frayer un chemin entre les futurs premières années afin d’atteindre l’estrade, les yeux rivés sur le sol. Elle manqua de perdre l’équilibre en montant la marche mais se rattrapa de justesse avant que ça se voit. « Pas de faux pas, pas de faux pas ! » pensa-t-elle en se mettant une pression de plus sur ses épaules. Enfin assise sur le tabouret, McGonagall posa délicatement le Choixpeau sur sa chevelure blonde platine. Tout d’un coup, ce fut comme si le monde tout autour d’elle n’existait plus. Il n’y avait plus qu’elle et cette voix à la fois forte mais aussi assez basse pour n’être entendu que par elle et éventuellement McGonagall. « - Hum… j’ai rarement des cas comme ça… ». C’était déjà mauvais signe. Drago, lui, n’avait cessé de dire qu’à sa répartition, le chapeau décideur n’eut le temps de se poser sur sa tête pour donner son verdict. Hadès aurait voulu que ça en soit de même pour elle. « - Intelligente, douée, tu es capable de grandes choses si je fais le bon choix. » Hadès tremblait de toutes parts. Elle voulait parler, dire qu’elle devait être absolument à Serpentard, mais elle était tétanisée. Il était impossible pour elle d’émettre le moindre son. « - Je pense que Serdaigle t’irait très bien, mais je sens tes attentes. Je me doute après avoir réparti toute la lignée de la famille Malefoy, que ton choix se porterait plus sur Serpentard n’est-ce pas ? » Frénétiquement, Hadès acquiesça de la tête avec nervosité. « Bien, alors il vaudrait mieux… SERPENTARD ! ». Hadès crut avoir un arrêt cardiaque alors que les applaudissements venant de la table ornée de vert et d’argent éclataient avec joie. Puis, elle se sentit libérée d’un poids insoutenable pour son jeune âge. Elle se précipita vers la table des Serpentards tout en laissant apparaître un large sourire en voyant son grand frère pousser Crabbe afin de laisser une place à sa sœur. Pour la première fois, Drago semblait fier d’elle, fier d’avoir une sœur.

Hadès ne put s’empêcher de sourire en repensant à ce soulagement. Même si aujourd’hui, elle se rendait bien compte que sa place à Serpentard ne l’avait pas autant aidé qu’elle ne l’aurait imaginé. Pourtant, elle repensait toujours à ce moment avec une chaleur dans son cœur. Elle aimait tellement son frère. Il aurait dû être avec elle en ce jour, à se moquer des futurs Poufsouffles et Gryffondors. Cette année, elle regardait les jeunes sorciers prendre place dans chacune des maisons sans beaucoup d’enthousiasme. Comment être enthousiaste ? Même les nouveaux n’avaient pas véritablement l’air d’être tous contents d’être ici. Pourtant, il n’y avait pas de plus heureux dans une enfance de sorcier anglais que l’entrée à la grande école de magie de Poudlard, la plus illustre école de magie au monde. Bien sûr, ça c’était l’époque Dumbledore, l’époque où l’ascension du Seigneur des Ténèbres n’était qu’un mauvais souvenirs, un mauvais cauchemar lointain, sonnant comme une vieille légende. Aujourd’hui, il en était tout autre. Hadès le savait mieux que personne.

La répartition terminée, toute l’assemblée attendait le discours de début d’année de Dumbledore, le célèbre discours de fin d’année. D’ailleurs, Hadès remarqua que le Choixpeau avait décidé de ne pas chanter cette année. Il se disait que le chapeau était doué pour prédire les temps de crise. Peut-être était-ce parce que le monde magique était en plein dedans qu’il n’avait pu ouvrir le trou béant qui lui servait de bouche pour autre chose que le nom des différentes maisons. Quant au discours, il ne vint jamais. Dumbledore était définitivement mort et enterré, au grand damne de la jeune Malefoy qui avait toujours aimé le discours de l’ancien directeur. Elle s’était toujours tut sur ce point bien sûr, mais il l’avait toujours soulagée, surtout ces dernières années où la montée du Seigneur des Ténèbres ne faisait que s’accroitre. Quand elle vit Rogue se lever pour se positionner devant son auditoire, cela mit une ambiance glaciale dans toute la Grande Salle. La table de Serpentard n’était pas concernée, mais le reste des tables semblait triste et morose.

- Bienvenue pour cette nouvelle année à Poudlard. reprit Rogue au traditionnel discours de Dumbledore.

Sauf que sa bienvenue donnait froid dans le dos. Il ne semblait pas lui-même convaincue par ce qu’il disait. Le professeur Rogue avait toujours sa voix monotone et triste, ce qui ne faisait qu’ajouter aux nouveaux ténèbres des lieux, à la limite du macabre, par l’écho provoqué.

- Poudlard entre cette année dans une ère nouvelle, de progrès, et de discipline. De nouvelles règles et de nouvelles interdictions ont été ajoutées aux précédentes pour votre propre sécurité et garantir une année de réussite pour les plus sérieux et motivés.

Toujours aucune conviction. C’était comme si on lui avait fourré un discours dans les mains qu’il se contentait de lire sans faire attention à ce qu’il disait. Hadès notait qu’il arborait toujours ses cheveux corbeaux sales et sa longue robe noir de sorcier. En montant les échelons de Poudlard, il n’avait pas pour autant arrangé son esthétisque.

- Comme les années précédentes, la forêt est interdite d’accès. Par contre, le couvre-feu a été avancé à 21heure pour toutes les années, et les clubs on été dissous afin de vous permettre de vous concentrer davantage sur votre année de cours ou d’examens pour certains.

Si les autres années, la salle entière se serait indignée. A présent, aucun des élèves n’osait moufter et même les Serpentards n’osèrent instaurer leur loi pour l’instant. Comme une décision sous-jacente, les serpents estimèrent qu’il n’était pas bon de se monter contre la nouvelle administration de Poudlard. Histoire de garder leurs nouveaux privilèges. Hadès le déduit car elle-même s’était laissée entrainer par cette idée.

Surtout, Hadès avait la terrible impression que toute l’âme de Poudlard, qui la rendait si belle et joyeuse, était morte et peut-être à jamais.

- Les sorties sur Pré-Au-Lard ne seront plus d’actualité pour votre propre sécurité.

Plus le discours évoluait, plus la tristesse sur les visages des élèves était flagrante. Cela avait le don d’attrister Hadès elle-même. Trop empathique, elle se laissait entrainée par la morosité de l’école. Même sa table semblait déçue par les premières directives de Rogue. Seule Parkinson maintenait son sourire, sûrement toujours persuadée que cette révolution au sein de l’école était une bonne chose. Malgré ça, la jeune Malefoy n’arrivait pas à soulager sa conscience. Les Carrow acquiesçant derrière le nouveau directeur n’inspiraient rien de bon, pensait-elle.

Et ce fut ainsi pendant un bon moment. Un discours parsemés d’interdits et de menaces en cas de transgressions. Plus ça allait, plus la tension était devenue maître de la Grande Salle, que ce soit parmi les élèves que parmi les professeurs. Puis il s’arrêta. Un arrêt net qui fit un drôle d’effet sur l’assemblée. La nourriture venait d’apparaître sur les tables, mais tous suivaient Rogue du regard jusqu’à ce qu’il reprenne sa place, au centre de la table des professeurs.

Les premiers à reprendre la parole sans trop d’inquiétudes furent les Serpentards. Devant Hadès, Crabbe et Goyle riaient déjà de bon cœur en mangeant comme des porcs. Quant à elle, elle avait l’estomac noué. Même la parfaite dinde rôtie devant elle ne lui donnait pas envie.

- Pfff, de toutes manières, le Quidditch sans Drago, ça n’a aucun intérêt. annonça Pansy en se servant de purée de potiron.

- Le Quidditch, c’est barbare, et Pré-Au-Lard est une ville de ploucs. annonça Blaise sans lever le regard de son assiette.

Hadès n’aimait pas joué au Quidditch. Elle avait le vertige et elle avait une peur bleu de se prendre un cognard, mais elle avait toujours adoré regarder son frère jouer. Il n’était pas le meilleur, mais il était très bon sur son Nimbus 2001. Cela faisait très longtemps qu’elle ne l’avait pas vu s’entrainer dans le jardin de leur Manoir, comme synonyme de l’allégresse perdue de la demeure Malefoy.

La repas continua ainsi. Hadès toujours muée dans son mutisme tout en jouant avec sa nourriture sans pouvoir en avaler une bouchée. Blaise, silencieux, mais prenant parfois la parole pour un commentaire. Seule Pansy parlait de ses vacances en Irlande avec prétention, alors que tout ce qu’elle avait fait, c’était être obligée de quitter la maison familiale avec sa mère. Des vacances qui étaient sûrement un prétexte pour son père de ne pas l’avoir dans les pattes depuis le retour du Seigneur des Ténèbres. Peut-être était-ce pour cela que la Parkinson avait tant d’espoirs pour cette année à Poudlard, car si elle était là, c’était parce que son père et la communauté Mangemort pensant sans hésiter qu’elle était très loin d’être utile. Il en était de même pour Hadès, mais contrairement à Pansy, elle n’en souffrait point, vu qu’elle n’avait aucune arrogance à penser qu’elle en était digne.

Le repas terminé, les premiers à se lever furent les préfets. Hadès vit donc Blaise s’éloigner d’elle et appeler les premiers années de Serpentard à le suivre de sa voix portée et grave. Hadès le suivit du regard, comme si elle voyait son cocon protecteur s’ouvrir pour la jeter brutalement dans le monde réel. Autour d’elle, les élèves se levaient pour rejoindre dans le presque silence leurs dortoirs respectifs. Hadès avait la terrible impression d’être minuscule, insignifiante dans la vague de jeunes sorciers quittant la Grande Salle.

- Qu’est-ce que tu fais, Hadès ? On se casse là !

La jeune Malefoy leva les yeux, et vit le sourire bienveillant de Pansy. Elle lui tendit la main. Hadès hésita un court instant, à quoi bon ? Comment pouvait-elle douter de la seule qui lui adressait réellement la parole. Non… sans Blaise, elle n’était pas seule, loin de là. La petite blondie saisit la douce main de son ainée et quitta les lieux en sa compagnie.

Théodore Nott avait tort. Blaise la protègerait toujours, et Pansy comblerait sa solitude. Ensemble, elle aurait une vie presque aussi sympathique à Poudlard que les précédentes. « Théordore a tort. Blaise a raison. Je ne peux pas lui faire confiance ».




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MessageSujet: Re: " Pendant ce temps, à Poudlard... " - Fanfiction.   Jeu 12 Mar 2015 - 18:22

III. Les Serpentards sont raisonnables, Les Gryffondors sont idiots.

Hadès ouvrit les yeux avant le réveil général. Ce fut naturel, sans efforts. Pourtant, elle voulut rester au fond de ses draps, dans la chaleur apaisante de son lit baldaquin vert et argent. Elle se sentait en sécurité et le souvenir de sa stressante rentrée était encore loin. Elle s’imaginait encore à Wiltshire, bien des années auparavant. Elle attendait le doux réveil de sa mère et la phrase motivante de son père pour la journée. Elle sourit, un sourire qui disparut peu à peu au fur et à mesure que son esprit se réveillait à son tour.  Elle n’était plus une enfant, depuis bien trop longtemps. Son père ne lui avait plus jamais offert la moindre motivation et sa mère était devenue beaucoup trop occupée pour s’attarder sur le réveil de sa fille. Pour finir, elle n’était plus au Manoir ; elle était à Poudlard.

Une vague d’angoisse lui noua l’estomac alors qu’elle s’enfonçait davantage sous sa couverture. Elle maintenait sa respiration profonde et lente, comme un auto-traitement à ses troubles, son anxiété. Elle était tellement habituée à ressentir cette sensation si désagréable qu’elle avait mis au point une technique afin de se soulagée du mieux qu’elle pouvait, une technique qui s’était affinée et améliorée avec le temps. Au jour d’aujourd’hui, elle consistait à respirer profondément tout en essayant de se vider la tête de toutes pensées anxiogènes, tout en essayant de relativiser. Ce fut dans ce processus qu’elle se rappela de la veille, de quelle façon Blaise et Pansy avaient réagi à sa présence. Elle prit conscience qu’elle n’avait pas de raison de se sentir aussi mal et isolée, tout simplement parce qu’elle n’était pas seule. Si elle voulait, elle pouvait descendre à la salle commune et se réfugier dans les bras de son petit-ami ou se consoler dans les paroles avisées de l’amie de son frère ainé.

La jeune héritière Malefoy reprit un semblant de courage ( comme l’on pouvait définir « courage » au sens « serpentard » du terme, nullement « gryffondorien ». ), alors qu’elle se redressait enfin sur son matelas. Elle sortit des rideaux fermés de son lit, emporta son uniforme, et prit la direction de la salle de bain des filles.

Elle arriva plus tard dans la salle commune, propre sur elle. Comme d’habitude, elle était parfaitement coiffée, parfaitement maquillée – de façon très naturel, et ses vêtements ne présentaient pas un plis illogique. Même sa démarche était parfaite, comme maitrisée par des années de travail acharné. C’était ainsi qu’on la comparait facilement avec son frère. Lorsqu’on la voyait venir de loin, elle lui ressemblait dans cette beauté froide, dans cette prestance naturelle. De loin, elle était naturellement une parfaite Malefoy. Bien sûr, ça, elle n’en avait pas conscience. C’était ainsi qu’en la connaissant mieux, on devinait la fragilité, la timidité, et un manque de confiance flagrant en elle, la faisant paraître ainsi beaucoup moins intimidante. Surtout lorsqu’elle affichait ce sourire naïf, comme à ce moment précis où elle vit Blaise au tableau des emplois du temps.

D’un petit trot, elle s’approcha de lui.

- Bonjour. lui adressa-t-elle timidement mais joyeusement.

- Bonjour.

Blaise ne prit pas la peine de tourner la tête vers elle pour lui répondre, trop concentré sur son emploi du temps. Elle voulut engager la conversation, mais à force de réfléchir à la façon dont elle pourrait lui demander par quel cours il commençait, elle finit par abandonner, se sentant de plus en plus ridicule. Elle cacha sa gêne en cherchant du regard son propre emploi du temps. Elle laissa s’échapper un rictus en découvrant qu’elle commençait son année avec deux heures de potions avec le Professeur Slughorn, en tandem avec les Poufsouffles ; deux heures calmes et sympathiques en perspective. Hadès aimait bien le Professeur Slughorn. Il avait toujours été très doux et attentionné avec elle, tout ce qu’elle attendait d’un professeur de Poudlard. Si elle n’avait pas pour autant sa place dans son club privé ( « Club de Slug » ), elle avait toujours été estimée par le professeur de potion pour ses capacités et son intelligence dans sa matière. De plus, elle n’était pas particulièrement inquiète de passer ce cours en compagnie des élèves d’Helga Poufsouffle. Si ils avaient une mauvaise opinion d’elle et de sa famille, les sorciers de la maison de la tolérance avait en majorité pas le besoin d’en informer l’intéressée, ce qui lui allait très bien.

- Salut vous deux !

Hadès se retourna dans un sursaut alors que Pansy venait d’apparaître entre elle et Blaise. Elle s’était levée du bon pied en cette matinée, une bonne humeur contagieuse car elle détint sur sa jeune amie.

- Bonjour, Pansy. la salua-t-elle d’une petite voix tout de même, non sans un sourire.

- Blaise ! On commence par quoi c’matin ?!

- Deux heures de métamorphose avec les Gryffondors.

- Rahhh la poisse ! J’aurais bien voulu voir ce que ça donne les cours de Défenses contre les Forces du Mal avec Carrow !

- Ça, ça sera pour demain après-midi. précisa le black. Par contre, j’ai vu que tu avais deux heures avec Carrow à 10 heure, Hadès.

En entendant son prénom, Hadès sursauta de nouveau en s’empressant de vérifier cela sur le tableau d’affichage. Une boule se forma dans sa gorge en voyant en évidence ses deux heures avec Amycus Carrow. Hadès se doutait que cette année, avec lui à la tête de cette matière, ça ne serait pas réellement un entrainement à la défense contre les forces du mal, lui-même faisant parti de ce qu’on pourrait appeler le Mal. Elle redoutait ce cours qui était un peu un test de ce que serait son année à Poudlard. La question était ; est-ce que Bellatrix et Théodore avaient raison ou était-ce Pansy ? En somme, allait-elle passer une bonne ou une mauvaise année ? Ce qui était une question plutôt existentielle pour elle.

Un instant, elle repensa à son frère, sa mère, son père… elle se demandait comment ils allaient, comment il réagissait à son absence, est-ce qu’il réagissait à son absence en vérité ? Ses sentiments mêlaient sa peur qu’ils leur arrivent malheur et la peine de savoir qu’ils pouvaient être mieux sans elle. Elle aimait sa famille, plus que tout, mais cherchait encore sa place en son sein. Ce dernier sentiment ne pouvant être ignorer même si pour elle, ça pouvait être particulièrement égoïste et idiot. Ce n’était réellement pas le moment de penser à ça alors qu’ils étaient en très mauvaise posture là-bas, pensa-t-elle. Mais le problème, c’était que lorsqu’elle ne pensait pas à ça, elle avait peur pour eux, mais quand elle essayait de ne pas trop y penser, finissait par avoir peur pour elle, peur de ce que pouvait devenir sa vie à l’école.

Hadès déglutit en silence, alors que Pansy les incitait à la suivre jusqu’à la Grande Salle pour prendre leur petit déjeuner.

Un peu plus tard, les estomacs bien remplis, Blaise avait abandonné Pansy pour l’espace de quelques instant. Celui-ci accompagnait Hadès dans le fin fond des cachots qu’elle connaissait pourtant si bien. Elle n’avait pas eu le besoin de lui demander, il s’était proposé de lui-même, sans un mot, comme une évidence. C’était avec ce genre d’attention qu’elle se demandait comment elle pouvait encore douter qu’il y aurait sûrement de l’amour entre eux, que ce mariage arrangé était une bénédiction pour elle. Il était sûrement l’homme avec qui elle pouvait être le mieux. Elle n’était pas douée pour les conversations ; il ne parlait que peu. Elle était timide ; il ne la brusquait jamais. Elle n’était pas prête à perdre sa virginité ; ce n’était pas d’actualité pour lui. C’était comme si chacun de leurs points de caractère entraient en harmonie avec ceux de l’autre. Alors… pourquoi ne cessait-elle de douter ? Elle n’était qu’une idiote flippée, sûrement.

Ils traversèrent les méandres des cachots, jusqu’à atteindre enfin la salle de classe du professeur Slughorn. Devant, l’ensemble des 5èmes années Serpentard et Poufsouffle attendaient en rangs, dans un brouhaha des conversations. Depuis que Slughorn avait pris le poste de Rogue, les élèves avaient appris à ne plus craindre les cours de potion, ainsi que la froideur qu’émanait de son professeur. Aujourd’hui, c’était souvent avec le sourire que les jeunes sorciers pensait à la perspective de ces deux heures de mélanges d’ingrédients et de protocoles rigoureux.

Hadès voulait que Blaise reste avec elle encore un peu, par peur de se retrouver seule au milieu de tous ses camarades. Malheureusement, il devait lui-même se rendre en cours. Elle lui fit un signe timide de la main alors qu’il disparaissait dans un tournent de couloir.

Très vite, Hadès enfuyait son cou dans ses épaules, tout en baissant les yeux, alors qu’elle se plaçait en retrait, en attendant que le professeur daigne à les laisser entrer. Ces longues minutes semblaient interminables. Elle n’osait vérifier que personne ne lui lançait des regards en biais, persuadée qu’on parlait dans son dos. Elle se sentait moite. Si le matin même, elle s’était motivée grâce à la présence de Blaise et Pansy, maintenant qu’ils n’étaient plus là, c’était beaucoup plus difficile. Pour une fille introvertie, elle avait drôlement besoin de compagnie… Quelle ironie ! Parfois, Hadès se disait que sa vie n’était qu’une blague, l’humour douteux du destin.

Lorsqu’ils entrèrent enfin dans la salle des potions, la tension baissa d’un cran. Devant son chaudron, elle avait comme l’impression d’être dissimulée. Perdue dans les élèves de la classe, c’était comme si elle n’existait plus, l’anonymat des grands espaces, de la grande foule. Elle avait en plus de ça, pris la peine d’attraper la table la plus recluse de la pièce. C’était presque invisible qu’elle se sentait vivante.

- Bienvenue à tous en cette nouvelle année d’étude de la science des potions ! annonça joyeusement Slughorn.

Celui-ci essayait de montrer plus de joie que nécessaire. Il maintenait son sourire marqué par l’âge, mais ses yeux traduisaient l’inquiétude des jours à venir, des mois à venir, et peut-être même des années à venir… Personne ne savait combien de temps cette ère sombre allait duré, combien de temps ce voile couvrirait le monde magique… Le profeseur agita sa baguette, et ce fut au moment où la craie vint écrire d’elle-même sur le tableau noir que les derniers bavardages des étudiants cessèrent.

- On va commencer doucement l’année avec un rappel de 4ème année. Ça vous va ? Oui, bien sûr. Des suggestions ?

Aussitôt quelques chuchotement s’élevèrent. Hadès se rappelait parfaitement des potions qu’elle avait étudié l’année précédente, toutes étant principalement des antidotes. C’était sûrement l’année de potion qu’elle trouvait la plus intéressante des 4 années qu’elle avait déjà passée à Poudlard. Qu’est-ce qui était le plus approprié aux potions que celui de guérir les maux, les maléfices. Ce n’était pas très « mangemort » de penser ça, mais vous vous doutiez dorénavant qu’Hadès était très douée pour dissimuler ses pensées dans un recoin de son esprit.

Peu à peu les mains se levèrent. Slughorn jugea l’assemblée choisissant la main la plus intéressante. Il fit son choix en Astoria Greengrass, une jeune Serpentard au Sang-Pur qui étouffait un petit rire en commun avec sa voisine.

La famille Greengrass avait longtemps côtoyer celle d’Hadès, dans l’espoir de faire perpétuer la lignée pure des deux clans. Le premier choix fut de fiancer Daphnée Greengrass à Drago, la grande sœur d’Astoria, mais avec les dernier évènements… Hadès imaginait que ce n’était plus réellement d’actualité pour les Greengrass. Hadès n’avait jamais réellement parlé avec la dernière de cette famille avec qui elle partageait malgré tout un dortoir, mais on ne pouvait pas dire que la jeune Malefoy était une référence en terme de relations. C’était à peine si elle osait souhaiter une bonne nuit à ses colocataires…

- On aurait bien besoin d’Aiguise Méninges avec les examens à venir, professeur. annonça la brune avant de laisser définitivement sortir son petit rire cristallin, en croisant le regard de son amie à ses côtés.

- Quelle coïncidence Miss Greengrass ! dit-il en s’écartant de devant le tableau.

La craie écrivait encore la suite des étapes de la potion du jour, mais en majuscule était inscrit « Potion d’Aiguise-Méninges ».

- J’avais justement pensé exactement comme vous !

Des rires emplissaient la salle de cours, Hadès s’autorisa même un petit sourire amusé, mais en baissant les yeux bien sûr.

- Trêve de plaisanteries, on va tout de suite s’y mettre pour être sûr que tout le monde quitte leurs souvenirs de vacances et finisse cette potion avant la fin du cours. Je vous propose donc de vous mettre deux par deux, pour cette fois-ci. précisa-t-il, poussant l’ensemble de la classe à reconfigurer l’ordre des places.

Ce fut au-dessus du brouhaha des chaises et des élèves qu’il ajouta :

- C’est un système de binôme que je propose pour ce premier cours, histoire de vous remettre dans le bain, mais cette année, vous passez vos BUSEs, et celui de potion est un examen individuel. J’ai comme devoir de vous y préparer.

- Avec ce qui se passe dehors, il croit franchement qu’on va arriver jusqu’aux BUSEs… annonça tout bas le Poufsouffle devant elle à sa camarade « blairette ».

Hadès fronça les sourcils. Ce garçon n’avait pas totalement tort dans un sens, mais après avoir repris confiance en la vie, en l’année qui venait, Hadès était plutôt mécontente de voir de plus en plus de signes défavorables. Si Potter venait à mourir ou s’il n’était jamais découvert, était-ce réellement possible qu’un certain calme garde le château de Poudlard ? Est-ce qu’il y aurait certain pour avoir le courage de monter une révolte ? Si oui, est-ce qu’elle atteindrait Poudlard ? Elle espérait que non. L’idée même de l’Anarchie au sein de l’école lui faisait peur, au point de lui donner des sueurs froides.

Soudain, la chaise à côté d’elle grinça. Réveillée de ses pensées, Hadès sursauta ( elle était réellement sur les nerfs cette petite… ). Elle tourna vers la demoiselle qui s’affalait grossièrement à sa nouvelle place. La Poufsouffle n’était pas imposante, on pouvait plutôt dire qu’elle était trop maigre pour sa grande taille. Pourtant, sa présence était équivalente à un scrout-pétard dans une boutique de porcelaines. En s’asseyant, elle avait réussi à faire trembler la table avec ce qu’il y avait dessus.

- Salut, Malefoy.

Hadès voulut lui répondre, mais lorsqu’elle ouvrit la bouche, aucun son ne put s’y échapper. L’effet lui offrit une jolie toux, comme si elle avait avalé de travers. De son côté, la sorcière attachait ses cheveux clair en un espèce de chignon en trois gestes. Rien à voir avec le chignon que lui avait enseigné sa mère, celui qui mettait une heure à mettre en place pour que rien de dépasse. Hadès avait toujours haï d’être obligée de perdre tant de temps pour une coiffure alors que ses cheveux étaient naturellement raides, sans une mèche rebelle. Rien de comparable à la crinière de sa camarade. Qui était-elle d’ailleurs ?

Mary O’Connor. C’était son nom. Hadès le savait, comme elle connaissait tous les noms des élèves de son année. Au bout de quatre ans, on finissait par, malgré soi, connaître tout le monde. C’était sûrement pour ça que les rumeurs, les ragots, les « news » circulaient aussi bien à Poudlard… Pour en revenir à Mary, tout ce qu’Hadès connaissait d’elle, c’était qu’elle venait d’Irlande, qu’elle était sang-mêlée avec ses deux parents sorciers, mais surtout… qu’elle était culottée, et même plus que ça. C’était d’ailleurs pour cette raison que d’ordre habituel, Hadès avait tendance à éviter la demoiselle ; les gens expansifs avaient tendance à intimider la Malefoy. Dans sa famille, on avait la fâcheuse à penser que les personnes extravertis étaient des idiots finis sans la moindre classe. En tous cas, son frère l’avait souvent fait remarqué en croisant le chemin de O’Connor. Hadès étira un sourire en pensant à Drago et à ses manières, certes pas agréables, mais tellement familières pour sa jeune sœur…

- Bon, on commence c’te potion ?

- Ou-oui…

Sans lever le nez vers le tableau, Hadès vagabonda dans les étagères et y préleva ce dont elles avaient besoin, avant même que Mary n’ait fini de lire l’ensemble du protocole.

- T’es efficace ! Tu as toujours été douée toi en potion ! Contrairement à moi… perso, je préfère la divination. Ce n’est pas donné à tout le monde d’avoir le troisième œil tu sais !

Hadès hocha frénétiquement de la tête en souriant poliment, toujours en s’activant devant le chaudron. Elle jetait parfois un regard au tableau, mais principalement pour s’assurer qu’elle ne se trompait pas dans les dosages ; ce qui n’était jamais le cas. Elle n’était pas d’accord avec Mary, les potions c’était une science bien plus exacte que la divination, et c’était justement le fait qu’il était rare d’avoir le don de voyance qui gênait la Serpentard. Une matière comme les potions était bien plus équitable, puis, il suffisait d’être attentif pour y arriver ; c’était à la porter des plus sérieux. Pour Hadès, le discours de la Poufsouffle était celle d’une feignante, mais bien sûr, elle n’oserait jamais lui dire en face.

- Dis, Malefoy… Je peux te poser une question perso ? demanda-t-elle, sans interférer une seconde dans la machine à faire des potions qu’était devenue la sorcière à son côté.

- Je… je ne sais pas si…

- Ca fait quoi d’avoir un frère Mangemort ?

D’un coup, Hadès n’était plus capable de rien. Alors qu’elle pilait les scarabées d’un geste sûr, ses mains s’étaient mises à trembler, s’obligeant alors à lâcher le mortier.

- Je ne veux pas te mettre mal à l’aise, ce n’était pas mon but.

- A-a bon ? interrogea-t-elle avec un rire nerveux.

- Ecoutes, depuis que toute l’école t’a vu de retour à Poudlard malgré… ce qui s’est passé, ça jase sur toi, tu n’imagines pas à quel point. Je crois qu’on a jamais autant parler de toi que lors du repas de rentrée d’hier soir.

Hadès déglutit. C’était son pire cauchemar. Son sentiment d’être invisible venait d’être détruit, laissant son sentiment de malaise s’accentuer et lui prendre les tripes. Sa potion Aiguise-Méninges restait alors en suspens, physiquement et dans la tête de la jeune Malefoy. Même en crispant les poings, elle était incapable de se calmer les tremblements. Elle voulait effectuer son rituel pour se calmer, mais elle n’arrivait jamais à le faire efficacement lorsqu’elle se trouvait en compagnie de quelqu’un.

- J’sais qu’on est pas copine, en vrai, j’te connais même pas, mais je sais que tu n’aurais jamais dû revenir à Poudlard.

- Je… je ne suis pas en danger ici… réussit-elle à lui dire, tout de même d’une petite voix.

- Personne ne sait quel rôle a eu ton frère dans la mort de Dumbledore, mais il n’a pas été étranger et le fait que ce soit les Carrow qui s’occupent de la discipline ne te protègera pas.

Hadès préféra ne pas répondre à ça. Après tout, elle-même avait des doutes sur les intentions des mangemorts à son égard. Ce n’était pas pour autant qu’elle avait confiance en cette Poufsouffle au culot démesuré. Elle avait décidé de n’accorder sa confiance qu’en Blaise et Pansy.

Mary se pencha vers elle et murmura pour la première fois depuis le début de cette conversation. Une habitude qui n’était pas celle de O’Connor qui avait toujours été plus que bruyante d’ordre général :

- Il paraît qu’un groupe de Gryffondors veux mener la révolution à l’école.

Choquée, elle continuait à fixer Mary de ses yeux bleu écarquillés, la regardant se redresser et saisir le mortier pour finir le travail de sa camarade.

- Je ne sais pas qui ils sont, mais ça fait déjà du bruit… je pense que ça va prendre des proportions énormes. Dans ton intérêt, je te conseille d’y faire très attention.

- Pourquoi me dis-tu tout ça ? Je… je suis peut-être mangemort moi aussi. essaya-t-elle de se rendre plus impressionnante, mais sans succès.

La Poufsouffle laissa échapper un petit rire sans pouvoir le contrôler, comme une réaction directe à ce que venait de dire la Serpentard.

- Ne me fais pas rire. Franchement, tu n’as absolument pas l’air d’être dans les « élus » de Tu-Sais-Qui. mima-t-elle les guillemets avant de reprendre le pilage des scarabées.

Vexée, mais surtout honteuse, Hadès baissa les yeux, sa peau d’ivoire prenant des teintes roses.

- Tu valides mes soupçons là. ricana-t-elle avant de reprendre un certain sérieux. Je te dis tout ça parce que je ne suis pas pour cette espèce de révolution. Tout ce que je veux moi, c’est finir mes années à Poudlard, avoir mes examens, voir mes amis, et survivre. Les Gryffondors ne sont que des idiots parce qu’il vont courir à leur perte avec leur soi-disant courage. Je ne suis pas non plus d’accord avec le fait de faire payer la sœur pour les crimes du frère, alors.. je veux juste, te donner une longueur d’avance, pour que ce soit plus juste.

- Tu crois vraiment… qu’ils voudront me faire du mal… ? demanda Hadès, inquiète.

- Je pense que si les sorciers à l’origine de ce mouvement naissant ne le font pas, il y aura bien un qui utilisera le même discours pour excuser le fait de pourrir la vie de quelqu’un.

Comme dans la continuité de ce qu’elle disait, Mary montra les scarabées concassés à Hadès en lui demandant du regard son approbation. En s’en rendant compte, l’intéressée laissa échapper un « euh » pour ensuite hocher la tête. Elle ne put s’empêcher de rendre le sourire de sa camarade qui versait le contenu du mortier dans le mélange laissant la mixture prendre des couleurs bleutés.

Le cours prit fin avec un encouragement de Slughorn à l’égard du duo serpent et blaireau, ce qui mit Hadès de bonne humeur. Même si c’était elle qui avait presque tout fait, elle laissa avec plaisir le partage des félicitations avec Mary O’Connor, comme pour la remercier de l’avoir prévenu. Elle ne savait si elle avait raison ou non, si elle lui avait menti ou pas, mais malgré tout, ça remit les idées en place dans la caboche de la jeune sorcière. Elle devait être plus méfiante encore, et ce midi, elle en parlerait avec Blaise et Pansy. Ils auraient sûrement des paroles réconfortantes vis-à-vis de cette histoire de révolte.

Pour l’instant, elle devait se rendre au cours qui l’inquiétait le plus. L’euphorie de la préparation de potions descendue, elle se demandait réellement comment elle allait quitter ce cours de Défense contre les Forces du Mal, surtout avec les Gryffondors…

Mary l’avait abandonné pour retrouver ses amies Poufsouffles, ce qu’Hadès comprenait bien. Après tout, qu’est-ce qu’elle donnerait pour avoir ses deux seuls amis avec elle… Si elle avait su, elle aurait pris l’initiative de se faire des amis de son âge. Quand on avait les amis de son grand frère, quel était l’intérêt de s’en trouver des plus immatures ? Hadès, comme vous vous en doutiez, avait toujours été mûre pour son âge. Maintenant savoir si c’était d’avoir des amis plus âgés la cause ou la conséquence… c’était un autre débat.

Celui qu’elle vivait en ce moment même était bien plus une impression qu’un débat en lui-même. N’avait-elle pas assez grandi cet été ou est-ce que les couloirs du château étaient plus vastes, plus larges, plus vides… ? En vérité, il avait toujours été immense, mais c’était Hadès qui se sentait toute petite. C’était une bonne chose d’être l’ombre de quelqu’un, il n’y avait rien de mieux en vérité. A condition que la personne dont vous êtes l’ombre soit grande, présente et respectée. Drago était grand, tellement grand du point de vue de sa petite sœur.

Pourtant, ce n’était pas la pensée de tout le monde. Hadès avait souvent vu son ainé recevoir les méfaits qu’il avait semé. Plus d’une fois, elle avait vu, à l’insu ou non de son frère, celui-ci se faire ridiculiser, montrer qu’il n’y avait sûrement pas plus lâche que lui. Sauf qu’Hadès savait qui était Drago Malefoy, elle le savait mieux que quiconque quel homme il était devenu, ce qu’il avait fait pour sauver sa famille. Il avait accepté la dure tâche d’assassiner Albus Dumbledore pour rendre à sa famille son respect d’antan, pour la protéger du pétrin qu’elle s’était elle-même mise bien avant sa naissance.

Hadès l’avait toujours pensé ; s’être liée au Seigneur des Ténèbres fut et sera à jamais le pire mauvais choix de sa famille. Bien sûr, elle se tenait bien de le révéler. Ce qui comptait pour elle, c’était qu’elle savait que son frère était peut-être pas sans-peurs, mais le véritable courage n’était-il pas celui de braver ses peurs pour ceux qu’on aime ? Elle le valorisait d’autant plus depuis qu’elle savait tout ça, sachant qu’elle-même n’en serait jamais capable à son tour.

D’ailleurs, où pouvions nous trouver la moindre parcelle d’un courage dans les épaules voutées de la petite blonde ? La poupée de porcelaine, apeurée par l’idée d’être ce ne serait qu’ébréchée. Elle serait sa sacoche contre elle, ne levant son regard pour ne pas se prendre quelqu’un ou un mur. Même ainsi, elle notait la tristesse, la détresse des élèves de Poudlard. Il n’y avait que peu de bavardages, les seuls étaient murmurés, mise à part quelques camarades Serpentards moins anxieux.

Même la prise de pouvoir de Dolores Ombrage n’avait pas fait perdre autant d’espoir à Poudlard. Non pas qu’Hadès ait mal vécu cette année-là. En vérité, avec son frère dans la Brigade Inquisitoriale , la petite Malefoy n’avait eu que peu de problèmes avec l’autorité suprême du château. Même avec ce crapaud, elle avait eu droit à une certaine sécurité… Le moment était venu pour elle de voir si ça serait aussi le cas cette année, avec cette nouvelle autorité.

Elle pénétra dans la salle de classe du premier étage et s’empressa de choisir une place au fond, mais à peine posa-t-elle ses affaires qu’elles furent renversées au sol, éparpillant ses parchemins et en vidant son encrier. Un groupe de Gryffondors ricanaient en prenant place, quant au coupable, il lança un regard des plus hautains à la petite Serpentard.

- SILENCE !

Sortant du bureau du professeur de Défense contre les forces du mal, en haut des escalier du fond de la salle, Amycus Carrow se tenait debout, droit comme un « i », son regard surplombant la salle de ses yeux noirs, sans un brin de compassion.

- Nous commençons donc l’année avec 20 points en moins pour Gryffondor ! Peut-être que ça apprendra à tout le monde à garder son calme dans ma classe !

Direct-chef, les rouge et or se sentirent tout penauds et le reste des élèves prirent place dans un silence de mort. Amycus esquissa un semblant de sourire satisfait, un sourire qui disparut en notant le seul faux pas de la pièce.

Hadès était toujours à genoux à côté de sa table. Elle essayait en vain de faire disparaître la tâche d’encre à la main. Elle tremblait en remarquant le silence autour d’elle. Elle en avait envie de pleurer. En entendant les pas de Carrow, elle reprit ses esprits. Elle chercha sa baguette dans son sac, mais il était trop tard…

- Récurvite.

La tâche d’encre disparut comme si elle n’avait jamais été là. Comme le courage de Hadès, enfin… ça c’était croire qu’il existait un quelconque courage dans le cœur de la Serpentard.

- Miss Malefoy, relevez-vous. Faites honneur à votre sang, à votre... nom. ajouta-t-il avec un pointe de dédain.

Sans faire taire les tremblements, elle se dressa sur ses frêles jambes.

- Quels sont les trois sorts impardonnables, Miss Malefoy ?

- Euh… euh…

- J’attends.

- Le sortilège de l’Imperium ! laissa-t-elle échapper comme un cri plaintif.

- Bien, plus que deux.

- Le Sortilège Doloris… dit-elle cette fois, tout bas.

- Hm, hm.

- Le Sortilège de Mort…

- L’Avada Kedavra !

La salle entière tressaillit, mais Amycus n’avait pas levé sa baguette. Il s’éloignait pour reprendre sa place de professeur. Il commença à écrire sur le tableau noir. La craie faisait un bruit horrible, criard, qui provoqua des frissons désagréables du dos jusqu’à la nuque d’Hadès, toujours debout comme un piquet au côté de son bureau, comme au garde-à-vous.

Très vite, le listing des sortilèges Impardonnables apparut devant la classe. Carrow se retourna de nouveau devant ses élèves, toujours avec le même regard sévère qui semblait à jamais inscrit sur son visage.

- Miss Malefoy, voulez-vous bien vous asseoir ! aboya-t-il, ce qui faillit faire tomber la concernée à la renverse.

Précipitamment, elle passa derrière sa table. Elle s’assit de travers et dû s’y reprendre à une fois pour pouvoir s’installer confortablement et baisser son regard sur sa baguette qu’elle tenait fragilement dans sa main tremblante, encore tâchée d’encre noire. Les rires étouffés de ses camarades lui fit monter le rouge aux joues.

- Cette année, reprit alors Carrow, le programme de cette matière a été remis au gout du jour. Toutes les années bénéficieront de la modernité et d’un apprentissage adapté.

« Je sais que vous avez déjà vu la théorie des sortilèges impardonnables et leurs méfaits l’année précédente avec notre cher Directeur, mais cette année, nous en avons convenu qui serait important pour vous, notre digne génération de bons sorciers, nés sorciers, et pour les plus chanceux d’entre vous qui sont de bon sang-purs, que vous ayez le prestige de les utiliser, en condition quasi-réelle.

- C’est interdit ! Les sorts impardonnables sont interdit pas les lois sorcières !

Un Gryffondor s’était levé, un air de défit et de scandale dans la voix. Hadès le fixait, bouche bée. Peter Fergussen avait toujours été un digne lion de Godric Gryffondor. Depuis le temps où Hadès l’avait vu prendre la parole pour dire tout haut tout ce que les autres pensaient tout bas, elle n’aurait pas dû être étonnée. Pourtant, elle l’était. C’était une chose de s’indigner face à Maugrey Fol Œil, une autre face à Dolores Ombrage, mais là, il ne savait pas dans quoi il s’était embarqué.

- Monsieur ?

- Fergussen, monsieur, et je vous répète que personne ne voudra utiliser ces sorts de la façon dont vous voulez les instruire. Vous n’avez pas droit de nous pousser au crime !

- Pousser au crime… répéta Amycus, d’un ton glacial.

Hadès aurait voulu hurler à Peter de se taire, de s’excuser, d’implorer à genoux de l’épargner. Elle aurait pu elle-même implorer Amycus Carrow de l’épargner. Si seulement elle était née Gryffondor. Bien sûr, ça aurait été un cauchemar pour elle d’avoir été répartie chez les gryffons. Ce qui était bien avec sa personnalité, c’était que si elle avait beau ne pas être celle d’une véritable Serpentard, elle n’en était pas non plus opposée. Une pseudo-Serdaigle-Serpentard chez les Malefoy, c’était déjà quelque chose de pénible, mais une Gryffondor parmi eux… ça serait un affront, une véritablement honte. Elle aurait perdu, en plus de la fierté de son père, l’amour de toute sa famille. Elle déglutit à cette idée. Cette même idée l’avait calmé pour de bon ; elle ne pouvait décidément pas intervenir en faveur du garçon. Surtout avec le fiasco de son entrée en classe… Ce qui ne l’empêcha pas de croiser délicatement ses fins doigts pour qu’il s’en sorte pas trop mal.

- Vous semblez être sûr des désirs de vos camarades… Et si on vérifiait ? Que tous ceux qui sont contre le nouveau programme lèvent haut leurs mains.

Peter n’hésita pas une seconde, ainsi que ses plus proches ami(e)s. D’autre semblaient le vouloir, mais n’osèrent pas. Ou encore, d’autres levèrent leurs mains, mais seulement à la hauteur de leur oreille. Malheureusement, c’était une infime partie de la classe, et que des Gryffondors.

Amycus pointa ceux qu’il voyait lever la main, mimant des lèvres le comptage. Ce qui était mauvais signe. D’ailleurs, quelques-uns se regardèrent, semblant se demander du regard s’ils avaient bien fait de suivre leur camarade Gryffondor.

- Alors… Pour dix points chacuns, ça fait 50 points en moins pour Gryffondor. Ensuite, vous viendrez me voir à la fin du cours Monsieur Fergussen.

- Nous n'avons pas assez de points à ce moment de l'année. répondt Peter, avec arrogance.

- J'attendrais donc que vos camarades en gagne pour les supprimer.

Il marqua un temps de pause où il semblait fouiller dans son esprit.

- Qu’est-ce que je disais… ? Oui ! Les sortilège Impardonnables. Nous allons donc commencer l’année par le plus intéressant mais aussi, étonnement, le plus simples à manier des trois ; Le sortilège de Mort.

- NON !

D’un coup, Peter se mit à hurler par dessus sa négation, sûrement comme il ne l’avait jamais fait avant. Quelques filles se mirent à crier aussi, sous le choc de ce qui se passait sous leurs yeux. Hadès ? Elle regardait la scène, les muscles tendus, la mâchoire serrée, la peur au ventre, mais contrairement à beaucoup, elle maintenait son regard vers Fergussen qui se tordait de douleur.

Le Doloris d’Amycus Carrow était puissant et maîtrisé. Ce n’était sûrement pas la première fois qu’il utilisait ce sortilège impardonnable, comme tout mangemort qui se respecte. Mais ce n’était pas non plus la première fois qu’Hadès voyait quelqu’un souffrir sous l’effet de cet horrible sort. Elle avait appris à ne pas vomir devant cette scène de pure torture. Elle avait appris à rester la plus stoïque possible, la plus à l’aise face à la souffrance d’autrui. C’était sûrement les retours d’une éducation à la fille de mangemorts, mais ça ne changeait rien à ce qui se passait à l’intérieur de la jeune sorcière. Elle était terriblement horrifiée et le temps semblait s’écouler au ralenti.

Soudain, plus rien. Il n’y avait que les plaintes à peine audibles de Peter qui s’élevait dans la salle. Il s’était recroquevillé en position fœtale, tremblant de tous ses membres, au milieu des tables et des chaises qu’il avait renversé dans sa souffrance. C’était comme si le temps s’était arrêté pour l’ensemble de la classe. Un cauchemar pour certain. C’était impossible, inimaginable de voir une telle chose se produire à Poudlard. Jamais Dumbledore n’aurait accepté une telle chose ! Sauf que Dumbledore n’était plus là, le désespoir l’était, partout dans le monde sorcier jusque dans la meilleure école de sorcellerie du monde…

Carrow leva de nouveau sa baguette, et presque délicatement, le corps de Peter s’éleva dans les airs. A bout de souffle, au bout de ses forces, le griffon se laissa faire, pendu par les pieds, s’avançant devant la classe, juste à côté du bureau.

- Vous ferez titre d’exemple, Monsieur Fergussen. Nous finirons les deux heures avec votre camarde ici, juste ici. finit-il en faisant stopper la « marche » de Peter tout en s’adressant à l’assemblée entière d’apprentis-sorciers.

Hadès avait les sourcils froncés devant la scène. Peter gémissait et se balançait légèrement la tête en bas, les yeux semblant se fermer tout seuls malgré sa volonté digne d’un Gryffondor. Soudain, ses bras tombèrent au-dessus de sa tête, ses forces le quittant pour sûrement un long et pénible sommeil. Si Carrow décidait d’en finir ainsi, ce qui relèverait du miracle, pensa Hadès. Le garçon venait d’apprendre à ses dépens la cruauté du monde. Une cruauté qui n’avait jamais franchi les frontières du domaine jusqu’à la montée au pouvoir du Professeur Severus Rogue.

Hadès aurait bien fixé Peter pendant les deux heures, hypnotisée par le tragique de la scène, si Amycus n’avait pas insisté son regard noir sur elle. Ça n’avait duré qu’une seconde, mais maintenant tout était clair dans l’esprit d’Hadès ; au moindre faux-pas, elle subirait le même sort. Elle déglutit et baissa les yeux sur ses parchemins. Elle était plutôt du genre à se tenir à carreaux, mais… quelle était la limite ? Quelle était sa limite selon Carrow ?

Malgré tout, Hadès n’était plus aussi stressée qu’en entrant dans la salle. Si son cas était dans la ligne de mire des Carrow, elle vit aujourd’hui qu’elle avait été plutôt tranquille. Est-ce que ça durerait ? Elle l’espérait.

Tout ce dont elle était sûre, c’était que la vie allait réellement changer à Poudlard et pas en bien, loin de là. Et si c’était une fille de mangemort, sang-pur par la même occasion qui pensait ça, c’était plutôt mauvais signe…




« CRÈVE ! CRÈVE ENFOIRÉ DE ZOMBIE ! »
 


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A peine arrivé..., avec George Weasley

Ce jour à marquer d'une croix, avec Kakyo Hideyoshi

Le dernier espoir d'une désespérée, avec Lucrécya Flint-Rincevent

Night of the Cheerleadead ☠️ , avec Adhita Lonkar et Kakyo Hideyoshi
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MessageSujet: Re: " Pendant ce temps, à Poudlard... " - Fanfiction.   Mar 7 Juil 2015 - 16:26

IV. LA MENACE ROUGE ET OR.

Peter Fergussen revint en classe près de trois semaines après son intervention en cours de Défense contre les forces du mal. Personne ne savait ce que lui avait affligé Amycus Carrow, ce qui ne manquait pas d'accentuer l'effroi pour le nouveau professeur de Poudlard. L'information due s'étendre très vite dans les couloirs et les différentes salles communes car le lendemain même, une tension supplémentaire semblait peser sur les étudiants, plus précisément sur les griffons. Ce qui arrangea les affaires d'une certaine Serpentard de cinquième année.

Hadès Malefoy était bien contente de voir que les Gryffondors s'étaient calmés et que les histoires selon lesquels une révolte était sur le point de voir le jour semblaient être tombées dans l'oubli.

Si l'on devait résumer le mois de Septembre d'Hadès ; plutôt bon. Franchement, en prenant compte des temps difficiles où les apprentis sorciers étaient plongés, Hadès s'en sortait pas trop mal, surtout avec les nombreuses mise-en-gardes qu'elle avait reçue. Elle était heureuse de se dire que sa tante, Bellatrix, était foncièrement dans le faux, et tout autant pour ce qui était de Théodore Nott et de Mary O'Connor.

Le week-end était de nouveau là. S'ils n'étaient pas aussi joyeux qu'à l'époque de Dumbledore, Hadès les aimaient bien. Tout simplement parce qu'elle passait ces deux jours avec Blaise. Si elle doutait toujours de temps en temps d'être amoureuse du garçon, elle ne pouvait nier qu'elle aimait être prêt de lui. Ce qu'elle aimait aussi parfois, c'était se retrouver seule avec lui. C'était des moments rares, mais une rareté voulue par les deux protagonistes de cette idylle pas comme les autres. Si Hadès passait tous ses temps libres en compagnie du Zabini, la majorité du temps, il y avait toujours Pansy dans les parages pour mettre une certaine ambiance. La plupart du temps, il y avait même Crabbe et Goyle qui se joignaient à eux. Ils n'avaient pas changé d'avis sur elle, mais Hadès les soupçonnaient de ne pas être assez... imaginatif pour savoir quoi faire tous les deux sans un Drago pour leur dire quoi faire de mal.

Un samedi froid mais ensoleillé pour un automne. Ça faisait sourire la petite blonde, ainsi allongée dans l'herbe, sa tête contre la cuisse de son petit ami. Elle lisait sans beaucoup d'attention son livre sur la dernière guerre contre les Gobelins, souriant bêtement.

- Tu devrais être plus concentrée si tu veux réussir à finir ce livre, Hadès. lui lâcha Blaise, comme indifférent à l'allégresse de sa petite amie.

Elle aurait voulu fermer son livre, se redresser et l'embrasser comme jamais elle ne l'avait fait auparavant, mais la petite Serpentard se retint. Elle approcha son livre de son visage pour cacher le rouge lui montant aux joues.

- Qu'est-ce qui t'arrive ? lui demanda-t-il ensuite, comme par politesse.

Blaise avait un don assez poussé pour lire en Hadès comme dans un livre ouvert, mais en vérité, il n'était pas le seul. La jeune Malefoy était si prévisible et si expressive que la moindre de ses petites gênes du quotidien semblait pointée par d'énormes flèches lumineuses. Mise à nue, elle ne pouvait plus réellement reculer. Elle prit son courage à deux mains. En hésitant un instant, elle finit par se redresser, non pas pour embrasser le beau noir, mais pour lâcher son livre et tripoter nerveusement ses petits doigts d'ivoire.

- Comment vois-tu notre relation ?

Elle n'osait le regarder, mais si elle l'avait fait, elle aurait vu un Blaise aux sourcils froncés, incrédule.

- Je ne comprends pas cette question.

Il le l'aidait vraiment pas, mais cela n'étonna pas Hadès. Blaise était si terre-à-terre...

- Est-ce que ce n'est qu'un devoir pour toi ? Envers mon frère ou même envers nos famille.

- Bien sûr.

Hadès grimaça sans être capable de se retenir. Etait-elle déçue ? Elle ne le savait. Bien sûr que c'était par devoir, mais elle espérait réellement qu'ils pourraient un jour s'aimer ou si ce n'était pas déjà fait. Elle n'arrivait à comprendre l'amour, elle ne savait ni comment il viendrait à elle et sous quel forme. Elle avait entendu parler du « coup-de-foudre », mais bien sûr, sa mère lui avait bien affirmer qu'il n'existait pas. D'après elle, l'amour venait avec le temps, jamais par passion. Après tout, il ne fallait pas confondre l'amour et l'attirance physique... Hadès avait appris qu'il n'y avait pas plus noble sentiment que celui de l'amour de son conjoint par arrangement, car il n'était pas pollué par la luxure pour la luxure, l'envie pour l'envie, l'égoïsme du plaisir d'être avec celui que l'on désire. Hadès était plutôt d'accord avec sa mère, mais n'ayant jamais vécu le sentiment impur de l'amour charnel, elle n'arrivait à différencier le sentiment le plus pur de l'amour.

- Le devoir familiale est le plus important et le fait que tu sois la sœur de mon plus vieil ami s'ajoute à ce devoir qu'il m'ait imposé... J'ai l'impression que tu es déçue. finit-il par dire, toujours avec son impassibilité naturelle.

- Je... non, non ! s'empressa-t-elle de dire, malgré ses joues rouges. C'est juste... Je crois... En vérité, je ne sais pas ce que j'attends de nous. Je suis juste contente que tu sois là, pourtant... je m'interroge.

- Hadès. Tu t'es bien rendue compte que ta famille n'est plus aussi respectable qu'autrefois, n'est-ce pas ?

Elle fronça les sourcils. Elle n'était pas en colère, mais elle était peinée. Elle s'efforçait de ne pas trop y penser, mais c'était presque impossible. Alors quand ça venait envahir le peu de conversation qu'elle avait avec autrui... c'était dur, très dur. L'image de son frère au visage déformé par la douleur, celle de ses deux parents gisant morts sur le sol froid de leur propre manoir... Hadès déglutit. Elle devait se contenir. Elle pouvait le faire, elle pouvait se retenir jusqu'à se retrouver seule et ainsi pouvoir pleurer son inutilité, son incapacité, sa faiblesse de jeune sorcière de quinze ans... Elle se contenta donc de hocher vivement la tête pour acquiescer les dires de son petit ami.

- Ma mère veut abandonner ce mariage, sur ce fait. lui avoua-t-il de but en blanc.

Hadès écarquilla doucement des paupières, choquée. Bien sûr que sa famille était au plus bas dernièrement, mais elle espérait que ça finirait par s'arranger. Elle espérait que Drago montrerait autant de bravoure qu'en acceptant de tuer Dumbledore pour les sortir de là. Elle espérait une prise de responsabilité de la part de son père. Elle essayait de refouler les images d'horreur qui l'envahissait en espérant un nouveau tournant. Si toutes les familles de mangemorts venaient à renier la sienne... avaient-ils le moindre espoir ?

C'était pour cela qu'elle avait eu l'impression de prendre cette nouvelle comme on encaisserait un violent coup de poing à l'estomac ( pas que ça lui soit déjà arrivé, mais elle imaginait bien la douleur, la sensation d'étouffer... ). C'était un coup tellement dur pour sa famille... son mariage arrangé était sûrement la seule chose que Hadès avait bien fait dans sa jeune vie pour faire prospérer sa famille, même sous le nom de Zabini.

- J'ai refusé. ajouta-t-il ensuite.

Ça aurait bien pu être une immense déclaration d'amour si cette phrase n'était pas sortie de la bouche de Blaise avec tant d'indifférence. Non... ce n'était pas de l'indifférence, c'était comme s'il souhaitait le bonjour à quelqu'un, sans fioritures, sans romantisme, sans besoin de plaire.

Pourtant, Hadès crut qu'elle allait pleurer. De joie bien sûr, mais elle se demandait encore si c'était de l'amour ou du soulagement de savoir que son mariage prochain était encore d'actualité. Elle avait pensé envoyer un hibou à ses parents, mais en se souvenant des mises en gardes de sa mère, elle se ravisa presque aussitôt à cette idée. Puis... elle aurait été tellement ridicule de s'extasier ainsi pour quelque chose qu'elle était censée réussir, pour une fois...

- Si ça peut te consoler, je pense vraiment que je me suis attaché à toi et ta présence. Tu m'es facile et je pense que tu feras une bonne femme.

Etait-ce romantique ? Bien sûr que non, mais plus rien n'importait Hadès. Elle n'avait jamais connu meilleure appréciation, même de la part de ses parents ou même de son frère. Elle sentit ses yeux s'humidifier, malgré tous les efforts du monde. C'était tellement triste pourtant elle était étrangère au pitoyable de la situation. Si Blaise était l'homme le plus doux pour elle, c'était qu'elle avait un entourage que peu recommandable... mais ça, elle n'en savait rien. La pauvre se contentait de ce qu'elle avait, ce qu'elle trouvait déjà bien mieux que ce qu'elle méritait... sûrement...

- Tu devrais reprendre ta lecture. finit-il par dire, en fouillant dans son sac. Moi aussi, j'ai besoin de calme pour travailler ma métamorphose.

Il y délogea un épais grimoire et oublia très vite la présence de Hadès. Mais qu'importe ! C'était une merveilleuse journée, malgré les nuages gris qui s'approchaient dangereusement.

Un peu plus tard dans la journée, Hadès se retrouva seule dans la salle commune des Serpentards. Le vent et la pluie avaient couvert le parc du Château, même si des profondeurs du lac dont le cachot avait une vue imprenable, on ne discernait rien. Blaise l'avait abandonné lorsque Pansy l'intima de l'aider pour son devoir de sortilège. Hadès n'en voulait pas à cette seule amie qu'elle avait, tout simplement parce qu'elle n'avait pas le cran d'être en colère, même si écourter cette journée en tête à tête avec Blaise ne l'enchantait pas.

Du coup, elle était là, seule, fixant un point dans le vide. Elle avait toujours son livre de toute à l'heure dans les mains, mais elle n'arrivait décidément plus à s'y replonger. Elle se sentait seule, mais surtout, elle avait peur. Etre seule c'était être à découvert, à la merci de celui qui lui voulait du tort. Elle avait choisi sa salle commune pour s'y terrer, où le champs des possibles était potentiellement réduit du fait que seuls les Serpentards parcouraient les lieux. Mais cela n'empêchait en rien la boule qu'elle avait au fond de la gorge de s'épanouir de ses peurs, de sa lâcheté.

- Je pensais être tranquille ici, à cette heure.

Elle sursauta, facilement perturbée par la moindre petite surprise. Elle en fit tomber son livre entre ses pieds. Elle se précipita donc pour le ramasser, mais elle n'alla pas assez vite. La personne qui s'était présenté s'était installé près d'elle. Elle leva enfin son regard et croisa celui de Théodore Nott. Il lui souriait, ce qui était étrange, mais tellement discret que peu l'aurait remarqué.

- Tu vas bien, Hadès ?

L'intéressée fronça les sourcils. On pouvait noter la ressemblance avec Drago à ce moment précis. Elle avait la même expression sur les mêmes traits fins du visage, celle de la méfiance. Drago ne s'était toujours fié qu'à lui-même. Il n'avait cessé de répéter à sa petite sœur que personne n'avait réellement d'amis, du moins pas les personnes dotés d'un peu de jugeote. Si la jeune Malefoy avait un mal fou à ne pas accepter de se lier aux autres lui se montrant amical au point de montrer bien plus de loyauté qu'elle n'en recevait en retour, elle avait fini par faire entrer les conseils de son ainé dans son crâne.

Si Théodore n'avait pas eu tout faux sur les intentions de Blaise et Pansy et s'il ne l'avait pas inquiéter pour rien vis-à-vis de sa condition de fille de mangemorts en perdition, elle aurait sûrement accueilli son sourire avec davantage de joie. Mais il en était autrement. Elle ne voulait pas lui parler, parce qu'il avait tort, comme Mary avait tort, comme Bellatrix avait tort !

- Je vois... finit-il par dire en voyant le regard peu accueillant de la petite poupée blonde.

- Si... si tu es là pour me-me dire des ineptie su-sur mes amis... t-tu peux aller te faire...

- Oui, oui, j'ai compris l'idée ! Je sais aussi ce que Zabini et Parkinson t'ont dit sur moi.

- Et ils ont raisons. Tu es un traitre à ton sang. lâcha-t-elle, essayant de montrer le plus de confiance dans sa voix.

Ce qui était difficile en sachant qu'elles étaient ses propres pensées. Elle-même était un peu une traitre à son sang, lorsqu'elle pensait au Seigneur des Ténèbres et aux temps qui couraient.... Mais elle préférait pointer quelqu'un d'autre du doigt plutôt que de s'enfoncer elle-même dans la mélasse. Elle avait déjà assez de problèmes pour ça.

- Hum... Penses ce que tu veux. Si je me contrefous des intentions du Seigneur des Ténèbres, ça me regarde. Je ne vais pas au point de me lier à des moldus ou nés-moldus. Je ne suis un pas Weasley.

Les Weasley... si les parents de Hadès lui avait inculqué un respect profond pour les sang-purs, il n'en était pas de mise pour cette famille de rouquins. Hadès les avaient donc bien évités, comme elle préférait faire. Ce qui n'était pas franchement le cas de son ainé. Drago avait toujours pris un malin plaisir à rabaisser le dernier garçon de la fratrie juste pour prouver sa supériorité et suivre les idéaux de leurs parents. Quand elle y repensait, elle ne pouvait s'empêcher de sourire intérieurement ( ne voulant pas induire Théodore en erreur sur les sentiments qu'il lui inspirait aujourd'hui ). Certes, se moquer de Ronald Weasley n'avait rien de glorieux vu qu'il ne répondait ou n'avait jamais été très doué pour le faire. Drago était un fin dialoguiste, possédant sans nulles doutes les prémices des qualités d'un parfait politicien comme leur père. « Weasmoche » n'avait jamais eu aucune chance face à son grand frère. Il était le meilleur, il avait toujours été le meilleur pour elle.

- Et je pense réellement avoir raison sur Zabini et Parkinson, autant que je suis sûre que tu n'es pas une réplique de Drago.

- Bien sûr que je ne suis pas une ré-réplique de Drago ! Il est... Il est... !

Elle prit une profonde respiration pour calmer ses ardeurs. Elle sentait ses yeux la picoter. Tout ce qu'elle avait réussi à refreiner en compagnie de Blaise était à eux doigt de lui échapper devant Nott. Une chose qu'elle se refusait encore plus, ce n'était pas une question d'affection, mais une question de fierté, la fierté Malefoy qui coulait, malgré ses écarts, dans ses veines.

- Il est bien meilleur que ce que je n'ai jamais été... finit-elle par lâcher.

Le Serpentard la fixait étrangement, un mélange de pitié et de compassion qu'elle détestait voir dans les yeux d'autrui. C'était souvent ainsi que la fixant sa propre mère, toujours peinée de voir sa fille jamais à la hauteur tout en l'aimant de tout son cœur. Si elle acceptait tant bien que mal ce regard dans les yeux de sa génitrice, noter cette lueur dans les yeux de Nott semblait vouloir la mettre hors d'elle. Ce qu'elle ne fit pas bien sûr... Pas seulement pour éviter de pleurer, mais tout simplement parce qu'elle n'avait jamais été capable de se mettre en colère de toute sa vie. Elle s'était toujours imaginé s'énervant, perdant son sang-froid, mais au lieu d'inspirer la peur, elle inspirerait d'autant plus la pitié en la voyant peiner à aligner les mots, en butant dessus tout en devenant rouge pivoine. Non... trop pour elle, elle ne pourrait supporter de vivre ça réellement.

- Excuses moi. Non, je voulais dire par là... Je pense que tu...

Soudain, ils entendirent le tableau d'entrée pivoter dans des éclats de voix. Sans se prier, Théodore se leva et rejoignit son dortoir, sans un regard, ses cheveux ébènes lui tombant de nouveau sur les yeux. Hadès le suivit du regard, hébétée. Si elle n'était pas curieuse de nature, elle se surprit à la frustration de passer d'un état d'irritation particulièrement bien caché à un sentiment d'incompréhension. De quoi voulait-il lui parler ? En quoi était-ce honteux au point de fuir à l'arrivée de nouveaux Serpentards. Hadès n'était pas idiote, elle avait une petite idée là-dessus, mais c'était si horrible pour elle qu'elle préférait le nier.

- Laisses nous le divan, Malefoy !

Hadès quitta ses pensées, sursautant légèrement en découvrant Crabbe et Goyle, la fixant, menaçants. Elle n'avait pas peur d'eux. Hadès n'était pas courageuse, mais elle avait assez d'estime pour ne pas se laisser impressionner par ces deux idiots.

- Un jour, ma famille redorera son blason et je peux vous jurer que Drago vous fera payer, à vous et à votre irrespect !

Elle se leva, le nez au plus haut qu'elle pouvait le monter, lui donnant un léger air hautain, presque à la hauteur de son grand frère. Elle disparut derrière la porte des dortoirs des filles, regrettant à la seconde d'y être pénétrer dans le feu de l'action, sans rien à y faire là-bas. Elle était si pitoyable... même dans un élan « malefoynesque », elle pouvait se rendre ridicule. Elle préféra donc aller se cacher derrière les rideaux de son lit, avec en tête qu'il était hors de question de repasser devant Crabbe et Goyle jusqu'à l'heure du dîner...

Un dîner qui se passa très bien d'ailleurs. Hadès avait même rit lorsque Pansy fit une imitation très caricaturale du Professeur McGonagall et d'autant plus lorsque Blaise lui affirma qu'elle avait l'air idiote ( même si le but de son intervention n'avait jamais été pour l'humour ). Même le regard insistant de Nott n'allait rien changer au fait qu'elle se sentait bien avec les deux étudiants de septième année. Ils repartirent en direction des cachots, ensemble, jusqu'à ce que Hadès remarque quelque chose à quelques mètres de la salle commune.

- Mince, j'ai oublié ma veste à la Grande Salle ! s'exclama-t-elle de sa petite voix peu portante.

- Attend, je vais lancer un Accio. dit Blaise en sortant sa baguette.

- Non, non, ne t'inquiètes pas ! J'y vais. Je vous retrouve tout de suite après !

Puis, elle rebroussa chemin au pas de course. Ses longs cheveux raides dansaient derrière elle sans la moindre mèche de travers. Elle semblait apaisée, mais ce n'était pas le cas. L'idée de partir seule ne l'enchantait pas, mais lorsque Blaise lui proposa de faire voler sa veste jusqu'ici, elle s'était mise à angoisser en imaginant ses affaires circuler entre les élèves. C'était pour elle comme une façon de se mettre en avant, ce qui avait le don de l'inquiéter. Elle détestait réellement être au centre de l'attention. Un sentiment qu'elle avait toujours chercher à cacher et à refouler en voyant comment Drago était à l'aise avec son rang, sa supériorité... Elle aurait tant voulu être comme lui. Elle aurait tant voulu être sa copie conforme comme disait Théodore. Elle aurait tant voulu qu'il lui dise qu'elle était réellement digne d'être la petite sœur du Prince des Serpentards.

Lorsqu'elle saisit sa veste en petite laine, elle se sentit oppressée par le silence et la solitude dont elle était victime. Tous les élèves avaient déjà rejoint leurs salle communes et les professeurs leurs quartiers, laissant la Grande Salle plus vide que jamais. Elle ne lui avait jamais semblé aussi grande que lorsqu'elle était ainsi vide. Le plafond lui-même ne montrait qu'une immensité du ciel qui lui donnait des vertiges.

Serrant sa veste contre elle, le pas méfiant, Hadès sursautait au moindre bruit, alors qu'elle traversait le lieu de réception jusqu'au Hall du Château. Son cœur battait à tout rompre et la honte lui montait aux joues. Le couvre-feu n'était pas encore tombé qu'elle avait l'impression de ne pas avoir le droit d'être là. Ce n'était pas dans ses habitudes de vagabonder ainsi dans l'école plongé dans l'obscurité à peine combattue par quelques lanternes s'allumant à son passage.

Elle allait descendre les escaliers accédant aux cachots quand une voix s'éleva derrière elle, la figeant sur place :

- Qu'est-ce que tu fais toute seule dans le Château, Malefoy ?

Hadès déglutit. Il était beaucoup trop rare que cette personne lui adresse la parole. La sorcière avait appris à ses dépens que ce n'était jamais bon signe. Doucement, serrant d'autant plus sa veste contre elle, elle se retourna vers lui.

Deux garçons et une fille se tenaient les bras croisés ou les mains à la taille, s'imposant devant la petite demoiselle à la peau de porcelaine.

- Ce n'est pas poli de ne pas répondre quand on te pose une question tu sais ! lâcha l'autre garçon, semblant un poil plus âgé que les deux autres et donc qu'Hadès.

- Je... désolé... je... bonne soirée...

- Pas si vite ! lui ordonna la fille en voyant que sa future victime était sur le point de partir.

Une nouvelle fois, Hadès lâcha la rampe d'escalier. Ce qu'elle avait toujours craint était sur le point de se produire et Blaise n'était pas là pour la protéger. Drago lui avait demandé de le faire, mais sa sœur était sans défenses... La révolte des Gryffondors était en marche et elle commencerait par elle, la fille faible de mangemorts.

Hadès connaissait assez bien les deux Gryffondors de son âge qui la fixaient avec dureté. Le garçon s'appelait Hector Sagitarius et la fille s'appelait Bertie Ziglorius, tous deux étant des amis de Peter Fergussen, qui ne semblait pas être de la partie. Hector fronçait ses épais sourcils brun chocolat, alors que la jeune métisse à côté de lui avait un rictus froid sur les lèvres. Quant au plus âgé, Hadès ne se rappelait plus de son nom, mise à part qu'il était en sixième année. Celui-ci passa sa main dans ses cheveux doré et ses yeux noisette la fusillait du regard.

Il n'y avait plus de doutes à avoir. Elle allait passer un sale quart d'heure... Sachant cela, elle sentit ses membres trembler et ses jambes sur le point de lâcher prise. Drago était un duelliste accompli, mais Hadès n'avait jamais valorisé la violence des sorts, plus douée dans la manipulation. Elle savait faire apparaître des fleurs, mais n'avait jamais été très à l'aise pour lancer des Experliarmus. Malgré tout, dans un élan de désespoir, elle essaya de saisir sa baguette dans la ceinture de sa jupe. Ce qui ne passa pas inaperçu :

- Levicorpus ! lâcha Bertie avec un réflexe parfait.

Ses pieds basculant sur le côté, Hadès en fit tomber sa baguette tout en sentant son crâne frapper contre le sol de pierre. Sa vue se troubla un instant alors qu'elle flottait dans les airs, comme Peter en cours de Défenses contre les forces du mal... La douleur l'avait sonné et en amenant sa main à son arcade, elle en tâcha ses doigts d'un liquide pourpre et poisseux. Hadès ne se formalisa pas. Ce n'était rien... du moins, elle imaginait que ce n'était rien en comparaison avec ce que le groupe allait lui faire.

- Tu allais nous attaquer, Malefoy. Tu sais que ce n'est pas très gentil ça ? Tes parents ne t'ont pas appris à ne pas lancer des sorts à des innocents ?

Le plus âgé s'avançait vers elle, un sourire sadique étiré sur ses lèvres. Hadès cligna des yeux sentant son cerveau se réveiller du choc peu à peu.

- Ah pardonne moi. Tes parents sont des monstres, ils t'ont sûrement appris à faire le mal, rien d'autre.

- Ils m'ont appris à reconnaître les êtres inférieurs quand j'en vois un. lâcha-t-elle avec défi.

Un air de défi ? Surprenant n'est-ce pas de la part de notre héroïne ? Sauf que ça ne l'était pas tant que ça. La tristesse et la fierté ne faisaient pas bon ménage chez la Malefoy. Perdue entre son caractère très sensible et ses valeurs, elle lâcha cette réplique, les larmes s'échappant de ses paupières pour aller se loger dans la racine de ses cheveux, tout comme le sang de son arcade teintant sa chevelure platine de rouge.

Hadès savait qu'elle ne faisait la fierté d'aucun de ses deux parents, mais ça ne l'empêchait pas de les aimer. Elle aimait sa mère, sa classe et sa bienveillance froide. Elle aimait son père, sa grandeur et sa distante protection. Et elle aimait son frère encore plus que tout... Elle aimait sa famille, elle aimait son histoire, sa vie avant tout ça... Le monde, son monde se portait mieux lorsque Celui-Dont-On-Ne-Doit-Pas-Prononcer-Le-Nom était encore disparu...

Comment osait-il parler de ses géniteurs de cette façon ?! Comment osait-il lui qui ne la connaissait pas, lui qui ne savait rien de sa vie et de sa famille ?! C'était lui le monstre d'ainsi punir une sorcière qui ne faisait que souffrir de cette nouvelle ère de peur qui s'abattait sur Poudlard et le monde sorcier. Hadès n'avait jamais voulu de tout ça ! Hadès voulait juste continuer à suivre l'ombre de son grand frère, main dans la main avec son futur mari.

Le visage du sorcier se tordait de colère, une rage folle loin de toute raison. Un regard qui fit peur à la blonde, ravalant son élan de courage aussi vite qu'il était apparu. Elle laissa même un couinement lui échapper lorsqu'elle vit le pied du garçon foncer sur elle lui écrasant ensuite la poitrine. Ses yeux pleurèrent d'autant plus lorsque sa respiration se coupa et sentit la douleur de la chaussure contre sa peau fragile. Il avait frappé de toute sa rage, traduisant une haine qui allait au-delà de celle envers Hadès Malefoy. Comme elle le pensait, elle devenait le souffre-douleur de la résistance, de la révolte...

- La ferme sale mangemort ! Reste à ta place ! Quand on engendre des gens comme toi et ton enfoiré de frère, on ne peut qu'être des monstres !

Hadès reprit enfin sa respiration, toussant ses poumons pour récupérer l'oxygène perdu. Au même moment, le sorcier lui saisit la mâchoire, lui tordant le visage pour pouvoir la fixer dans les yeux. Il serrait si fort que Hadès crut qu'il allait lui casser les os.

- A cause de Malefoy, j'ai passé des années dans la peur de sa persécution et aujourd'hui, à cause de parents comme les tiens, mon père est traité en paria pour avoir épousé une moldue ! Ma mère est une femme bien, un être humain ! Vous êtes des monstres car les monstres engendrent des monstres !

- C'est à cause des Mangemorts que Peter a été maltraité ! Il ne dit plus un mot depuis que Carrow l'a envoyé aux cachots ! hoqueta Bertie, les larmes au bord des yeux.

Hector la serra contre lui pour la réconforter. Hadès voulait quelqu'un pour la réconforter de ses maux, pour la sauver de ce mauvais pas... Le couvre-feu approchant n'avait plus rien d'angoissant. Cette situation l'était, horrible à souhait.

Malgré tout, elle commençait à comprendre la colère du Gryffondor. Mais était-ce une raison pour la maltraité elle ? N'était-ce pas de la lâcheté de ne pas s'attaquer au véritable problème ? En quoi était-ce Gryffondor ? Rien... car elle n'était responsable de rien de tout ce qu'ils disaient. Ce n'était pas de sa faute si Peter était meurtri. Ce n'était pas de sa faute si la vie du Gryffondor était un enfer... Elle en avait bien assez du sien.

N'était-ce pas mieux qu'ils en finissent avec elle maintenant ? Ne serait-elle pas soulagée de tous ses maux ? Sûrement... mais elle avait bien trop peur de mourir. Elle se contenta de sangloter et de trembler de peur :

- Je... je n'ai rien voulu... de tout ça...

- MENTEUSE ! hurla Hector, levant sa baguette haut vers les cieux.

Quand soudain...

- Experliarmus !

La baguette de Sagitarius s'échappa de sa main pour voler derrière lui. Quant au Gryffondor, il fut expulsé assez loin de Hadès pour la lâcher, par un sort de Repulso. Hadès n'arrivait pas à voir l'assaillant, sa tête lui semblant trop lourde. Elle ne vit que Bertie foncer vers lui, mais fut tout de suite pétrifiée par un Petrificus Totalus. Après un moment d'hébétement, elle comprit qu'on était venu pour la sauver, pour la protéger elle et elle seule... Elle imagina Blaise en digne héros, en digne fiancé, la sauver des griffes des Gryffondors à la folie vengeresse. Peut-être l'avait-il fait par amour ou par devoir, mais qu'importe, comme plus tôt dans la journée, elle s'en contenterait. Elle serait heureuse comme elle connaissait le bonheur, une définition très minime pour la pauvre petite poupée.

Contrairement à ses attentes, ce fut à une voix féminine de s'élever avec autorité :

- Mais vous êtes tous devenus dingue ou quoi ?!

Hadès pensa à Pansy, sauf que la voix ne correspondait pas. La Malefoy commença à se poser des questions. Qu'est-ce qui se passait au juste ? Elle se tordit le cou pour enfin voir ce qui se passait, ce fut là qu'elle le vit.

La baguette à la main, le visage crispé du duelliste, le jeune homme avait les sourcils froncé, non pas de colère, mais d'un détermination rare. Le visage légèrement rond, les cheveux bruns et courts, il arborait un cardigan à motifs sur une chemise. Hadès Malefoy n'avait encore jamais vu Neville Londubat dans cet état.

Derrière lui, une fille à la chevelure flamboyante s'avança d'un pas ferme vers les Gryffondors. Ginevra Weasley avait l'air très en colère, elle.

- Vous aviez dit que la révolte était en marche ! répondit Sagitarius qui serrait la pauvre Bertie dans ses bras.

- Vous n'avez absolument rien compris au but du projet, sérieux !

- Calme toi, Ginny. Réglons ça à la salle commune. Un communiqué sera sûrement de rigueur. dit alors Londubat d'un ton formel.

Étonnement, la rouquine se calma aussi sec, hochant de la tête. Elle prit ensuite le soin de tirer les oreilles de ses camarades et de les pousser vers les escaliers menant au septième étage.

- Tu n'as pas à m'ordonner quoique ce soit ! s'énerva le Gryffondor de sixième année.

- Tu devrais la boucler après ça, Julius ! On va sûrement être tous dans la merde avec tes conneries !

Le prénommé Julius voulut répliquer, mais en notant l'expression de la Weasley, ne fut pas capable de répondre. Hadès comprit maintenant la facilité de son frère pour avoir rendu la vie impossible à ce garçon s'il était aussi docile en fin de compte.

La Malefoy mit fin à ses pensées et se crispa lorsque le Londubat s'approcha. Si Julius avait eu la vie dure, ce n'était rien comparé à ce Gryffondor-là. Hadès le savait bien parce qu'il était le souffre-douleur préféré de ses amis actuels et de son grand frère. Lui, il avait bien plus que de raisons pour détester et tabasser la petite sœur de son bourreau.

Lorsqu'il pointa sa baguette vers elle, elle ferma les yeux par réflexe. Elle se préparait à en prendre pour un grade, sauf qu'il n'en fit rien. Elle poussa une exclamation lorsqu'elle sentit le lien magique qui retenait ses pieds en l'air lâcher. Elle retomba alors dans les bras du Gryffondor de septième année. Celui-ci avait une expression dure dans le regard, un sérieux qui déstabiliserait n'importe qui, sûrement ceux qui avaient déjà vu le Gryffondor à l'œuvre.

Londubat était un empoté, un sorcier avec le talent magique d'un cracmol disait son frère. Sauf qu'Hadès ne voyait pas du tout ça lorsqu'elle fixait la lueur de son regard. Qu'allait-il faire d'elle ? Pour la première fois de sa vie, elle avait peur de Neville Londubat.

- Ça va aller, Neville ? demanda Weasley.

- Emmènes les à la salle commune, je vous rejoins.

Elle finit par disparaître, les trois Gryffondors avec elle, laissant la Malefoy et le Londubat seuls entre deux escaliers. Le silence se faisait pesant pour Hadès, n'osant bouger d'un poil. Quand soudain, Neville l'aida à s'asseoir en tailleur sur le sol, la lâchant un peu trop vite comme si ça le gênait de le faire plus longtemps. Puis, Hadès fut choqué de le voir lui afficher un sourire bienveillant, faisant disparaître cette sûreté de soi si intimidante d'il y a quelques secondes.

- Tu vas bien ?

Hadès fut si surprise qu'elle hoqueta avant de pouvoir dire quoique ce soit.

- Je... je ne sais pas trop...

- Tu as l'air blessée... Tu veux que je t'emmène à l'infirmerie ?

Ainsi assis sur ses genoux, il ressemblait bien plus au faible Londubat que lui décrivait Drago.

- Non... je ne veux pas aller à l'infirmerie...

- Comme tu voudras.

Il jeta un coup d'œil à sa montre pour de nouveau lever son regard vers elle :

- Alors, je t'emmène à t salle commune avant que le couvre-feu ne tombe. Ça ne va pas tarder.

- Je... Attend, attend !

- Qu'est-ce qu'il y a ?

- Comment ça qu'est-ce qu'il y a ?! Ce n'est pas normal !

Elle ne savait si c'était son coup à la tête, mais elle n'avait jamais été aussi enclin à dire ce qu'elle pensait. Ou était-ce cette aura qui émanait du garçon qui la poussait à avoir confiance en lui, du moins à ne pas penser qu'il était dangereux...

- Oui, je comprends. Je m'excuse pour mes camarades. Ce n'est absolument pas normal ce qui t'est arrivé ce soir...

- Je... hein ? Non ! C'est pas ça. Je me doutais bien que ça finirait par arriver. Je parle de toi.

- De-de moi ?

Hadès fut surprise de déceler la rougeur qui apparaissait sur les joues de Neville. Il... il était gêné ?

- Écoute... Je sais pourquoi j'ai été malmenée ce soir, ce que je comprends moins c'est ta gentillesse... Je... je suis la sœur de Drago après tout.

Le sérieux revint sur le visage du Londubat, ce qui intimida aussi sec Hadès, en voyant le rouge de ses joues disparaître aussi vite qu'il était apparu.

- Je ne suis pas idiot. Malefoy est Malefoy, et toi... tu n'es pas lui. Enfin... voilà quoi.

Il se leva, le sourire toujours pas revenu à ses lèvres. Ce fut alors qu'Hadès pensait qu'il la laisserait ainsi qu'il lui tendit la main :

- Allons-y, d'accord ?

Hadès fixa la main un instant, choquée, mais finit par la saisir et se surprendre par la facilité qu'il avait eu à la hisser sur ses jambes. Elle vacilla en portant sa main à son crâne, dans un vertige. Dans la seconde, Londubat la serra contre lui pour éviter qu'elle ne tombe. Elle le dévisagea, ce qu'il prit sûrement pour une menace car il s'écarta aussi vite, les joues de nouveau rosies. Sauf que ce n'était pas ce qu'il croyait. Peut-être l'avait-il cru en reconnaissant la froideur de Drago ? Mais ce n'était pas de la froideur qui émanait du regard de la Malefoy... Elle ne savait pas réellement ce que c'était, juste qu'elle était perturbée. Elle attrapa sa veste et sa baguette, et le suivit.

Alors c'était ça, la gentillesse ? La véritable gentillesse ? La véritable douceur ? Alors qu'elle le suivit dans la descente des escaliers, elle pensa à Blaise, à Pansy, à tous ceux qu'elle considérait comme proches, sa famille entre autres. Aucun ne s'était montré aussi attentionné avec elle que ce Gryffondor. Ce n'était pas normal... Personne n'étaient comme ça sans arrières pensées. Oui, c'était ça. Il ne voulait pas qu'Hadès ne parle de ce qui s'était passé à qui que ce soit. Il ne voulait pas risquer d'attirer la colère des Carrow ou de Rogue sur les Gryffondors, sur ses camarades et amis.

Elle croisa les bras, comprenant mieux. Son père lui disait que personne n'était gentil pour le plaisir de l'être, que ce n'était pas dans la nature humaine. Si ça datait de son enfance, c'était assez encré dans son esprit pour suivre ce conseil encore aujourd'hui, alors que ça faisait des années que Lucius ne lui parlait plus.

Elle accéléra le pas pour le dépasser, puis elle se retourna, les sourcils froncés :

- Tu peux t'en aller. Je ne dirais rien sur ce qui s'est passé. Si tes petits copains veulent bien taire cette histoire, je le ferais aussi de même, OK ?

Ce fut au tour du Londubat de froncé les sourcils, mais plus soucieux que sûr de lui.

- Comme tu veux, mais je ne vois pas le rapport. Ça ne m'empêchera pas de t'accompagner.

- Je t'ai dit que ce n'était pas la peine, Londubat !

Il eut un mouvement de recul. La voix d'Hadès avait pris la dureté de celle de son frère, avec la même expression menaçante. Mais à peine avait-elle dit cela qu'elle reprit une expression plus douce, accentuant la tristesse de ses traits marqués par les larmes. Neville s'avança alors vers elle, posant sa main sur son épaule.

- Je ne sais pas à quoi tu penses, mais je ne te veux aucun mal.

Hadès se défit de lui, dans un accès de panique, qu'il dut prendre pour du dégout vu la tête qu'il affichait. Naturellement, elle s'en voulut d'avoir fait penser à son frère, mais très vite, l'idée qu'on puisse reconnaître Drago dans ses gestes la combla de bonheur. Alors, ce fut malgré son visage devenu rouge pivoine qu'elle lui dit :

- Je ne te fais pas confiance ! Je ne fais confiance à aucun Gryffondor et surtout aux-aux... aux traites à leur s-sang ! cafouilla-t-elle sur cette appellation.

Elle se précipita de rejoindre les couloirs lugubres des cachots habitables, pressée d'aller s'enfermer dans sa salle commune. Plusieurs fois, elle jeta un coup d'œil derrière elle pour s'assurer qu'il ne la suivait pas, ce qui n'était pas le cas. Il n'avait pas insisté. Elle lui avait dit qu'elle n'avait pas besoin de lui et il l'avait laissé partir, comme ça... Elle se surprit à être déçue, ne sachant si c'était de la gentillesse ou un total désintérêt. C'était sûrement le dernier cas, après tout, pourquoi s'inquièterait-il pour elle ? Il n'y avait rien de logique vu que personne ne s'était jamais inquiéter pour elle. La vie n'était pas faite de gentils, elle devait s'y faire. Londubat mentait. Londubat trompait. Il était comme les autres, en plus d'être un sale Gryffondor, pensa-t-elle en prononçant le mot de passe du tableau.

Mais lorsqu'elle passa le passage secret, elle referma derrière elle pour se coller contre la paroi. Sa respiration était haletante et son poux à mille à l'heure. Elle rougissait à vue d'œil se sentant devenir brûlante. Était-elle malade ? Que lui arrivait-il ? Que se passait-il dans son petit corps pour réagir ainsi ? Une réaction aux blessures ? Non, dans sa tête aussi ses pensées filaient à toute allure. Plus elle se disait que Neville Londubat n'était qu'un idiot qui la prenait pour une cruche, plus elle le revoyait avec son air grave et sa baguette à la main, près à la sortir d'un mauvais pas.

Elle déglutit. Pourquoi n'avait-il pas été Blaise ? C'était lui qui aurait dû la protéger. Il l'avait promis et leurs fiançailles auraient dû le pousser à s'inquiéter pour elle. Comme pour répondre à ses interrogations, elle s'avança dans la pièce. Elle bloqua ainsi en voyant qu'il n'y avait personne. Ni Blaise, ni même Pansy ne l'attendait, inquiets de ne pas la voir revenir... L'image de Neville lui revint en mémoire. Non ! Elle secoua la tête et se précipita dans son dortoir où elle se cacha derrière les rideaux de son lit baldaquin.

Allongée dans ses draps, la douleur de ses blessures la lançait, particulièrement dans ses côtes. Devrait-elle aller à l'infirmerie le lendemain ? Non, impossible. Elle avait promis à Neville de tenir sa langue. « Tu ne lui dois rien. » lui dirait son frère. Bien sûr qu'elle ne lui devait rien... mise à part qu'il l'avait extirpé des griffes de ses tortionnaires. Elle se retourna dans la douleur, cherchant à trouver le sommeil... Ce qui n'était pas gagné d'avance... A chaque fois qu'elle s'endormait, elle entendait les cloches et les carillons tonnaient dans sa tête. Devenait-elle folle... ?




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