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 Azkaban Break

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MessageSujet: Azkaban Break   Sam 14 Mar 2015 - 19:08


Azkaban Break
AVEC : le bon docteur Magnus Magouille & Myosotis Grandiflore
PRIVÉ / PUBLIC : privé
DATE : Dimanche 24 janvier


Magnus Magouille avait toujours eu une idée plutôt concrète de sa propre mort : selon ses calculs, il aurait du s'éteindre à plus de cent ans, auréolé de gloire et de gallions, dans un grand lit bordé de soie rouge, un cigare aux lèvres, et deux belles jeunes femmes à chacun de ses bras.

Mais, aujourd'hui, il était contrit. Le jour de ses cent ans était encore loin. Il était tellement vilipendé par la presse sorcière qu'il ne savait pas comment il allait laver son nom. La seule femelle qu'il avait réellement désirée lui avait filé entre les doigts. Et, en guise de lit, il n'avait qu'un autel de pierre glacé, sur lequel il était allongé.

La sobriété des lieux engageait à la réflexion ; et, depuis deux jours, l'escroc n'avait cessé de penser à son passé avec mélancolie.

Il se rappelait ses débuts minables dans un orphelinat pour enfants non-désirés; les coups de fouet quotidiens de la  directrice; et la mort-aux-doxys savamment dosée que la cuisinière distillait dans les bols de gruau, pour réduire à moindre frais le nombre de pensionnaires.

Il revivait les longues journées venteuses à espérer que quelqu'un daigne le tirer de là. En vain. Il avait vite compris que personne hormis lui-même ne serait jamais fier de lui.

Il revoyait encore les couloirs de pierre de Poudlard. Dans ses souvenirs, la solitude ressentie pendant les vacances d'hiver était encore palpable. Les réprimandes des autres Serpentards, qui le trouvaient trop étrange à leur goût, sonnaient encore à ses oreilles. Heureusement, il y avait eu de bons moments, comme ses premiers émois, quand il avait enfin compris qu'on pouvait mêler amour et argent.

L'horizon s'était éclairci, en foulant le sol de l'université.... et l'opulente poitrine de miss Betty Betadine, la professeur de Médicomagie avec laquelle il avait pris des cours très particuliers... La malheureuse reposait encore au fond de la rivière de la WoW.

Mais tout ceci n'était rien en comparaison à la joie qu'il avait ressentie à l'enterrement du Doyen Peabody, et tout particulièrement à la fête dantesque qui avait suivi, pour marquer son investiture à ce poste.

Poste qu'il ne retrouverait jamais.

-Monsieur Magnus Maximus Magouille... fit une voix solennelle.

Le moustachu leva les yeux vers un vieillard en toge, qui le fixait avec mépris et sévérité depuis une chaire de pierres noires.

-Avez-vous quelque chose à dire pour soulager votre conscience ?

Malgré les lourdes chaînes qui l'entravaient, Magouille soutint le regard du sorcier :

-Je ne regrette absolument rien, trancha-t-il, les dents serrées.

Un brouhaha scandalisé s'éleva des tribunes bondées, derrière la chaire. Tous les aurors du pays semblaient avoir fait le déplacement pour assister au spectacle de sa déchéance. Mais ils n'étaient pas les seuls : ça et là, Magnus apercevait le visage ravi de professeurs récemment congédiés, d'hommes d'affaire chinois ruinés, de filles de joie revanchardes et d'ennemis de longue date aux teints basanés.

Tous étaient venus pour se délecter de sa mort imminente.

Le vieil homme imposa le silence, et se tourna vers lui :

-Soit. S'il en est ainsi.

Il fit un signe lent et résigné de la main, et aussitôt, une porte se mit en branle derrière le prisonnier. Toutes les personnes présentes retirent leur souffle, alors que les lourds pans de la porte s'écartaient lentement. Un froid glacial s'engouffra entre les murs de la vaste pièce, et un râle se fit entendre, tellement rauque et inhumain qu'il donna la chair de poule à l'ex-Doyen, qui n'en menait pas large.

Une ombre glissa derrière lui, et Magnus sentit son cœur se flétrir et se vider de tout espoir. Pendant de longues secondes, il resta tétanisé, le souffle court, espérant que ce malaise insoutenable ne dure pas. L'atmosphère était lourde, oppressante;  il avait l'impression que sa vue se troublait et que la pièce basculait peu à peu dans les ténèbres. Et brusquement, le détraqueur apparut, grande créature décharnée. Magouille ne songea même pas à se débattre, tant il était pétrifié à la vue de la gueule béante et difforme qui s'ouvrait à quelques centimètres à peine de son visage, prête à dévorer son âme.

-SPERO PATRONUM !

Un éclair argenté frappa de plein fouet le spectre, qui poussa un effroyable cri strident. Il fut repoussé jusque dans les tribunes, provoquant un mouvement de foule paniqué et erratique.

Sous l'effet d'un lashlabask, les chaînes de Magouille tombèrent au bas de l'autel qui lui servait de couche. L'escroc se redressa, et se tourna vers son bienfaiteur :

-Myosotis ?!

La jeune femme, superbe, était moulée dans une tenue sombre qui sublimait ses formes généreuses. Mais même son bonnet noir ne pouvait camoufler totalement son épaisse crinière verte.
Le moustachu esquissa un mouvement vers elle, bras tendus, mais la dryade calma ses ardeurs :

-On a pas le temps pour ça !

Elle lui flanqua d'autorité une baguette dans les mains, et Magouille fut surpris de constater qu'il s'agissait de la sienne.

-Mais comment ?

-Je l'ai trouvée dans ton bur...

Un confringo lui frôla l'oreille, et l'étudiante glapit de peur. Magnus dressa un bouclier lumineux, entre eux et leurs assaillants. Il recula doucement, vers la porte restée ouverte :

-Comment es-tu parvenue à pénétrer Azkaban ?! SECTUSEMPRA !

Un des aurors à leur poursuite tomba à terre en hurlant de douleur, la main sur son œil ensanglanté.

Myo se mordit la lèvre, sa baguette à la main:

-C'est grâce à Ezzechiel, il sait ouvrir des portails interdimensionnels ! C'est notre seul moyen de repli, on a de la chance de l'avoir avec nous ! N'est-pas Ezzech...

Elle se retourna, et ouvrit des yeux paniqués :

-Ezzy ?!

Mais il n'y avait personne derrière elle.




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Myosotis Grandiflore

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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Jeu 19 Mar 2015 - 14:13

Lorsqu'elle avait appris que Magnus Magouille avait été arrêté et jeté à Azkaban, Myosotis était passée par trois phases successives. Le choc. Le chagrin. Et, très vite, la colère. Une colère qui la ciblait, elle. Qui ciblait son hypocrisie, sa lâcheté et sa mauvaise foi : car elle n'avait jamais eu l'intention de repousser Magnus ! Elle tenait bien trop à lui ! Elle avait alors ressenti une profonde stupeur, assommée qu'elle était par sa propre stupidité. Elle l'avait repoussé, simulant son effroi, comme une gamine sûre d'elle voulant se faire désirer. Bordel, mais quelle conne elle avait été ! Elle n'avait pas la moindre envie de le rayer de sa vie ! Elle avait simplement voulu qu'il revienne à elle, qu'il lui montre à quel point il la désirait, qu'il lui prouve qu'il l'aimait ! Et elle avait métamorphosé ce besoin d'amour en soi-disant idéaux et en rupture grandiloquente ! Mais quel gâchis...

C'est ce gâchis qu'elle s'était fait la promesse de rattraper. Coûte que coûte.

Un éclair vif frôla sa joue, en y laissant un sillon écarlate. Myo réprima un petit cri de douleur, et accéléra le pas, autant qu'elle le pouvait. Le coût allait peut-être se révéler plus élevé qu'elle ne l'avait prévu.

- Oh bordel oh bordel oh bordel...

Elle courait plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait, ses pas résonnant sur le sol d'un long corridor en pierres noires, dont elle ignorait où il menait. Sa main était ancrée dans celle de Magnus. Oh, Magnus ! Le pauvre avait une tête épouvantable ! Ses yeux étaient cernés, ses joues creusées, son teint plus pâle que la mort. Et il paraissait même moins grand, sans son éternel haut-de-forme...
Mais tout cela ne l'empêchait pas de tirer la française en avant, avec une force dont elle n'aurait pas été capable.

Un sortilège explosa, quelques mètres derrière eux, et le souffle les poussa brusquement en avant, sans néanmoins parvenir à freiner leur course. Leurs poursuivants, combien étaient-ils ? Impossible de le savoir, dans la pénombre de ces interminables couloirs nus et tristes. L'unique éclairage parvenait des éclats vifs des maléfices qu'ils parvenaient à éviter, parfois de justesse. En tout cas, une chose était certaine : les aurors gagnaient du terrain. Myosotis ferma les yeux et prit une longue inspiration, en maudissant intérieurement les McGuire, tous autant qu'ils étaient.

Magnus envoya un Sectumsempra en représailles à leurs adversaires, puis, sans ralentir le rythme, il articula, un sourire victorieux aux lèvres :

- Je le savais !

Myo le dévisagea :

- Tu savais quoi ? Expelliarmus !

Un cri de frustration s'éleva dans son dos. Suivi très vite par une nouvelle salve de sortilèges en tout genre. Ce qui n'eut pas l'air de perturber outre mesure le moustachu, qui érigea un bouclier, et lança d'un ton presque badin :

- Je ne savais pas que tu allais venir aujourd'hui, non... mais je savais que tu étais follement éprise de moi ! C'était d'une évidence !

Le bouclier éclata sous les attaques, et la semi-dryade se baissa pour éviter un énième incarcerem. Tout en se redressant, elle fronça ses fins sourcils verts :

- Tu veux vraiment avoir cette conversation maintenant ? fit-elle, haletante sous l'effort de devoir courir et parler à la fois.

- Mmh... certes, admit-il. Mais, dis-moi, maintenant que notre porte de sortie s'est brutalement refermée par la traîtrise de ton ''ami''... quel est donc ton plan B ?

La jeune femme grimaça, gênée.

- Heu... eh bien... on va dire que... je... n'en ai pas ?

- Bigre ! s'étonna Magnus. Tu n'as réellement prévu aucun plan B ?

La dryade se mordit la lèvres inférieure, tandis que, non loin derrière elle, des voix menaçantes les exhortaient à se rendre.

- Non, admit-elle, penaude. Protego !

Un sortilège écarlate vint s'éclater brutalement contre le bouclier que l'étudiante venait d'ériger juste à temps, comme un feu d'artifice meurtrier. La française dut tenir sa baguette à deux mains pour maintenir sa protection, et encore, elle sentit la force du maléfice peser douloureusement contre ses muscles. Finalement, les étincelles du sort rougeoyèrent une dernière fois, puis moururent, faisant revenir la semi-obscurité. Et laissant enfin la jeune femme baisser ses bras engourdis, et reprendre sa fuite.
Leurs ennemis n'étaient pas n'importe qui. C'était autre chose que les duels entre étudiants, ou les petites formules qu'elle avait appris en cours, bien au chaud sur sa chaise. Même l'affrontement violent qu'elle avait eu avec Lucrécya Rincevent-Flint quelques jours auparavant n'était que du pipi de fléreur à côté de ce dont ces mecs étaient capables. La jeune femme aux cheveux verts ne se sentait pas à la hauteur.

Heureusement pour elle, elle n'était pas seule.

- ENDOLORIS ! rugit Magnus, à ses côtés, avant de se tourner vers elle. Je ne voudrais pas avoir l'air d'insister, mais... Veux-tu dire que tu as pénétré un pénitencier de haute sécurité, grouillant de détraqueurs et d'aurors, pour la mise à mort la plus médiatique de la décennie, et ce, sans prévoir de plan B ?

- Je sais ! s'agaça la dryade, en manquant de trébucher. J'ai passé un jour et une nuit à élaborer une opération d'évasion parfaitement millimétrée, et finalement on va crever tous les deux parce que l'abruti de démonologue que j'ai soudoyé avec de l'herbe magique n'est absolument pas fiab... ATTENTION !

L'ex-doyen plissa les yeux devant le Confringo qui fonçait vers eux, puis il tira vivement Myosotis à l'abri sous un bouclier de son cru. Aussitôt, le champs de force trembla et se fissura, sous l'effet de l'impact. Magouille lança malgré tout un sourire en coin à sa compagne :

- Bonne nouvelle, ma pouliche : je n'ai guère l'intention de mourir aujourd'hui, et ce, malgré l'amateurisme de ton plan d'évasion. Avada kedavra !

Un éclair vert fusa de la baguette de l'escroc, qui fronça finalement le nez, déçu de ne pas avoir fait mouche.

- Mon plan n'a rien d'amateur ! lança Myo, un brin vexée. Au lieu de critiquer, tu devrais t'estimer heureux : je t'ai sauvé la peau !

- Et c'est bien normal, rétorqua du tac au tac le faux médicomage.

Myosotis ouvrit des yeux ronds et considéra le moustachu quelques secondes.

- Que... quoi ?!

Elle était si abasourdie qu'elle faillit se prendre un éclair incandescent en plein visage. Heureusement, Magouille la tira en avant au moment opportun, tout en disant :

- C'est à cause de toi que je suis ici. Si tu n'avais pas tergiversé, nous serions depuis longtemps en train de nous délecter de cocktails locaux à Caracas !

- Si tu m'avais expliqué pourquoi tu voulais partir si vite, je t'aurais peut-être suivie plus facilement ! répliqua sèchement la jeune femme. Spero patronum !

Elle était si agacée que son patronus, qui avait pris plus tôt la forme de son ani-plante totem, ne ressembla qu'à une vague nuée argentée ; mais cela suffit à faire détaler le détraqueur qui avait osé s'aventurer vers elle.
Magouille, quant à lui, fut pris d'un doute :

- Je ne t'ai pas fait de discours émouvant expliquant pourquoi tu étais faite pour moi et non pas pour Typhus, et te vantant les avantages d'une vie d'amour et d'exil en ma compagnie ?

- Nan.

Le moustachu hésita :

- Veux-tu que je te le fasse maintenant ?

La fille-chlorophylle lui lança un regard évocateur mais ne préféra rien répondre. Néanmoins, quelque chose en elle était rassurée de voir que Magnus était égal à lui-même : selon ce qu'on disait sur cette prison, il suffisait de quelques jours à peine pour que la seule présence des Détraqueurs n'enlève tout espoir et tout envie de vivre au plus optimiste des sorciers. Elle même le ressentait : quelque chose n'allait pas, ici. Un sentiment révoltant de mal-être et de dégoût lui serrait le cœur depuis qu'elle avait posé le pied dans cette prison. Mais pour Magnus, elle aurait affronté pire.
Sans doute allait-elle devoir le faire très vite, d'ailleurs...

Quelque chose tintinnabula dans sa poche ; machinalement, elle prit son miroir à double sens en mains et décrocha. Ce n'est qu'à ce moment précis qu'elle réalisa qu'elle venait d'être terriblement imprudente : elle s'était promis de ne plus répondre à personne, et aurait bien été en peine d'expliquer à Kimberlie ou à Titus ce qu'elle faisait, à courir dans la pénombre, visée par des maléfices d'attaque.

Le reflet se troubla : le visage mal cadré qui apparut n'était pas à l'un de ses amis, mais celui du frangin junkie de Malicia.

- Ouaiiiiiiiis maaaaan... fit-il d'une voix vaseuse.

Myo manqua de s'étrangler :

- Ezzechiel ?!

- Oh Majesté ! J't'ai cherché partout ! T'es où ?!

- Comment ça ?! C'est à moi de demander ça ! Tu devais me suivre ! Je..

Elle cria soudain, devant l'étourdissante explosion d'une boule de feu derrière elle.

- Wouah tu devineras jamais Majesté ! Chuis sur le toit d'Azkaban, maaaan ! De là j'ai une vue trop zioooon ! Y'a de l'eau de partout en bas ! Carrément glucôôôôôse !

La sorcière fronça les sourcils, agacée :

- Viens nous chercher, Ezzy ! Et fais-nous dégager d'ici !

- Ah non Majesté, j'veux continuer à voir cette vue de toute beauté ! C'est à toi et à ton boumboum badaboum-man de venir sur le toit !

- Quoi ?! Mais...

Mais le métis avait déjà raccroché. La dryade lâcha un juron en français. Puis un autre encore, lorsqu'un sortilège ennemi lui fit lâcher son miroir à double sens, qui se brisa en mille morceaux sur le sol. Elle souffla, rattrapa en deux enjambées son complice, et lui lança :

- Il faut qu'on aille sur le toit de la prison ! C'est notre seule chance !

- Le toit ?

Magouille fit volte-face si vivement que Myosotis, qui le suivait de près, manqua de perdre l'équilibre.
Le moustachu plissa les yeux en direction de leurs poursuivants, et tendit le bras qui tenait sa baguette droit devant lui, comme figé. Il ne le bougea qu'imperceptiblement. Cependant, les nombreuses portes sombres, qui se dressaient de part et d'autre du long corridor, s'ouvrirent avec fracas. Et, lentement, des prisonniers en haillons en sortirent, hagards.
Certains arboraient de longues barbes hirsutes. D'autres collaient à la perfection à l'image que se faisaient les moldus des vilaines sorcières de légende. D'autres encore avaient l'air de jeunes gens qui auraient vieilli bien trop vite. Tous avaient néanmoins un point commun : au fond de leurs yeux ternes et las, luisait la même étincelle de folie meurtrière. Qui s'amplifia encore davantage à la vue de la dizaine d'aurors qui cavalait devant eux. En hurlant, les condamnés se jetèrent sur les représentants de l'ordre, ongles en avant.

Aussitôt, les détraqueurs qui tournaient autour de Myosotis et Magnus comme des charognards, poussèrent un cri strident ; ils fondirent sur les sorciers sortis de cellule en poussant des gémissements avides.

S'ensuivit un joyeux foutoir, que le couple de fugitifs ne prit pas la peine de contempler. L'ex-doyen fracassa d'un coup de pied une lourde porte en bois, qui s'ouvrit avec peine sur une antique cage d'escalier enténébrée.

- Hâtons-nous, ça ne les retiendra pas longtemps.

Myo hocha la tête, et s'élança à sa suite, grimpant deux à deux les marches sombres de l'escalier en colimaçon. Mais quelque chose en elle n'était pas rassuré, même si elle aurait bien été en peine d'expliquer pourquoi. Elle ne distinguait pas grand chose, et peut-être n'était-ce que le fruit de son imagination, mais elle aurait juré entendre un râle inhumain étouffé, juste derrière elle...






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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Sam 21 Mar 2015 - 21:10

En débarquant sur le toit d'Azkaban, éreinté et haletant, Magnus Magouille s'était préparé au pire. Mais rien de ce qu'il avait pu imaginé n'arrivait à la cheville du moricaud qu'il avait devant ses yeux. L'étranger, qui arborait un pantalon trop court et un torse nu, malgré les températures hivernales, avait le regard fixe et fou, et d'étranges queues de rat colorées en guise de cheveux. Debout, à quelques millimètres du vide, il sautait à cloche pieds sous la bruine, les bras écartés, et l'équilibre précaire, tout en baragouinant une chanson ethnique :

-I can see clearly now the rain is gone... It's gonna be a bright... BRIGHT !... bright... BRIGHT ! sunshiny day !

Probablement pressée de quitter ce lieu de perdition, Myosotis se précipita sur le noiraud dérangé et le tira vers elle, loin du précipice.

-Qu'est-ce que tu fous ?! On a failli se faire tuer !

Elle jeta un regard en arrière, l'air traqué, alors que l'ex-doyen reprenait son souffle, les mains sur les genoux. Ce n'était pas la première fois qu'il avait à s'enfuir d'une geôle, mais la dernière cellule dont il s'était évadé avait pour seul gardien un métèque qui dormait tellement sous son sombrero qu'il lui avait été impossible de déterminer s'il était encore vivant ou mort. Il ne devait son salut aujourd'hui qu'à sa pouliche et à sa vivacité d'esprit si rare pour une femelle. Il lui tardait de quitter ces lieux pesants au plus vite, sous peine de perdre la raison. Malheureusement, l'individu qu'ils avaient en face d'eux faisait partie d'une race qui n'était pas particulièrement connue pour être pressée.

-Regarde autour de toi, majesté ! s'ébahissait l'illuminé en roulant des yeux. Il n'y a rien d'autre que ciel ! Regarde devant toi, rien que du ciel bleeeeeuuuuuu !

Myosotis regarda les nuages noirs au-dessus d'eux, circonspecte :

-On a perdu assez de temps, Ezzechiel ! Il faut qu'on parte !

-Pas maintenant, Majesté ! Ecoute !

Il plaqua sa main sur la bouche de la jeune femme :

-La grande déesse du Plic-Ploc... murmura-t-il, béat. Elle me parle...

Brusquement, il leva les bras au ciel et se mit à brailler :

-Ma sister et sa bff marchent sur l'autoroute de la psyché et elles arrivent pas à trouver la sortie 24, man !!! Mais y'a plus grave, j'ai plus l'herbe que tu m'as donnée ! J'ai tout pris !

-T'as tout pris ?! s'étrangla Myosotis. Mais t'es barge ! Il y avait plus d'un kilo !

-C'est à cause du boum boum badaboum, Majesté ! La grande prêtresse du Plic-Ploc faisait boum, le ciel faisait badabada et les détraqueurs sont là ! Qu'est-ce que je pouvais faire d'autre, qu'est-ce que je pouvais...

Il se mit subitement à sourire et reprit son assourdissante rengaine :

-It's gonna be a bright... BRIGHT !... bright... BRIGHT ! sunshiny day !

Alors que la Gamma le dévisageait, Magnus s'approcha d'elle, impatient :

-Puis-je le tuer ? demanda-t-il.

-Non !

La dryade se tourna vers lui :

-Il sait ouvrir des portes entre les dimensions ! Sans lui, on ne pourra pas partir et...

Elle remarqua quelque chose derrière lui et blêmit :

-Les détraqueurs, lâcha-t-elle, horrifiée.

Magouille se retourna aussitôt et pâlit à son tour : une dizaine de spectres leur faisait face en silence. Ils glissèrent sur la surface mouillée du toit et se déployèrent lentement autour d'eux, comme autant de requins autour de leur proie...

Et, encore une fois, l'ex-doyen sentit son sang se glacer, et sa santé mentale vaciller. Le mal-être qui ne le quittait plus depuis deux jours déjà s'accrut davantage. Il trembla imperceptiblement, et serra sa baguette avec force dans sa main. Ce qui était totalement inutile, puisqu'il ignorait comment exécuter l'unique sortilège qui aurait pu les repousser.

-Bigre, ils sont trop nombreux. Nous sommes faits, dit-il d'une voix blanche.

-C'est ce que j'ai dit mon pote ! lâcha Ezzechiel en gloussant. Mais personne m'écoute jamais ! A croire que j'ai aucune crédibilité !

L'ex-doyen releva brusquement sa baguette, et la braqua sous la gorge du quarteron.

-Myosotis, dis à ce mulâtre de nous sortir de là !

Mais cette dernière ne réagit pas, hypnotisée par la lente mais inexorable progression des immondes créatures vers eux.

Ezzechiel secoua la tête, déçu :

-Man, t'es trop comme mon father, faut que tu te détendes, sinon c'est la crise cardiaque qui t'attends...

-Attention ! s'écria finalement la dryade.

Les détraqueurs venaient de fondre sur eux, dans un râle inquiétant. La jeune femme agita sa baguette, et un patronus leur fit barrage. Mais leur nombre était bien trop important pour la frêle silhouette végétale qui venait d'apparaître.

Le Bon Docteur écarquilla les yeux, épouvanté :

-LE PORTAIL ! VITE ! hurla-t-il.

-Cool man... y'a pas le feu au lac... lui répondit le rastaquouère en se mettant mollement en mouvement.

-ESPECE DE TROUFION DE JEAN-FOUTRE DE METEQUE CRASSEUX ! beugla Magouille, une once de panique dans la voix. VAS-TU NOUS SAUVER OU DOIS-JE T'EMPALER SUR MA BAGUETTE POUR QUE...

Ezzechiel claqua dans ses doigts et un vortex d'un rouge démoniaque apparut devant eux. Tous trois s'y engouffrèrent sans attendre, échappant de peu aux mains décharnés des spectres squelettiques. Aussitôt, tout le décor vacilla en un quart de seconde : Azkaban, le ciel nuageux, les créatures : tout disparut derrière les trois sorciers. Qui, une seconde plus tard, atterrirent sur le sol pavé et humide d'une ruelle sordide.

Reprenant difficilement ses esprits ainsi que son équilibre, Magouille considéra les alentours. L'endroit empestait l'urine séchée et les relents d'égouts. Les murs des bâtisses étaient sales et tordus, parfois même tâchés de sang. Les lieux étaient calmes, déserts, mais pourtant on sentait, entre les vieilles pierres usées, la présence pesante de la magie la plus noire.

L'escroc moustachu esquissa un sourire en coin :

-L'Allée des Embrumes... murmura-t-il. Ma bonne vieille amie...

Un énorme poids venait de s'envoler de ses épaules. Quelques minutes plus tôt, il pensait sincèrement que sa fin était venue. Mais il fallait croire qu'il en fallait plus pour venir à bout de Magnus Maximus Magouille !

Rassuré, il saisit une Myo étonnée dans ses bras, et la serra contre lui. La dryade lui rendit son étreinte un long moment. Avant de le repousser doucement :

-C'est pas le moment pour ça, bredouilla-t-elle. Nous ne sommes pas encore sortis d'affaire.

Elle fit quelques pas... et fronça soudain les sourcils.

-Bordel de merde ! lâcha-t-elle en se penchant.

Elle ramassa une gazette détrempée, sur laquelle elle avait failli marcher :

-"Magnus Magouille s'évade en compagnie d'une complice" lut-elle avec inquiétude. Mais comment ils sont déjà au courant ?!

Elle et le moustachu se tournèrent comme un seul être vers Ezzechiel. Ce dernier se dandinait, un pied sur l'autre, visiblement inquiet :

-Ouais, majesté, ça arrive parfois... La temporalité est capricieuse avec les portails dimensionnels... expliqua-t-il, sans plus de clarté.

-Comment ça, la temporalité ?! s'énerva Magnus.

-Ca veut dire qu'on a perdu combien de temps ? paniqua Myo.

Le moricaud tendit ses mains devant lui, sur la défensive :

-J'ai jamais rien compris aux vortexs, moi ! Regardez !

Il claqua dans ses doigts, et un nouveau portail rougeoyant apparut :

-Si je fais ça et que je passe au travers, fit-il en s'exécutant, je...

Lui et le passage magique s'évanouirent dans les airs, sous les yeux éberlués des deux fugitifs. Quelques secondes passèrent, pendant lesquelles les deux continuaient de fixer le vide, incrédules.

Finalement, Magouille brisa le silence :

-Laisse-moi donc résumer... Nous avons perdu Dieu seul sait combien de temps à cause de cet infâme mulâtre, nous devons être activement recherchés par tous les aurors du pays, et par dessus le marché, nous venons de perdre la capacité de nous mouvoir où nous le souhaitons.

-Oui, répondit la jeune femme aux cheveux verts d'une toute petite voix.

-D'accord.

Magouille grogna, puis prit le journal des mains de la Gamma :

-Voyons ce qu'ils savent sur nous. Cela pourra toujours s'avérer utile.

Il parcourut rapidement l'article qui traîtait de leur évasion, mais sans y trouver le moindre intéret. Par contre, son regard fut vite attiré par un petit encart coloré, en bas de la page. Les yeux écarquillés, il le lut, non sans manquer de s'étrangler :

-"Thadeus Wright : sa première interview après avoir échappé à la mort ! L'auror modèle revient sur les évenements qui ont bouleversé sa vie." Thadeus Wright a survécu à ma lame ?!

L'escroc fronça les sourcils, et serra le papelard dans son poing rageur :

-Ah le scélérat ! Le faquin !! Le misérable !!! Ou se trouve-t-il, que je finisse mon oeuvre ?!

Myo posa une main amicale sur le bras du bon docteur :

-On va le retrouver, promit-elle. Mais il faut d'abord qu'on parle de ce qu'on va faire...




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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Ven 27 Mar 2015 - 15:13

Thadeus Wright allait payer.

Magouille et Myosotis avaient fait le point sur leur situation, et sur ce qu'ils allaient devoir faire pour s'en sortir au mieux. La conclusion s'était imposée d'elle-même : Wright allait payer. Les yeux de Magouille s'étaient illuminés à cette idée, et depuis, le moustachu semblait avoir repris un peu de consistance.

A présent, il se faufilait avec aisance dans les ruelles étroites, sordides et biscornues de l'Allée des Embrumes, se fondant dans les ombres vacillantes, comme s'il avait fait ça toute sa vie. Et de fait, c'était sans doute le cas : de son propre aveu, ce n'était pas la première fois qu'il se retrouvait en cavale. Admirative, Myo le suivait de près, espérant être à la hauteur, mais sans pouvoir empêcher son cœur de battre la chamade. Parce qu'à présent qu'ils étaient sortis d'Azkaban, à présent qu'ils n'avaient plus les pouvoirs de cet abruti d'Ezzechiel à disposition, tout semblait... plus réel.

Et résolument plus flippant.

A vrai dire, la dryade était tétanisée. Elle se rappelait précisément de la dernière fois qu'elle était venue dans ce quartier maudit, en compagnie de Darius, dans cette dimension parallèle créée par magie noire... et ce n'était pas un bon souvenir. Mais aujourd'hui, c'était différent : il ne suffirait pas d'un peu de vaudou pour revenir en arrière. C'était la réalité. La putain de réalité, dans tout ce qu'elle avait de terrifiant et de définitif.

Mais ce n'était pas le moment de flancher : après tout, elle ne regrettait rien. Elle avait agi sur un coup de tête, à la va-vite, pour sauver la vie de Magnus, et sans doute, son plan comportait des aspects bancals et dangereux. Mais sans elle, l'ex-Doyen aurait été mis à mort. Et l'idée que cette peine ait été plus que mérité ne lui effleura pas une seule seconde l'esprit. Elle l'aimait. Donc il devait vivre.

La voix grave du faux médicomage la sortit subitement de ses pensées :

- Ma pouliche, j'ai bien réfléchi, et il y a quelque chose qui ne va pas du tout.

Inquiète, Myo leva les yeux vers le visage impénétrable du moustachu. Ce dernier regardait la façade de la boutique devant eux. La plus grande des boutiques alentours, et la plus sombre, également. Une vieille enseigne en fer forgé, qui donnait l'apparence de n'avoir jamais été ni propre ni neuve, grinçait sinistrement, d'avant en arrière, en proclamant : "Barjow & Beurk".

La sorcière aux cheveux verts se mordit la lèvre inférieure, stressée :

- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Bigre ! C'est pourtant évident !

- Il y a une faille dans notre plan ?! commença à paniquer la jeune femme.

- Précisément ! répliqua l'ex-Doyen, la tête haute.

- Mais quoi ?!

- Il me faut un haut-de-forme, pardi !

Myo resta interdite quelque secondes. Elle cligna des yeux à outrance :

- Heu... ah... ouais ?... balbutia-t-elle.

Magouille, quant à lui, se lissait la moustache avec application :

- N'est-ce pas ? Sans chapeau, je ne suis plus que l'ombre de moi-même ! Il nous faut donc garder l’œil ouvert afin d'en trouver un susceptible de me seoir !

Il fit un clin d’œil complice à la jeune femme, et poussa la porte de la boutique, le plus naturellement du monde.

- Je vois, marmonna Myo, avant d'entrer à sa suite.

Aussitôt, une voix grasse et obséquieuse se fit entendre :

- Tiens, tiens, Docteur Magouille... Je me demandais quand j'aurai enfin droit à votre visite !

Le couple de fugitifs se tourna vivement vers un homme voûté et crasseux, qui regardait les deux nouveaux venus à travers ses longs cheveux gras. Magnus plissa les yeux, suspicieux, mais l'employé leva la main, pour tenter de le rassurer :

- Ne vous inquiétez pas, nous sommes ici entre amis. S'il me fallait regarder les condamnations et agissements illégaux de ma clientèle, je devrais mettre la clé sous la porte en moins de temps qu'il me faut pour le dire !

- D'autant plus que je suis innocent, rétorqua Magnus, un sourire narquois au coin des lèvres.

- J'en suis certain ! s'empressa d'ajouter le vendeur, d'un ton qui insinuait le contraire. Mais dites-moi tout, Docteur : comment diable vous êtes vous évadé d'Azkaban ? J'ai de nombreux clients qui seraient prêts à tuer pour une telle information...

Il esquissa un rictus, qui laissa entrevoir des dents jaunes et ébréchées, et que Myo jugea détestable. Mais Magouille étira son sourire en coin, sans s'en faire :

- Je ne suis pas venu faire la causette, Barjow, mais pour faire des affaires.

- Oui, Docteur, bien entendu...

Les deux sorciers se mirent à parler de ce dont Magnus avait besoin, et la jeune femme n'écouta que d'une oreille distraite. Elle crut percevoir le mot « chapeau », et haussa les épaules, vaguement amusée.

Elle glissa à travers les étals poussiéreux, et considéra les objets étranges que le magasin proposait en vitrine. Il y avait des coupes remplies de liquides mystérieux, des bijoux ensorcelés soi-disant mortels, et d'innombrables têtes réduites, qui pendaient du plafond du bout de leur pendentif, et gémissaient lentement. Mais il en fallait bien plus pour impressionner une étudiante en Sciences Occultes comme Myosotis. Des yeux dans des bocaux au formol la suivirent un moment du regard, et la dryade ne s'en formalisa pas plus. Elle stoppa devant une grande plante aux feuilles noires, et dont le pistil formait une tête de mort menaçante. Elle ferma les yeux et huma son parfum... et ne put s'empêcher de sourire. Cette plante avait été grossièrement ensorcelée, pour en faire une arme redoutable. Dix minutes auraient suffi à la jeune femme pour la rendre plus effrayante, et plus mortelle encore. Ce qui la conforta dans l'idée qu'elle avait sa place dans un lieu tel que celui ci. Elle était forcément plus utile à Magnus qu'elle ne le pensait, et sans doute plus forte aussi.

D'un coup, son sang se glaça, sous la déflagration qu'elle venait d'entendre. Elle tourna la tête : elle vit une baguette tendue, du sang rouge vif jaillir, et Magnus poussé en arrière par la violence du maléfice, vers une étagère surchargée qui brinquebala dangereusement. Sans réfléchir, la française se jeta sur l'escroc, et lança un protego au dessus d'eux, au moment même où l'étal se renversait au dessus de leurs têtes.

Et, sous ce bouclier sur lequel se fracassait le meuble et son contenu, Myosotis ferma les yeux, totalement paniquée. Elle serra le corps de Magnus contre elle aussi fort qu'elle le pouvait, tremblante, n'entendant qu'à peine la voix du vendeur qui avait perdu toute once de servilité s'élever :

- Ça n'a rien de personnel, Docteur... Mais les autorités offrent une grosse récompense, pour vous et votre ravissante complice.

Quelques pas résonnèrent, et Barjow se cru obligé de rajouter, avec un brin de sadisme :

- Morts ou vifs !

Et il partit d'un rire éraillé et chuintant.






Mes RPs du Moment !


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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Dim 29 Mar 2015 - 11:59

Un éclair vert se fracassa contre le bouclier lumineux qu'avait dressé Myosotis quelques secondes auparavant, et Magouille, groggy, le regarda se fissurer avec inquiétude. Il porta une main mal assurée à son épaule brûlante, et ne fut pas surpris de la trouver ensanglantée. S'il pensait avoir été chanceux d'échapper à Azkaban, il commençait à réaliser qu'il ne lui serait pas aussi facile de rester en vie.

La jeune femme aux cheveux verts, qui le tenait dans ses bras, resserra son étreinte. Le moustachu grimaça de douleur :

-Tu ferais mieux de me lâcher, et de te concentrer sur ton sortilège de protection !

En guise de réponse, Myo secoua vivement la tête :

-Je te lâcherai jamais !

Un nouveau maléfice les inonda d'une vive lumière verte. Le regard de Magouille s'assombrit :

-Dans ce cas, nous ferions mieux de déguerpir au plus vite.

Il se redressa de toute sa hauteur, et força Myo à en faire de même. Braquant sa baguette sur leur assaillant, il persifla :

-J'aurais du savoir qu'on ne pouvait pas vous faire confiance, vieille canaille !

-Vous êtes perdu, Magouille ! ricana Mr Barjow. Autant renoncer de suite ! Toute l'Allée des Embrumes veut votre tête !

Le Bon Docteur plissa les yeux :

-Ils ne l'auront pas si facilement : AVADA KEDAVRA !

Le vendeur se jeta sur le côté pour éviter le maléfice. Il buta sur une grande bibliothèque, qui tangua dangereusement avant de s'effondrer sur lui. L'ex-Doyen n'attendit pas son reste : il brisa une vitre d'un coup de baguette, et bondit au travers, en tirant la dryade de toutes ses forces.

Au milieu des bris de verre, les deux se relevèrent... et tombèrent nez à nez avec un colosse borgne à la gueule boursouflée de cicatrices, qui passait par là. A peine celui-ci avait-il posé l'œil sur Magouille qu'il esquissa un sourire malfaisant.
La réaction du Doyen ne se fit pas attendre :

-COURS ! invectiva-t-il.

Les deux fugitifs prirent leurs jambes à leur cou. Ils évitèrent de justesse un premier sortilège, qui fit fondre le mur crasseux sur lequel il éclata.

-Sectumsempra ! rugit alors le mastodonte.

Coupée dans son élan, Myosotis poussa un cri glaçant : elle trébucha et tomba à terre de tout son long. Magouille stoppa net sa course, et se tourna vers elle, alarmé. Il écarquilla les yeux : la jambe de la dryade se tordait dans un sens peu naturel, et baignait dans le sang. Le Bon Docteur fit la moue : voilà qui changeait la donne ! Il n'avait ni pour habitude ni pour intention de s'encombrer de quelqu'un qui le ralentirait. La raison lui criait de l'abandonner à son propre sort... mais il n'en fit rien : la jeune femme n'était pas n'importe qui. A contrecœur, il la chargea sur son dos, tout en se maudissant d'avoir développé une telle faiblesse.

-Il nous faut atteindre le Chemin de Traverse au plus vite, lança-t-il. Là-bas, ils ne pourront plus faire usage de magie noire.

Pâle comme jamais, Myo acquiesça, tout en resserrant ses bras autour des épaules du moustachu. Ce dernier eut un rictus de douleur. Il reprit néanmoins sa course, et accéléra de plus belle, lorsqu'il entendit dans son dos un guttural : "Feudeymon !". Aussitôt, la ruelle d'habitude enténébrée s'embrasa, et l'atmosphère se fit étouffante. Un souffle brûlant s'empara des lieux, rongeant tout sur son passage. Magnus puisa dans ses dernières forces, et jaillit hors de l'Allée des Embrumes in extrémis, au moment même où une nuée de sortilèges malfaisants et mortels tonnaient derrière eux.

Surpris d'avoir échappé au pire, le sorcier se plia en deux. Il reprit brièvement son souffle, harassé par l'effort, par la douleur torturante de son épaule blessée et par le poids de la jeune femme sur son dos, bien conscient qu'il n'avait pourtant pas de temps à perdre.

-Je suis trop vieux pour ces fadaises, maugréa-t-il, haletant, le visage couvert de sueur.

Il se redressa... et tomba nez à nez avec lui même. Ainsi qu'avec des dizaines de doubles, qui le fixaient méchamment, sur leurs affiches respectives. Il n'y avait plus un seul espace libre sur le mur, tant les avis de recherche sur sa personne étaient nombreuses. A n'en point douter, il était devenu l'ennemi public numéro un.

-Bigre, ils auraient pu choisir une photographie plus flatteuse, pesta-t-il.

-Euh... Magnus ? fit la voix tremblante de Myosotis.

Cette dernière, faiblarde, tendit son bras et désigna une foule de badauds, qui les considérait, bouche bée. Au centre de cette assemblée de flâneurs éberlués, une sorcière enroulée dans une écharpe élimée aux couleurs des Serdaigles réagit avant ses congénères. Elle dégaina sa baguette, et pointa Magouille en articulant :

-Jambencoton !

-Avada Kedavra ! rétorqua l'évadé moustachu.

Il manqua malheureusement sa cible, mais cela eut le mérite de mettre la foule en déroute : les passants s'éparpillèrent dans tous les sens en hurlant. Magnus profita de la cohue pour assurer sa fuite, et quelques sorciers plus téméraires que les autres le poursuivirent, en agitant leurs baguettes.
Avec grande peine, l'escroc alourdi par le poids de Myosotis évita un Petrificus Totalis, quelques Confundos et autres Stupéfix, et se retrouva face au gigantesque mur qui le séparait du Chaudron Baveur.

-Avis ! rugit une voix féminine derrière le couple.

Une nuée de volatiles agressifs volèrent vers les deux, qui tentèrent de les chasser d'un geste rageur, en vain. Et, sous les attaques incessantes de ces foutus piafs qui ne voulaient pas les laisser en paix, Magouille tenta de se remémorer le code secret dissimulé entre les briques... mais très vite, il renonça :

-CONFRINGO ! hurla-t-il.

Dans un nuage de fumée et de débris, le mur explosa, sous les yeux effarés des sorciers qui le poursuivaient. Profitant de l'hébétement et de la stupeur des clients du pub dont il venait également de faire sauter la façade, il fusa à travers la salle, non sans renverser chaises, tables et serveuses sur son passage.
Il sortit précipitamment du côté moldu de l'établissement, dans la rue commerçante et achalandée de Charring Cross Road.

Sans hésiter une seule seconde, il se fondit dans la foule des sans-magie qui se pressaient là, et plongea dans la première bouche de métro qui se présenta à lui.

Là, il sentit Myosotis frissonner dans son dos.

-Magnus... je sais pas si c'est le moment pour te l'avouer mais... je déteste les moldus ! articula-t-elle d'une voix blanche à son oreille.

-Je sais. Ils sont tous laids et répugnants, rétorqua le moustachu avec mauvaise humeur.

Il bouscula deux punks à crête qui n'avançaient pas assez vite à son goût, en beuglant :

-ARRIERE, PALTOQUETS ! JEAN-FOUTRES !

Une vieille dame aux yeux brillants d'inquiétude s'approcha de lui :

-Oh, Seigneur, votre amie et vous êtes blessés ?! Vous avez besoin d'aide ?!

La malheureuse moldue âgée n'eut pour seule réponse qu'un méchant coup de pied dans le ventre, qui la fit tomber sur le dos.
Magouille lui arracha alors des mains sa carte de voyage, et s'en servit pour passer les portiques automatisés.

Alors que la dryade se crispait de peur contre lui, le moustachu se pressa dans les couloirs bondés, et dévala quatre à quatre les escaliers sans même chercher à savoir où ils menaient. Puis, il s'engouffra dans le premier wagon de métro venu, alors qu'une voix sensuelle l'exhortait à faire attention à l'espace entre le train et la plateforme.

Et, dans la rame, il s'effondra de fatigue, haletant et en sueur, sur le premier strapontin venu, alors que Myosotis, peu rassurée, s'installait comme elle pouvait à ses côtés, non sans laisser dans son sillon des flaques de sang éparses.

-Pour la discrétion, on repassera, lâcha la française, pâlotte et à bout de souffle.

Elle s'affala sur l'escroc, et le serra contre elle.

-Et le pire dans tout ça, c'est qu'on a même pas récupéré de trucs utiles chez Barjow & Beurk ! On a ni arme, ni poudre de cheminette, ni polynectar, soupira-t-elle.

Magouille sortit quelque chose de l'intérieur de sa veste, et agita une petite fiole devant les yeux de sa compagne :

-Heureusement, encore une fois, Magnus Maximus Magouille a pensé à tout ! Rien ne s'interposera entre nous et Thadeus Wright ! Et avec ce que j'ai volé à la barbe de ce fieffé Barjow, notre ennemi regrettera le jour où il est venu au monde ! Nous allons le mettre au supplice, et lorsqu'il n'en pourra plus, lorsqu'il réclamera notre clémence, nous serons sans pitié ! Nous copulerons en nous baignant dans ses entrailles encore fumantes, et crois-moi, tu en redemanderas, ma pouliche ! persifla-t-il, les dents serrées par la rage, les yeux fixés dans le vide, comme s'il s'y voyait déjà.

Il tourna la tête, et baissa le regard sur un minot d'une dizaine d'années, qui, assis en face, le fixait avec stupeur en soufflant une imposante bulle de chewing-gum rose.

-QUOI ?! ragea Magouille à son attention.

Le gamin écarquilla les yeux d'effroi, et sa bulle éclata dans un "blop !".




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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Jeu 2 Avr 2015 - 19:59

À Londres, nul n'était sans savoir que dans le district de Westminster, au numéro 8-10 de l'avenue nommée Broadway, se dressait l'imposant bâtiment qui servait de quartier général au prestigieux service de police de Scotland Yard.
Ce que beaucoup de gens ignoraient, en revanche, c'était qu'au bas de cet édifice moderne, tout en vitres et en métal, se cachait une petite porte en bois vieillotte, peinte d'une couleur écarlate, qui ne pouvait être vue que par ceux qui possédaient des capacités magiques. Sur la plaque vissée au dessus du judas était gravé «8 ¼». C'était derrière cette porte qui ne payait pas de mine que se cachait le Bureau Central des Aurors.

Pour l'heure, une jeune adolescente fixait l'entrée rouge, nerveuse. Elle avait des cheveux châtains mi-longs, et des yeux d'un gris intense. Elle était toute de noir vêtue, et un observateur attentif aurait pu s'étonner que ses vêtements soient un poil trop amples, notamment au niveau de sa poitrine. Elle fronça son nez retroussé, constellé de tâches de rousseurs, et se mordit la lèvre inférieure.

Elle n'était pas à l'aise. Elle n'aimait pas être du côté moldu de la ville, c'était un fait... mais rien qu'à l'idée de passer cette porte-là, son sang se glaçait d'effroi et d'appréhension.

- Myo, qu'est-ce que t'attends ? lança une voix de crécelle.

L'adolescente baissa les yeux vers la petite poupée vaudou qui venait de sortir sa tête de la poche de son manteau, et qui la fixait de ses deux gros yeux en boutons.

- J'attends d'avoir du courage, avoua-t-elle.

- Ça peut durer longtemps, soupira la figurine de chiffons. Alors ne pense à rien, fais-moi un gros sourire, et rentre là dedans avant de perdre trop de temps !

La jeune fille hocha la tête, doucement :

-Tu as raison, Bibi...

- Évidemment que j'ai raison ! lança la poupée. Si t'as besoin de moi, tu sais où me trouver !

Elle fit un clin d’œil à sa propriétaire, et replongea se cacher dans la poche. La fille aux cheveux châtains se força à garder la tête haute, et fit quelques pas en avant en boitillant. Elle serra les dents sous la douleur encore vive : malgré les nombreux episkeys qu'elle s'était auto-administrés, sa jambe droite était encore raide et violacée, et nécessitait des soins qui dépassaient ses maigres compétences. Mais elle n'avait pas vraiment le choix. Elle s'avança donc, et poussa la porte rouge.

Un flash lumineux l'aveugla quelques secondes, puis elle se retrouva à l'entrée d'une vaste pièce qui la surprit. Elle ne s'attendait pas à ce que ça bouillonne à ce point, dans ces bureaux ouverts, séparés par de simples cloisons. Car les lieux étaient comme en éruption : courses nerveuses de flics pressés, claquements de portes emplis de frustration, débats vifs et tumultueux, grattement de plumes incisives sur des parchemins noircis... l'atmosphère était électrique. Des notes de service allaient et venaient sous le plafond dans des bruissements d'ailes, que l'on devinait qu'à peine sous les éclats de voix ici et là. Et Myosotis se sentit d'un coup petite et démunie, complètement hors de propos dans cette ambiance de stress et de fureur retenue.

Elle s'avança néanmoins en clopinant, et son cœur marqua un arrêt lorsqu'une voix autoritaire lui lança :

- Je peux t'aider ma petite ?

L'ado aux yeux gris considéra le sorcier qu'elle avait devant elle. S'il existait un archétype de l'Auror, il devait avoir été calqué sur ce mec-là : un menton fier et proéminent, une carrure musculeuse et athlétique, et des yeux qui transpiraient le Courage et la Justice... Mais la jeune fille remarqua aussi ses traits tirés par la nervosité, et ses doigts jaunies par trop de cigarettes fumées en trop peu de temps. Il ne se méfiait pas d'elle, elle en aurait mis sa baguette au feu : cependant il avait le regard typique de l'homme qui a perdu bien assez de temps comme ça, et qui n'a pas envie qu'on lui en fasse perdre davantage.

- Heuuu... non merci, ça devrait aller ! répondit Myo, tentant de paraître le plus naturel possible. Je viens juste voir quelqu'un !

Elle fit un pas boiteux en arrière, et grimaça de douleur. Devant le regard surpris de l'auror, elle expliqua :

- Blessure de quidditch !

L'homme la dévisagea une seconde, comme pris d'un doute :

- Tu ne devrais pas être à Poudlard, toi ?

- J'ai une autorisation de sortie pour ce week-end ! lança-t-elle joyeusement. J'en profite pour rendre visite à mon père ! Felonius Moleman. Vous le connaissez ?

Les traits du sorcier se détendirent un peu, et il s'autorisa un bref sourire :

- Eh bien, Moleman nous avait caché qu'il avait une fille aussi mignonne ! Il est là bas, avec la commissaire.

Il désigna l'autre bout de la salle. Myo se força à lui sourire :

- Merci, m'sieur !

Elle se retourna... et sentit son sang se glacer :  effectivement, quelques aurors se tenaient là, face à une sorcière vindicative et énervée qui semblait être leur chef. Elle gesticulait, devant une grande photo de Magouille et Myosotis, à l'évidence prise le matin même, à Azkaban.

- Oh bordel... lâcha l'adolescente, à voix basse.

Elle se rapprocha lentement, claudiquante, et entendit des bribes de conversations, autour d'elle.

- ...ont été repéré dans le métro, venait de lancer une voix quelque part sur sa gauche. On a envoyé des agents en moldu sur toutes les lignes. Ils nous échapperont pas !

- ...sont parvenus à l'identifier : c'est une française, elle a vingt ans. Vous vous rendez compte ? Il a plus du double de son âge ! Les françaises sont vraiment délurées... faisait une autre, un peu plus loin.

- ...oubliators m'ont dit que les suspects ont lancé des sortilèges en zone moldu ! Des sorts de guérison. Mais ils ont déjà perdu leur trace.

- ...évident qu'ils ne s'en sortiront jamais. Ce n'est qu'une question de temps avant qu'on les retrouve.

Myosotis se sentait comme dans un tourbillon d'horreur. Toutes les conversations autour d'elle tournaient autour d'un seul et même sujet : Magnus, et elle. Elle avait l'impression angoissante de s'être jetée la tête la première dans la gueule du loup-garou. Peu assurée, elle dévisagea à distance le groupe de flics devant son portrait, à la recherche de Felonius Moleman.

Ce dernier était la taupe de Magnus chez les Aurors, et, accessoirement, un de ses plus vieux associés en escroquerie. Selon le moustachu, il était bavard, vulgaire, et couard.  Et aussi rusé et dangereux qu'un pathétique petit rongeur pris au dépourvu. Les yeux gris de la jeune fille se posèrent sur lui, et elle le reconnut immédiatement. Magnus l'avait décrit littéralement comme « l'engeance mutante d'un rat et d'une fouine, à qui un sorcier aurait tenté de donner forme humaine ». Et de fait... c'était exactement ça.

Il était petit, maigre, et bizarrement fébrile. Un semblant de barbe châtain, court et éparse, tentait de pousser sur son menton, sans grand succès. Ses yeux bleus trop clairs, ronds et exorbités, semblaient ne pas parvenir à fixer leur attention plus de quelques secondes. Il souriait nerveusement à sa boss, ce qui laissait entrevoir sa dentition pour le moins irrégulière.

Myo prit une longue inspiration. Elle était hésitante, apeurée et mal à l'aise, mais elle devait faire table rase de tout ça, et faire mine qu'elle était la personne la plus sûre d'elle du monde. Alors, elle se fabriqua le plus large des sourires, et se planta devant Felonius Moleman.

- Bonjour papa ! lança-t-elle avec entrain.

Puis, aussitôt, elle rajouta à voix basse :

- Il faut qu'on parle, Felonius.

Moleman lui jeta un regard étonné, mais eut la présence d'esprit de ne rien dire face à ses collègues, qui leur lançaient des œillades vagues, désintéressées.  La jeune fille prit sa cible par le bras, et l'attira en retrait, hors de portée de toute oreille indiscrète.

Là, l'auror aux yeux exorbités croisa les bras :

- On se connaît, gamine ? fit-il, d'une voix un peu nasillarde.

- Je ne suis pas une gamine, c'est du polynectar, expliqua Myo, en se désignant elle-même.

Une lueur avide s'alluma au fond des yeux de Felonius.

- Qui es-tu ? demanda-t-il.

La française haussa les épaules :

- Disons que nous avons un ami commun.

Moleman baissa la tête, et secoua la tête, un sourire las et résigné aux lèvres.

- Laisse-moi deviner... Un ami très grand, très moustachu, avec deux siècles de retard dans son style vestimentaire ? Ce qui voudrait dire que toi, t'es...

Il coula son regard vers la grande photo de la semi-dryade à la chevelure verte étincelante, devant laquelle sa supérieure continuait son discours de motivation.
Un joli sourire vint illuminer le visage de l'ado :

- Bingo ! Magnus m'avait averti que vous étiez plus futé que vous en aviez l'air !

Felonius se renfrogna :

- Il t'a aussi dit qu'il m'a foutu dans un merdier pas possible ?

- Ah ?

- Quand je l'ai averti que Wright enquêtait sur lui, je me doutais que cette saloperie de Tique avait aussi un œil sur moi ! Et si Magnus avait quitté le pays au bon moment, les choses se seraient tassées et j'aurais pu me faire discret un moment. Mais non ! Il fallait que le grand Docteur Magouille fasse son show, comme d'habitude ! Et si seulement il avait tué ce connard, il m'aurait rendu un grand service. Mais il a merdé bien comme il faut ! Il l'a juste esquinté assez pour nous l'énerver : Wright est tellement remonté contre lui qu'il veut faire tomber tout son entourage ! Il a déjà prévu de m'auditionner, soi disant sous prétexte qu'on était vaguement potes à la fac, mais crois-moi, minette, ça pue tout ça ! Nom de Dieu, comment Magnus a-t-il fait pour le rater à ce point avec un aussi gros couteau ?

Myosotis se mordit la lèvre inférieure :

- Il était bourré, avoua-t-elle.

Moleman ne put s'empêcher de rire doucement :

- Ça, ça lui ressemble bien, ouais. Il est où, d'ailleurs, ce vieil enfoiré ?

Le visage de la jeune fille se referma de suite :

- Ne comptez pas sur moi pour vous le dire.

- Bien ! Au moins cette fois-ci, il a choisi une poulette fiable ! s'exclama son interlocuteur en acquiesçant.

Myo fronça les sourcils. Elle ne savait pas trop quoi penser de ce Moleman. Magnus ne lui avait pas dit grand chose à propos de ce ripou. A part qu'ils se connaissaient depuis des décennies, et qu'il traitaient ensemble dans des affaire louches depuis autant de temps. Et il avait rajouté que c'était étonnant que le gars ait réussi à devenir auror, vu qu'il était aussi cupide et sournois que lâche. Mais malgré ça, la dryade déguisée parvenait presque à le trouver sympathique. Peut-être parce qu'elle voyait d'indéniables points communs entre lui et l'ex-doyen dont elle était amoureuse. Ou peut-être parce qu'elle avait désespérément besoin de visages amicaux, aujourd'hui.

- Felonius... On a besoin de vous, souffla-t-elle à mi-voix.

- Ouais, je me doute que Magnus m'envoie pas la gonzesse qu'il se tire juste pour me faire la conversation, rétorqua le sorcier, en grimaçant. Mais je te préviens: je suis pieds et poings incarceremés ! Surtout en ce moment. A cause de Wright, mes collègues commencent à avoir des doutes sur ma loyauté. Je ne peux rien faire d'autre que faire semblant d'être un auror médiocre... bah, comme je fais d'habitude. C'est pas aussi reposant que ça en a l'air, tu sais ! Il faut...

La fille-chlorophylle préféra couper court son babillage :

- On doit savoir où est Wright, trancha-t-elle.

Felonius se tut, et considéra la jeune fille, partagé entre surprise et amusement.

- Ce vieux briscard moustachu veut finir le boulot qu'il a commencé ? Je me doutais bien qu'il avait une idée derrière la tête, quand il s'est enfui d'Azkaban ! D'ailleurs, à ce propos... comment vous vous y êtes pris, exactement ?

- Thadeus Wright a donné une interview dans la Gazette du Sorcier, lança l'étudiante, en éludant la question. Il y dit qu'il se repose encore en attendant d'être assez en forme pour reprendre son boulot. Alors on a besoin de son adresse personnelle.

Felonius secoua la tête :

- Inutile d'aller chez lui : il n'y est pas. Magnus l'a raté, mais il n'y est pas allé de main morte, alors cette foutue tique est toujours soignée à Sainte Mangouste. Ce qui ne l'empêche pas de me casser les roustons avec les lettres bourrées de sous-entendus qu'il m'envoie par hibou...

La dryade soupira, soulagée :

- Sainte-Mangouste ? Merci. Vraiment.

L'auror lui lança un sourire sincère :

- Et dis à cet escroc alcoolique qu'il a pas intérêt à le louper une seconde fois !

Il tendit une main à Myosotis, qui s'en saisit et la serra en souriant. Mais, aussitôt, un frisson d'horreur la parcourut : devant ses yeux impuissants, elle réalisa que sa main grossissait et pâlissait dans celle de Moleman. Elle eut l'impression étrange de grandir en quelques secondes, et, d'un coup, une masse de cheveux verts et lourds lui retomba sur les épaules.

- Putain de merde, lâcha-t-elle, les yeux ronds.

Devant elle, Felonius réagit avant qu'elle ne puisse le faire : il tira sa baguette de sa poche, et la posa sur la tempe de la française, qui, prudemment, leva les mains en l'air.

- Désolée, poulette, tu m'as l'air correcte, mais si tu tombes, hors de question que je tombe avec toi... murmura-t-il, navré.

Il releva aussitôt la tête, fier de lui, et devant la jeune femme dépitée, cria :

- HEY LES GARS ! J'AI TROUVÉ LA COMPLICE DE MAGOUILLE ! TOUT SEUL !






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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Sam 4 Avr 2015 - 11:16

Un Periculo Pugno rageur résonna dans la pièce, et le maléfice frappa de plein fouet Myosotis, qui geignit. Alors que la malheureuse détournait son visage tuméfié, du sang gouttant de sa lèvre, une clameur enthousiaste s'éleva de l'assemblée d'aurors qui lui faisait face.

Les mains enchaînées dans le dos, la sorcière aux cheveux verts avait été jetée sans ménagement sur une chaise, au centre de la pièce. Et, visiblement, les Aurors s'en étaient donnés à cœur joie : bras couverts d'hématomes et de brûlures, œil droit crevé, joues et menton en sang... la jeune femme semblait avoir vécu l'Enfer. Même la commissaire MacBoon, notoirement connue pour être une adepte des méthodes douces, ne trouvait rien à y redire : adossée à un mur, derrière une dizaine de ses hommes, elle semblait trouver juste que trois Aurors d'élite s'acharnent à coup de sorts d'attaque sur une fille d'à peine vingt ans.

-Contusionus Encontusiono ! lança le premier agent.

-Acer Acutus ! renchérit le deuxième.

-Fulmen Flagrare ! ragea le troisième.

Myosotis poussa un cri glaçant, et se cabra au dessus de sa chaise, raidie sous le coup de spasmes violents. Ses mains se crispèrent sur les chaînes qui les enserraient pendant de trop longues secondes. Son visage tordu par la douleur retomba finalement en avant, et la jeune femme hoqueta, avant de vomir un flot d'hémoglobine qui empourpra sa poitrine. Elle tenta de reprendre son souffle, mais n'en eut pas le temps : un de ses trois tortionnaires lui tira brutalement ses cheveux, et la força à relever la tête.

-Tu aurais du y réfléchir à deux fois avant de t'immuniser contre le Véritasérum... cracha-t-il. Même si après ce que ton complice a fait à Wright, je dois avouer que ça défoule.

Un de ses collègues s'avança :

-Maintenant qu'on a trouvé le portoloin que tu cachais sur toi, t'as plus aucune échappatoire ! siffla-t-il. Tu devrais te mettre à table : où est Magouille ?

Du seul œil valide qui lui restait encore, Myosotis soutint le regard acéré du policier.

-Allez vous faire foutre.

Dans un geste de colère, son interlocuteur braqua à nouveau sa baguette sur elle. Mais Moleman, qui était jusque là resté en arrière, finit par s'interposer :

-Non mais attendez, les gars... on en fait peut-être trop, là ! On a dépassé les limites de la bavure ! lâcha-t-il, clairement mal à l'aise.

Sa réplique provoqua l'hilarité générale.

-Felonius Moleman qui parle de bavure ! se moqua un des spectateurs. On aura tout entendu !

-Non, mais je me disais juste que ça serait plus rapide de la légilimancer ! se justifia le ripou, un brin vexé.

Myosotis fut secouée d'un rire moqueur :

-Quelle bonne idée, Felonius, ironisa-t-elle, d'une voix cassée. Comme ça tes collègues sauront toutes les choses très intéressantes que tu m'as avouées sur toi et Wright !

Moleman déglutit, sous le regard soudain suspicieux de ses collègues.

-Qu'est-ce qu'elle a voulu dire ? fit sèchement MacBoon.

Le pleutre écarquilla ses yeux globuleux :

-Je ne vois absolument pas de quoi elle veut parler ! Elle essaye juste de nous monter les uns contre les autres !

Son regard se durcit subitement :

-Allez-y, faites lui cracher le morceau !

Plusieurs baguettes se braquèrent à nouveau sur la prisonnière, qui s'époumona de douleur.

A quelques mètres de là, derrière une porte vitrée, Magnus Magouille serrait les dents, blême de rage.

-Ce ne sont pas des méthodes d'auror, murmura-t-il.

De fait, cela ressemblait beaucoup plus à ses méthodes à lui. Ou du moins, aux méthodes qu'il faisait appliquer à ses sbires. Car le Bon Docteur Magouille n'était pas sorcier à se salir les mains.
C'était principalement parce qu'il était plus facile de se dédouaner en agissant ainsi, même si de temps à autre, il prenait plaisir à faire jaillir lui-même le sang.
Pour l'heure, il aurait adoré éventrer les scélérats qui osaient s'en prendre à sa pouliche, mais même Magnus Maximus Magouille devait reconnaître ses limites : s'il lui était facile d'impressionner une poignée d'étudiants en goguette, c'était tout autre chose face à quinze aurors surentrainés. Il fallait pourtant bien qu'il sorte Myosotis de leurs griffes, avant qu'ils ne la lui tuent... ou pire : qu'elle avoue leur plan. Même si, pour le moment, la belle s'en sortait admirablement bien sous la torture.

En sentant la pointe de fierté qui montait en lui, l'ex-doyen grimaça : il aurait préféré souhaiter la mort de la jeune femme. Etait-ce l'âge mûr qui le rendait veule et sentimental ?
Dans ses jeunes années, il avait connu de nombreuses cavales. Il s'était souvent arrangé pour y être en galante compagnie... mais aucune de ses maîtresses n'y avaient survécu. Entre celles dont il s'était vite lassées, celles qu'il avait livrées aux aurors pour des crimes que lui seul avait commis, et les idiotes qui avaient pris des sortilèges mortels à sa place, Myosotis faisait figure d'exception, par son espérance de vie étonnamment longue.

Mais pas seulement.

Un énième hurlement de douleur parvint aux oreilles du moustachu, qui serra les poings, vibrant de colère. Myosotis était la toute première femme à être tellement amoureuse de lui qu'elle lui passait tout. La toute première à s'attacher à lui sans qu'il n'ait eu besoin de lui mentir, de passer pour celui qu'il n'était pas, ou d'user de psychotropes. C'était sans doute pour ça qu'il l'aimait tant. Et Dieu lui était témoin que cet état de fait le répugnait au plus haut point.

Donc, il aurait préféré souhaiter sa mort. Mais cela lui était impossible.

-Mais qu'est-ce que t'attends ?! lança la voix criarde et paniquée de la poupée de Myosotis, sur son épaule. Je ne suis pas allée te chercher pour que tu restes planté là !

-La situation est critique, rétorqua l'escroc, les yeux rivés sur la vitre. J'ai beau y réfléchir, je ne vois aucune issue favorable, hormis la mort.

-Et donc, tu vas te barrer et abandonner Myo ?! s'insurgea Bibi.

La poupée n'eut pour réponse qu'un long soupir agacé. Sur quoi, l'ex-Doyen enfonça la porte d'un coup de pied, et, dans la foulée, lança un tonitruant :

-AVADA KEDAVRA !

L'un des bourreaux de Myosotis s'effondra d'un coup, et le Bon Docteur profita de la seconde de surprise qui suivit pour libérer la dryade d'un Lashlabask. La française ensanglantée bondit aussitôt auprès de son amant, non sans grimacer de douleur, alors que la majorité des aurors se précipitait vers eux en rugissant, baguettes brandies.

Résigné et peu sûr de lui, Magouille fit un pas en arrière :

-Protego !

De nombreux sorts furibonds s'éclatèrent sur le bouclier devant lui. Le moustachu flanqua alors la poupée vaudou dans les mains aux poignets bleuis de la jeune femme aux cheveux verts :

-Fais donc usage de cette chose parlante ! intima-t-il.

Myo hocha la tête : son œil encore vaillant brillait d'un éclat de haine qui ne lui était pas familier. Elle planta violemment une aiguille dans Bibi, et tous les policiers présents se plièrent en deux, suffoquant de douleur. Le Bon Docteur tira la française hors de la pièce, et, encore une fois, il se mit à courir, doutant fortement que cette fois-ci, cela suffise.

Comme pour lui donner raison, la voix tremblante de rage de la commissaire s'éleva très vite derrière eux :

-RATTRAPEZ-LES ! ET S'IL LE FAUT, TUEZ-LES !




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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Jeu 9 Avr 2015 - 23:48

Le corps de Myosotis n'était plus que souffrance.

Sa peau à vif la brûlait, pareille à la tourmente incessante d'un millier d'aiguilles dans sa chair. Son œil pulsait d'une douleur profondément ancrée dans son orbite, qui se diffusait comme un incendie incontrôlable dans tout son visage ankylosé. Et chacun de ses pas était à l'extrême limite du soutenable.

Pourtant, elle ne gémissait pas, ne se plaignait pas. Elle se contentait de serrer les dents, crispée, et de se laisser soutenir par Magnus, qui la tirait sans la ménager.

- Dépêche-toi donc ! siffla-t-il.

Myo n'avait jamais vu ce dernier si furieux. Il tremblait, sous le coup d'une colère sourde, et serrait sa baguette à en faire blanchir ses phalanges. Alors que les aurors gagnaient du terrain sur eux, Magouille enfonça la première porte rencontrée, et s'y engouffra vivement, la semi-dryade boiteuse serrée contre lui.

Un pauvre gars les regarda entrer, les yeux ronds : il n'eut pas le temps de dire ou faire quoique ce soit qu'il s'effondra sur le dos, pétrifié. Magouille balaya la pièce du regard, et plissa les yeux : s'il y avait une sortie de secours dans ce commissariat, elle n'était pas ici. Un periculo pugno frôla son épaule déjà blessée, et il jura, sous la douleur. Par réflexe, il renversa l'unique table des alentours d'un coup de pied, se glissa derrière, en entraînant Myo avec lui. Là, il accueillit ses poursuivants par une salve de sortilèges impardonnables.

La jeune femme à la chevelure verte baissa la tête, et essuya machinalement le sang qui coulait toujours le long de son menton. Elle tenta de reprendre son souffle, mais chacune de ses inspirations la laissa en pleine frustration, comme si elle ne parvenait pas tout à fait à faire le plein d'oxygène.
Les pensées se bousculaient dans sa tête, sans qu'elle puisse y mettre de l'ordre. Pendant son interrogatoire, elle n'avait cessé d'osciller entre désespoir, et fureur... mais à présent, au milieu des maléfices et des hurlements, elle ne parvenait même pas à savoir comment elle se sentait. Elle était fatiguée, tellement fatiguée... Tellement qu'elle aurait presque voulu que tout cela cesse. Le stress, la douleur, la peur... Si un des sortilèges flamboyants que leur envoyaient ces foutus aurors venait à la toucher, sans doute aurait-t-elle pu accueillir cette délivrance avec soulagement.

Sauf que Magnus était venu la chercher, et cela changeait tout.  Pourquoi avait-il pris un tel risque ? Pourquoi ?! Ce n'était ni dans son caractère, ni dans son intérêt. Ça perturbait la dryade, bien plus qu'elle ne l'aurait voulu. Elle en était horriblement angoissée. Parce qu'elle aurait préféré le savoir sauf.

Ce qu'il ne resterait pas longtemps, avec les assauts vindicatifs de leurs ennemis derrière leur maigre rempart. Combien étaient-ils ? Les aurors qui l'avaient malmenée avait-ils appelé des renforts ? Impossible à dire : les policiers restaient le plus possible à l'abri derrière un pan de mur. Myo ne voyait rien d'autre que les éclats des sortilèges. D'autant plus que son oeil droit refusait toujours de s'ouvrir, étrécissant significativement son champs de vision.

- T'aurais du me laisser, lâcha-t-elle de sa voix douce.

Le moustachu la dévisagea quelques secondes, comme si elle était démente.

- Ah, les bonnes femmes... maugréa-t-il finalement, visiblement agacé. Sectumsempra !

Une boule de feu passa au dessus de leur tête, et s'éclata dans une multitude d'étincelles rouge. Myo y jeta un œil inquiet,  puis rajouta, insistante :

- C'est pas ce qu'on avait prévu !

- Nous n'avions pas plus prévu qu'ils te torturent ! rétorqua vertement le docteur. Aurais-tu préféré mourir entre les mains de ces scélérats ?

- J'aurais préféré te savoir en sécurité, souffla-t-elle.

Le regard de l'ex-doyen s'assombrit, alors qu'il balayait la salle du regard, à la recherche d'une issue qui n'existait hélas pas.

- Moi aussi, grommela-t-il.

Il tendit le bras droit hors de son abri pour lancer un nouveau sortilège... mais un diffindo le toucha de plein fouet, et il lâcha un cri. Le visage mué en un rictus de douleur, il tint son bras ensanglanté pressé contre lui, puis il se tourna rageusement vers sa compagne horrifiée :

- Comptes-tu m'aider un jour ?! insinua-t-il sèchement.

Myo sursauta, comme s'il venait de la sortir d'une transe. Il fallait qu'elle se ressaisisse. Il le fallait, mais elle se sentait tellement groggy... Elle releva Bibi, qu'elle tenait toujours dans sa main tremblante, et y planta une aiguille acérée. Un cri perçant s'éleva alors des rangs adverses, accompagnant son geste.

Magouille fronça les sourcils :

- Tu l'as raté, pesta-t-il. Ce gredin semble encore en vie.

- Évidemment ! se défendit la fille-chlorophylle, outrée. Je n'ai l'intention de tuer personne !

Alors que l'escroc haussait les épaules, et relançait, de sa main gauche, un énième sectumsempra, Myo se mordit la lèvre inférieure. Peut-être que pour Magnus, c'était un signe de faiblesse, mais elle aurait bien été en peine de tuer qui que ce soit. Et n'en avait pas la moindre envie. Elle n'était pas naïve au point de ne pas réaliser qu'il y avait déjà quelques cadavres dans le sillon sanglant de leur évasion ; simplement, elle n'y était pour rien. Elle voulait juste protéger le sorcier qu'elle aimait. Ce qui la rendait bien plus innocente que les salopards d'aurors qui l'avaient passé à tabac.

Une nouvelle boule de feu fit vibrer leur frêle refuge, et la jeune femme réprima un petit cri. Elle se serra davantage contre Magouille, qui soupira.

- Ce bâtiment est sous le coup d'un sortilège anti-transplanage, lâcha-t-il.

- Je sais.

- Il grouille d'aurors, et à ce que j'ai compris, tu as perdu le portoloin qui devait te servir d'échappatoire

-Oui, ils l'ont trouvé avant que j'ai le temps de l'utiliser... admit la blessée, désolée.

Magouille hocha la tête, lentement :

- Donc nous allons mourir.

Le ton catégorique et désespéré du moustachu serra encore davantage le cœur de la dryade. Elle ferma son œil valide... puis le rouvrit en grand, sous le coup d'une illumination.

- S'il n'y a aucune issue, à nous d'en créer une ! s'exclama-t-elle.

Elle s'empara de la baguette du sorcier, et, sous les protestations de ce dernier, elle se redressa :

- Deprimo !

Le sol qu'elle venait de viser se fissura dans un grondement. Il finit par s'affaisser avec fracas, entraînant les cris rageurs de ceux qui se tenaient dessus, aussitôt engloutis par la fissure.
Une lueur satisfaite passa dans le regard de Magouille. Il récupéra vivement sa baguette, et la pointa sur le mur opposé :

- Confringo !

Il bondit à travers la cavité béante et fumant que venait de créer la tonitruante explosion, tirant toujours la fille-chlorophylle. Celle-ci prit sur elle pour ne pas crier de douleur, tant ses membres, et sa jambe en particulier, la faisaient souffrir.
Les deux fugitifs jaillirent dans une salle emplie de bureaux, bien heureusement vides. Sans doute que leurs occupants habituels étaient derrière eux, à tenter de les stopper. Ils tentèrent d'atteindre la grande porte vitrée à l'autre bout de la pièce, cahin-caha.

- Pas un geste, Magouille ! rugit une voix féminine et autoritaire derrière eux.

Magnus se retourna, et considéra sans grande émotion la commissaire qui le tenait en joue, à travers le trou du mur. Il se contenta de pointer sa baguette sur elle, et, instinctivement, poussa avec brutalité Myosotis derrière lui.

Le cœur battant, la jeune femme se colla au dos du grand moustachu. Elle aurait voulu être plus courageuse. Elle aurait voulu être plus forte. Mais elle était trop blessée et trop angoissée pour y arriver ; et, à cette pensée, elle se sentit soudain honteuse.
De son œil encore sain, elle détailla la sorcière qui les menaçait. Cette dernière était plutôt masculine, mais cela tenait sans doute à ses épais sourcils, et à ses cheveux grisonnants coupés en brosse. Les muscles fins et souples de son bras, qui tendait sa baguette, tressaillaient, sous son regard débordant d'une haine presque palpable.
Mais surtout, elle semblait à bout de souffle, et bien plus perturbée qu'elle ne voulait le laisser paraître. Et d'un coup, cela sauta aux yeux de Myosotis : elle avait peur d'eux. Ou plutôt, elle avait peur de lui.

Ce qui ne l'empêcha pas de cracher :

- Rendez vous, espèce d'enfoiré !

- Non merci, rétorqua du tac au tac le moustachu.

- Vous venez de tuer le meilleur de mes hommes !

- Le meilleur de vos hommes était en train de torturer une innocente jeune femme ! Avec votre consentement ! Est-ce là votre conception de la justice, MacBoon ?

Le visage de la commissaire se crispa de colère, et un frisson glacé parcourut l'échine de la dryade. Elle baissa son regard sur la poupée, et se tint prête, malgré ses appréhensions... mais avant qu'elle n'ait eu le temps de faire quoique ce soit, avant même que Magnus ne réagisse, la femme auror s'effondra sur le sol, inconsciente.

Ce qui laissa apparaître, à sa place, la silhouette nerveuse de Felonius Moleman.

- Sortilège de sommeil, expliqua ce dernier, en enjambant comme si de rien était le corps endormi de sa chef.

Il s'avança vers le moustachu, et secoua la tête, un sourire au coin des lèvres :

- Eh ben, Magnus, t'as encore foutu un beau bordel, grimaça-t-il. Mais je pense qu'on peut encore...

- Subcingulus.

Sous le regard surpris de Myosotis, Moleman s'effondra à genoux en couinant, sous les effets du sortilège retors de Magouille. Il reprit son souffle quelques secondes, et, finalement, il criailla, le visage rouge:

- Non mais ça va pas ?! Chuis venu t'aider, là !

- Comme lorsque tu regardé ma régulière se faire torturer sans bouger le petit doigt ? persifla Magnus, tranchant.

- Depuis quand tu te soucies des gonzesses que tu te tapes ? rétorqua Felonius. Et puis merde, j'avais pas vraiment le choix !

Il essuya les larmes douloureuses dans ses yeux globuleux, et se redressa tant bien que mal. Magnus le toisa de toute sa hauteur :

- Donc, tu es venu nous apporter ton aide, fit-il.

- Ouaip !

- Et que diable veux-tu donc en échange ? demanda le docteur, suspicieux.

Son interlocuteur fit mine d'être outré :

- Comment ? Qu'est-ce qui te fais croire que je veux quelque chose ? se vexa-t-il, la main sur le cœur. Pour qui tu m'prends ? Bordel, tu parles à un ami de plus de vingt ans !

Devant le regard toujours blasé du moustachu, Felonius soupira :

- Ouais, bon, ok, admit-il, les épaules avachies. Ma seule condition, c'est que tu refroidisses ce salopard de Wright une fois pour toutes. Il est au courant de beaucoup de trucs pas très catholiques que j'ai pu faire, et tant qu'à faire, j'préférerai éviter Azkaban. Une histoire de confort personnel, tout ça...

Myosotis, qui avait suivi l'échange entre les deux avec intérêt, pinça ses lèvres, peu convaincue. Ça lui semblait presque trop beau pour être vrai. C'est donc que ça devait être le cas.

- C'est tout ? fit-elle. Vous ne voulez rien d'autre ?

- Il est trop pleutre pour le faire lui-même, expliqua Magouille, en considérant son associé avec un mépris condescendant.

Moleman émit un petit rire nerveux :

- Mouais, y'a de ça. Mais j'vous préviens : ça va pas être de la tarte pour vous non plus, les gars. Surtout dans votre état.

L'ex-doyen se redressa, et bomba le torse, la moustache fière :

- Contente-toi de nous sortir d'ici, nous nous chargeons du reste.

- Vous pouvez faire ça ? demanda Myo.

Le ripou la fixa, amusé :

- Évidemment, ma petite !

Il sortit un petit sachet de sa poche, et joua à le faire sauter dans sa paume un moment :

- Il faut dire que c'est plus facile de sortir d'ici avec de la poudre de cheminette ! Il suffit de... REPULSO !

La jeune femme hoqueta sous le coup qu'elle ne vit pas venir. Elle heurta brutalement la porte vitrée, qui se brisa dans son dos. Le choc raviva d'un coup les douleurs aiguës qui n'avaient pas eu le temps de s'apaiser, et qui vrillèrent avec force jusqu'au fond de son être. Myo geignit et se recroquevilla, comme paralysée, les bris de verre mordant sa chair.

Moleman s'était désintéressé d'elle en une seconde. A présent, il tenait en joue Magouille, qu'il venait de désarmer par surprise d'un expelliarmus.

- Espèce de misérable fouine, cracha le moustachu, les yeux plissés. J'aurais du savoir que tu finirais par me trahir.

- J'fais juste ce que j'aurais du faire depuis longtemps, lâcha Felonius, transpirant de nervosité. Je vais te buter, Magnus ! Toi, et ta ribaude ! Comme ça, t'auras plus jamais l'occasion de raconter mes implications dans tes affaires, et je passe pour un putain de héros aux yeux de mes collègues ! Même Wright n'aura rien à y redire !

Le visage déformé par la rage, Magouille se jeta sur son ancien associé, mais fut stoppé net dans son élan, lorsque ce dernier susurra :

- Endoloris !

Magouille s'ecroula, et, sous l'effroyable cri qu'il poussa, la face de Felonius se mua en une grimace, comme s'il était tiraillé par une lutte intérieure.

- J'ai pas le choix, Magnus ! T'aurais fait la même chose à ma place ! La même chose !

Il releva sa baguette :

- Avada Keda...

Une gerbe de sang jaillit aussitôt, et l'auror véreux se mit à hurler, portant machinalement ses mains à son cou... mais ses doigts ne purent retenir le flot d'hémoglobine. Il tomba à terre en couinant, sous le regard haineux de Myosotis. Le large bout de verre acéré qu'elle venait de planter profondément dans la carotide du malheureux lui labourait toujours la paume, mais elle était tellement enragée qu'elle ne sentait même plus la douleur. Elle avait été traquée, trahie, bousculée, blessée, humiliée, torturée... mais, pour la toute première fois de sa vie, elle comprenait ce qu'était la véritable haine. Parce que personne ne touchait à son homme. PERSONNE.

Sous le bouillonnement écarlate du sang qui noyait son cou, le ripou expirant leva des yeux paniqués et suppliants vers la française. Il tenta de parler, mais ne put émettre que de vague borborygmes ensanglantés, secoué par de brèves convulsions électriques.
Et, après de trop longues secondes d'agonie, ce fut fini.

Myosotis considéra le corps désormais sans vie de Felonius, et sa colère retomba aussi vite qu'elle était venue. Et subitement, elle prit l'entière mesure de ce qu'elle venait de faire, et un effroi glacial la submergea.
Elle blêmit, bouche bée, et sa main gantée du sang de sa victime lâcha son arme improvisée. Des larmes acides voilèrent son œil. Elle voulut s'expliquer, se justifier, s'excuser, mais aucun mot ne parvint à franchir ses lèvres blafardes. Ses jambes ne voulurent la porter. Elle hoqueta, l'estomac au bord des lèvres, et se laissa tomber à terre, dans la mare de sang qui s'était formée autour du corps inerte de Moleman. Elle chercha à inspirer de l'air, mais la chose lui parut particulièrement ardue. D'un coup, elle réalisa qu'elle frissonnait, alors même que sa tête lui semblait brûlante.

Magouille, assis à terre face à elle, la fixait, les yeux ronds, admiratifs. Mais elle le vit sans le voir, l’œil perdu, écarquillé d'horreur. Elle sentit une douleur lui vriller le crâne, et se plia en deux en gémissant, hoquetant des sanglots qui peinaient à sortir. Elle ne sentit qu'à peine les bras de Magnus l'enserrer. Elle ne voyait plus rien, ne parvenait plus à réfléchir. Elle entendit néanmoins clairement la voix du moustachu lui susurrer à l'oreille :

- Ne t'inquiète pas, Myosotis. Le meurtre a ceci de commun avec le sexe : c'est encore meilleur la deuxième fois.






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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Lun 13 Avr 2015 - 19:38

La situation était critique, Magnus Magouille en était pleinement conscient.

Quand les aurors entreraient dans la pièce, ils verraient les deux fugitifs blessés, un cadavre couvert de sang encore chaud, et leur commissaire inconsciente. Autant dire qu'ils ne chercheraient pas longtemps les explications : une bonne raison pour partir de là le plus vite possible !

Des bruits de pas nerveux s'approchèrent dangereusement. Encore raidi par l'endoloris qu'il avait reçu plus tôt, le Bon Docteur se releva, et, en l'enlaçant, força Myosotis à en faire de même.

-Avec la poudre de cheminette de cette fouine de Felonius, il nous sera beaucoup plus aisé de fuir, expliqua-t-il. Le bureau de McBoon est à une pièce d'ici : pour y avoir été placé de nombreuses fois en garde à vue durant ma tumultueuse jeunesse, je sais qu'il y a là bas une cheminée. Alors il nous suffit de défoncer les murs devant nous ! Qu'en dis-tu ?

La jeune femme aux cheveux verts frissonna contre lui, malgré sa peau brûlante. Ses yeux roulèrent finalement dans leurs orbites, et elle s'effondra, perdant connaissance entre les bras du moustachu.

-J'aurais du le savoir, pesta-t-il, blasé. Encore une fois, le sexe fort doit tout faire par lui-même.

 

Le soleil était en train de se coucher. Mais, dans le salon d'une vieille bicoque qui se cachait dans les quartiers moldus de la capitale, il était impossible de différencier le jour de la nuit : les vitres sales et poussiéreuses des fenêtres obstruaient la vue et ne filtraient aucune lumière... mais nul ne s'en était plaint depuis des années.

Un craquement sourd rompit le silence des lieux, et Magnus Magouille apparut au milieu de la pièce, éreinté et chancelant. Il tenait une Myosotis inconsciente dans ses bras.

Il s'avança vers un vieux canapé au tissu décrépi, et jeta la jeune femme là, comme s'il s'agissait d'un colis encombrant. Il avait l'air nerveux. Après s'être extirpé in extremis des griffes de ses ennemis, il s'était retrouvé dans le grand vestibule du Ministère de la Magie. Là, il avait profité de la foule compacte qui arrivait sans cesse de la centaine de cheminées présentes pour transplaner au nez et à la barbe de ses poursuivants. Il s'était alors déplacé d'un bout à l'autre de Londres par transplanage, pour brouiller les pistes, une méthode particulièrement prisée par les sorciers les moins fréquentables de l'Allée des Embrumes.

Sur quoi, il avait atterri dans une des planques où il avait l'habitude de se terrer en cas de coup dur, un manoir lugubre et désert où nul hormis lui n'avait posé les pieds depuis une décennie.

Il récupéra un vieux haut-de-forme un peu râpé qu'il avait laissé sur une table lors de sa dernière visite, et l'enfonça sur ses cheveux gras. Puis, il jeta un coup d’œil impénétrable à Myosotis qui, inerte, paraissait presque morte.

-Un bon moment pour faire la sieste, grinça-t-il.

La présence de la française avait considérablement compliqué sa journée : sans elle, il aurait fui beaucoup plus facilement hors de l'Allée des Embrumes. Sans elle, il ne se serait pas jeté la tête la première dans un nid d'aurors. Sans elle, il...

Il serra les poings, mécontent, réalisant soudain quelque chose.

Sans elle, il serait probablement mort à Azkaban.
Mais c'était elle qui avait à présent besoin des soins du Bon Docteur Magouille.

Le médicomage autoproclamé s'approcha de la dryade, et lui tapota le front, la mine sombre.

-Il s'agit clairement là d'un cas typique de...

Il pinça le bout de sa moustache, puis rajouta :

-...peu importe ! Je connais forcément le remède.

Il se releva, et fit quelques pas, qui résonnèrent un moment dans l'immense pièce déserte. Une vieille horloge lugubre sonna, et Magouille lui jeta un regard préoccupé. S'il ne voulait pas que les aurors les rattrapent, il devait réanimer Myosotis au plus vite : il n'avait pas de temps à perdre. Il ouvrit les portes des massives commodes qui alourdissaient la pièce. Il en tira une fiole couverte de toiles d'araignée, souffla dessus, et lut "essence de dictame". Ce nom lui disait furieusement quelque chose : Magouille était persuadé qu'il s'agissait là d'un... poison. Il n'avait nullement besoin d'une telle chose. Il jeta le flacon par dessus son épaule, et poursuivit ses recherches.

Après quelques minutes, il revint auprès de Myosotis, les bras chargés de bouteilles de toutes les tailles. Concentré, il enleva son chapeau, le retourna. Et versa dans le fond une rasade de vieux schnaps à la menthe, l'intégralité d'une bouteille d'huile de foie de dragon périmée, quelques feuilles d'aconit concassées, une lichette de liqueur de rhubarbe douteuse, une dose généreuse de mucus de véracrasses, et des poignées d'yeux de merlan. Il remua le liquide marronnâtre ainsi obtenu, et hocha la tête, les yeux plissés : si d'aventure cela ne la tuait pas, il aurait un nouveau produit Magouille à commercialiser.

Il versa l'intégralité de la mixture dans le gosier de l'endormie. Les effets ne se firent pas attendre bien longtemps : la malheureuse cobaye écarquilla son œil, et se redressa en grimaçant à l'extrême.

-Mais.. Mais qu'est-ce que c'est que ça ?! Oh putain, j'ai mal au ventre !

-Cesse donc de geindre, trancha Magouille, en remettant son chapeau sur sa tête.

Myosotis le fixa, étonnée :

-Qu'est-ce qui se passe ? Et on est où là ? Où sont les aurors ?!

-Ce n'est guère le moment de s'en soucier, fit-il d'une voix macabre.

Il s'assit sur un fauteuil, juste en face d'elle, et joignit ses mains en prenant une longue inspiration.

-As-tu une seule idée de comment je peux me sentir ? siffla-t-il.

Un voile d'inquiétude passa dans le regard de Myosotis.

-J'ai cru mourir aux prises d'un détraqueur tant tu as tardé à venir me sauver, reprit le moustachu, le visage grave. J'ai du t'extirper hors d'un métro parce tu es trop terrifiée en présence des Moldus. Tu as risqué ma vie, et accessoirement la tienne, en te confrontant aux aurors. Et tu as tué un de mes plus anciens associés. Comprends-tu ce que cela signifie, Myosotis ?

La dryade se recroquevilla sur le canapé, mal à l'aise :

-Tu veux m'abandonner et continuer sans moi, c'est ça ?

L'ex-doyen se leva lentement, et toisa la sorcière de toute sa hauteur, un sourire mauvais au coin des lèvres.

-Crois-tu vraiment que je te laisserai partir aussi facilement ? susurra-t-il.

Sous le regard paniqué de la jeune femme, il s'avança inexorablement, se pencha au dessus d'elle... et, à la grande surprise de Myo, l'embrassa goulument.

Au bout d'un long moment, il libéra enfin les lèvres de la jeune femme, et, la Moustache fière, il bomba le torse :

-Je n'avais jamais douté que ce moment viendrait ! décréta-t-il.

-Que... quel moment ? bredouilla la sorcière aux cheveux verts, un peu décontenancée.

-Ce sentiment de possession totale, pardi ! s'exclama le chapeauté, un sourire extatique aux lèvres. Il n'y a pas de meilleur sentiment au monde ! C'était mon but depuis longtemps avec toi, ma pouliche, mais ce n'est qu'aujourd'hui que cela se concrétise pleinement !

Myo ne dit rien, sans doute parce qu'elle ne voyait pas quoi répondre à cette annonce. Magouille, lui, jubilait face à elle :

-Rends-toi compte, Myosotis ! Je t'ai tout pris, de ta virginité à ton innocence ! Tu as menti à tes amis, tu les as trahi pour moi ! Tu t'es exclue, pour moi ! Tu m'as laissé user de ton corps comme d'un jouet, comme aucune femme ne me l'avait laissé faire ! Tu as pris le risque d'être hors-la-loi pour moi ! Et aujourd'hui tu es allée bien au delà de mes espérances, puisque tu as tué pour moi ! Cela ne signifie qu'une chose : tu es mienne, totalement mienne !

Une lueur inquiétante passa dans les yeux vairons de l'ex-doyen, qui poursuivit, avidement :

-Lorsque tu es partie pour ce bellâtre de Reynold, je savais que tu finirais par me revenir... mais cependant, à présent, j'ai besoin de savoir que tu ne t'échapperas plus.

Il tira quelque chose de la poche de sa veste, et le lâcha sur les genoux de la dryade, qui sursauta. Il s'agissait d'une bague en or noir, surmontée d'une étrange onyx finement taillée. Des ombres se mouvaient à la surface de la pierre, lui donnant un aspect lugubre, comme si elle avait sa propre vie.

-Avec cet anneau, tu deviendras ma propriété pour toujours, affirma-t-il.

Devant l'air hébété de la française, qui, les bras ballants, considérait le bijou comme si elle n'en avait jamais vu auparavant, le Bon Docteur fronça les sourcils :

-Mets-la, ordonna-t-il, menaçant.




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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Sam 18 Avr 2015 - 20:31

Stupéfaite, Myosotis regardait la bague posée sur ses genoux, la bouche entrouverte. Elle ne savait pas quoi en penser. A vrai dire, elle n'arrivait pas à réfléchir correctement. Sans doute parce qu'elle se sentait endolorie, vaseuse, bouleversée... sans parler du mal de ventre inexpliqué lui tordait le ventre, depuis son réveil en sursaut. Elle prit le bijou entre deux de ses doigts, et le fixa quelques secondes. Ce qui ne fut pas chose aisée, au vu de sa fièvre qui n'allait pas en s'arrangeant.

- Elle est très jolie ta bague, admit-elle, mais... c'est moi ou elle transpire la magie noire ?

- Évidemment ! rétorqua l'escroc. Comment diable veux-tu célébrer sérieusement notre union sans magie noire ?

Myo se figea. Était-ce une demande en mariage ? C'était difficile à dire, puisque les mots ''mariage'', ou ''épouser'' n'avaient pas été prononcés par Magnus. Et, qu'à aucun moment, il ne lui avait demandé son consentement. Ce qui, à la réflexion, lui ressemblait assez.
La semi-dryade repoussa une mèche de cheveux vert sur son front moite et brûlant :

- Donc, tu veux qu'on se marie...

Pendant quelques secondes, Magouille la fixa comme si elle était idiote. Finalement, il haussa les épaules, et lissa sa moustache :

- Précisément. Il est grand temps que je prenne femme.

- Tu veux dire... là, maintenant ?

- Le moment me paraît parfaitement approprié.

Myosotis considéra le salon sombre, glauque et recouvert de poussière dans lequel ils se trouvaient. Une vague odeur de moisi et de décrépi flottait dans les airs. La dryade aperçut quelque chose de particulièrement écœurant sur un des fauteuils, et elle grimaça de dégoût.

- Ah oui, approprié, c'est le mot qui me vient immédiatement en tête, marmonna-t-elle.

Elle secoua sa tête un peu sonnée, et se mordit la lèvre inférieure, en tournant et retournant la bague occulte entre ses doigts. Elle devait admettre que tout ce que ce pervers chapeauté avait dit plus tôt était on ne peut plus vrai : elle lui appartenait. Elle lui appartenait, corps et âme, et en était pleinement consciente. L'idée qu'il arrive quoique ce soit au moustachu lui était insupportable ; pour lui, elle était prête à tout... même au pire.

Malgré ça, elle n'avait pas vraiment réfléchi à l'évolution de leurs relations, disons, amoureuses. Enfin, si, peut-être, mais vaguement : l'urgence avait été ailleurs, ces dernières heures. Et elle y était toujours, puisqu'ils étaient tous deux blessés et fugitifs, acculés dans une planque sordide, sans savoir quelles horreurs l'avenir leur réservait encore.

Et voilà que Magnus voulait un mariage ! Il aurait du être content de l'aimer et de la posséder, déjà ! Mais non, il en voulait toujours plus, comme l'homme avide qu'il était. Il voulait qu'elle l'épouse, sous un contrat de sorcellerie noire dont elle ignorait les tenants et les aboutissants, alors même que ses mains étaient couvertes du sang désormais séché de celui à qui elle avait ôté la vie.
Elle gémit. Ce qu'elle avait fait à Felonius la perturbait. Ce dont lui parlait Magnus la perturbait. Elle ne savait pas quoi faire. Et elle se sentait nauséeuse, ce qui n'arrangeait pas les choses.

Magouille parut remarquer son trouble. Il plongea ses yeux dans le regard hésitant de l'étudiante, et lui posa une main sur la joue :

- Ma pouliche, il n'est pas donné à tout le monde de rencontrer la perfection. Une personne sublime, merveilleuse, admirable, d'une beauté rare, et dotée d'une intelligence si fine qu'elle parvient à nous sortir des plus mauvais pas, même des plus mortels...

Myo, émue, ne put s'empêcher de sourire timidement, tandis que l'escroc poursuivait son laïus, en se redressant et en bombant le torse :

- Rends-toi compte de ta chance, Myosotis, car tu as rencontré cette personne parfaite : MOI ! Et qui plus est, j'ai une Moustache, et quelle Moustache ! Crois-moi, tu ne pourras jamais trouver mieux, tout bonnement parce que cela n'existe pas ! Donc estime-toi heureuse d'être la femelle que j'ai choisie, et cesse de tergiverser.

Comprenant soudain que l'avalanche de compliments ne la visait pas, la française aux cheveux verts grimaça, blasée. Elle soupira profondément.

- Je veux bien t'épouser, Magnus, mais... là, de suite ? Tu ne penses pas que c'est pas un peu précipité, après une seule journée de vie commune ?

Le bon docteur arqua un sourcil :

- Une seule journée ? Que fais-tu des longs mois de débauche que nous avons passé à jouer à colin-tampon dans les recoins les plus inattendus de la miséreuse université que je dirigeais ?

La française tordit la bouche :

- Oui, c'était génial, mais on était pas vraiment en couple.

L'ex-Doyen lui jeta un regard condescendant, mêlé d'amusement méprisant :

- Bien sûr que si.

- Je t'assure que non, répondit la dryade.

- Nous sommes allés au Bal de Noël ensemble, décréta-t-il.

- Ça ne faisait pas de nous un couple, Magnus !

- Oh  que si, surtout au vu de ce que nous avons fait durant toute la nuit qui a suivi ! Te souviens-tu ? Tu m'avais laissé abuser du sortilège incarcerem sur tes..

- Oui, c'est bon, je me rappelle, le coupa la jeune femme, les joues rouges.

Magouille se renfrogna subitement :

- Alors cesse de perdre du temps, et mets cet anneau !

L’œil valide de la sorcière passa du visage désormais grave du docteur, à la bague qu'il lui avait donné. Elle aurait adoré savoir quoi dire, mais sa fièvre lui donnait l'impression d'avoir reçu un sortilège de confusion. Elle n'eut de toutes façons pas le temps de réfléchir : le faux médicomage, impatient, persifla :

- Qu'attends-tu pour obéir à ton maître comme la docile pouliche que tu es ?

- Je... je sais pas, balbutia Myo, perdue.

- OBÉIS-MOI ! rugit-il, furibond, en serrant ses poings.

Myo sursauta. Elle croisa le regard noir de l'escroc, et son cœur se serra, réalisant soudain quelque chose.

La plupart des gens qui avait croisé la route du Dr Magouille avait peur de lui. D'autres encore le trouvait méprisable. La propre meilleure amie de Myo, Kim, faisait partie des deux catégories à la fois. Et le pire, c'était que la semi-dryade pouvait totalement la comprendre : Magouille était un salopard, psychopathe et dangereux.

Mais elle n'avait pas peur de lui. Elle l'avait souvent trouvé impressionnant, parfois même dérangeant. Mais elle n'avait jamais eu peur de lui.

Pendant longtemps, lorsque le Doyen et elle se fréquentaient en secret, ou même pendant sa courte et tumultueuse relation avec Titus, Myo s'était demandé pourquoi Magnus la troublait autant. Pourquoi il lui était si difficile de lui résister. Pourquoi plus elle s'efforçait de ne pas penser à lui, plus il hantait ses pensées. Elle s'était cherché toutes les excuses du monde, elle avait essayé de nier l'évidence, de minimiser ses sentiments. En vain. A présent, elle avait compris qu'elle n'avait aucune raison de l'aimer : elle l'aimait, point.

Peut-être qu'il lui était temps d'assumer. D'autant plus qu'elle le comprenait mieux que quiconque. Là où il exprimait un violent désir de possession à son égard, elle n'entendait qu'une preuve d'amour, maladroite mais touchante, et surtout, une peur toute enfantine de l'abandon. Car, c'était ce qu'il était, au fond : un gamin en train de faire un caprice. Un gamin maintes fois abandonné et rejeté, qui lui hurlait de ne pas le laisser seul une fois de plus. Qui aurait pu l'en blâmer ? La vie n'avait pas été tendre avec le pauvre orphelin qu'il était. Et encore, Myo ne devait pas connaître tous les détails de sa triste enfance dénuée d'amour.

Les lèvres tremblantes, elle leva un regard humide sur le sorcier, et dit de sa voix la plus douce :

- Magnus, je n'ai aucune intention de t'abandonner.

- Prouve-le, siffla le faux docteur.

Ne s'attendant pas à une telle réponse, Myo fronça les sourcils :

- Je suis venue te chercher à Azkaban ! s'exclama-t-elle. Crois-tu que j'aurais fait ça pour quelqu'un d'autre ? Je suis devenue une fugitive pour toi ! J'ai pris le risque de tout perdre ! J'ai failli mourir plusieurs fois, et tu sais que malgré ça, je continuerais à te suivre quoi qu'il arrive ! Tu comprends ce que ça veut dire ? Ma vie t'appartient, Magnus ! Ça ne te suffit pas ?

Le moustachu considéra les choses une seconde, en hochant lentement la tête.

- Non, articula-t-il finalement.

Sans qu'elle ne se l'explique réellement, ce simple mot chavira le cœur de la dryade.

- Mais pourquoi ?

- Parce qu'on ne survivra pas longtemps, Myosotis, lâcha-t-il sinistrement, le regard perdu dans le vide. Je pensais que tu l'aurais deviné toi même.

Le sang de la française se glaça. Malgré ses blessures, elle se leva tant bien que mal, et passa ses bras maladroit autour du cou du sorcier chapeauté. Elle l'embrassa, puis se serra contre lui, le cœur lourd.

- Excuse-moi, lui murmura-t-elle. Je vais mettre cette bague de suite, je te promets. Mais avant, j'ai besoin que tu répondes à une question que je me pose depuis trop longtemps.

- Quoi donc ?

- C'est qui, ce cadavre, bordel ?

D'un mouvement de menton, elle désigna le fauteuil à quelques mètres d'eux, à côté de celui où Magouille s'était installé plus tôt. Là, un corps desséché et momifié, serré dans une vieille robe bouffée par les mites, y était assis. Myosotis s'était efforcée d'ignorer le plus longtemps possible sa peau grise craquelée, ses orbites vides qui paraissaient braquées sur elle, ses rares cheveux perturbants, et son sourire squelettique figé.

Mais elle n'y parvenait plus.






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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Sam 25 Avr 2015 - 16:41

-Ce n'est absolument pas le sujet.

Magnus Magouille se dégagea de l'étreinte de Myosotis d'un geste brusque. Cette dernière le considéra avec tristesse :

-Pourquoi tu ne veux pas répondre ? Tu me caches quelque chose ?

-La peste soit de cette vieille momie !

L'ex-Doyen jeta un regard torve à l'anneau, que la dryade tenait toujours à la main. Pourquoi n'avait-elle toujours pas enfilé cette satanée bague ? Lui-même aurait mille fois eu le temps de la lui passer de force au doigt, mais il était impératif, IMPÉRATIF, qu'elle la mette elle-même. Non pas parce que la magie noire que l’artefact renfermait l'exigeait, mais parce qu'après tout ce que la jeune femme avait abandonné pour le Bon Docteur, mettre cette bague constituait la preuve ultime de sa loyauté envers son Maître. Il fallait qu'elle renonce sciemment à sa liberté, tout de suite.

Mais, elle ne l'avait toujours pas fait. Cette chienne indocile refusait d'obéir ! Qu'est-ce que cela cachait ?  Elle hésitait donc encore entre Reynolds et lui ? Alors que lui avait une Moustache ! Une Moustache !

Une bouffée d'angoisse saisit le docteur : il n'avait jamais pensé à l'éventualité d'un refus. Que devrait-il faire alors ? La tuer ?

Un rictus mauvais déforma quelques secondes son visage. Il jeta un regard meurtrier à la dryade, qui détaillait le cadavre desséché d'un air dégoûté.
Au fond, il comprenait sa réticence : avec cette bague, l'expression « jusqu'à ce que la mort vous sépare » prenait tout son sens. Dès qu'elle la mettrait, elle deviendrait sa femme, sans retour en arrière, ni divorce possible. Il avait repéré cette alliance ensorcelée chez Barjow et Beurk depuis plus d'un mois, et s'était assuré de son efficacité : selon la légende, la dernière épouse volage qui la portait était morte dans d'atroces souffrances, pourrissant et se consumant de l'intérieur pendant des lunes. Un sortilège idéal pour s'assurer de la fidélité de sa pouliche.

Mais pour cela, encore fallait-il qu'elle la mette. Mais bien heureusement, le Dr Magouille était passé maître dans l'art du chantage affectif. Son expression changea du tout au tout, et il prit une voix affligée :

-Pourquoi ne mets-tu pas cette bague ? Tu ne m'aimes donc pas ?

La piètre tentative du moustachu sembla agacer la jeune femme à la chevelure verte :

-Comment oses-tu dire ça après tout ce que j'ai fait pour toi ? se vexa-t-elle. Bien sûr que je t'aime ! Et je t'ai déjà dit que j'allais mettre cette foutue bague !

-Alors pourquoi ne l'as-tu toujours pas mise ? rétorqua l'ex-Doyen.

-Et pourquoi tu tiens tant à ce que je la mette ? Ça vire à l'obsession !

Magnus fut tenté de poursuivre sa manipulation. Mais alors qu'il prenait son inspiration pour mentir une fois de plus, il stoppa net. Il le savait pourtant : il était inutile de poursuivre dans cette voie-là, avec elle. A chaque fois qu'il avait obtenu ce qu'il souhaitait d'elle, c'était très étrangement parce qu'il avait été sincère. Après tout, ne lui avait-elle pas offert sa vertu après qu'il lui ait déclaré être un assassin sans scrupule ?

Il saisit les épaules de Myosotis, et plongea son regard dans le sien :

-La vérité, c'est que je ne sais combien de temps il me reste, et je veux que tu sois mienne avant qu'il ne soit trop tard. Ton plan est tellement efficace que nous avons frôlé la mort à de nombreuses reprises : preuve s'il en est qu'il ne faut jamais laisser le sexe faible aux commandes. Or, je veux que tu sois ma femme. J'en ai besoin. J'en ai assez d'être seul, je l'ai été trop longtemps. Et même si je n'aime pas l'avouer, ma prime jeunesse est loin derrière moi.

Myo se mordit la lèvre, et hocha doucement la tête, l'air ému. Aussitôt, Magouille plissa les yeux, vexé qu'elle n'ait pas protesté sur son soi-disant grand âge. Mais très vite, il se reprit : il ne fallait pas qu'il perde son objectif de vue. Il jeta un bref coup d’œil à la momie à moitié décomposée assise à côté d'eux, et hésita quelques instants à dire la vérité à son propos. Mais après tout, Myosotis connaissait déjà beaucoup d'aspects de son passé. Il ne s'était pas privé de le narrer avec moult détails sordides, pour pimenter leurs ébats. Et si elle ne s'était pas enfuie avec tout ce qu'elle savait sur lui, une anecdote sanglante de plus n'allait pas la dégoûter :

-Myosotis, ma pouliche, je te présente ma mère, fit-il en désignant le cadavre.

La française écarquilla les yeux, bouche bée.

-Ta... ta mère ?! balbutia-t-elle.

Le moustachu acquiesça :

-Comme tu le sais, mon enfance à l'Orphelinat m'a profondément marqué.  C'est pour cela, que, dès que j'en ai eu l'occasion et les gallions, j'ai tout mis en œuvre pour retrouver celle qui m'a donné la vie. Et ce ne fut pas chose aisé : il m'a fallu des années, et convaincre bien des gens, pour retrouver sa trace. Ce finit par arriver, un matin de septembre. Ah, si tu l'avais vu ! Elle était si émue de me revoir ! Elle s'est confondue en excuses pour mon abandon, m'a expliqué que c'était là la pire chose qu'elle avait faite de sa vie, et que chaque jour elle le regrettait ! Alors j'ai fait ce que tout bon fils aurait fait.

Un sourire mesquin naquit sur ses lèvres :

-Je l'ai tuée.

A cet aveu, Myosotis frémit :

-...tuée ? répéta-t-elle.

-Pas seulement tuée, confessa le moustachu. Je l'ai tourmentée et suppliciée par les plus cruels sortilèges de ma connaissance.

Le regard de Magouille se posa sur les vieilles armoiries jaunies, sur la tapisserie miteuse du salon : elles représentaient deux créatures canines, entourant un bouclier surmonté d'une épée. On devinait en dessous la devise, effacée par les ans : "Toujours Pur". Ce genre de décoration héraldique était le signe d'une famille prestigieuse, et probablement nantie.
Les yeux de l'escroc brillèrent de colère :

-Comprends-moi, Myosotis : elle vivait seule dans cet immense manoir, pendant que je survivais tel un loqueteux dans un infâme bouge qu'ils osaient appeler orphelinat ! Et elle croyait qu'exprimer quelques regrets suffirait à la racheter ! Alors j'ai tenu à lui faire comprendre mon point de vue. Le maléfice Doloris m'y a bien aidé.

Il esquissa un petit sourire en coin à ce souvenir.

-J'avoue avoir peut-être eu la main lourde sur les endoloris : après quelques heures, elle ne parvenait même plus à crier. Elle se contentait de pousser cet insupportable couinement... alors je l'ai saignée à blanc, en lui tranchant la gorge.

Face à lui, la jeune femme, blême, ne répondit rien.
Elle considéra à nouveau la momie... mais son regard avait changé.
Elle sembla réfléchir quelques secondes, puis releva un visage déterminé vers Magnus :

-Tu as eu raison. Elle t'avait abandonné.

Une once de fierté s'empara alors du moustachu : il avait définitivement fait un bon choix de femelle. Et ce sentiment s'accrut encore davantage lorsqu'il vit la dryade glisser la bague à son annulaire, en disant :

-Moi, je t'abandonnerai jamais.

Elle fixa son doigt avec un petit sourire. Le Bon Docteur fronça les sourcils, ce que ne manqua pas de remarquer la sorcière aux cheveux verts :

-Quelque chose ne va pas ? s'étonna-t-elle.

Magouille secoua la tête :

-Non, je pensais simplement que cela serait plus spectaculaire.

Il tira de sa poche une seconde alliance, beaucoup plus simple, mais visiblement faite du même or noir ensorcelé que celle de Myosotis.

-Je suppose qu'il est temps que je mette la mienne.

Il s'exécuta... et aussitôt, les deux s'effondrèrent à terre, en poussant un terrible hurlement de douleur, qui résonna dans le manoir désert.




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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Sam 2 Mai 2015 - 17:46

Parce qu'elle se montrait polie, gentille, et qu'elle ne formulait que rarement ce qu'elle pensait, les gens pensaient que Myosotis était naïve. Alors qu'elle ne l'était pas. Elle était on ne peut plus lucide sur l'escroc dont elle était amoureuse. Elle savait qu'il n'était qu'un sociopathe à problèmes. Elle savait que ses agissements étaient systématiquement dénués de morale. Et elle savait qu'il ne changerait jamais.
Mais elle ne comptait pas le changer. Elle le voulait comme il était. Elle voulait son bonheur. Personne ne s'était jamais intéressé à lui, pas même sa propre mère, et il était plus que temps de réparer ça. Désormais, elle serait celle qui s'occuperait de lui. Elle serait la famille à laquelle il n'avait jamais eu droit. Elle serait sa femme, et elle ne le laisserait plus jamais tomber. Peut-être qu'ainsi, elle parviendrait à calmer les terribles assauts de culpabilité qui la tiraillaient, lorsqu'elle songeait qu'elle avait voulu mettre un terme à leur liaison, au Nouvel An. Ou pire : lorsqu'elle se rappelait de la virulence avec laquelle elle l'avait repoussé, le soir même de son arrestation.

Donc, c'est sans naïveté aucune qu'elle avait glissé cette bague ensorcelée à son annulaire, tout en sachant que Magnus et elle seraient désormais liés par magie noire. Et qu'il n'y aurait pas de retour en arrière possible.

Mais il y avait une chose à laquelle elle ne s'était pas attendue : l'insoutenable douleur qui la foudroya soudain, lorsque Magouille mit la sienne.

Myo s'effondra à terre en s'époumonant, tant la décharge fut soudaine et brutale. Elle hurla jusqu'à ce que sa voix s'éraille, puis, à quatre pattes, les ongles plantés dans le parquet vieillot et usé, hoqueta, peinant à reprendre sa respiration.
La douleur, plus brûlante que la plus cruelle des morsures au fer rouge, venait sans aucun doute possible de cette foutue bague. On aurait dit que l'objet, doué de conscience carnivore, s'ancrait dans la maigre chair du doigt, et transperçait jusqu'à l'os en dessous, le plus brutalement du monde, avec des crocs dont la semi-dryade ignorait l'existence. Mais le pire, c'est que cette douleur-là, déjà à la limite du supportable, remontait le long de son bras, pulsante, jusqu'à vriller ses émanations occultes au plus profond des entrailles de la jeune femme. Cette dernière se cabra, le visage déformé par la souffrance : elle avait l'impression qu'une force surhumaine et invisible tentait de lui arracher le cœur, à la barbare, à l'aide de griffes acérées.
A travers le voile de larmes de son œil valide, elle osa regarder son alliance, et frémit : l'objet brillait de mille feux, au centre d'une main dont les veines, noires et boursouflées, bouillonnaient sous cette lumière crue.

Et d'un coup, ce fut fini. Et à cette douleur vive et cuisante, succéda le froid glacial du salon délabré dans lequel elle se trouvait. Myosotis frissonna, et baissa la tête, éreintée. Elle devait se ressaisir, se relever... mais elle resta assise à terre, les bras ballants, mains retournées sur le sol, sans savoir quoi faire. Cet assaut avait goulûment aspiré le peu d'énergie en elle : elle n'en pouvait plus. Elle n'avait cessé de se répéter, tout au long de cette journée, qu'elle devait être forte... mais elle n'en pouvait plus. Elle n'était pas forte. Elle se rendait compte, un peu tard, que tout ça était peut-être trop pour elle.

- Bigre ! Moi qui voulais du spectaculaire, me voilà servi... grinça Magouille, en se relevant avec lenteur. Enfin, là n'est pas l'essentiel...

Il se rapprocha de la jeune femme prostrée, et la souleva d'un geste brusque. Il la serra contre lui, avec tellement de violence qu'on aurait pu se demander s'il voulait l'enlacer ou lui broyer les os.

- Tu es désormais ma propriété, exulta-t-il, un sourire mauvais aux lèvres.

Tremblante, Myo se raccrocha à l'étreinte du moustachu comme une naufragée à sa bouée, l'enserrant avec ses dernières forces. Elle éclata finalement en sanglots, et laissa aller ses larmes, enfouissant son visage contre l'épaule du docteur. Elle ne pleurait pas : elle se vidait de ce trop plein d'émotions qu'elle n'arrivait pas à exprimer, de cette souffrance qui ne la lâchait plus. De ses angoisses et de son désespoir, bien trop lourdes pour ses frêles épaules.

- Est-ce l'émotion d'être enfin ma femme qui te fait pleurer de la sorte ? soupira l'ex-doyen, visiblement agacé par les pleurs de sa compagne.

Entre deux hoquets, cette dernière secoua la tête en signe de négation. Le chapeauté, lui, plissa les yeux, et lissa sa moustache d'un air docte.

- Je comprends ! Tu penses ne pas être à la hauteur de Magnus Maximus Magouille ! Et effectivement ce n'est guère chose aisée, surtout pour une femelle. Mais rassure-toi, si je t'ai choisi comme régulière, c'est que tu as bel et bien gagné le droit de te tenir dans l'ombre du grand homme que je suis ! Après tout, tu as saigné cette satanée fouine de Felonius pour moi !

Le regard larmoyant de la fille-chlorophylle se figea d'horreur :

- Non, ça, je... je ne le voulais pas... murmura-t-elle, en reniflant. Je n'ai jamais voulu tuer personne...

- Billevesées ! rétorqua Magouille. Tu le voulais ! J'ai vu ton regard au moment de lui porter le coup fatal. Tu jubilais presque autant que lors de nos chevauchées intimes.

La sorcière aux cheveux verts blêmit :

- Non ! se défendit-elle. C'est juste que j'avais pas le choix ! Il allait te tuer...

Un sourire sadique naquit sur les lèvres du Docteur :

- Pourquoi diable ne l'as-tu donc pas assommé, alors ? Ou tu aurais pu user de ta poupée bien trop loquace, pour l'immobiliser. Mais tu n'en as rien fait. Parce que tu désirais sa mort.

Devant l'air hagard de la dryade, l'ex-doyen rajouta :

- Tu ne peux t'en vouloir d'avoir ôté une vie aussi insignifiante que celle de Felonius Moleman ! Je ne compte plus les fois où j'ai manqué de peu de lui trancher la gorge, à cause de son incessant verbiage, ou de son intolérable faciès. Ou parce que je m'ennuyais et qu'il était l'unique victime à disposition.

- Je ne suis pas comme toi, Magnus, articula Myo.

- Oh si, n'en doute pas une seconde, rétorqua le moustachu d'un ton sans appel.

La jeune femme baissa la tête, perdue. Elle ne savait pas ce qu'elle ressentait exactement. Elle ne savait pas ce qu'elle était censée ressentir. Elle ne s'était jamais sentie aussi paumée de toute sa vie.

Pourquoi ? Pourquoi était-elle si confuse ?!  Elle avait simplement voulu sauver la vie de celui qu'elle aimait plus que tout ! Elle avait bêtement cru que ce serait facile ! Et, de fait, ça aurait du l'être, avec Ezzechiel. Mais Ezzechiel était parti, et ça ne l'avait pas été.

Ça ne l'était pas.

Et c'était entièrement de sa faute.

C'était son plan à elle, qui les avait mené là où ils étaient. Ce plan  qu'elle avait décidé toute seule dans sa petite chambre citrouillée. Ce plan qui avait failli les tuer à Azkaban, puis dans l'Allée des Embrumes. Qui les avait forcé à se montrer, ensanglantés, à d'horribles moldus. Qui avait envoyé la française droit dans les mains d'aurors tortionnaires sans scrupule.

- Si on meurt, ce sera de ma faute... laissa-t-elle échapper, d'une voix tremblante.

- Je ne te le fais pas dire, rétorqua Magouille.

Devant le visage désespéré de la dryade, il leva des yeux exaspérés au plafond :

- Alors fais en sorte que nous restions en vie, siffla-t-il.

La réplique de l'escroc tenait plus de l'ordre que de la consolation. Mais d'une certaine manière, cela réconforta un peu Myosotis, qui essuya ses larmes d'un revers de main. Elle ne devait pas se laisser aller à son désespoir, aussi écrasant soit-il. Sinon, elle n'aurait pas la chance de rattraper ses erreurs, et de trouver à cette journée une issue qui ne leur serait pas fatale.
Elle prit une longue inspiration, et lâcha :

- Tu as raison, admit-elle. Il faut qu'on aille à Ste Mangouste.

Magnus ne parut pas emballé par cet idée. Il arqua un sourcil, et demanda :

- Pourquoi diable prendre un risque pareil alors que je t'ai guérie ?

- Non, c'est pas pour m...

Myosotis réalisa ce qu'il venait de dire, et fronça les sourcils :

- Attends voir... Comment ça, guérie ? Tu m'as quand même pas donné une de tes potions miracle bourrée d'uranium et d'autres saloperies ?

L'ex-doyen tordit la bouche :

- Bien sûr que non... fit-il, sur un ton suspect. Je te rappelle que je suis un brillant médicomage. Et je t'ai par conséquence guérie !

La sorcière baissa les yeux, et se considéra quelques instants. Outre les tremblements incessants de tout son corps, sa jambe la lançait atrocement, ses bras étaient recouverts d'hématomes et de plaies, dont la plupart saignaient encore, et une violente nausée lui pesait sur l'estomac. Bref, ce n'était pas la grande forme.

Elle releva le menton, et lança :

- Tu plaisantes ? J'ai absolument rien de guéri !

- Prouve-le, répondit du tac au tac Magouille, avec une mauvaise foi manifeste.

- J'arrive toujours pas à ouvrir mon œil droit ! rétorqua la française abasourdie.

L'escroc au haut-de-forme haussa les épaules :

- Qu'importe que tu aies deux yeux ! Tant que tu gardes ton énorme paire de...

Il croisa le regard dépité de la française, et conclut piètrement :

- ...de qualités humaines ?

Myo soupira, et préféra passer outre.

- Laisse tomber : c'est pas pour moi qu'il faut aller à Ste Mangouste. C'est pour retrouver Thadeus Wright.

Une lueur meurtrière s'alluma au fond des yeux dépareillés de Magouille, qui serra les dents :

- C'est donc là que se terre ce misérable ?

- Oui. C'est Felonius qui me l'a dit.

-  Au moins ce vil pleutre nous aura servi à quelque chose, grommela le moustachu. Et bientôt, nous tiendrons notre revanche sur cette Tique scélérate !

Myo pinça les lèvres :

- Ça ne sera pas facile : le gars doit être sous surveillance.

- Notamment depuis que j'ai échappé à Azkaban, admit Magouille.

- Et encore plus sûrement, depuis notre esclandre à Scotland Yard.

- Sans compter que tout le monde sorcier sait désormais que je suis un fugitif.

- Et moi j'ai même plus de baguette.

Un bref silence découragé suivit cet échange. Le Docteur le brisa bien vite :

- Nous y parviendrons, persifla-t-il. Je veux que ce misérable paye ! Même si je dois massacrer tous les jean-foutres qui se dresseront entre lui et moi, aurors ou non !

Il se tourna vers la vitre jaunie, et plissa les yeux, tentant de scruter au travers de la saleté.

- Ce sera plus aisé pour nous de nous y faufiler à la faveur de la nuit, fit-il. Je préconise d'attendre une bonne heure avant toute tentative d'intrusion dans cet hôpital.

-Oui, tu dois avoir raison, acquiesça la jeune femme. Et d'ici là, on devrait se reposer.

Elle releva les yeux, croisa le regard soudain brillant de concupiscence de Magouille, qui l'attira vivement à lui.

- J'ai quelques idées pour passer cette heure plus rapidement, susurra-t-il.

Myosotis secoua la tête, un petit sourire amusé aux lèvres :

- Comment tu peux penser à ça dans un moment par...

Mais la bouche avide du moustachu se renferma sur la sienne, l'empêchant de finir sa phrase. La dryade s'y résigna, en soupira d'aise. Elle se lova contre Magouille, faisant glisser la veste de ce dernier à terre. L'escroc chapeauté finit par la repousser sauvagement sur le canapé décrépi, avant de fondre sur elle comme un affamé, perdant au passage son haut-de-forme. Ses doigts impatients arrachèrent sans ménagement le t-shirt de la jeune femme, et coururent sur sa peau ainsi dévoilée, faisant frissonner de délice la fille-chlorophylle.

Mais subitement, Magnus se figea au dessus d'elle. Myosotis releva un œil surpris, et vit avec horreur qu'une baguette pointait dangereusement la nuque du moustachu. Et, au bout de cette baguette, un sorcier d'un certain âge les considérait, une pointe de triomphe au fond de ses yeux noirs.

- Navré de vous interrompre, mais vous êtes en état d'arrestation, fit-il d'une voix rauque.

Le sang de la française se glaça. Pour avoir vu son portrait dans tous les journaux, ces derniers jours, elle reconnut instantanément Thadeus Wright.






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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Dim 10 Mai 2015 - 16:20

La main posée sur le soutien-gorge rose à pois noirs de sa pouliche, Magnus Magouille se figea, en reconnaissant la voix rauque de son adversaire. Il se redressa prudemment, dégageant de son étreinte sa jeune épousée :

-Bigre ! Comme toujours, vous choisissez votre moment, Wright, persifla-t-il.

Il se retourna vivement en dégainant sa baguette... mais son arme bondit hors de ses mains, et atterrit sur le plancher vermoulu, à quelques mètres de lui.

L'ex-Doyen pesta, et lança un regard furibond au vieil auror qui le tenait en joue.
Ce dernier paraissait affaibli, au vu de la main qu'il portait à son abdomen... mais il n'avait pas de stigmates visibles de la blessure infligée par le moustachu quelques jours plus tôt. Ce qui lui donnait un indéniable avantage sur les deux fugitifs. A l'évidence, il le savait, au vu du sourire narquois qu'il arborait sur le visage :

-Il y a des choses que je n'avais guère envie de voir, Monsieur Magouille.

Magnus eut une fois de plus envie de répliquer que son titre honorifique était Docteur, mais il ne prit même pas la peine de le faire : la situation n'était clairement pas à son avantage.

Dans un sens, le sorcier chapeauté n'était pas surpris : toute la journée, il avait eu le sentiment que la Mort le suivait de près, et que le moindre faux pas lui serait fatal. Sans doute, se serait-il senti plus en sécurité s'il n'avait pas tant dépendu des choix de Myosotis. Ce matin, à Azkaban, il pensait avoir fait la paix avec lui-même. Mais à présent que la fin était imminente, il se rendait compte qu'il n'en était rien : il était trop tôt pour qu'il tire sa révérence.

Il jeta un furtif coup d'oeil à la jeune femme aux cheveux verts, qui, toujours allongée sur le canapé, le considérait en retenant son souffle. Il la connaissait assez bien à présent pour savoir que c'était sa façon à elle de lui intimer de ne pas commettre d'impair.

-Comment m'avez-vous retrouvé, Wright ? siffla-t-il.

Les yeux de l'Auror en Chef brillèrent d'intelligence :

-Ce n'est pas moi qui vous ai retrouvé, c'est vous qui êtes venus à moi.

Magouille plissa les yeux sans comprendre, et Wright s'expliqua avec une joie non dissimulée :

-J'espérai que vous seriez assez stupide pour contacter Felonius Moleman ; après tout, il a été votre taupe chez les aurors pendant des années, n'est-ce pas ? Il m'a suffit de me tenir proche de lui et d'attendre la bonne occasion pour suivre votre protégée. Après tout, c'est bien plus facile lorsqu'on est animagus : on ne me surnomme la Tique pour rien !

Magnus serra les dents : ainsi donc, ce scélérat était animagus ! Voilà qui expliquait bien des choses, et notamment, pourquoi l'ex-Doyen s'était senti si observé toute la semaine, alors qu'il se savait seul dans son bureau. La voix de l'enquêteur le tira de ses pensées :

-Vous êtes la plus belle prise de ma carrière, Monsieur Magouille. Et après vos exactions et révélations de la journée, je peux enfin dire que mon dossier sur vous est complet.

-Mon dossier était déjà plus que complet, puisque j'étais ce matin-même sur l’échafaud, cracha Magouille, sarcastique.

-Et vous auriez du avoir le bon goût d'y rester, rétorqua Thadeus. Cela m'aurait évité de quitter mon lit d'hôpital pour partir à votre poursuite. Cependant, je ne le regrette pas, car cela m'aura donné l'occasion de mettre la main sur "Madame Magouille".

Le regard posé de l'inspecteur glissa du moustachu jusqu'à Myosotis :

-Rendez-vous compte, jeune fille ! A peine vingt ans, et vous avez déjà une liste de méfaits longue comme le bras ! déplora-t-il. Usage de magie noire, trafic de stupéfiants, complicité d'évasion, utilisation de la magie en milieu moldu, association de malfaiteurs, meurtre...

Alors que la dryade pâlissait à vue d’œil, l'ex-Doyen fit barrage entre elle et Wright, de toute sa hauteur. Mais l'Auror ne fut guère impressionné par le regard assassin du Bon Docteur, et poursuivit :

-Estimez-vous heureux que je l'arrête aujourd'hui, Monsieur Magouille, car Dieu sait ce que votre disciple aurait pu devenir...

De sa main libre, il saisit son miroir à double sens, et clama :

-Ici Wright, passez-moi la commissaire.

Magouille fit un pas en avant :

-Myosotis n'a rien fait de mal ! Elle ne cherchait qu'à m'aider !

-Vous plaisantez ? répliqua l'Auror en Chef. Elle ne verra jamais ses vingt-et-un ans.

-Misérable ! persifla le Docteur enragé.

Il se rua vers Wright, mais l'inspecteur esquiva le coup de poing qu'il lui destinait :

-Periculo Pugno ! rétorqua-t-il.

Soufflé par le maléfice, l'escroc fut brutalement repoussé en arrière, dans un cri. Toute âgée qu'elle était, cette Tique n'y allait pas de main morte ! Il essuya le sang qui coulait de ses lèvres, et siffla :

-Vous n'avez donc aucune pitié ?

Cela n'émut pas Wright, qui l'ignora et s'adressa à son miroir :

-McBoon, j'ai appréhendé Magouille et sa complice. Venez au plus vite : je suis au Manoir de Cassiopeia Black, sur Old Brompton Road !

Il raccrocha, et aussitôt, poussa un cri de surprise : une force invisible faisait pression sur lui, appuyant désagréablement sur sa blessure encore fraîche. Déstabilisé, il posa genou à terre. Grimaçant de douleur, il releva la tête, et considéra la jeune femme en soutien-gorge, qui brandissait une poupée vaudou vers lui.
Magouille en profita pour bondir sur sa baguette à terre, et, dans la foulée, lança :

-Inflammarae !

Sa boule de feu frôla l'inspecteur, et frappa de plein fouet le cadavre desséché derrière ce dernier. Les grandes flammes écarlates consumèrent le corps avec avidité, et se propagèrent jusqu'aux meubles alentour, créant des ombres dansantes et inquiétantes autour des protagonistes. Mais Wright n'y prêta pas attention : il se redressa vivement, et fusilla le moustachu du regard, tout en le tenant en joue avec sa baguette :

-Vous essayez à nouveau de me tuer ?! siffla-t-il.

Alors que le salon s'emplissait de flammes ardentes, Magouille eut un sourire carnassier que le reflet de l'incendie rendait plus inquiétant encore :

-Absolument pas.

Sa réponse insolente ne plut visiblement pas à Wright, qui attaqua :

-Periculo Pugno !

-Protego ! répartit Magouille.

Il dressa un bouclier devant lui et Myosotis qui se pressait contre lui, alors qu'une épaisse fumée noire rendait l'atmosphère irrespirable.

-Diffindo !

Le Bon Docteur n'évita pas ce dernier sort : dans une gerbe de sang, il tomba en arrière, sous les cris de détresse de Myosotis qui le saisit dans ses bras... à l'instant même où quelques aurors firent irruption dans la pièce surchauffée.

La dryade éclata en sanglots, alors qu'elle tenait l'ex-Doyen ensanglanté dans ses bras.

-Il se vide de son sang ! cria-t-elle d'une voix brisée.

-Il n'aurait pas du se mettre sur le chemin de ma justice, répliqua Wright, sans le moindre état d'âme.

Un de ses collègues voulut se précipiter vers le blessé, mais la Tique lui fit signe de ne rien en faire :

-Laissez-le moi, c'est une affaire personnelle, grinça-t-il.

Mais, à sa grande surprise, une demi-dizaine de baguettes se pointent vers lui, et il fut encerclé par les policiers. Le groupe se fendit alors, laissant passer la Commissaire McBoon.

Cette dernière leva des yeux tristes vers son supérieur, et le considéra quelques instants, comme si elle avait peine à le reconnaître. Finalement, elle le braqua de sa baguette d'un geste résigné :

-Thadeus Wright... vous êtes en état d'arrestation.




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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Mer 20 Mai 2015 - 19:42

- Magnus ?...

Une larme roula sur la joue de la jeune femme aux cheveux verts. Les mains de cette dernière se crispèrent sur le torse maculé de sang de l'escroc chapeauté, qu'elle tenait tout contre elle. Son œil fixait tant son bien-aimé que son image en devenait presque irréelle.

- Mon amour... dis-moi que tu vas bien ! murmura-t-elle, d'une voix incertaine.

Mais elle n'eut aucune réponse, et pour cause : l'ex-Doyen était plongé dans l'inconscience. Probablement à deux doigts de la mort, si on devait en juger par la quantité inquiétante de sang qui s'écoulait de ses blessures, et qui assombrissait de pourpre la chemise qu'il portait.

La dryade se retint de fondre en larmes, et, tremblante, enfouit en gémissant son visage contre son amant. Elle sentit sa poupée Bibi lui grimper sur l'épaule et lui toucher la joue en signe de réconfort, mais elle n'y réagit pas. C'était injuste ! Tellement injuste ! Toute la journée, Magnus et elle s'étaient tant battus ! Ils avaient tant souffert ! Et à la seconde même où le plan de Myo arrivait enfin à son terme, et visiblement avec succès, à la seconde même où leurs efforts insensés payaient enfin, voilà que celui pour qui elle avait tout risqué agonisait dans ses bras...

- Thadeus Wright, entendit-elle, non loin. Vous êtes en état d'arrestation.

Mais les mots de la commissaire n'apportèrent aucun réconfort à la fille-chlorophylle, bien que l'arrestation de l'Inspecteur était son but.

Son seul et unique but depuis le tout début de cette foutue journée.

Après l’incarcération de Magnus, Myosotis avait appris deux choses, en épluchant un à un, méticuleusement, tous les journaux sorciers. La première : l'Auror en Chef Thadeus Wright enquêtait sur le Dr Magouille depuis longtemps, très longtemps. La seconde : de son propre aveu, il l'avait fait seul, ne faisant confiance à personne d'autre que lui-même.

Et là était la faille qu'elle avait voulu exploiter. C'était le plan le plus simple du monde : si cet enfoiré avait enquêté seul, sans l'aide de ses collègues, il était donc le seul à connaître les preuves et exactions exactes dont cet escroc de Magouille était coupable. Donc Myo avait voulu compromettre Wright, avec l'aide involontaire de Felonius Moleman, dont Magnus lui avait si souvent parlé. Avec pour objectif de faire passer ce soi-disant policier incorruptible pour le pire des ripoux, et ainsi jeter le trouble sur les accusations qui planaient sur la tête de l'ex-Doyen.
La française avait conscience que si elle jouait bien ses cartes, Magnus pourrait être totalement blanchi. Elle s'était même mis à rêver d'un retour à la WoW en sa compagnie, et d'une vie sans accro, à ses côtés...

Ça aurait dû être simple. Sur le papier, en tout cas, ça l'était. Fuir d'Azkaban, avec l'aide des capacités d'Ezzechiel McGuire. Acheter du polynectar et un portoloin, dans la boutique de Barjow & Beurk. Sous les traits d'un quidam, infiltrer le QG des Aurors, pour aller voir Felonius Moleman. Apprendre de Felonius où se trouvait Wright. Faire en sorte que le polynectar s'arrête aux yeux de tous les Aurors présents, rendant Felonius louche aux yeux de ses collègues. Se faire arrêter, et par ce fait détourner l'attention des Aurors, le temps que Magnus, sous polynectar, fasse disparaître certaines preuves du bureau de Wright, et rajoute de faux documents compromettants sur une association crapuleuse (évidemment fictive) entre Felonius et Wright. S'enfuir par portoloin, rejoindre Magnus à un endroit décidé plus tôt, et aller ensemble à l'encontre de Wright. Face à lui, se victimiser, en public si possible. Et enfin, attendre les aurors qui ne manqueraient pas d'arriver, pour la justification finale, preuves à l'appui, les innocentant tous deux une fois pour toutes.

Mais rien ne s'était passé comme prévu. Rien ! Ou pour être plus précis, tout ce qui avait pu mal se passer, s'était mal passé ! Même le maigre avantage qu'ils pensaient avoir leur avait filé entre les doigts, lorsque Wright s'était révélé être le plus sournois des animagus !
Et à présent, Myosotis était à bout de forces, blessée au dernier degré, découragée et désespérée, à pleurer sur le corps sanglant et inanimé de celui qu'elle aimait plus que tout, sans savoir ce qu'elle était censé faire, ni si elle parviendrait un jour à s'en relever. A quoi bon triompher de leur ennemi, si Magnus ne s'en sortait pas ?! Aurait-elle fait tous ces sacrifices en vain ?!

Un éclat de voix lui fit relever la tête : elle réalisa que Thadeus Wright avait, machinalement, reculé vers elle, pointant fiévreusement sa baguette sur ses collègues auror, en tempêtant :

- En état d'arrestation ?! Qu'est-ce que c'est que cette histoire ?! cracha-t-il, indigné.

Au devant des autres policiers sorciers, la commissaire McBoon tordit la bouche, visiblement mal à l'aise.

- Baissez cette baguette, Wright, intima-t-elle froidement.

- Je ne la baisserai pas tant que vous ne me direz pas ce dont vous m'accusez ! rétorqua d'un ton sec son interlocuteur. Ce n'est pas moi que vous devriez appréhender de la sorte, mais cette crapule de Magnus Magouille !

Le visage grave de la sorcière aux cheveux courts s'assombrit encore davantage :

- Vous savez pertinemment qu'il n'a rien à se reprocher, siffla-t-elle.

Les yeux de Wright s'arrondirent de surprise. Mais sa collègue rajouta :

- Nous avons trouvé un certain nombre de preuves dans votre bureau.

- De quoi parlez vous ? lâcha prestement Thadeus, visiblement étonné.

- Et dans celui de Felonius Moleman, poursuivit McBoon. Vous étiez de mèche ! Depuis des années ! Et la liste de vos crimes est longue : extorsions, intimidations de témoins, pots de vin, détournements de fonds et de preuves... C'était donc ce qui se cachait derrière l'image du célèbre Auror parfaitement incorruptible ?!

- Je suis honnête ! se défendit le sorcier, de plus en plus nerveux. Ceci est à l'évidence l'oeuvre d'une conspiration ! Il est hors de question que je finisse en prison alors que j'ai toujours été le plus intègre des Aurors !

Un voile de tristesse passa devant les yeux de la commissaire :

-Je l'ai cru pendant si longtemps... Dire que je vous considérais comme un mentor, murmura-t-elle.

Son regard se fit plus dur :

- Pourquoi cet acharnement contre le Docteur Magouille ? Était-ce pour finir votre carrière par un coup d'éclat ? Ou peut-être que ce malheureux en savait trop sur vos agissements illégaux ?

- Ne voyez vous pas qu'il vous manipule ?! persifla Wright, outré. Il a à l'évidence manigancé tout ça pour me discréditer !

- Depuis Azkaban ? ironisa la sorcière.

L'accusé à tort ouvrit les yeux d'un coup :

- J'ai des preuves contre lui ! s'écria-t-il, vivement. Je les ai toutes collectées et notées dans mon carnet à la couverture rouge ! Vous l'avez à coup sûr retrouvé, puisque vous avez violé l'intimité de mon bureau !

McBoon soupira d'un air las :

- Cessez donc cette mascarade, Wright. Nous avons trouvé ce fameux carnet dont vous ne cessiez de nous parler. Il était vierge. Et vous le saviez.

La main qui tenait la baguette de Thadeus trembla de plus en plus, lorsqu'il sembla comprendre l'ampleur de sa situation. Il réalisa que ses collègues ne le croiraient plus désormais, et grimaça de désespoir et de colère. Transpirant comme jamais, il recula d'un pas... et sursauta lorsqu'il entendit une voix grave, derrière lui, décréter :

- C'est fini, Wright.

L'Auror acculé se tourna, et considéra avec un mépris furieux Magouille, qui venait de s'adresser à lui.
L'escroc moustachu, blême et ensanglanté, paraissait incroyablement affaibli. Il tenait debout qu'en s'appuyant sur les épaules nues de la dryade à moitié dévêtue, qui le dévisageait avec un soulagement infini.
Ce qui ne l'empêchait pas de pointer fermement sa baguette sur son ennemi, avec un plaisir non dissimulé :

- C'est fini, répéta-t-il, tandis qu'un sourire narquois s'étirait sous sa moustache. Il est temps pour vous d'avouer vos méfaits.






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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Lun 25 Mai 2015 - 15:03

Il aurait suffi d'un rien pour que tout bascule dans une effroyable effusion de sang.

Magnus Magouille n'esquissait pas le moindre mouvement, de peur que Myosotis, qui le soutenait, ne s'effondre. Cette dernière, résolument peu rompue à ce genre d'exercice, tremblait de tous ses membres, le visage livide, son seul œil vaillant braqué sur les aurors autour d'eux.

Ces sorciers surentraînés s'étaient crispés depuis que l'ex-Doyen avait eu la mauvaise idée de braquer Wright. A croire qu'ils n'aimaient pas qu'on interfère dans leurs affaires. Du coin de l'oeil, ils surveillaient les deux adversaires, comme le lait sur le feu, transpirant la nervosité et la confusion. McBoon la première ne semblait plus savoir qui croire dans ce vaste jeu de dupes. Il fallait dire que la journée de Magnus et Myosotis n'avait consisté qu'à cela : semer le trouble dans leurs rangs, et faire douter les Aurors d'eux-même et de leurs congénères.

Bien qu'exténué, le Bon Docteur en était convaincu : il était à un doigt de la victoire. Mais cette damnée Tique ne lui accorderait pas aussi facilement.

Le sorcier, acculé, pointait sa baguette vers le moustachu, déterminé. L’œil cerné, et la mâchoire déformée par un rictus de haine, il avait le visage lugubre de celui qui se savait sur le point de tout perdre. Et si Magouille avait appris quelque chose au cours de ses nombreux coups fourrés, c'était bien qu'il fallait se méfier des hommes qui sont au pied du mur.

La tension était telle que le temps semblait s'être arrêté, dans ce salon assombri, et d'autant plus lugubre que tout n'était plus que décombres calcinés et fumants. L'air était devenu si irrespirable que Magouille se sentait pris à la gorge. Son bras, douloureux mais résolument tendu vers son ennemi, était prêt à flancher, et il lui semblait qu'il mettait le peu d'énergie qu'il lui restait dans ce simple geste.

Un seul faux pas de sa part pouvait le précipiter à sa perte. Et l'ex-Doyen se savait particulièrement prédisposé aux maladresses : si ça n'avait tenu qu'à lui, rien ne lui aurait fait plus plaisir que de faire perdre la raison à cette poignée d'Aurors gênante à grands coups d'Endoloris. Mais l'heure était grave, et il fallait qu'il joue bien ses pions... seulement, saurait-il le faire dans son état ?

L'ex-Doyen sentit sa chemise se coller à ses plaies, et il grimaça, parcouru d'une douleur vive. Ses blessures s'aggravaient et plus que jamais aujourd'hui, il se savait vulnérable. En ce moment crucial, cela n'avait rien de plaisant, ni de rassurant. Il ne tenait debout que grâce à l'appui de sa pouliche, et cette dernière était également à bout de forces...

A sa grande surprise, face à lui, la Tique émit un petit rire sarcastique.

-Vous voulez que j'avoue mes méfaits ? siffla-t-il.

Magouille serra les dents, menaçant :

-Vous n'avez pas le choix, Wright.

Son adversaire eut un sourire malveillant :

-Fort bien.

Sur ces mots, il leva sa baguette. Mais avant même que quiconque n'ait le temps de réagir, il la plaqua contre sa propre tempe, et, les yeux écarquillés d'épouvante, murmura :

-Confringo.

Du sang frais éclaboussa le visage de Magouille et il regarda, étonné, les aurors hurler et se précipiter sur le cadavre de leur supérieur. L'ex-doyen demeura immobile, stupéfait par un dénouement qu'il était loin d'avoir prévu. Car enfin, il n'aurait jamais pu imaginer qu'un bougre aussi vindicatif et tenace que Wright soit du genre à s'ôter la vie !

Alors que les personnes présentes cédaient à la panique et à l'incompréhension la plus totale, évoluant autour du corps démembré, le moustachu jeta un regard médusé à sa pouliche... et s'étonna de la voir si calme. La dryade ne semblait absolument pas étonnée par le spectacle auquel ils venaient d'assister.

Bien au contraire, elle fixait la scène, imperturbable, avec ce qui semblait bien être une once de satisfaction. Serrant avec détermination sa poupée vaudou dans sa main menue, Myosotis se pencha subrepticement vers lui, sans quitter du regard le cadavre devant elle :

-Tu avais raison, sussura-t-elle à son oreille, c'est plus facile la seconde fois.




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Lait de poule Miracle du Bon Docteur Magouille (x2),
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MessageSujet: Re: Azkaban Break   Sam 30 Mai 2015 - 10:53







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Azkaban Break

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