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 Comme le font les gouttes de pluies - HP

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Artemis Redan

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Sorts Connus : Aucun pour le moment !

Inventaire : Vide pour le moment !
MessageSujet: Comme le font les gouttes de pluies - HP   Mar 29 Sep 2015 - 10:41

Comme le font les gouttes de pluies


Livre : Harry Potter
Couples : HP/DM ; RW/HG ; il y aura d'autres couples, mais je refuse de vous spoiler ^^
Rated : T

Coucou mes chouchous :D

Mon grand projet de fic Harry Potter ^^ plus sombre que ce que j’avais l’habitude d’écrire mais au final je me sens beaucoup plus à l’aise là dedans.

Donc, premièrement, je n'ai absolument aucune compétence en psychologie si ce n'est celle de comprendre correctement la détresse psychologique d'un cochon d'inde affamé. Je vous dis ceci car les personnages de ma fanfiction subissent des troubles psychologiques dus à la guerre et ils auront à y faire face afin de s'en détacher au fur et à mesure. Les solutions qu'ils trouveront ici viennent de mon imagination.

Deuxièmement, mes personnages sont très OOC au début mais évolueront bien évidemment et retrouveront par la même certaines de leurs caractéristiques. Peut-être pas toutes car ils ont grandis et évolués.

Et troisièmement, ici pas de lemon.


PROLOGUE

Le quai de la gare grouillait de monde, comme des centaines de fourmis attelées à une tâche demandant discipline désordonnée, tendresse, pleurs, rires ou encore cris de rage. C'était étrange, cela donnait l'impression de regarder une vieille photo qui ravivait des souvenirs tantôt agréables tantôt franchement déplaisants. On pouvait apercevoir çà et là des chariots recouverts de valises plus grosses les unes que les autres, posés dessus, un crapaud voire un rat, des cages à hiboux ou à chats, des balais emballés, des bouquins plus ou moins usagés et plus ou moins vivants, serrés les uns contre les autres et attachés à l'aide de ficelles… En bref, tout un bric-à-brac d'objets ou d'êtres vivants qui se chahutaient, se bousculaient, se câlinaient ou se hurlaient dessus.

O0O0O0O0O0O0O0O0O0O0O0O0

Il y avait tant de mélancolie dans son cœur, elle était comme une brise glacée qui l'enserrait dans ses griffes. Il en avait du mal à respirer. Il ferma les yeux et tenta de se calmer sans grand résultat. Le brouhaha environnant et la proximité d'autres êtres humains le rendaient malade. Il haletait de plus en plus fort, à deux doigts de vaciller. Finalement, alors qu'une crise d'angoisse se faisait de plus en plus présente, une main puissante se posa sur son épaule gauche, lui permettant de reprendre peu à peu pied dans la réalité.

« -Allez Drago, on y va. »

Toujours essoufflé et un peu perdu, le jeune homme leva des yeux hagards sur son ami de toujours et après avoir difficilement ravalé sa salive hocha doucement la tête, tourna les talons et le suivi.


À l'autre bout du quai, Hermione Granger posait un regard rempli de désapprobation envers son petit ami. Elle l'aimait, Merlin seul savait à quel point elle l'aimait. Mais parfois, si seulement parfois il pouvait juste arrêter de dire tout ce qui lui passait par la tête sans y avoir réfléchi auparavant ! Elle lui donna un coup sec sur la calebasse et fronça les sourcils. Elle monta dans le train sans un regard en arrière, toujours un peu énervée contre cet hurluberlu. Elle trouva un compartiment vide, s'y installa et attendit ses amis. Elle laissa ses pensées dériver vers ce qu'il se présentait à eux cette année. Elle ne savait pas trop si revenir était une bonne idée. Etaient-ils prêts ? N'y avait-il pas de risques ? Est-ce-que c'était vraiment le bon moment ? Elle soupira bruyamment. Elle ne savait pas, elle avait terriblement hâte de retourner dans son deuxième foyer, mais en même temps, elle était terrifiée à l'idée de revoir cet endroit qui avait été le lieu d'une bataille sanglante et toujours aussi vive dans la mémoire des gens.

Elle ferma les yeux et bien malgré elle, des images, des sons, des visages, des cris, des couleurs, des pleurs, du rouge et la mort lui revinrent. Elle commença à trembler.

« -Hermione ! Hermione !»

La jeune femme sursauta violemment, l'esprit encore ailleurs et jeta un regard déboussolé à son petit-ami.

Ronald Weasley observa inquiet sa compagne. Il finit par s'assoir près d'elle et lui prit la main. Son inquiétude avait pris le pas sur l'offense qu'il avait ressenti après s'être fait injustement frappé. Il n'y pouvait rien lui si Harry avait toujours l'air si déprimé, il avait juste essayé de le faire réagir ! Il accueillit avec tendresse la jeune femme qui se colla contre lui. Des trois, Ron était bizarrement celui qui s'en remettait le mieux. La mort de Fred avait été un coup dur, vraiment dur. Il n'y croyait pas encore véritablement en fait, mais au final, il faisait de son mieux pour ne pas y penser. Hermione avait besoin de lui, elle avait de plus en plus souvent des absences et des cauchemars, il essayait tant bien que mal de les gérer mais l'augmentation de leurs fréquences commençaient sérieusement à l'effrayer. Parfois, lorsque les cauchemars d'Hermione et les larmes de sa mère devenaient trop étouffant, il partait courir pendant des heures, courir jusqu'à ne plus pouvoir respirer, jusqu'à ne plus pouvoir marcher, courir jusqu'à finir à genoux. Puis il rentrait, l'esprit vidé et ses sentiments qui menaçaient auparavant de déborder, étaient enfermés à clef au plus profond de lui-même jusqu'à la prochaine fois. Et Harry…lui, il était de plus en plus difficile à comprendre. Et Ron perdait patience, il se décarcassait pour maintenir Hermione et Harry hors de l'eau, et autant sa petite-amie faisait des efforts autant Harry se rebiffait contre toute attention ou aide.

Il soupira bruyamment, posa ses lèvres sur le front de sa compagne et ferma les yeux. Le bruit de la porte du compartiment ne le fit pas bouger, connaissant déjà l'auteur du dérangement.

Harry referma doucement la porte derrière lui tandis que le train démarrait. Il garda les yeux rivés sur ses pieds alors qu'il s'asseyait sur la banquette puis les remonta pour regarder la gare s'éloigner par la fenêtre. Il était monté dans le train juste à temps. Il était resté à quai le plus longtemps possible, hésitant à partir ou à rester regarder le train s'en aller et rester vivre au Square Grimmaurd, seul. Il ne supportait plus la présence de qui que ce soit autours de lui, que ce soit des inconnus ou ses amis. Il dormait à peine. Il savait qu'il était insupportable. Mais personne ne comprenait, ce n'était pas la tristesse ou de la honte qu'il ressentait, c'était de la colère. Une colère sourde, qui emplissait tout son être et embrasait parfois ses sens jusqu'à l'explosion de sa magie. Une simple remarque pouvait le faire éclater comme cela avait failli arriver tout à l'heure. Ron avait eu la mauvaise idée de lui dire « d'essayer de faire au moins semblant de sourire pour une fois » parce que « ça devient franchement pesant et ça n'aide rien ni personne ». Harry avait vu rouge et avait préférer s'éloigner le plus rapidement possible pour éviter tout dommage. Il s'était éloigné de la foule, évitant les personnes qui tentaient vainement de lui adresser la parole. Il se posa dans un coin et tenta de réfréner sa magie. Il savait qu'il était parfois tellement incontrôlable qu'il en devenait dangereux pour ses pairs. Mais il n'y arrivait pas, il ne supportait plus tous ces gens se pressants autour de lui pour le remercier, pour « l'aimer », pour l'aduler, pour l'engueuler…Et sa magie, toujours plus instable, et Ron qui restait toujours calme, voire impassible face au reste du monde, et Hermione qui hurlait la nuit ou dormait éveillée et voyait des choses qu'aucun ne voulait revoir. Tout ça et plus encore ! Trop de trop ! Pas assez de tout ! Tout ça à la fois. Ça le tuait. Il était resté dans son coin, souhaitant rentrer. Mais il ne savait pas où, là-bas ou au Square ? Finalement, c'était où la maison ? Encore maintenant, il ne savait pas pourquoi il était là. À quoi devait-il s'attendre maintenant ? Est-ce-que cela changerait quelque chose à sa vie actuelle ? Tout en réfléchissant, Harry regardait le ciel gris d'Angleterre se faisant la remarque que cet air empli de pluie représentait bien ce qu'était leur vie à tous aujourd'hui.


À l'autre bout du train, dans un autre wagon, dans un autre compartiment.



Drago regardait les fines gouttes de pluies qui tombaient délicatement sur la vitre. Ses yeux gris suivaient le tracé négligé de ces insignifiantes perles d'eau. Il se demandait comment faisaient-elles. Elles étaient jetées négligemment du ciel, et ne craignaient pas ne pas savoir où elles allaient atterrir, ce qu'elles allaient rencontrer sur leurs chemins, quels seraient leurs obstacles et quand mourront-elles. Elles tombaient, juste. Elles se laissaient faire, sans crainte, à peine changées par leur voyage, par le vent qui les portait. Et lui, il était assis là, transporter par un train vers l'endroit qu'il désirait revoir le plus au monde et qu'il haïssait à la fois. Même après une année entière passée loin de toute autre forme de vie que celle de son meilleur ami et de ses parents, il n'arrivait toujours pas à ce dire qu'il fût encore en vie et que tout aille bien. Poudlard rouvrait ses portes, offrant aux anciens élèves la possibilité de recommencer une septième année. Il ne pouvait s'empêcher de se demander comment les choses allaient se passer. Il avait eu un tel choc en recevant la lettre. Il avait été plus que réticent à quitter le manoir Malfoy. Mais ses parents avaient été intransigeants, eux étaient vieux, ils avaient commis des erreurs et en payaient le prix, mais Drago devait avancer, il était jeune, il devait continuer, évoluer, voir le monde et oublier. Le jeune homme n'était pas sûr que retourner dans son ancienne école fût la solution, mais comme Blaise le lui avait fait remarquer, c'était à la fois un point final et un nouveau départ. Et il fallait bien qu'il fasse quelque chose de sa vie non ?

Peut-être allait-il trouver son chemin, comme le font les gouttes de pluies.

Les lumières faisaient refléter les perles d'eau collées à la vitre sur le visage de son ami. Blaise ne pouvait s'empêcher de penser qu'elles représentaient les larmes qui ne coulaient plus depuis très longtemps sous les yeux de Drago. Depuis la fin de la guerre, celui-ci était entré dans une sorte d'apathie. Comme s'il ne ressentait plus la moindre émotion, qu'il en était devenu incapable. Mais lui savait bien que c'était faux, car, lorsqu'un bruit plus bruyant qu'un autre ou que des inconnus entraient dans la même pièce que lui ou encore lorsqu'il pénétrait une salle sombre, son cher ami subissait des crises de paniques plus ou moins violentes. Ses parents avaient bien essayé de lui faire voir quelqu'un, mais Drago fuyait tout contact avec des étrangers et parfois même ses proches. Allant jusqu'à s'enfermer des jours seul, ne sortant que la nuit pour se sustenter un peu. Blaise avait tout essayé pour faire sortir le blond de cet état mais rien n'y avait fait, ni les cris, ni les suppliques, ni les discours. Drago restait dans sa bulle. Il n'avait rien vu passer d'autre dans ses yeux gris éteins que la peur ou au mieux, l'ennui. Du moins jusqu'à ce qu'ils reçoivent tous deux la lettre de Poudlard leur apprenant que l'école rouvrait ses portes et se chargeait d'accueillir les anciens élèves de septièmes années désireux de terminer leurs études. D'abord choqué, son ami avait tout bonnement paniqué, de vieux souvenirs profondément enfouis refaisant surface, il avait fallu tout le calme de ses parents et de Blaise pour que celui-ci s'apaise suffisamment pour avoir une discussion. Finalement, ils avaient réussi à le convaincre de sortir du manoir.

Blaise se faisait un point d'honneur à protéger Drago. Après la guerre, lui et sa famille avait pris soin de sa personne : il l'avait nourrit, logé, blanchit. Il leur devait énormément. Et malgré l'affection profonde qui le liait aux Malfoy, Blaise était gêné de toute cette générosité. Même si Narcissa n'avait eu de cesse de lui répéter que c'était normal et que cela leur faisait plaisir au contraire, le mulâtre éprouvait un fort malaise à l'idée de vivre au crochet de cette famille. Après la guerre, ses parents avaient été arrêtés et emprisonnés jusqu'à la fin de leur vie à Azkaban, seul, sans le sous, son nom déshonoré, Blaise se serait retrouvé à la rue comme un malpropre comme plusieurs de leurs connaissances si les parents de son ami ne lui avait pas ouvert la porte. Même s'il savait qu'au final, il rendait un grand service à ceux-ci en « s'occupant » de leur fils, ce malaise ne le quittait jamais. Alors lorsqu'il avait reçu cette lettre, il avait pris une décision, il allait se refaire. Même s'il lui fallait repartir de zéro, il allait rebâtir la réputation des Zabini et rembourser les bontés des Malfoy. Revigoré de ce nouvel objectif, Blaise avait senti monter en lui l'adrénaline nécessaire pour faire ses valises, pousser Drago à faire de même et à monter dans ce fichu train. Et le voilà maintenant, assis en face de son plus cher ami, à regarder des larmes imaginaires couler sur les joues de celui-ci tout en se demandant si cette année allait leur offrir la rédemption qu'ils espéraient ou si elle les ramènerait directement en Enfer. Collant son front contre la vitre, Blaise regarda le ciel et la pluie, priant Merlin de lui donner suffisamment de force et d'espoir pour trouver son chemin.


Highlands, Ecosse, 16:30




Adossée à son bureau, face au portrait de l'ancien directeur, Minerva McGonagall sirotait un verre de Whiskey. Un vice qu'elle possédait depuis de longues années déjà, elle avait toujours apprécié la puissance et la couleur du liquide. Elle ne buvait jamais plus d'un verre, tenant à garder son esprit aussi clair et vif que d'habitude. Ce soir serait un soir différent de ceux qu'elle avait vécus cette année. Ce soir, Poudlard reprenait du service. Elle allait revoir certains de ses anciens élèves et accueillir de toutes nouvelles têtes.

Elle soupira, un an. C'était à la fois long et court. Elle n'avait pas vu le temps passer, trop occuper à rendre au château sa gloire d'antan et à supprimer les derniers maléfices qui rongeaient encore les lieux mais elle avait senti dans chacun de ses os les minutes qui passaient, la vieillissant et lui rappelant beaucoup trop les blessures de guerre qui, encore aujourd'hui, avaient laissé des traces visibles sur son vieux corps fatigué. Elle avala une gorgée du liquide ambré et posa son regard sur l'ancien directeur qui lui sourit doucement en signe d'encouragement. Des rentrées, Minerva en avait vécu plus d'une, mais celle-ci, celle-ci était bien particulière. Cette année marquerait une nouvelle ère dans l'histoire de la magie au Royaume-Unis. Ses pensées s'égarèrent vers des étudiants en particulier. Les élèves de septième année qui avaient participé à la guerre. Elle avait envoyé des lettres à tous ceux qui étaient encore vivants et résidaient au pays, espérant qu'ils répondraient tous à l'appel bien qu'elle n'y croyait pas trop. Elle se voulait réaliste, s'il y en avait une dizaine ce serait déjà exceptionnel. Elle savait pertinemment que beaucoup voulaient s'éloigner le plus possible de tous ces désagréables souvenirs, mais elle savait aussi que nombre entre eux avaient besoin de revenir ici afin de tourner définitivement la page sur cette période sombre de l'histoire.

Elle pensait plus particulièrement au Trio de Griffondor. Elle n'en avait pas revu un seul depuis plus de huit mois, c'était au Magenmagot lors des derniers jugements des Mangemorts. Et ce qu'elle avait vu ne l'avait pas rassuré. Pas du tout. D'abord, sa favorite, même si elle ne l'avouerait jamais, Hermione Granger l'avait particulièrement inquiété. Elle était toujours aussi intelligente bien sûr et calme, mais elle avait ce regard, le regard d'une personne qui voyait des choses qui avaient été mais n'étaient plus. Comme un voile de souvenirs cauchemardesques ne la quittant pas. Cela avait heurté la vieille dame au plus profond de son cœur…Et Ronald Weasley, trop calme lui par contre, trop attentif à ce qui l'entourait, trop placide. Tout l'inverse de ce qu'il avait été autrefois, Ce qu'il était il y a encore si peu de temps. Son regard avait murit et était plus dur. Cela aurait pu être une bonne nouvelle quand on pensait à l'esprit enfiévré qui avait habité ce corps auparavant, mais ce changement était si radical et si soudain qu'il ne semblait pas bien naturel et pas particulièrement salvateur. Et Harry…Harry, il y avait tant de haine dans ses yeux ! Tant de colère ! De rage ! Elle avait frissonné sans trop savoir pourquoi. Il émanait du garçon une aura dévastatrice, sa magie grondait autours de lui comme un orage à l'approche. Cela l'avait extrêmement touché.

Et c'est ainsi, en les voyant tout trois détruits, qu'elle s'était dit qu'il valait mieux que Poudlard les accueille de nouveau afin de les aider à réapprendre à vivre le plus normalement possible. C'est pourquoi elle avait fait appel à une nouvelle professeure aux idées modernes et originales et qui avait des bases en psychomagie. Ceci dans le but de prendre en charge ceux qui avaient de grosses difficultés à revenir à une vie plus « saine » après la bataille. Pour cela, deux nouvelles options seront disponibles et ils auront l'obligation d'en choisir une après des séances d'essais d'un mois.

Minerva MacGonagall sourit tristement, poussa un soupir, s'étira, finit son verre d'un cul sec et sortit de son bureau afin de terminer les préparatifs de la Répartition des élèves. Car après tout, ce n'est pas en restant enfermée dans son bureau à ressasser de vieux souvenirs que les choses se feront. La nouvelle directrice de Poudlard avança tête haute dans les couloirs pour l'instant vide de son château, il lui restait encore beaucoup à faire…


Bureau des Défenses Contre les Forces du Mal, 16:30

Adossée contre son bureau, Elvira regardait par la fenêtre l'eau tomber du ciel. Quel temps de merde ! Pour une rentrée aussi importante que celle-ci, elle aurait apprécié avoir du soleil, ou tout du moins qu'il ne pleuve pas aussi abondamment. Enfin, elle supposa qu'elle ne pouvait pas vraiment s'attendre à autre chose d'un pays tel que l'Angleterre… Elle soupira longuement, s'étira sur toute la longueur de son mètre 65 et s'alluma une cigarette. Minerva lui avait interdit de fumer dans les lieux publics afin « de ne pas inciter des élèves déjà influençables à faire cette bêtise » mais son bureau n'était pas un lieu public, si ? Tout en tirant sur son bâton de plaisir, elle réfléchit à son programme de l'année. Elle se demanda comment les élèves allaient réagir face à ses cours. Elle en donnait trois très différents, mais elle comptait bien les mettre en corrélation afin d'approfondir leurs connaissances, les forcer à voir les choses d'une autre manière et surtout les libérer de leurs trop plein d'émotion.

Ses pensées se dirigèrent naturellement vers les septièmes années. Ceux pour qui la directrice avait quelques angoisses. Elvira la comprenait bien, d'après les recherches qu'elle avait faites, tous avait grand besoin de renouveau et de soutien psychologique. Elle n'arrivait pas à croire que personne n'avait eu l'idée de créer un comité de soutien aux anciens combattants de Poudlard ! Ces jeunes gens avaient vu et vécu bien des horreurs, sans compter le décès de certains de leurs amis proches… Mais il y avait une sorte de tabou depuis que les derniers Mangemorts avaient été jugés et personne ne parlait de ce qu'il s'était passé, ou alors seulement à coup de métaphores et d'allégories. On ne disait pas les termes exacts, les gens voulaient oublier, quitte à laisser en plan ceux qui avaient joué un rôle primordial, les laisser se débrouiller avec leurs démons. Mais ces enfants étaient encore si jeunes ! Comment pouvaient-ils penser qu'ils n'avaient pas besoin d'aide ? En temps de guerre, on prend des décisions, on agit et ensuite on réfléchit à ce qu'on a vu et fait. C'est à ce moment-là qu'il faut être présent.

Elvira soupira, quelque chose lui disait que cette année n'allait pas être facile du tout. Surtout que ses élèves là allaient être regroupés entre eux dans une partie du château. Car au vu de leur niveau de stress, ils pouvaient difficilement les renvoyer dans les autres maisons. Cette décision avait été longuement discutée, il fallait tout de même penser au fait que retrouver un endroit familier pouvait aider les anciens, mais la proximité d'autres étudiants pouvaient aussi s'avérer dangereuse pour eux comme pour les autres. Rien que d'imaginer Harry Potter s'agacer contre un deuxième année lui faisait dresser les cheveux sur la tête. Ils allaient donc être envoyés, toutes maisons confondues vers une aile du château qui venait d'être restaurée. La directrice avait tout mis en ordre afin que chacun retrouve un peu de son ancienne salle commune et dortoirs.

Minerva lui avait confié ses peurs face au mélange de tout ce petit monde, elle craignait plus particulièrement pour la santé des Serpentards et avec raison sûrement. Elvira avait été nommée directrice de cette « maison » un peu particulière. Avec ses expériences passées, ses compétences et ses notions de Psychomagie, elle était la plus à même pour faire face aux comportements plus qu'hétéroclites de ses élèves.

Elle éteignit négligemment sa cigarette dans son cendrier déjà bien remplit et leva de nouveau les yeux vers le ciel. La pluie avait cessé, laissant apparaitre un soleil timide qui dardait tranquillement ses rayons sur le parc de Poudlard. La jeune femme sourit. Cette année ne serait surement pas facile, mais elle promettait tout de même de belles éclaircies.

Elle se leva et se dirigea vers la sortie. Sur la porte d'entrée de son bureau, on pouvait lire « Professeur de DCFM, Elvira Etumosarti ».

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Voici donc le prologue d'une fanfiction qui risque d'être relativement longue ^^
Sachez que je compte sur vous pour m'aider à faire évoluer les personnages.
Donc si vous avez des idées, des envies ou autres, n'hésitez pas.
Le premier chapitre fait 15 pages et a déjà été rédigé.


Allez bisous.




Comment ça on est attaché ?! Comment ça c'est pour l'amour ?!

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Artemis Redan

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MessageSujet: Re: Comme le font les gouttes de pluies - HP   Lun 5 Oct 2015 - 11:08

Comme le font les gouttes de pluies



J’ai lu et relu et re-re-relu, mais bon, à force de lire 50 fois le même texte, on finit par passer à côté de fautes. Si vous en voyez, n’hésitez pas à me les signifier, je les corrigerai immédiatement. Des bisous et bonne lecture =)


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Chapitre 1

Poudlard Express

Drago avait toujours été fasciné par la mort. Cet état inéluctable. Quand il était enfant et qu’il avait compris ce que c’était, il avait passé des jours durant à suivre son père partout où il allait et observer chacun de ses mouvements avec une attention particulière. Il voulait graver dans sa mémoire l’odeur de son père au matin, le bruit qu’il faisait en buvant son Earl Grey, le froissement du journal entre ses mains immenses, la plume qu’il faisait glisser sur les différents documents dont il s’occupait alors, la force de ses bras lorsqu’il le portait pour le faire atteindre une étagère trop haute, son rire quand il lui disait quelque chose de stupide, mais d’adorable… Toutes ces petites choses qui faisaient de Lucius Malfoy, son père. Cette force immense et invincible dans ses yeux d’enfants mais qui risquait à tout moment maintenant de disparaître.

La mort avait été une révélation morbide et hypnotisante qui l’avait d’une manière surprenante amenée à aimer regarder avec avidité tout ce qui se passait autour de lui. Tout cela allait disparaître un jour, avalé pas la Mort. Drago ne voulait rien manquer, pas une miette du spectacle. Alors, il avait eu sa période  « observateur » comme l’appelait sa mère. Il regardait tout, touchait tout, voyait tout, voulait tout. Sa faim et sa soif de connaissances n’avait jamais de limite.

Cette phase de son existence qui avait durée plusieurs années avait laissé des traces indélébiles chez lui. Cette fascination pour la fin de toute chose, cette capacité incroyable à retenir des détails insignifiants mais magnifiques à ses yeux et ce talent indéniable, proche à certains moments de l’autisme, qu’il avait pour s’enfermer dans ses pensées et parcourir sa bibliothèque personnelle de souvenirs.

Et maintenant, alors que la nuit était tombée et que son arrivée à Poudlard se rapprochait, Drago s’enferma dans sa bulle. Il repensa à la fois où son père un peu saoul avait fait valser sa mère dans le jardin. C’était en plein hiver, la neige tombait et Narcissa riait et râlait à la fois : sa « robe était fichue» et sa « coiffure ne ressemblait plus à rien à cause de lui !». Et Drago était là, jeunot de 7 ans tout au plus, à les regarder. Ce fut un tableau magnifique, aussi éphémère que cette même neige qui gâchait les cheveux si soigneusement préparés de sa mère. Ils avaient fini par rentrer, tous deux essoufflés et enorgueillis par leur propre beauté. Ce soir-là, Drago c’était demandé s’il aurait un petit frère ou une petite sœur.

Tandis que les images s’effaçaient et laissaient place à la bibliothèque de ses souvenirs, Drago se mit à déambuler dans les allées gigantesques de son esprit. Des rangées entières des plus pures beautés qu’il avait pu apercevoir durant sa courte mais remplie vie. Çà et là, des boules à neiges magiques qui changeaient de paysages, de saisons et de personnages, les landes immenses du Manoir Malfoy, Zabini lors d’un matin ensoleillé devant le Lac de Poudlard.

Poudlard. La première fois qu’il l’avait vu. Ses lumières, sa majesté, son lot de mystères et de merveilles.

Sur quelques étagères étaient installés des cartons d’émotions pures. Il en parcourut certains du regard et s’arrêta sur un en particulier. Celui-ci contenait sa première rencontre avec Potter, leur première bataille, leurs premiers mots emplis d’une agressivité magnifique dans sa puissance.

Ce fut là que Drago s’arrêta.

Harry Potter.

Ses doigts glissèrent sur l’une des nombreuses étagères. À lui seul, le balafré possédait un rayon entier. À l’orée de celui-ci, Drago tourna la tête pour en observer la profondeur. Le contraste entre les souvenirs de ses jeunes années passées avec ou, plutôt contre lui, et les dernières années à Poudlard lui fit tourner de nouveau la tête.

Drago s’assit sur l’un des fauteuils qui agrémentaient la pièce, il venait souvent ici.
Il se réconfortait auprès des souvenirs violents et implacables que sa relation avec Potter lui avait amenés. C’était étrange comme les constantes de sa vie, même les plus brutales, le rassuraient depuis que son existence vacillait, tellement que plus rien ne semblait avoir de sens.

Potter.

Son père l’appelait « sa bizarre obsession ». Depuis leur première rencontre, il n’y avait presque que lui qui arrivait à lui apporter le lot de beauté et d’émotions pures dont il avait toujours eu besoin. C’était comme ça, le Balafré était sa Némésis, l’ennemi même de son être. Venu au monde uniquement pour lui faire découvrir un panel d’émotions fantastiques. Enfin, ça c’était ce que Drago s’était toujours dit, parce que partir vers une idée plus banale et moins romantique ne lui plaisait pas du tout.

Oh bien sûr, cet aspect de sa personnalité était tout à fait secrète, seul ses parents et Blaise en connaissait l’existence. Pour les autres, ses moments d’égarements et ses changements d’humeurs n’étaient dus qu’à une mélancolie étrange qui le plongeait dans un état de contemplation qui en dérangeait plus d’un au début. On le prenait pour un fou un peu, mais avec son statut et sa richesse, Drago pouvait faire ce qu’il voulait. Cette certitude et l’attitude hyper protectrice de ses parents l’avaient rendu capricieux et égoïste. Il ne supportait pas quand les gens ne faisait pas ce qu’il disait, s’il leur ordonnait de ne pas bouger pour apprécier la beauté d’une image ou d’un moment, tous avait intérêt de lui obéir. Personne ne voulait avoir sa subir la colère de Drago Malfoy. Personne sauf Potter.

Potter.

Drago connaissait le goût de ce prénom sur sa langue par cœur. Rugueux, violent, ensanglanté. La vie même. Dans ce qu’elle a de plus fort et de plus grand. Le jeune Malfoy ne saurait encore dire s’il haïssait Potter ou s’il en était fou d’amour. Il n’avait jamais pensé à Potter dans le sens sexuel qu’une relation amoureuse entre eux pourrait avoir. C’était trop étrange d’imaginer leurs corps serrés l’un contre l’autre pour autre chose qu’un combat. Mais son obsession était tout de même très spéciale. Et il lui était arrivé de se dire que si Potter embellissait la violence elle-même, qu’en serait-il du sentiment opposé ?

Tournant la tête vers la gauche pour opposer son regard au rayon Potter, Drago poussa un soupir et rouvrit les yeux.

Blaise le regardait un peu inquiet. Il lui sourit rapidement pour le rassurer.

Regardant dehors il sut qu’il était bientôt arrivé. Une heure encore à peu près avant d’être à Poudlard. Seulement une heure.

Et une question qui secoua son corps en entier lui vint à l’esprit : Potter serait-il là ?

Dès lors, une boule d’impatience et d’angoisse monta en lui. Fusion d’haine et d’amour. De rejet et de besoin. Drago eut l’impression de vivre pour la première fois depuis plus d’un an. Il y avait en lui à présent l’espoir de ressentir de nouveau la Beauté.
Potter…

Poudlard Express, dans un autre wagon, un autre compartiment :

Ron releva la tête vers Harry qui poussait un grognement durant son sommeil. Il l’observa quelques secondes et quand finalement aucun cri ne suivit ce son de voix étrange, il se détendit sur son siège et continua sa lecture. Si d’aucun lui aurait dit qu’un jour il préfèrerait un bouquin plutôt qu’un bataille explosive ou une conversation sur le Quidditch avec son meilleure ami, Ron l’aurait très certainement insulté d’abruti dégénéré. Mais voilà, les choses avaient changé et s’il n’était pas aussi fou de livres que sa tendre amie, il n’en demeurait pas moins qu’il s’était pris d’intérêt pour certains ouvrages. Actuellement, il lisait « Troisième humanité » d’un auteur nommé Bernard Werber. Il dut avouer à Hermione il y a peu qu’il préférait de loin certaines littératures moldus, plus à même de parler des sentiments de chacun et d’émettre des théories sur l’existence des êtres humains, fussent-elles fumeuses que la littérature sorcière qui l’ennuyait par ses lieux communs et qui ne le sortait pas vraiment d’un univers qu’il connaissait déjà.

Ça lui était tombé dessus par hasard ; ce que Georges avait un temps appelé nouvelle lubie  avant de se rendre compte de l’intérêt grandissant qu’avait sa tête de mule de petit frère pour ces littératures aussi hétéroclites qu’obscures à ses yeux ; il avait trouvé sur le chevet d’Hermione, un roman sur un orphelin à qui il arrivait des péripéties plus farfelues et parfois atroces les unes que les autres. « Oliver Twist » que c’était. Il mentirait s’il disait qu’il n’avait pas assommé Hermione à force de question sur les différents termes ou situations qu’il ne comprenait pas. Bien que très heureuse au début, elle en avait vite eu marre et avait offert à Ron un dictionnaire et quelques livres d’histoires moldus qui lui avait permis de mieux appréhender cet univers étrange et inconnu que son père adorait. Père qui lui avait d’ailleurs très rapidement piqué les dits ouvrages une fois que Ron les eut de moins en moins utilisés. Ce petit Oliver Twist qu’il avait trouvé fascinant et qui lui avait rappelé sous quelques angles la vie bien difficile et solitaire de son très cher meilleur ami, l’avait accompagné pendant plusieurs semaines durant.

En parlant de meilleur ami, Ron avait du mal à présent à définir la relation qu’il avait avec Harry. Ils s’étaient éloignés au fil des derniers mois. Et Ron avait beau savoir que celui-ci passait une très mauvaise passe, il avait du mal à lui pardonner les mots durs qu’il pouvait avoir ainsi que ses colères injustifiées. Et il devenait de plus en plus compliqué de communiquer entre eux. C’était comme si un mur invisible et qui s’épaississait de jour en jour, s’était mis en travers de cette route qu’ils partageaient ensemble depuis des années. Hermione lui disait qu’il lui fallait être patient, qu’Harry avait besoin de temps et de tendresse pour réussir à passer outre tout ce qui lui était arrivé. Ron voulait bien, mais il trouvait injuste le fait qu’il faille sans cesse ménager la princesse quand lui devait gérer à lui seul ses changements d’humeur, la détresse de son amante et ses propres douleurs.  Il trouvait son attitude ingrate et en même temps il s’en voulait d’attendre d’Harry plus qu’il ne lui donnait déjà. Il oscillait entre ressentiments et culpabilité avec son meilleur ami. Parfois il aurait juste aimé lui filer une bonne grosse baffe pour lui remettre les esprits en place. Mais il savait que cela n’aurait servi à rien. Mais Merlin qu’est-ce que cela lui ferait du bien à lui !  

Il tourna son visage vers son amante et la contempla quelques minutes. Ron n’arriverait sûrement jamais à trouver les mots justes pour définir les sensations qui l’envahissaient quand son regard se posait sur elle ou quand leurs mains s’accrochaient l’une à l’autre pour ne se lâcher que par obligation. C’était une sorte de plénitude incroyable qui le remplissait et le vidait tout à la fois. Comme si à chaque frôlement ou chaque regard il renaissait et en même temps mourrait d’un trop plein d’amour. Il n’y avait pas de mots pour ça. Amour, ça voulait tout et ne rien dire après tout. On aimait un frère comme on aimait une pomme comme on aimait la femme de sa vie. C’était un mot simple, efficace pour décrire un attachement. Mais pour décrire un sentiment, ce mélange d’émotions grandioses et étourdissantes qui le prenait à la gorge, au cœur, au corps, à l’âme avec Elle, c’était autre chose. Quand Ron lui disait je t’aime, il avait l’impression grotesque de lui mentir. Il ne l’aimait pas, elle faisait partie intégrante de sa vie, de son univers, de son être. Elle était Lui, Il était Elle. C’était être. En entier. Complètement.

Au début cela l’avait terrorisé. Il s’était sentit aspiré par des émotions toutes plus fortes les unes que les autres qu’il n’arrivait pas à comprendre ou à entendre car elles étaient là toutes en même temps. C’en était presque douloureux parfois. Et avec le temps, il en était devenu accro, c’était Hermione. En lui, à ses côté, devant, derrière, partout. Tout le temps. Même éloignée. Bon, évidemment, ils se criaient toujours autant dessus et parfois se tiraient la gueule pendant des heures. Mais ça n’allait jamais au-delà, ils avaient vite compris qu’ils n’arrivaient à rien l’un sans l’autre. Ron poussait Hermione dans ses retranchements et l’obligeait à aller toujours plus loin et Hermione poussait Ron à découvrir cette intelligence d’esprit qu’il cachait au fond de lui et dont il ne se serait jamais cru capable auparavant. C’était comme ça entre eux, ça l’avait toujours été en fait, la seule différence était qu’auparavant, aucun des deux n’étaient prêt à accepter totalement ce lien indéfinissable qui faisait d’eux ce qu’ils étaient vraiment.

Posant la main sur l’épaule de sa bien-aimée, Ron la vit se retourner en souriant doucement et venir se blottir contre lui, sa tête sur son épaule. Soupirant de contentement, elle lui murmura doucement :
« - Nous y sommes bientôt, il me tarde de revoir Poudlard et le professeur McGonagall. »

Ron lui sourit en retour, releva la tête vers la fenêtre, la nuit était tombée maintenant et la vision du festin qui les attendait fit gronder son ventre.

«  - Glouton ! » entendit-il près de son oreille.

Il rit doucement et se pencha de nouveau sur son livre tandis qu’Hermione fermait les yeux.

Pré-au-Lard, quai de la gare, 19 :00

Harry posa le pied sur le quai. Son regard froid et distant se posa sur les alentours. Cela faisait près d’un an qu’il n’était pas venu. D’ici il ne voyait pas la ville, mais il pouvait imaginer sans mal qu’elle avait été reconstruite. Peut-être même modernisée. Sa mâchoire se crispa. Il n’avait plus du tout envie d’être ici. En fait, il ne pensait qu’à repartir avec le train et disparaître à jamais de ce monde. S’envoler, loin, très loin et ne jamais revenir. Ne plus parler à personne, ne plus voir personne, ne plus entendre qui que ce soit, ne plus rien faire à part s’allonger dans un endroit désert et regarder le ciel se mouvoir doucement jour après jour, nuit après nuit. Immuable. Inaltérable. Invincible. Et après mourir. Juste comme ça. Loin de tout, seul. Mais mourir après avoir pu apprécier la beauté du temps qui s’écoule et de la nature qui changeait, se transformait, évoluait sans se soucier le moins du monde des humains. S’il pouvait, Harry se transformerait en pierre. Seulement abimée par le vent et l’eau. Eléments naturels qui n’effectuaient que leur devoir, un devoir sans prétention aucune mais qui était leur raison d’être.

Leur raison d’être.
Toutes choses devaient avoir une raison d’être n’est-ce pas ? Sinon pourquoi existerait-elle ? C’est ce que le « Survivant » se répétait chaque jour. Lui, il avait eu une fonction. Elle avait été assez simple sur le papier. Eradiquer une puissance dévastatrice et monstrueuse en faisant appel à la force de l’amour.

Voilà.

C’était simple comme ça. Mais les petites lignes, que personnes n’avaient pris la peine de lire, sauf peut-être Dumbledore, avaient tout de même indiqué que douleur, horreur, mensonges et trahisons empliraient l’existence d’Harry.

Voilà.

Ca y est, il avait rempli sa fonction. Et quoi ? Maintenant il lui restait quoi ? Si ce n’est une âme froissée, abimée peut-être même anéantie. Il détestait tout le monde. C’était plus fort que lui, comme si toutes ces années passées à quasiment se taire et encaisser sans rechigner toutes ces maudites péripéties qu’avaient été sa vie avaient fini par creuser un trou d’une profondeur inexorable dans son cœur. Il n’arrivait pas à posséder autre chose que la haine maintenant. Tous autres sentiments lui paraissaient fades, sans couleurs, sans forces. Des émotions seulement possédées par du rien.

Harry soupira de dédain et se mit à marcher sans regarder les gens qui le hélaient, tentaient de l’approcher, de le toucher, de le faire revenir parmi eux…Pas un regard, pas une émotion, du rien. Enfin presque. Il y avait bien quelque chose, quelque chose de noir, d’impie, de répugnant qui se collait aux parois de son être et le titillait doucement. Murmurant des choses aussi insensées que véridiques et ravivant les braises de colère et de haine qui emplissait Harry. Sa magie claquait derrière lui comme une cape. « Attention, semblait-elle hurler, je suis dangereuse. Je suis magnifique. Je suis monstrueusement en colère. Ne m’approcher pas. Rester en arrière. Eviter moi. Ayez peur… »

Sans même s’en rendre compte, Harry arriva devant l’un des carrosses menant à Poudlard. Les Sombrals renâclaient doucement, attendant leurs ordres. Auprès de ces créatures hideuses il éprouva un certains réconforts. Les voir était la preuve que ce qui lui était arrivé avait été bien réel. Même si aujourd’hui, les gens refusaient tout simplement d’en parler, faisaient comme si de rien n’était. C’était surement plus simple. Lui aussi avait essayé, mais il n’avait pas réussi. Impossible de sourire lorsque, dès que vous fermez les yeux tant de choses apparaissent, se cachant le jour dans les méandres de votre mémoire. Harry posa sa main sur la tête immense et lourde de l’animal qu’il caressa doucement, ses épaules se relâchant un peu. Soupirant, il se décida à regarder autour de lui et s’aperçût que bien des gens avaient déjà trouvé place dans leur carrosse. Toujours hésitant, il se décida après quelques minutes à faire de même et monta s’assoir contre la fenêtre. Il lui fallait toujours être près d’une fenêtre, sinon il était quasi sûr qu’une crise d’angoisse pointerait le bout de son nez. Observant le paysage tandis que les Sombrals commençaient à avancer, il n’avait nullement remarqué la tête blonde qui l’avait observée avec fascination pour ensuite rejoindre un camarade dans une des barques menant elles aussi au château.

Dans une barque sur le Lac

Blais regarda d’un air contrarié Drago. Il n’avait jamais vu d’un bon œil l’attrait plus qu’étrange voire même malsain que ce dernier avait pour le Binoclard et il avait secrètement espéré que celui-ci ne revienne pas à Poudlard. Il était tout sauf persuadé que sa présence puisse aider le jeune Malfoy et il en avait même la preuve sous les yeux. La main trainant dans l’eau et l’air rêveur, Drago était de nouveau dans cette bulle infranchissable qui le séparait du monde réel. Ils avaient aperçu Potter quelques instants plus tôt  en train de câliner un Sombral. Par ailleurs, comment pouvait-on vouloir toucher ses hideuses créatures ?

À cette pensée, Blaise frissonna de dégoût.

Tournant la tête vers son ami, il lui fit part d’une pensée qui lui restait en tête depuis la descente du train :
« Drago, si jamais tu te sens mal dans la grande salle, fais le moi savoir, je te ferais sortir d’accord ? »

Comme il s’y attendait, la seule réponse qu’il obtint fut le froissement de la main de son ami sur l’eau. Le mulâtre était presque sûr qu’il ne l’avait même pas entendu…Il soupira bruyamment et attrapa la main gauche de Drago dans la sienne pour le faire sortir de sa rêverie. Cela eut l’effet escompté :
«  Tu m’as parlé ? fit-il de sa voix traînante, je suis occupé là. »

L’air froid et distant que le blond lui renvoya lui donna la furieuse envie de le gifler. Drago pouvait être la personne la plus désagréable du monde quand l’envie l’en prenait.

« Occupé à quoi ? À risquer de te faire avaler la main par un Stangulot ou à penser au Petit Pote Potter ? « Répondit-il sèchement.

Reprenant son calme il recommença à parler :
« Je te disais : si tu te sens mal dans la Grande Salle, fais-moi signe. Je me doute que ne veuilles pas vraiment que tout le monde te vois faire une crise d’angoisse en plein milieu du repas. C’est tout, tu peux retourner à tes pensées. »

Lâchant aussi brusquement la main de son ami qu’il l’avait prise, Blaise tourna sa tête dans le sens opposé, la mâchoire crispée. Il n’aurait pas dû parler ainsi à Drago, au final, celui-ci n’avait rien fait d’incriminant. Mais rien que d’imaginer son ami perdre le contrôle devant toute une foule le stressait, le Blond pouvait devenir ingérable dans ces moments-là. Et si jamais cela devait arriver, tous les efforts que les parents Malfoy et lui-même avaient fait pour faire sortir le fils prodigue du manoir n’aurait servi à rien car Drago risquait fortement de se renfermer encore plus sur lui-même et de courir s’enfermer chez ses parents à double tour…Et Narcissa avait bien dit à Blaise qu’elle comptait sur lui pour que cela n’arrive jamais.

Narcissa, c’était une personne vraiment spéciale. Elégante, intelligente, tendre mère mais d’une cruauté ahurissante envers tous ceux qui ne faisaient pas partie de sa famille…la seule raison pour laquelle elle s’était montrée avenante avec lui venait du contrôle que le mulâtre avait acquis au fil des ans sur les émotions de Drago. C’était tout. Bien sûr, il ne doutait pas qu’au fil du temps, elle s’était prise d’affection pour ce tout nouvel orphelin qui avait gravité dans son univers durant des années. Mais elle restait une Malfoy, Serpentarde de surcroît. Je te donne mais en échange tu me donnes aussi. C’était ainsi, Blaise l’avait très vite compris et de toute manière, ses parents avaient bien su…l’éduquer sur ce principe. Et, même s’il ne pourrait jamais remercier financièrement les parents de son ami pour leur générosité, il savait que maintenant une autre mission lui avait été confiée par eux.

Depuis leur rencontre lorsqu’il avait sept ans, les deux garçons avaient été inséparables. Blaise protégeait Drago et Drago ouvrait Blaise au monde. Leurs caractères pourtant si opposés étaient ce qui les avait rapproché. Mais maintenant…maintenant Blaise ne savait plus si leur amitié était toujours réelle ou s’il n’était plus que l’infirmier particulier de l’esprit fragile et étrange de son ami. La solitude écrasante que la mulâtre ressentait depuis près d’un an ne semblait pas affecter le Blondinet. L’empathie n’était pas vraiment une qualité que possédait Drago, mais avec Blaise il avait toujours fait des efforts même si c’était bien souvent maladroit. Mais à présent, sans parents, sans argent et sans avenir, Blaise se retrouvait seul avec lui-même à devoir faire face à la vie tout en tentant de protéger Drago des autres et de lui-même. C’était éreintant. En plus de cela, les Malfoy lui avait bien fait comprendre sur le trajet de Londres que faire attention au blond était sa priorité, c’était quelque chose qu’il leur devait. « N’est-ce pas ? »

En repensant au regard lourd de sous-entendus de Narcissa, Blaise se crispa encore plus. Il voulait aider Drago, mais il devait aussi tenter de se relever. Actuellement, réaliser ses deux actions lui semblait impossible…

Il leva les yeux vers le château qui se rapprochait de plus en plus et ferma les yeux en soupirant de dépit. C’est alors qu’il sentit une main froide et fine se glisser dans la sienne. Relevant les yeux, il croisa le regard d’acier de Drago. Celui-ci tenta un sourire qui se voulait réconfortant mais qui ressemblait davantage à un rictus bizarre qu’autre chose. Souriant plus franchement, Blaise amena la main de son ami à ses lèvres et la baisa.

« Moi aussi je t’aime murmura-t-il doucement, à nous deux on peut y arriver »

Sans un mot Drago hocha la tête et, rassuré sur l’humeur de Blaise, replongea dans les méandres de son esprit…

« Finalement, pensa Blaise, peut-être ne suis-je pas si seul que cela ? »

Poudlard :

Hermione écarquilla les yeux face à la magnificence du château. Toutes ces lumières, ces formes, cette magie qui crépitait dans les airs l’emplissaient toujours autant de ce sentiment de bien-être qu’elle avait pensé ne plus jamais retrouver. Elle avait l’impression fantastique mais étrange d’avoir de nouveau onze ans et de venir ici pour la première fois.

Pour la réouverture, McGonagall avait fait les choses en grand, de fantastiques décorations toutes plus grandes et folles les unes que les autres ornaient les murs, les plafonds et même le sol. Certaines dalles en effet, faisait jaillir des poussières lumineuses lorsque quelqu’un marchait dessus, changeait de couleurs ou encore matérialisait des formes vaporeuses d’animaux fantastiques. C’était comme un rêve éveillé. Les yeux écarquillés, Hermione souriait à pleine dents et trainait les pieds en retardant son arrivée à la Grande Salle afin de rester aussi longtemps que possible parmi ces beautés incroyables.

En voyant Ron s’impatienter à ses côtés, elle ria et lui dit doucement :
« Pars devant, garde moi juste une place, je viendrai dès que j’en aurai assez du spectacle. »

D’abord réticent, l’appel de son ventre fit avancer Ron vers sa salle préférée. La brune le regarda partir avec indulgence. Le brouhaha qui régnait autour d’elle lui donna l’impression d’être enfin rentrée chez elle. Elle appuya sa main sur l’un des gigantesques murs. Sur ses pierres volaient çà et là des formes animales, des spirales, des couleurs vives…tant de vie et de magie. Posant sa tête pleine de merveilleux souvenirs sur le roc froid elle se mit doucement à rire. De sa main elle en caressa la surface et sentit sous ses doigts les marques des années passées. Elle pensa au fait qu’elle devait paraître bien étrange aux yeux des autres, à presque embrasser un mur de ses bras, le front collé dessus et riant bêtement. Mais pouvaient-ils seulement comprendre ? La dernière fois qu’elle avait vu cet endroit, il était encore grouillant de fantômes et de cicatrices, le revoir ainsi, grandiose, pur et immense, son âme en sautait de joie.

Lorsqu’il n’y eut presque plus personne à arriver, elle se recula du mur en soupirant. C’est alors qu’elle les vit, Malfoy et Zabini. Cela lui fit l’effet d’une douche froide. Le mulâtre s’arrêta près d’elle surpris lui aussi. La frisée remarqua immédiatement deux choses : premièrement, Blaise tenait fermement la main de Drago dans la sienne comme si celui-ci pouvait s’envoler à tout moment et deuxièmement, le Blond semblait complètement ailleurs, il observait ébahi les murs de Poudlard avec de grands yeux d’enfants : perdu mais émerveillé.

Ils restèrent là tous les trois quelques secondes comme hors du temps, mal à l’aise pour deux d’entre eux et complètement détaché pour le troisième. Ce fut Blaise qui brisa le silence :
« Ravi de voir que tu vas bien Granger, je ne me pensais pas que tu serais revenue…. »

Voyant que celle-ci ne répondait pas, il ajouta : « Bon ben…bonne soirée en tout cas. »

Il se tourna ensuite vers son ami et lui fit doucement :
« Tu viens ? On ne peut pas louper la répartition…Drago ? »

La Blond se retourna pour regarder son meilleur ami, semblait enfin remarquer la présence de celui-ci.

« J’arrive »

Il aperçut alors Granger et, la surprenant lui dit : « Oh, bonsoir. »

Il l’observa des pieds à la tête et lui fit :
« Je me suis souvent mal comporté avec toi, ça m’amusait beaucoup de te faire souffrir, c’était ce genre d’émotions que je recherchais avant. Maintenant je veux voir d’autres choses et tu ne m’intéresses plus vraiment. Alors, bonne soirée. »

Et ses yeux se vidèrent à nouveau. Blaise regarda Hermione d’un air gêné.

« Hum, il est comme ça depuis, enfin, tu sais quoi… »

Ne la voyant toujours pas répondre, il haussa les épaules et partit, toujours en tenant Drago, vers la grande Salle.


Hermione regarda l’étrange duo partir sans trop savoir comment réagir. Malfoy s’était presque excusé, enfin pas vraiment mais ça y ressemblait. Seulement, sa dernière phrase, elle ne voulait strictement rien dire !? Si ? C’était assez incompréhensible. Milles questions fusèrent dans son esprit et aucune réponse ne vint.

Malfoy…Hermione ne pouvait pas nier l’attrait qu’elle avait toujours eu pour ce garçon. Il n’était pas vraiment beau, enfin sauf si on aimait le genre grand émincé agaçant et mesquin au visage cassant bien sûr. Mais c’était cette sorte d’aura qui émanait de lui, Drago était un puits d’émotions sans fond. Quoi qu’il fasse, fut-ce le pire, c’était toujours à fond. Haïr, mépriser, se moquer, marcher, courir, être terrorisé…Petit roi d’une cours de sujet puérils et racistes. Le roi des cons pas si con finalement, et peut-être même plus sensible qu’il n’y paraît.  Elle se demanda comment Harry allait réagir face à lui. Surtout face à cet étrange personnage qu’il semblait être devenu. C’est alors qu’elle se rendit compte qu’elle n’avait même pas répondu à Zabini. Elle se mordit l’intérieur de la joue, un tic qu’elle avait depuis plusieurs années maintenant, il fallait qu’elle répare cela. Le mulâtre avait tenté d’être aimable le moins qu’elle puisse faire était de lui rendre la pareille.

Se rendant soudain compte du temps qu’elle avait passé devant le mur, elle se hâta de retrouver la Grande Salle. Une fois les portes passées, elle rougit sous la pression des regards qui se posèrent sur elle. Repérant rapidement son flamboyant petit ami elle s’assit près de lui et, chercha Zabini du regard.

Elle lui fit un petit sourire qu’il accepta d’un rictus et d’un hochement de tête avant de retourner son attention sur un Drago qui semblait particulièrement mal à l’aise. Tournant la tête, elle repéra Harry au bout de la table, enrobé d’une aura noire. Cette vision la rendu incommensurablement triste.

« Harry…pensa-t-elle, pourquoi es-tu toujours comme ça ? »

Peu de temps après, les premières années entrèrent, minuscules petits bonhommes aussi impressionnés qu’excités. Et la répartition commença…

Table des Professeurs :

Minerva observa attentivement l’arrivée de ses élèves. La répartition finit, son regard se posa sur les septièmes années présents. Facilement reconnaissables de par leur physique et leurs étranges attitudes.

Prenant une grande inspiration, la nouvelle directrice de Poudlard se leva, obtenant quasi instantanément le silence. Seuls quelques Griffondors récalcitrants continuèrent quelques instants leurs discussions mais un regard noir plus tard et plus aucun son ne sortit de leurs bouches.

« Bonsoirs à toutes et à tous. Je vous souhaite la bienvenue à l’école de sorcellerie de Poudlard. »

Quelques applaudissements joyeux suivirent la phrase mais un pincement de lèvre plus tard et le calme revenait de nouveau :
« Un an s’est écoulé depuis la Grande Guerre. Comme vous le savez, le combat décisif s’est produit ici-même, dans cette école. »
Minerva avisa les regards qui se firent d’un coup plus sombres mais continua :
« Nous avons mis un an à rebâtir le château, à lui redonner vie.
C’est pourquoi, je voudrai que cette nouvelle année dans ce château reconstruit et embellit soit pour vous aussi, une occasion de grandir et d’évoluer. Nous sommes passés par des moments pénibles, certains d’entre vous ont perdu des proches ou connaissent des gens qui ont particulièrement souffert durant la guerre. C’est pourquoi, j’attends de vous courage, détermination, force et intelligence.
Vous incarner tous le futur de notre nation et il n’est plus question de laisser passer des sentiments aussi vils et vains que la haine et l’incompréhension. Je ne tolèrerai aucun manquement au règlement de cette école, vous vivez ici en communauté. Que vous ayez des inimités est normal mais cela ne veut pas pour autant dire que vous devez vous laisser emporter à faire ou dire n’importe quoi sous prétexte qu’untel a dit ceci ou cela.
Je veux que vous regardiez le visage de vos voisins, camarades de classes, professeurs, amis, famille, ennemis… Regardez les bien, voyez plus loin que ce que vos sentiments ou votre vécu vous poussent à voir. Chaque personne en face de vous est un être humain. Qui vit, qui pense, qui ressent. Ne l’oubliez pas.
Nous avons par le passé, commis l’erreur de ne pas tenir assez compte des impressions et du ressentit de chacun, nous avons vécu enfermé dans l’illusion redoutable que plus rien ne pouvait nous atteindre. Que cela ne pouvait arriver qu’aux autres…
Alors cette année, j’aimerai que tous vous vous remettiez en question et commenciez à voir le monde tel qu’il est, parfois dur et implacable, mais également remplit de beauté et d’espoir.
Vous êtes tous ici pour grandir, découvrir, évoluer, apprendre. »

Posant son regard sur la foule d’élève qui la regardait solennellement, elle sourit doucement :

« Je vous souhaite à tous une merveilleuse année à Poudlard, bon appétit ! »

Levant ses mains, la nourriture apparut sur les tables de Poudlard et la Grande-Salle se remplit alors de cris extatiques des premières années et des soupirs de contentement des plus vieux.

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Les mains croisées devant son visage, Harry fronçait les sourcils tout en réfléchissant et analysant l’immense mélange de sentiments qui le possédait. Le discours de MacGonagal avait éveillé en lui une colère sourde au début. Et puis, d’autres émotions qu’il n’arrivait pas à comprendre l’avaient pris à la gorge. Inspirant profondément dans le but de s’éviter une crise de colère publique, il jeta un regard à la table des professeurs. La directrice souriait et discutait avec un Flitwick particulièrement énergique à sa droite.

Son attention se posa plus particulièrement sur la nouvelle professeure de DFCM, Minerva leur avait dit son nom à la consonance étrangère mais il ne s’en souvenait plus. Elle possédait de longs cheveux frisés bruns qui lui tombait au creux des reins. Elle aurait pu être jolie mais son visage long et ses yeux globuleux lui donnait un air un peu étrange qui mettait Harry très mal à l’aise. Et lorsque le regard noir de jais de ladite professeure rencontra le sien, Harry se sentit sondé jusqu’au tréfonds de son âme. Se raidissant inconsciemment, il le soutint et ce n’est que lorsqu’elle lui sourit doucement et retourna son attention sur le nouveau professeur de potions qu’il se remit à respirer correctement.

Tentant de reprendre contenance, il se concentra sur la nourriture se trouvant sous son nez. Se servant une part plutôt mince, il commença à manger.

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Totalement indifférent au discours de MacGonagall, Drago gardait les yeux fixés sur ses mains. Il se concentrait sur sa respiration.

« Inspirer. »
« Expirer. »
« Inspirer. »
« Expirer. »

Il observa ses mains trembler et dans sa volonté de ne pas montrer son trouble, les cala sous ses cuisses. À présent il fixait son pantalon comme si c’était la chose la plus importante du monde.

« Ne pas paniquer. Ne. Pas. Paniquer. »

Il ferma les yeux aussi fort qu’il le put, tentant vainement de trouver refuge dans les méandres de son esprit estropié. Mais le joyeux brouhaha qui l’entourait le ramenait sans cesse à la réalité.

« C’était une mauvais idée dès le départ, je ne vais jamais tenir, je ne vais pas y arriver, je ne vais pas y arriver. Mais qu’est-ce que je fais là par merlin. Au secours, sortez-moi d’ici je vous en prie ! »
Il secoua vivement la tête :
« Reprends-toi Drago, souviens-toi de qui tu es ! Souviens-toi ! »

« Inspirer. »
« Expirer. »
« Inspirer. »
« Expirer. »

Tandis qu’il sentait venir une crise d’angoisse mémorable, Drago sentit une main se poser sur sa jambe, ramenant son attention sur celle-ci.

Grande et large : masculine.
Manucurée : aisée.
Noire et chaude : Blaise.

Un soupir de soulagement s’extirpa de sa bouche tandis que ses yeux se fermaient quelques secondes pour mieux apprécier la relaxation de son corps. Attrapant la main de son ami d’enfance, il la serra de toutes ses forces.

« - Tu devrais manger quelque chose Drago, ça fait des heures que tu n’as rien avalé et ça ne va pas t’aider. «

Le mulâtre servit au blond une part de ragoût sentant délicieusement bon et l’obligea d‘un regard sévère à se nourrir.

Levant les yeux au ciel, Drago se saisit de sa fourchette et força sa gorge encore serrée à avalée deux trois bouchées. Mâchant lentement et tenant toujours la main de son ami dans la sienne, il osa enfin regarder autour de lui avec plus d’attention. La plupart des élèves étaient euphoriques, riaient à gorges déployées, discutaient joyeusement ou mangeaient avec avidité. Comme Ronald Weasley. Drago posa quelques secondes son regard sur celui qu’il avait longtemps considéré comme un moins que rien. Toujours aussi roux, le visage aussi parsemé de tâches de sons qu’avant, cette même manière de manger, enfin, de se goinfrer… Ca rassurait Drago, de se dire que certains resteraient toujours les mêmes. Plaçant son attention sur la compagne du rouquin, il se dit que Granger, malgré sa drôle de chevelure et ses dents trop longues, était quand même pas si laide au final. Elle portait actuellement un regard attendri sur son amant et ne semblait pas du tout se préoccuper de manger. Ronald Weasley, Hermione Granger. Il en manquait un, ne le trouvant pas collé à ses deux meilleurs amis, le jeune Malfoy finit par se dire qu’il avait peut-être rêvé lorsqu’il l’avait aperçu près des Sombrals. Puis, tournant la tête vers le bout de la table des Griffondors, il le repéra. Les épaules basses, la tête dans son assiette mais ne mangeant pas, Potter était là. Drago sentit son cœur battre lourdement dans sa poitrine.

Poum.
Potter.
Poum.
Harry Potter.
Poum.
Harry Potter est à Poudlard.
Poum poum poum.

Il n’avait pas rêvé.
Un sourire resplendissant se peignit sur ses lèvres.

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Comment ça on est attaché ?! Comment ça c'est pour l'amour ?!

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