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 Sous la pluie

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Eglantin Grandiflore

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MessageSujet: Sous la pluie   Ven 19 Aoû 2016 - 21:56

Sous la pluie
AVEC :Eglantin Grandiflore et Myosotis Magouille
PRIVÉ / PUBLIC : Privé
DATE : 20 mars



C'était une journée froide et pluvieuse de mars. Tout la matinée la grêle avait recouvert les pavés des longues rues désertes de Mysteria Lane. Accoudé à la fenêtre, Églantin avait attendu que le ciel calme sa sombre colère, l'air pensif.
Quelques passants avaient osé s'aventurer dehors mais pas bien longtemps. Pour ramasser un journal déposé à la va-vite sur un perron ou alors permettre à un chat trempé jusqu'aux os de réintégrer son foyer chaud et aimant. Seul le bruit sourd des grêlons sur les toits métalliques et tintant contre les vitres froides venait briser la douce quiétude du matin.

Le froid pénétrait dans le petit appartement mal chauffé. Le jeune homme avait fait le choix de prendre le premier logement miteux qu'il avait trouvé, afin de ne pas se faire trop remarquer au sein de ses voisins. L'immeuble était essentiellement habité par des étudiants d'une pauvreté extrême ou qui cherchaient à fuir le doyen et ses taxes exorbitantes. Quelques gammas signifiaient leur présence à l'aide d'une épaisse fumée verdâtre et odorante au premier étage, mais rien de bien dérangeant pour qui était habitué. Et habitué, il l'était avec toutes les senteurs végétales auxquelles il avait été confrontées dans son enfance et adolescence, près de sa mère Chanterelle.
Ce froid glacial traversait son gros chandail gris, lui hérissant les poils sous un frisson significatif. Il essaya de ranimer le feu artificiel qui lui servait de chauffage d'appoint, sans résultat.

Un soupir de fatigue s'échappa discrètement de ses fines lèvres, tandis qu'il se levait pour se resservir une tasse de café fumant, seule chose encore à une température acceptable ici. Il sentit le liquide bouillant lui couler dans l'oesophage jusqu'à son estomac, diffusant une agréable chaleur réconfortante.

Son regard se tourna ensuite sur le tableau en liège qu'il avait installé en face de son canapé, là où tout moldu digne de ce nom aurait mis une télévision. De nombreuses photographies et notes griffonnées en vitesse y étaient accrochées, reliées par des fils de couleurs différentes. Tous les fils se séparaient en trois directions : la première menaient à un jeune homme inconnu, une cigarette à la bouche, l'air peu commode. La seconde reliait à une image à moitié cornée et déchirée du Doyen Magnus Magouille -qui portait fort bien son nom-, sûrement trouvée dans le premier canard du campus. Et la troisième menait à une jeune fille aux cheveux verts, l'air morose et une certaine tristesse dans ses yeux foncés. La photo n'était pas récente, les couleurs étaient même passées depuis quelques années, mais elle était encore en parfait état. Comme un trésor pour Églantin. Une des rares représentations papier de sa sœur aînée, Myosotis Grandiflore. Ou Magouille comme il fallait l'appeler maintenant.

Après un petit moment à fixer le tableau, le jeune homme attrapa l'image qu'il glissa dans la poche arrière de son jean sombre. D'un geste las, il enroula une épaisse écharpe autour de son cou pâle qui, involontairement, faisait ressortir ses cernes violettes et creusées. Il était venu à la WOW University pour apprendre à connaître sa sœur mais il ne dormait pas beaucoup depuis que la rumeur disait que celle-ci était décédée le soir de la Saint Valentin, en même temps qu'un autre élève. Depuis, il la cherchait partout, notant chaque information, même minime, sur un bout de papier qui allait rejoindre ses confrères sur le tableau en fin de journée.

Une fois son long manteau enfilé, il sortit de son appartement, descendit les escaliers bringuebalants à pied et commença à marcher dans les rues pluvieuses. Un sort d'impervius n'aurait peut être pas été de trop, mais il avait laissé sa baguette chez lui. Si il faisait demi-tour, il n'aurait jamais le courage de ressortir. D'une démarche souple, il remontait les allées et rues, essayant de poser des questions aux sorciers et sorcières qu'il croisait, lesquels en général n'était pas très utiles. Ou alors ne comprenaient pas son fort accent français. Ou alors peu élogieux sur le mode de vie de sa sœur. Et encore moins sur le Doyen, mais ca, il pouvait le comprendre. Lui même ne le portait pas dans son cœur, et pas seulement à cause de son horrible moustache.

Pendant de longues heures, il tourna sur le campus, à la recherche d'informations, comme le jour précédent, et le jour d'avant, et le jour d'encore avant. Le français était à la limite de l'abandon quand une brève lumière verte lui attira l'œil. Comme un éclair. D'un seul coup, il se retourna, cherchant d'où cela pouvait provenir. Une silhouette mal assurée marchait dans la direction opposée.

"Myosotis...?" S'interrogea-t-il.

La femme, car la silhouette semblait bel et bien féminine, ne s'arrêta pas et continua sa course stressée et angoissée. C'était l'impression qu'il avait. Mais il ne pouvait pas laisser passer cette chance. Il fit donc volte face et partit à la poursuite de cette jeune femme. Il avait l'intime conviction qu'il s'agissait de sa sœur, sans pouvoir se l'expliquer. Comme une prémonition. Comme... Si il le savait depuis des années.

Cependant, cette personne devait avoir l'impression d'être suivie. Pour cause : elle changeait de trottoir, tournait à droite, puis à droite, puis encore à droite.  De même à gauche. Pourtant, il essayait de se faire discret, mais quand on ne connaît pas les lieux, il est difficile de laisser un écart immense entre soi et la personne que l'on suit.
Leur périple se termina dans une ruelle. Sombre et humide. Et cela n'était pas uniquement dû à l'orage qui tonnait toujours. L'eau coulait le long des cheveux bruns du garçon, laissant les gouttes finir leur course folle sur son visage ou son écharpe.

La jeune fille avait brandit sa baguette devant elle, pointée sur le jeune homme.

"Tu veux quoi ?! S'exclama-t-elle, menaçante et légèrement tremblante.
"Myosotis...?" Tenta Églantin, à la fois soulagé et inquiet.




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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Dim 21 Aoû 2016 - 23:13

Une pluie lourde martelait le campus, à coup de grosses gouttes glaciales. Myosotis la laissait couler sur elle, et assombrir en un vert sapin les mèches de cheveux qui dépassaient de sa capuche noire.

Cette averse hargneuse lui remémorait celle, plus vivace encore, sous laquelle elle avait réalisé avec douleur qu'elle était amoureuse de Magnus Magouille. Cela lui semblait s'être passé il y a une éternité... et pourtant, ça ne datait de quelques mois à peine. Les mois les plus longs et les plus étranges qu'elle n'avait jamais vécu, indubitablement.

Elle soupira et se remit à marcher d'un pas lent, ignorant l'ondée qui fouettait son visage.

Cela ne faisait que quatre jours qu'elle était revenue à la vie. Et Dieu... qu'elle était lasse. Lasse, et seule. Et transie d'une tristesse infinie. Enfermée tout ce temps dans la chambre miteuse qu'elle squattait autrefois dans le QG citrouillé des Gammas Phi Orties, elle avait attendu. Attendu quelque chose, sans savoir quoi. Sa fin peut-être bien ; elle l'aurait accueilli avec soulagement.

Elle avait pleuré jusqu'au tarissement de ses larmes. Elle avait pleuré le froid mortel qu'elle ressentait en elle, glacial comme la peau du cadavre qu'elle avait été, glacial comme l'absence de Magnus dans la chaleur de son lit. Ce n'était pas que son amour qu'elle avait abandonné : c'était sa raison de vivre. Elle s'était vidée de ses sanglots, ne s'accordant comme répit que de brefs sommeils, dont elle se réveillait désemparée. Avec un avenir perdu, un mari en moins, et tout le reste de la route à faire, seule.

Car tel était son choix.

Car elle n'avait plus le choix.

   

FLASHBACK !

16 Mars – Forêt de Mysteria Lane

Tout était confus.

Il n'y avait rien, et voilà qu'un kaléidoscope de sensations s'emparait d'elle. Un parfum sauvage de nature ; les vrilles lointaines d'oiseaux moqueurs. Des sens qui s'éveillaient à nouveau. C'était familier, presque normal ; et bien trop intense à la fois.

Myosotis était allongée sur un lit de feuilles, les cheveux éparpillés dans la terre et le lichens, nue. Mais ce n'était pas sa nudité qui la frappait de stupeur : c'était le cœur qu'elle sentait battre la chamade sous sa poitrine. C'était le sang qui pulsait à ses tempes, et à ses poignets. C'était sa peau pâle, qui se perlait de chair de poule sous la fraîcheur trop intense. C'était la vie ! Qu'elle ressentait dans chaque fibre de son corps engourdi ! Elle était vivante ! VIVANTE ! C'était impossible ; elle le savait : plus tôt, elle était... morte.

Elle ne l'était plus. Elle était trop assommée par cette idée pour s'en réjouir ou s'en affoler.

Elle se releva, s'épousseta, se mit en marche, pieds nus, comme un automate.  Ses membres frigorifiés, sa tête enfiévrée. Elle se souvenait du bal de la Saint Valentin. Elle se rappelait de Titus, et de Magnus. Du Sectumsempra, et du sang. Tellement de sang...

Des éclats de voix la firent sursauter, et, prenant pleinement conscience de sa nudité et de son indécence, elle se plaqua contre le tronc d'un gros chêne.

Deux silhouettes passèrent devant elle sans même la remarquer ; l'une était grande, mince et chapeautée ; l'autre bien plus petite et replète. La dryade les reconnut en une fraction de seconde.

- M.. Magnus, je vous assure, j'étais pourtant certain que la tombe de votre épouse se trouvait par ici ! bégaya Hippolytain Saussurus, une lourde pelle à la main.

Le Dr Magouille plissa les yeux, en regardant vaguement aux alentours :

- Peu importe, siffla-t-il.

Il fit une pause, et reprit finalement, d'un ton presque badin :

- C'est une bonne chose que Myosotis soit morte.

- Réellement ? s'étonna le petit sorcier bedonnant, en tentant de suivre le rythme imposé par son patron.

Le regard sans émotion de Magnus toisa son interlocuteur :

- Elle était mon unique faiblesse, Saussurus. Désormais, je n'en ai plus la moindre. De fait, sa mort est la meilleure chose qu'il pouvait m'arriver !

Le Doyen partit d'un petit rire satisfait en se lissant le bout de la moustache ; son sous-fifre, lui, parut plus hésitant.

- Je... je suppose... ?

Les deux s'éloignèrent, sans un mot de plus.

Myo suivit son amour du regard, comme hypnotisée. Troublée. Frissonnante. Elle resta figée, gardant entre ses lèvres les mots qu'elle aurait voulu lui crier, pour le retenir.

Mais elle resta mutique, immobile, durant une éternité, laissant les minutes, les heures glaciales passer entre ses jambes pétrifiées.

Il la pensait morte.

Il la pensait morte, et était persuadé que c'était là une bonne chose.

Et il avait raison.

IL-AVAIT-RAISON.

Cette évidence fit trembler Myosotis plus sûrement que le vent glacial qui lui transperçait les os.

Sans elle, il était intouchable. Sans lui, elle était... Qu'était-elle, au juste ? Qui était-elle ?!

Elle réprima un sanglot, l'oeil hagard.

Plus que quiconque, Magnus et elle étaient fait l'un pour l'autre. Et qu'en avaient-ils récolté ? La jalousie. La haine, et la douleur. La mort parsemait leur relation, et le ferait à nouveau, si Myo retournait vers lui. Elle était éclaboussée du sang de ceux qu'elle avait tué pour lui ; ses mains à lui étaient trempées de son sang à elle. Ça recommencerait, encore et encore ; c'était inéluctable.

Sauf si elle restait morte, aux yeux de Magnus.

Alors que son cœur se brisait dans sa poitrine, et que des larmes chaudes mouillaient ses joues pâles, ce qu'elle devait faire devint une évidence...

     


Sous cette pluie battante, en repensant à quel point sa décision lui faisait mal, la française aux cheveux verts en riait, amèrement.

Elle riait, et son cœur pleurait les larmes que ses yeux taris ne versaient désormais plus. Parce que Magnus lui manquait, il lui manquait tant, et elle ne le reverrait jamais... alors que pouvait-elle faire d'autre ?

Quelques mois plus tôt, elle avait tout abandonné pour lui. Sa vie, sa volonté, son amour-propre, ses amis. Elle avait balayé ses projets d'avenir juvéniles, pour un futur indéfini avec lui. A l'époque, elle n'avait pas d'argent, ni conviction, ni certitude : elle n'avait que lui. Ça lui suffisait amplement.

Et à présent... elle n'avait plus rien.

C'était la raison pour laquelle elle avait décidé de partir. De fuir, loin, avant de manquer de volonté, et de se jeter tout droit dans les bras du moustachu, le suppliant de la reprendre. Quitter la WoW, quitter le pays, quitter ces fantômes, qui ne la laisseraient jamais en paix.

Mais elle ne pouvait pas partir aussi aisément. Il y avait quelque chose qu'elle se devait de vérifier par elle-même, auparavant. Aussi, elle avait pris les lambeaux de ce qui lui restait de courage à deux mains, et, en prenant soin de ne croiser personne, elle s'était glissée hors du Grand Potiron.

Plus précisément jusqu'à Mysteria Lane, sous une pluie battante et un ciel si gris qu'on aurait cru qu'il faisait déjà nuit.

D'un coup, elle s'arrêta, figée. Comme paralysée par l'appréhension.

Devant elle, s'élevait la petite mansarde dans laquelle vivait Titus Reynolds. Une maisonnette qui ne payait pas de mine de l'extérieur... ni de l'intérieur, à vrai dire, maintenant qu'elle y songeait. Elle avait vécu là pendant un très bref moment, en janvier. Et même si elle ne regrettait ni les lieux, ni la  relation amoureuse foireuse entre Titus et elle...

...elle devait savoir.

Elle se mordilla la lèvre inférieure, nerveusement. Elle se rappelait pas de grand chose, du mois passé... mais elle se rappelait de lui. Vaguement. Elle n'était pas sûre, à vrai dire. Mais une chose l'était, de sûre : Titus avait été aussi mort qu'elle. D'où la question légitime de la demi-dryade : à présent qu'elle respirait à nouveau, était-il vivant, lui aussi ?!

La française s'approcha à pas de loup de la vitre sombre du taudis. Et, le cœur battant, elle tendit le cou... pour mieux reconnaître la silhouette du cowboy, de dos, assis chez lui, devant elle. Vivant.

Instantanément, le cœur de la sorcière aux cheveux verts s'allégea d'un poids, et elle s'autorisa un petit sourire soulagé. Qui se dissipa bien vite, dans sa tristesse. Elle savait qu'elle aurait du aller lui parler. Mettre les choses à plat. S'excuser, peut-être bien. Et lui dire adieu.
Mais c'était juste trop pour elle.

L'orage gronda au dessus d'elle, et son éclat fit sursauter la française. Elle recula machinalement, l’œil écarquillé. Tout était définitivement trop intense, dehors : la pluie glaciale qui redoublait, l'obscurité de ce ciel triste, son cœur affolé qu'elle sentait pulser dans tout son être, de plus en plus rapidement... elle n'avait désormais qu'une envie : rentrer dans la chambre qu'elle s'était réappropriée, et attendre sous sa couette. Dès la fin de l'orage, elle quitterait la WoW pour toujours.

Elle hâta le pas, sur le sol devenu boueux, courant presque, à bout de souffle. Elle paniquait. Elle paniquait ! Et savoir qu'il n'y avait aucune raison à cette panique ne l'aidait pas, bien au contraire !

Elle réajusta sa capuche, et pressa encore davantage son pas, en direction de l'Impasse des Bizuts Pourfendus. Mais il ne lui fallut pas longtemps pour réaliser que quelqu'un la suivait.

Un frisson remonta son échine, et cela n'avait rien à voir avec le froid humide qui s'insinuait en elle. Non, c'était la peur. La peur à l'état pur. Celle que ressentaient les proies, et les fugitifs. Myo grimaça : ce sentiment ne lui était que trop familier.

Du coin de l’unique œil qui lui restait, elle remarqua la silhouette qui se rapprochait. Une silhouette mince et longiligne qu'elle ne reconnut pas. En tout cas, ce n'était pas Titus qui cherchait à lui parler, comme elle avait pu le croire pendant une demi-seconde.

Myo accéléra, tremblante, stressée. Elle était en colère aussi, mais cette colère se dilua vite dans la panique. Elle tenta de le semer, mais l'individu semblait déterminé : il ne la lâchait pas d'une semelle.

Mais la semi-dryade ne s'était pas sortie de tout ce qu'elle avait vécu jusque là, et n'était pas revenue à la vie, pour se faire intimider aussi facilement ! Elle prit sur elle, et se glissa vers une impasse. Et, faisant face à son éventuel agresseur, elle leva sa baguette, et cracha d'une voix qu'elle espérait intimidante :

- Tu veux quoi ?!

- Myosotis...?

La semi-dryade se raidit, abasourdie. Son œil arrondi de surprise détailla le sorcier devant elle. On aurait dit qu'elle venait de croiser un fantôme. Et de fait, c'était le cas : un fantôme, aux yeux noisettes si semblables aux siens, tout droit sorti d'un passé qu'elle avait enfoui au fond d'elle.

Toujours le même visage fermé, comme un dandy blasé revenu de tout. Le même air grave qu'il avait toujours eu, enfant comme adolescent.

Et qu'il arborait maintenant qu'il était jeune homme.

Elle ne s'attendait pas à voir son frère devant elle. Pas aujourd'hui, pas sous cette pluie idiote, pas après toutes ces années.

- ...Eglantin ? articula-t-elle, sans y croire elle-même.

Une bouffée de nostalgie monta dans sa poitrine, alors qu'elle baissait sa baguette.
Elle était sur le point de le prendre dans ses bras, mais elle se ravisa : elle ne l'avait jamais étreint. Jamais. Elle ne savait pas comment il le prendrait. Il n'avait pas l'air friand de ce genre de familiarité.

La semi-dryade cligna son œil :

- C'est... c'est dingue ! On ne s'est pas vu depuis quand ?

Son frère haussa imperceptiblement les épaules, mutique.

Quoiqu'il en soit, il était toujours aussi peu loquace. Elle lui sourit... et réprima aussitôt son sourire.

Quelque chose n'allait pas. Il y avait comme un décalage entre l'Eglantin aux cheveux trempés, et tout le décor de la WoW autour de lui. Comme si deux mondes qui n'étaient jamais censés de rencontrer étaient réunis soudain, dans la plus grande étrangeté.

Plus qu'étrange : c'était louche.

- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-elle, les sourcils légèrement froncés.

- Qu'est-il arrivé à ton œil ? rétorqua le sorcier.

Répondre à une question par une autre. Myosotis secoua la tête : elle ne l'avait pas côtoyé souvent, c'était certain, mais son frère n'avait à l'évidence pas changé. Elle poussa un bref soupir :

- Ce n'est rien. Ça finira par guérir, mentit-elle.

Eglantin ne moufta pas, ne cilla pas. On aurait dit que ses yeux perçants jaugeaient la dryade, la scrutaient, tentaient de lire à travers elle. C'était plutôt déroutant.

- On devrait parler, finit-il par dire.

Myo hocha la tête. Elle était déstabilisée comme jamais. Elle qui, quelques minutes plus tôt, n'aspirait qu'à quitter cette université, ne savait plus où elle en était.

- Heu... oui. Bien sûr.

La fille-chlorophylle regarda tout autour d'elle. La pluie, plus oppressante que jamais, dégoulinait le long de sa cape.

- Le Stade n'est pas loin, dit-elle de sa voix douce. Il ne devrait pas y avoir beaucoup de monde là bas, vu le temps. Et on pourra y être à l'abri.

Comme pour ponctuer, le tonnerre explosa au dessus de leurs têtes, rageur.






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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Jeu 25 Aoû 2016 - 22:46

Eglantin était incapable de définir la sensation qu'il avait eu en voyant sa sœur devant ses yeux, pour la première fois depuis de trop longues années. Comme si toute sa tristesse et sa mélancolie s'étaient muées en quelque chose de plus sombre et plus profond. D'impalpable. Plein de pensées traversaient son esprit tandis que son visage restait de marbre. Où était passé son œil ? Qu'est ce qui avait tant changé en elle ?

Devant la proposition de Myosotis, il avait opiné du chef silencieusement. La pluie glaciale transperçait son manteau épais. Sa sœur devait être frigorifiée sous sa mince cape. Le tissu collait à sa peau. Il claqua légèrement des doigts pour y faire circuler le sang avant d'enfoncer profondément ses mains dans ses poches. L'hiver se prolongeait beaucoup trop.

Ils avançaient lentement, côte à côte, sans un mot. Un mélange de gêne et d'incompréhension régnait dans l'atmosphère. Chacun avait des interrogations qui grandissaient, attendant de pouvoir poser ses questions, d'obtenir ses réponses. De temps en temps, un coup d’œil, un mouvement vers l'autre se faisait voir, imperceptible. Sans un mot. En silence. Sans doute n'était-ce pas encore le moment de discuter. Peut-être plus tard.

Une fois arrivés au stade, ils montèrent, toujours dans un silence des plus religieux, dans les gradins. Quelques rares courageux bravaient le vent et la tempête pour s’entraîner. La visibilité devait sûrement être aussi bonne que dans une purée de pois. Epaisse. Ils s’assirent, sans ouvrir une seule fois la bouche. Après un bref coup d’œil à sa sœur, Eglantin lui tendit son écharpe, sans un mot. Elle grelottait, c’était plus que visible. Et son manteau à lui était beaucoup plus épais. Il lui suffirait de remonter son col pour couvrir son cou et ce serait suffisant.

Myosotis attrapa le vêtement avec un bref murmure de remerciement avant de l’enrouler d’un geste vif autour de son cou. D’un geste de la main, le jeune homme au visage pâle repoussa quelques mèches folles de devant son visage et tira ses cheveux sombres en arrière, permettant à l’eau de couler plus facilement, pour un instant. Il sentit chaque goutte lui rouler dans le cou, avant de finir leur brève course, absorbées par son chandail. Le silence qui les enveloppait était lourd et pesant.
Eglantin finit par prendre brièvement la parole.

"Tu as l’air d’aller bien."
"Ca va, oui."
répondit Myosotis, d’une voix neutre.

Et plus un son. Seulement le clapotis de l’eau sur les bancs. Myosotis jouait nerveusement avec ses ongles, mordant celui de son pouce incessamment. Son frère cadet lui, tapait légèrement du pied, faisant vibrer une flaque qui s’était formé sur le sol, malgré le toit présent au-dessus de leurs têtes. Après tant d’années sans se voir, le jeune homme avait tellement d’interrogations qui se bousculaient, de choses qu’il voulait savoir, apprendre, qu’il ne savait pas par où commencer.

La jeune fille aux cheveux verts regardait de temps en temps à sa gauche, suspicieuse. Comme si un complot avait été dressé contre elle. Comme si elle ne pouvait pas avoir confiance en son propre frère. Comme s’il n’était là que dans un but précis. Etait-ce parce qu’elle se sentait traquée depuis sa résurrection ? Etait-elle devenue paranoïaque ? Etait-ce juste une impression ? Mais dans tous les cas, il fallait qu’elle en ait le cœur net.
D’un seul coup, elle arrêta de mordre son pouce et se tourna brusquement pour se mettre face à lui.

"Bon ! T’es là pour quoi en fait ?"

Sa voix n’était pas vraiment agressive, mais pleine de soupçons. Il y avait quelque chose de louche. Il n’était pas à sa place ici. Avec ses qualités intellectuelles, il devrait être dans une université prestigieuse, en train de rendre leur mère fière plus que tout. Pas dans cette université de dernière zone. Pas habillé aussi impeccablement. Il y avait vraiment quelque chose de suspect.
Eglantin planta ses yeux noisette dans l’unique de sa sœur, imperturbable. Son visage fermé ne laissait vraiment rien transparaitre. Il était impossible de réussir à lire en lui et cela devait énerver beaucoup de personnes.

"Pour apprendre à te connaître, tout simplement." répondit-il, de sa voix calme et posée, le plus naturellement du monde.

C’était l’entière vérité. Il voulait réellement apprendre à connaître sa sœur. Il avait été très inquiet en apprenant son prétendu décès, ce qui avait causé sa venue ici, mais c’était avant tout pour savoir qui elle était et découvrir son monde. Sa façon de vivre. Sans rester enfermer dans ce que lui racontait leur mère, qui ne portait pas réellement sa fille aînée dans son cœur.

"Ah oui ? Vraiment ?"

L’intonation de sa voix tremblante montrait qu’elle n’était pas dupe, ni convaincue. Elle ne le croyait pas une seule seconde. Il devait y avoir autre chose derrière tout ça.

"Vraiment."assura le jeune français, sincère sur ses intentions.




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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Dim 4 Sep 2016 - 15:02

- Vraiment, avait répété le jeune homme.

Vraiment. Vraiment.

Le mot résonna avec étrangeté aux oreilles de Myosotis. L’œil rivé sur la marche devant elle, la française se mordilla la lèvre inférieure ; ce tic nerveux, qu'elle ne réalisait même pas, prouvait sa grande fébrilité. Car elle était bouleversée.

Elle ne savait que penser de tout ça. Eglantin était-il sincère ? Et si oui... pourquoi ici ? Pourquoi maintenant ?!

Non, elle ne savait pas quoi en penser. Ni quoi répondre. Aussi, elle laissa le silence s'étioler entre eux, bercé par les battements réguliers des gouttes épaisses de l'averse sur les escaliers du stade, qui faisaient écho aux bondissements alarmés de son cœur.

Elle frissonna.

Si les gradins leur offrait une maigre protection contre la pluie battante, ils n'étaient d'aucune aide pour échapper à la température ambiante. La jeune femme à la chevelure verte s'emmitoufla davantage dans l'écharpe que son frère venait de lui prêter. Le parfum de ce dernier y était encore imprégné. Une odeur douce, légère et boisée, résolument masculine. Une odeur perturbante, parce qu'elle la ramenait des années en arrière, brutalement. Parce qu'elle la baignait dans une nostalgie que Myo ne s'expliquait pas. Parce qu'elle déchirait son cœur, et lui donnait le tournis.

Elle aimait son frère. Indubitablement. Mais...

Il y avait tout un monde, dans ce "mais".

Myo tourna son visage blême vers celui tout aussi pâle d'Eglantin, et réalisa que celui-ci la fixait. Immobile, sans ciller. La semi-dryade sentait qu'elle était l'objet de toute son attention. Et ça la plongeait dans un abîme d'incompréhension.

Elle soupira, et se mit à triturer ses mains, nerveusement.

Myosotis s'était toujours sentie proche de Magnus Magouille, et ce, pour d'innombrables raisons. Et la première d'entre elle, était qu'ils partageaient une blessure secrète, profonde, incommensurable : l'absence d'une famille aimante. Un manque commun, qu'ils avaient comblés ensemble, l'un pour l'autre. Magnus était orphelin, et Myo... aurait presque souhaité l'être. Non, elle avait bel et bien rêvé de l'être. Souvent, même.  Durant toute son enfance, durant son adolescence, et même plus tard. Son père était absent et oublieux, sa mère ouvertement hostile. Quant à son frère...

Mmh, comment qualifier son frère ? Inexistant pour elle ? Non, c'était le contraire. Elle était inexistante pour lui. Du moins, c'est ce qu'elle avait toujours cru.

Sauf qu'il était à présent devant elle, la fixant de son éternel regard neutre.

Elle sentit une bouffée d'émotion la submerger. Une sorte de mélancolie, teintée d'espoir. L'espoir que tout cela était bien réel, qu'il l'avait cherchée, qu'il était venu pour elle, pour mieux la connaître, parce qu'il tenait à elle. Mais elle refréna bien vite ces sentiments : non, non, non, elle ne se laisserait pas avoir si facilement. Elle n'était pas si naïve. Ou plutôt, elle ne l'était plus.

Elle avait appris à ne plus l'être.

- Si tu voulais vraiment me connaître, tu aurais déjà pu commencer par répondre aux hiboux que je t'ai envoyé quand notre mère m'a exilée à Beauxbâtons, insinua-t-elle.

Eglantin soutint le regard de sa sœur. Et, de son habituel ton soutenu, presque aristocratique, il articula :

- Je n'ai jamais rien reçu.

Myo bredouilla :

- Heu... Quoi ?

- Et je t'ai envoyé moi-même plusieurs lettres. Restées sans réponse.

La dryade considéra le dandy. Qui n'avait pas l'air surpris, ni même ému. A vrai dire, il paraissait... blasé.

Oui, toujours ce même regard blasé, entre désenchantement et indifférence. Peut-être n'était-ce qu'une apparence pour masquer ses vrais sentiments. Peut-être disait-il la vérité, peut-être qu'il appréciait vraiment sa sœur, qu'il s'inquiétait pour elle et qu'il voulait se rapprocher d'elle.

Mais peut-être, aussi, qu'il avait toujours l'air de se foutre de tout, parce qu'il se foutait effectivement de tout. Et d'elle, en première ligne.

Quelque chose clochait dans toute cette histoire ; Myo n'avait pas encore mis le doigt dessus. Mais lorsqu'il s'agissait de sa famille, une chose était certaine : elle ne pouvait se permettre de faire preuve de sentimentalisme. Pour les Grandiflore, c'était là la pire marque de faiblesse qui soit.

Elle se fabriqua donc un visage grave, pour meubler son trouble, et faire mine d'être sûre d'elle.

- Et je dois te croire sur parole ? ironisa-t-elle.

- Je le crains, oui, répondit d'une voix monocorde le jeune homme.

Et, sans qu'elle ne sache avec exactitude pourquoi, ce fut la phrase de trop. Elle s'emporta :

- Alors qu'est-ce que tu veux savoir ? s'exclama-t-elle, à deux doigts de crier. Ou plutôt, qu'est-ce qu'elle veut savoir ? Parce que ce n'est que ça, le fin mot de l'histoire, non ? Notre chère mère t'a demandé de m'espionner ? Pour le plaisir de se délecter de mon éventuelle déchéance, je suppose ?

Eglantin n'eut pas la moindre réaction physique. Et s'il voulut répondre, sa sœur à la chevelure verte ne lui en laissa pas la moindre occasion, puisqu'elle renchérit aussitôt :

- Dis à Mère que tout va bien pour moi. Je me débrouille très bien. Je n'ai pas besoin de famille, je n'en ai jamais eu besoin.

Elle plissa son œil. Cela lui conféra une allure déterminée... mais également très triste.

- Ma vie me convient parfaitement, fit-elle d'une voix légèrement tremblante.






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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Sam 10 Sep 2016 - 16:18

Dans sa tête, pendant des semaines durant, Eglantin s'était préparé à toutes les éventualités de réponses de sa sœur, lors de leurs retrouvailles. Il ne fut donc pas si surpris que cela lorsqu'elle commença à s'énerver. Non. Il la laissa même aller jusqu'au bout de ses phrases, sans la couper. Comme si il voulait qu'elle laisse sortir tout ce qu'elle avait sur le cœur. Un voile d'étonnement vint assombrir son regard lorsqu'elle lui asséna comme un coup sur la tête, qu'elle était persuadée qu'il n'était là que pour l'espionner pour le compte de Chanterelle.

Myosotis ne pouvait pas avoir plus tord. Des semaines durant, leur mère avait tenté de le convaincre de rester en Australie, de penser avant tout à sa carrière, avant de penser à sa sœur et à ses amours malsains. Pour la première fois depuis longtemps, pour ne pas dire pour la première fois, Eglantin avait décidé de désobéir à leur mère, et de partir malgré tout en Angleterre. Parce que même si il ne le montrait pas, que son visage restait neutre et impassible, il était inquiet. Pas seulement à cause des rumeurs, mais également au vu du passif du Doyen. Il s'était renseigné sur lui et ce qu'il avait appris l'avait d'autant plus poussé à tout abandonner pour venir ici.

Pourtant Myosotis elle, ne semblait pas voir sa venue d'un bon oeil -du seul qui lui restait-. Sa voix tremblante essayait de lui faire croire qu'elle était parfaitement heureuse avec Magnus Magouille. Plus heureuse qu'elle ne l'avait jamais été, mais Eglantin ne pouvait pas se résoudre à la croire. Personne ne pouvait être heureux aux côtés d'un homme tel que le moustachu. Il ne pouvait pas, il ne voulait pas la croire.

"Allez ! Va-t-en ! Va lui faire ton rapport ! Et ne revient plus !" s'exclama enfin Myosotis, la voix toujours tremblante.

Ses yeux sombres étaient toujours fixés sur sa sœur, sans ciller. Il n'allait pas laisser tomber et rentrer chez lui. Pas comme ça. Pas comme si rien ne s'était passé. Il ne voulait pas fermer les yeux face à ce qu'il se passait. Il était hors de question de retourner en France chez sa mère.

"Non." affirma-t-il d'une voix posée.
"Non ?!" s'étrangla Myosotis.
"Je ne partirai pas d'ici."

Comme pour illustrer la colère qui grondait en la jeune fille aux cheveux verts, le ciel se mit à tonner, de larges éclairs déchirant les nuages, terrorisant les quelques courageux sur leurs balais. Le vent soufflait de plus en plus fort, soulevant chaque pan de tissu possible. La pluie s'engouffrait sous les gradins, tel un raz de marée glacial. Serrant ses bras sous son opulente poitrine en cherchant à se réchauffer, Myosotis fulminait. Si il pensait l'avoir si facilement, il se mettait le doigt dans l'oeil. Et plutôt deux fois qu'une.

Comme il avait pu s'y attendre, elle était en colère, très en colère même. Mais il ne savait pas quoi dire pour s'expliquer. De tous temps, la communication n'avait jamais été son fort. Encore moins avec sa famille. Encore moins avec sa sœur ainée. Au fond de lui, une espèce de fierté mal placée ne voulait pas qu'elle comprenne qu'il s'inquiétait pour elle. Comme si cela pouvait démontrer une faille en lui.

"Et je ne suis pas venu ici parce qu'elle me l'a demandé"

Il avait senti le besoin de se justifier, espérant que cela pourrait permettre à sa sœur d'entendre raison, en vain. Elle semblait toujours aussi furieuse. D'un côté, il pouvait la comprendre. Du jour au lendemain, il était apparut dans cette vie qu'elle avait mit du temps à s'approprier au sein de la WOW. Comment penser autre chose que le fait qu'il soit un agent double infiltré ? Avec sa fâcheuse tendance à rester neutre, impassible, à ne pas montrer ce qu'il pensait, il avait tout pour être en mission espionnage.

"Ah oui ? Et bien prouve le !"

Semblant reprendre contenance, elle le regardait à présent d'un air de défi. Elle ne voulait pas se laisser faire par lui. Par leur mère, par leur famille. Par tous en fait. Elle voulait juste qu'on la laisse tranquille.

"Je ne peux pas. Et tu le sais très bien."
"Comme pour les lettres ! Ca t'arrange bien hein !"


Eglantin serrait les dents. Certes, il ne pouvait rien prouver. Il n'avait que sa bonne fois pour lui. Aucun autre soutient. Il détourna la tête en se frottant le visage, de lourdes gouttes de pluie coulant le long de sa mâchoire contractée. Il avait voulu la retrouver à tout prix mais ne s'était pas douté de la difficulté de leurs retrouvailles. Son regard s'était légèrement assombri malgré les efforts qu'il faisait pour ne rien laisser paraître. Il releva le col de son manteau en se levant, avant de mettre ses mains dans ses poches.

"Si c'est ce que tu désires vraiment."

De sa démarche souple, il passa devant sa sœur avant de commencer à descendre les quelques marches qu'ils avaient montées ensemble. En silence, il leva la tête vers le ciel gris et sombre, parfait reflet de leurs sentiments respectifs. Mais il n'allait pas abandonner aussi facilement. Pas maintenant qu'il l'avait enfin retrouvée.




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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Mar 20 Sep 2016 - 17:25

Myosotis fixait en frémissant la longue silhouette de son frère, qui descendait les escaliers devant elle. Chaque marche qu’il franchissait, lentement, lui faisait l’effet d’un coup de poignard en plein cœur.

Dieu, qu’elle se sentait stupide ! Comme ces enfants qui, sous le coup de la colère, criaient l’exact opposé de ce qu’ils pensaient, et ensuite, s'étonnaient de ne pas être compris.

Était-ce la dernière fois qu'elle le voyait ? Son cœur se serra atrocement à cette pensée. Non, elle le souhaitait pas ! Mais... au vu de la façon plus qu'abrupte dont s'était achevée leur brève entrevue,  c'était pourtant probable. Ils n’avaient pas les clés pour se comprendre. Ils n'avaient aucun intérêt à retenter l'expérience.

Mais Eglantin restait son frère. Son unique, inimitable,  petit frère. Elle ne voulait pas qu'il parte - pas vraiment. Ou peut-être juste un peu... parce qu'elle ne savait pas si elle pouvait lui faire confiance, et, bordel, c'était si frustrant ! Ce qu'elle souhaitait plus que tout, c'était qu'il réagisse ! N'importe comment, mais qu'il réagisse ! Qu'il se mette en colère ! Qu'il s'offusque ouvertement de ce qu'elle avait sous-entendu si c'était faux ! Qu'il lui rie au visage si elle avait vu juste ! Et mieux: qu'il s'ouvre à elle, et lui dise la foutue vérité, avec ses émotions, AVEC SES TRIPES !!!

... autant demander à un véracrasse de jouer au quidditch.

Pourtant, durant une demi-seconde, Myo eut l'espoir insensé qu'Eglantin s'arrêterait, et se retournerait. Pour lui dire qu'il s'excusait, ou qu'il s'inquiétait pour elle, ou quelque chose de cet acabit. Mais elle rêvait : ce n'était certainement pas le cas, et ça ne le serait jamais. Ils n'étaient pas une famille,  simplement deux inconnus qui partageaient le même patronyme.

Et elle, elle qui voulait le retenir, le prendre dans ses bras et déplorer le gâchis qu'étaient leur relations fraternelles,  ne bougea pas un muscle. Elle avait trop de fierté pour faire le premier pas. Ou trop de lâcheté,  peut-être. Elle se contenta de fermer son œil, tandis que l'orage grondait, tant autour d'elle que sous son crâne.

- Le Muséum d'Histoire Naturelle.

La dryade rouvrit son œil, surprise.  Son frangin venait de prononcer ces mots que l'on aurait pu croire sans rapport avec la situation, tranquillement,  de sa voix monocorde. Il était dos à elle, mais elle n'avait pas besoin de le voir pour imaginer son visage neutre et inexpressif,  si habituel...

- T'en souviens-tu ? rajouta-t-il.

Il se retourna légèrement,  comme pour jauger la réaction de sa sœur. La jeune femme avait tressailli, imperceptiblement. Et sans qu'elle ne rende vraiment compte, son regard s'adoucit.

- Évidemment, répondit-elle de sa voix de velours.

Presque dix ans plus tard, elle n'avait rien oublié. Comment l'aurait-elle pu ? L'espace d'un instant, ils avaient été frère et sœur, et rien d'autre.

Myosotis poussa un soupir.

   

Myosotis poussa un soupir.

Du haut de ses 11 ans, elle songeait,  distraitement,  que tous les enfants de sa classe, et probablement du pays, avaient attendu ce moment avec grande impatience : les vacances scolaires !

Oui, tous les enfants... sauf elle.

Elle se balança sur sa chaise, et reposa sa plume toute usée sur le bureau de sa chambre. Elle n'arrivait plus à se concentrer. La pile de devoirs que sa Mère lui avait donné le matin même, à lui rendre pour le lendemain, était impressionnante ! Et il n'y avait là que des exercices et autres problèmes de Botanique.
C'était loin d'être difficile. C'était même d'une facilité déconcertante pour la gamine aux nattes vertes. Mais... c'était d'un ennui !

La petite française avait plusieurs théories sur le sujet. Sa mère voulait soit tester ses compétences de dryade, soit lui faire résoudre des problèmes qu'elle rencontrait lors de ses propres créations florales. La vérité était probablement entre les deux... mais plus le temps passait, et plus Myosotis se persuadait que Chanterelle Grandiflore avait orchestré tout ça dans le but de la faire mourir d'ennui. Afin de ne plus avoir à s'embarrasser d'une empotée semi-monstrueuse pareille.

Quoiqu'il en soit, il n'y avait pas la moindre bienveillance dans cet amas de travail.

Myosotis tordit la bouche à cette idée. Elle savait depuis longtemps que sa génitrice ne la portait pas dans son cœur, ce n'était plus un secret. Si Chanterelle avait eu la moindre considération pour elle, elle n'aurait pas choisi de la mettre en pension à Beauxbâtons,  quand l'immense majorité de ses camarades rentrait chez elles chaque soir grâce au réseau de cheminette...
Mais quand même, y penser n'était pas très agréable.

La jeune fille se redressa sur le dossier de sa chaise, et jeta un coup d’œil à l'horloge qui lui faisait face, sur le mur.

-Minuit ? Déjà ?! déglutit-elle.

Le regard torve, elle considéra la pile de devoirs, qui ne semblait pas diminuer. Comme si elle s'auto-restaurait par un enchantement sadique.

Et voilà. Sa toute première journée de vacances venait de passer là dedans. Avec pour seules compagnes l'ennui, et la solitude. Myo soupira, et se leva, en s'étirant : elle avait grandement besoin d'une pause. Et d'un verre d'eau. Et d'un cookie, surtout. Chanterelle n'aurait certainement pas été d'accord, mais la fillette savait qu'elle ne la croiserait pas : la sorcière rousse devait déjà dormir. Comme elle aimait à le répéter, « la beauté a besoin de sommeil ». Elle n'incluait évidemment pas Myo dans sa maxime, mais qu'importe...

En traînant des pieds, la dryade descendit dans la pénombre le grand escalier qui menait aux cuisines. Elle poussa la porte, et...

- AAAH !

Elle s'attendait tant à être seule qu'elle sursauta, devant la petite silhouette devant elle.
Qui appartenait à Eglantin, son demi-frère.
Ce dernier releva les yeux, et son regard imperturbable glissa sur elle, comme si elle n'était qu'un détail sans importance.

-Oh. Salut, fit-il.

Et, sans plus de cérémonies, il continua à fourrer diverses choses dans son petit sac à dos, imperturbable.

Myosotis prit un cookie dans la grande jarre posée sur la table, et s'assit face à lui.

-Salut. Je ne savais pas que tu étais à la maison.

-Je ne savais pas que tu étais là non plus, répondit Eglantin le plus placidement du monde, sans relever les yeux.

La dryade le regarda faire quelques secondes. Elle avait beau être d'un an l'aînée, Eglantin paraissait étrangement plus âgé qu'elle. Pas tant physiquement que dans ce qu'il dégageait : on aurait dit un adulte miniature. Il avait l'air tellement sûr de lui, surtout à côté d'elle...
Elle mordit dans son cookie, puis demanda, piquée par la curiosité :

- Tu fais quoi au juste ?

- Je me prépare pour aller au Musée.

- Ah.

Eglantin hocha la tête, fit glisser son sac sur son épaule, puis lança un laconique :

- Bonne nuit.

Et il sortit par la porte arrière de la cuisine, qui menait au dehors.
Après quelques secondes de stupeur, la jeune fille aux cheveux verts cligna des yeux :

- Heu, attends... quoi ? Quoi ?!

Elle bondit sur ses pieds, et s'élança à la suite de son frangin.






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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Ven 23 Sep 2016 - 21:26

Eglantin n'avait pas l'habitude qu'on lui refuse quelque chose. C'était même tout le contraire. En général, lorsqu'il demandait quelque chose à Chanterelle, elle se pliait en 4 -ou plutôt elle payait des gens pour se plier en quatre- pour que les désirs de son cadet soient exaucés.
Cependant, ce jour-là, après avoir demandé poliment, comme à son habitude, le garçon s'était retrouvé confronté face à un mur. Pour sa mère, il était hors de question de l'emmener au muséum d'histoire naturelle, et encore moins au zoo, en ce début de vacances scolaires. Il avait été plus que déçu : toute l'année il avait travaillé sérieusement pour pouvoir obtenir cette récompense pour au final, ne pas y avoir droit.

Le visage impassible, déjà à cette époque, il avait accepté la décision, même si il bouillonnait intérieurement. A même pas 10ans, il avait déjà un sens de l'éthique assez prononcé : briser une promesse était pour lui un réel manque de respect. Le repas du soir s'était déroulé dans le calme, comme souvent, avant que sa mère ne monte se coucher, pour préserver sa beauté naturelle. Il était alors parti dans sa chambre, pour lire en attendant que la botaniste s'endorme.

Une fois qu'il eut la certitude qu'elle dormait, il se releva, changea son pyjama à hippogriffes contre un petit pantalon, un tee shirt et un petit gilet. Il enfila des baskets neuves avant d'attraper son sac à dos et de descendre dans la cuisine pour aller le remplir. Il lui fallait des provisions en plus de son petit cahier d'études et de son crayon à papier. Eglantin avait croisé sa sœur aînée mais ne s'en était pas plus formalisé que ça. Une fois son petit sac remplit, il s'était dirigé vers la porte de derrière pour sortir discrètement, sans prêter la moindre attention à Myosotis qui se mit à le suivre en courant.

Depuis des mois et des mois, il rêvait d'aller à la grande galerie de l'évolution de Paris, celle du Muséum d'Histoire Naturelle, pour étudier animaux moldus et animaux magiques. De passer des heures entières à lire les fiches, à se documenter et à dessiner. Mais non. Chanterelle avait finit par le lui refuser.
Dans la douce fraîcheur de la nuit, ses longues jambes dévalaient à toute vitesse la rue, les talons claquant contre les pavés glacés. Sa sœur peinait à le suivre sans courir.

"Eglantin reviens ! Mère va être furieuse quand elle découvrira que nous sommes partis !"
"Mère n'a aucune raison de savoir que je ne suis pas à la maison"
 répondit le garçon, de sa voix déjà calme et posée.

Dans un soupir, Myosotis continua de suivre son jeune frère. Elle savait pertinemment qu'au moindre problème, elle serait tenue pour responsable. Malgré l'heure tardive, il se révélait encore énergique et plein de conviction. Il remontait à toute vitesse les rues de Paris, en direction du Jardin des Plantes, près de la gare d'Austerlitz, et à proximité des grands bâtiments de l'Institut Universitaire Pierre et Marie Curie, illustres scientifiques moldus. Après avoir remonté la place Monge dans son intégralité, et rejoint la rue Buffon, les deux enfants se retrouvèrent face à un jardin fermé au public.

"Allez Eglantin, rentrons."
"Non"


L'enfant poussa la haute grille de toutes ses forces. Celle-ci finit par s'entrouvrir légèrement. La chaine qui la maintenait fermée donnait suffisamment de lâche pour qu'il puisse s'y faufiler discrètement, sans le moindre problème, ce qui ne fut pas le cas de sa sœur ainée, qui pesta de colère.

"Eglantin reviens ici tout de suite !"

D'un bref geste de la main, il lui fit comprendre qu'il ne l'écouterait pas. Son petit sac à dos se balançait allègrement tandis qu'il augmentait son rythme de marche.
Une fois devant l'imposante porte du Muséum d'Histoire Naturelle, il prit une grande inspiration et entra doucement. Il était presque hallucinant de voir le manque de sécurité du lieu. Un simple enfant pouvait y entrer à sa guise. Il fit quelques pas, émerveillé par tant de squelettes d'animaux. D'un geste vif, il dégaina son petit carnet à dessin et son crayon à papier, et se mit à étudier méthodiquement, la grande galerie des félins.

Ses yeux noisettes pétillaient de plaisir. Sa fine bouche s'étirait presque en ce que l'on pouvait qualifier de sourire venant de lui. Il n'était jamais très expressif mais actuellement, il était dans un état de joie extrême. Il prenait énormément sur lui pour ne pas courir partout et travailler méthodiquement. Tout dans ce lieu l'enchantait. Comme un enfant moldu que l'on aurait emmené à Disneyland.

Il se recula légèrement pour avoir une vue d'ensemble d'un magnifique panthera onca, lorsqu'une planche de bois s'enfonça, dévoilant une espèce de passage secret. Avec toute l'innocence et la curiosité de l'enfance, Eglantin s'avança prudemment, avant de laisser échapper un "Whoua" bref, comme dans un murmure.
Devant lui se dressait, lumineuse comme en plein jour, l'équivalent sorcier de la Grande Galerie de l'Evolution. Squelettes et animaux empaillés lui faisaient face. Il avança à petits pas émerveillés,  touchant du bout des doigts du plumage, de la fourrure. Les textures étaient si différentes des animaux moldus. C'était extraordinaire pour le petit garçon qu'il était.

Un immense équidé attira son regard. Squelettique mais magnifique. Le poil très court mais brillant et de longues ailes le long du corps. Il s'approcha un instant pour passer sa main le long de son pelage, avant de se mettre assis devant, et de commencer à le dessiner consciencieusement.

Après de longues et interminables minutes de bataille, Myosotis avait enfin réussi à passer la barrière de l'entrée et à rejoindre son frère. Entre temps, elle avait ramassé son petit sac à dos qui trainait toujours dans la pièce principale.
Sa surprise fut immense lorsqu'elle le trouva, concentré sur sa tâche, face à un enclos vide.

"Ah te voilà enfin !"
"Shhhhhhh"
fit Eglantin, parfaitement concentré sur les détails des ailes de son sujet.

Son front était légèrement plissé tandis que son regard allait de l'animal à la feuille, et de la feuille à l'animal, essayant de capter la moindre nuance de lumière.
Intriguée, sa sœur ainée s'approcha pour examiner son travail. Elle semblait dubitative de le voir ainsi motivé, concentré pour représenter quelque chose d'invisible.

"Que dessines-tu pour être si précis?"
"Tu le vois bien Myosotis. Il s'agit d'un sombral. C'est écrit sur le petit panneau"


Du doigt, il pointa le petit bout de papier détaillant toutes les caractéristiques de la créature, sans même relever la tête de ses croquis.




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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Lun 17 Oct 2016 - 22:01

Ses cheveux verts ébouriffés suite à sa bataille avec les grilles d'entrée, le sourcil arqué,  Myo s'était figée d'incompréhension devant l'enclos vide. Oui, l'enclos était vide. Entièrement, incontestablement, vide. Même la verdure qu'ils y avaient foutu était en toc, et il ne fallait pas être un dryade pour s'en rendre compte.  

Il y avait bien un petit panneau qui indiquait « Sombral. Thesatrus Sombrala. IRLANDE. », ainsi qu'un pavé d'explications que la jeune fille ne prit pas la peine de lire. Mais l'enclos était vide.

Pourtant, Eglantin, tout à sa tâche,  griffonnait avec passion sur son carnet, concentré. Il relevait sa tête à intervalles réguliers, pour pouvoir admirer ce qu'il y avait devant lui.

A savoir : rien.

Myo se sentait déconcertée. Son petit frère, pour le peu qu'elle en connaissait, n'était pas du genre à faire des plaisanteries. Était-il en train de faire la toute première blague de sa vie ? Ou commençait-il à perdre la raison ? Myo n'arrivait pas à savoir laquelle de ces deux hypothèses étaient la plus flippante.

- Il n'y a rien, Eglantin, affirma-t-elle d'une voix douce, mais ferme.

Le garçon lui jeta une brève œillade, comme pour s'assurer qu'elle était sérieuse.

- Si. Il y a un sombral.

- Non.

- Si.

- Non !

Son frère releva tranquillement ses yeux vers elle, et articula lentement :

- ...si.

La patience de Myo s'était dangereusement amenuisée. Il fallait dire que la journée avait été éprouvante, et la nuit promettait de l'être davantage. Traverser des quartiers moldus, se battre avec une chaîne pour passer par effraction dans un musée remplis de cadavres d'animaux empaillés... elle aurait vraiment préféré s'en passer ! Alors elle mit ses mains sur ses hanches dans un effort d'autorité, et se pencha vers le petit dessinateur concentré :

- Ça suffit, Eglantin ! Je me fiche de ce que tu penses voir, mais il est temps de rentrer à...

Elle n'alla pas au bout de sa phrase, et écarquilla les yeux : elle venait de voir le dessin que son frère venait de tracer, sur la feuille.

- Oh, c'est toi qui a fait ça ?

Les traits du crayon, fins, doux, mais précis, traçaient sur le grain de la feuille des formes et des ombres étonnamment réalistes. Le sujet du dessin était un peu lugubre au goût de la jeune fille, mais l’œuvre fourmillait de détails qui rendait le tout vivant. La créature, maigre, vaguement chevaline, semblait prête à piaffer sur le papier.

- Oui, répondit le garçon, laconique.

- Mais c'est magnifique ! Tu as un vrai don !

D'un timbre neutre, le garçon répondit, sans que la dryade ne puisse deviner si ça lui faisait plaisir ou non  :

- Merci.

- Tu en as d'autres ? Tu me montres ?

Eglantin haussa les épaules,  comme s' il s' en fichait. Myo prit son carnet en mains, et le feuilleta, des étoiles dans les yeux.

Il y avait des esquisses de lézards bizarres, de boules de poils inconnues pour ses yeux de profane, des croquis de licornes, et de kelpys, des reproductions de niffleurs et de croups... le tout accompagné d'annotations, souvent en latin.

- Je ne savais pas que tu étais aussi doué ! s' exclama sincèrement la jeune fille. Je suis impressionnée !

- J'ai recopié ceux-la depuis un vieux manuel de Magizoologie, répondit l'artiste en herbe, éludant les compliments.

Il leva la tête, et considéra une créature sombre aussi fine qu'un drap, juché sur une branche d'arbre factice. Un lethifold, si Myo devait en croire le panneau explicatif.

- C'est mieux de les voir de ses propres yeux, assura-t-il.

Il tendit sa main et frôla du bout des doigts le corps fin et noir de l'animal naturalisé.

Myosotis hocha la tête ; elle comprenait mieux pourquoi Eglantin tenait tant à venir ici. Bon, même si elle n'aimait pas les animaux, son frère les appréciait visiblement assez pour deux. On aurait pu croire qu'il arborait le même air blasé qu'ordinaire... mais la lueur exaltée que la fille aux cheveux verts lisait au fond de ses yeux noisette changeait la donne. C'était de la passion à l'état pur, et ça le faisait presque passer pour... eh bien, pour un enfant normal.

Elle imita son frère, et caressa la cape du « lethifold ». Et frissonna de dégoût. C'était à la fois doucereux, satiné, et poisseux. Rien de transcendant pour elle.

Mais pour lui, si. Ça le rendait heureux. Comment pouvait-elle y résister à ça ?
Elle soupira, un vague sourire résigné aux lèvres :

- Bon. Après tout, Mère va encore dormir un bon moment, alors je suppose qu'on peut rester un peu...

Eglantin resta silencieux,  mais ça ne surprit guère Myosotis, qui poursuivit :

- Ok, mais quitte à le faire, autant bien le faire.

Elle désigna la grande bannière enchantée qui flottait au dessus de leur tête.

Les deux enfants levèrent les yeux :

« DES LA SEMAINE PROCHAINE, POUR LA PREMIÈRE FOIS EN FRANCE !
L'Exposition ''les Secrets des Dragons'' !
Avec un véritable Dragon empaillé ! »

Myosotis esquissa un petit sourire en coin :

- Je suis sûre que ce dragon, il est déjà la, quelque part dans les arrières salles interdites au public ! Alors, qu'est-ce que t'en dis ? On va le chercher ?

Transgresser quelques règles de plus ne la dérangeait pas le moins du monde. Au contraire : cela pourrait même s'avérer exaltant... tant que sa mère n'en savait rien.

Eglantin ouvrit légèrement les yeux, ce qui devait être sa façon à lui de se montrer enthousiaste.

- D'accord, souffla-t-il.

Ils se mirent en route, et s'engouffrèrent, dès qu'ils la virent, derrière une porte « accès réservé aux employés ». Là, après un long couloir, ils débouchèrent sur une immense pièce. Une sorte de réserve, un vrai paradis pour taxidermistes, où étaient alignés des dizaines et des dizaines d'animaux de toutes sortes.

Le frère et la sœur se glissèrent au milieu de cette étrange faune morte, figée pour toujours dans des positions étranges. Ils observaient tout autour d'eux, Myosotis par curiosité ignare, Eglantin par passion.

- C'est quoi ça ? s'enquit la dryade.

- Une hydre bicéphale, répondit Eglantin, en bon petit expert.

- Et ça ?

- Un fléreur sphinx.

- Et ça, c'est quoi ?

- Un gnou.

- C'est drôlement bizarre...

- C'est Moldu, précisa le garçon.

Myo acquiesça, comme si cette précision expliquait tout.
Et, après quelques pas, les deux s'arrêtèrent, et levèrent la tête.

Haut.

Très haut.

Au fond de la réserve, un gigantesque reptile aux ailes déployées surplombait toutes les autres. Il était ÉNORME. Ses crocs paraissaient plus acérées que des sabres aiguisés; mais ce n'était rien à côté des longues griffes qu'il tenait en l'air, dans une posture agressive, pour toujours.
Le taxidermiste n'avait pas totalement fini son office : une des orbites du mastodonte était creuse, et des fétus de paille en sortait, prouvant l'état de l'animal. Mais dans l'ensemble, le résultat était impressionnant.

- Wouah, firent les deux en chœur.

Myo n'aimait pas les animaux, c'était un fait; mais il y avait quelque chose de merveilleux à être en face d'un géant pareil. Elle se sentait à la fois toute petite, et spéciale, d'avoir la chance d'assister à un tel spectacle, sans foule de curieux ni barrière de sécurité.

Elle courut vers le dragon, talonnée par son frangin.

- C'est un Pansedefer Ukrainien, précisa ce dernier.

La fille-chlorophylle s'approcha. Prudemment, elle posa sa main sur le cuir rugueux aux écailles métallisées, qui servait de peau au reptile.

- T'imagine qu'il était vivant, avant ? couina-t-elle.

Eglantin opina, absorbé par sa contemplation. Sans doute mourrait-il d'envie de s' installer face à la chose pour le dessiner sous toutes les coutures.

Myosotis sourit, alors qu'une idée toute enfantine venait de germer dans son esprit. En pouffant de rire, elle sauta sur la patte du dragon, et entreprit de l'escalader. Puis, tout en se cramponnant à la bête, elle se tourna vers Eglantin, qui la fixait sans comprendre ce qu'elle faisait :

- Dis, je me disais, on aura pas tous les jours l'occasion de voir un dragon ! C'est sûrement même la seule chance qu'on aura de chevaucher un dragon ! Ça serait bête de passer à côté,  non ?

Et elle tendit sa main à son frère, un sourire malicieux aux lèvres.






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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Mer 19 Oct 2016 - 19:08

Il ne fallut pas longtemps à Eglantin avant de se laisser convaincre par sa sœur. La tentation était beaucoup trop importante pour l’enfant passionné qu’il était. Qui n’avait jamais rêvé de pouvoir chevaucher un vrai dragon ? D’autant plus un pansedefer ukrainien. Ils faisaient partie des animaux préférés du jeune garçon. Après quelques secondes de réflexion, il attrapa la main douce de sa sœur ainée pour se hisser sur l’animal empaillé. Il ferma ses yeux noisette un instant, comme pour mieux appréhender la texture des écailles sous ses doigts. Du cuir froid, aux reflets prune métallisé, assez rêche et rugueux.
S’accrochant aux écailles, les enfants se hissaient tant bien que mal, essayant d’atteindre la croupe de l’animal empaillé. La hauteur était impressionnante, pas loin des 10 mètres de hauteur au garrot, mais les deux enfants continuaient leur vive ascension.

Légèrement plus agile que sa sœur ainée, le garçon finit par se mettre debout sur le dos de l’animal avant sa sœur, une lueur de bonheur dans les yeux. Non seulement, il était debout sur un dragon rare, mais il avait également un  point de vue extraordinaire sur les autres bestiaux en cours d’empaillement.

"Assied toi Eglantin ! Tu vas tomber !" s’exclama l’enfant aux cheveux verts, prenant place à ses côtés.

L’enfant au visage impassible haussa les épaules avant de prendre un autre carnet, bien caché dans son gilet et de commencer à esquisser quelques traits. Sa main était rapide, fluide, sans la moindre hésitation. Il savait ce qu’il faisait et il le maitrisait parfaitement. Il se déplaçait de part en part de l’encolure, essayant de capter le moindre détail, celui qui rendrait son dessin plus vivant. Il était impatient d’apprendre la magie juste pour animer ses esquisses, leur donner vie sur papier. Il ne manquait à certaines ébauches que de la couleur pour avoir l’impression de pouvoir toucher plumes et pelages.

Son dessin terminé, Eglantin rangea son petit carnet, précieusement contre lui, et s’assit, caressant du bout des doigts les écailles du dragon. Son visage était toujours aussi inexpressif, ses lèvres serrées sans qu’un mot n’en sorte, mais son regard changeait tout. Un regard pétillant de joie et de passion, peu fréquent chez lui. Il bougeait sans cesse, regardant les reflets des écailles sous toutes les coutures, c’était réellement fascinant, même lorsque l’on n’était pas passionné comme lui.
Même si il avait déjà dessiné ou étudié la plupart des animaux présents, il ne pouvait s’empêcher de gigoter comme un nouveau-né curieux, à la recherche de nouveautés, le visage impassible, sous le regard amusé de sa sœur.

"Tu ne tiens vraiment pas en place dis donc ! "
"Il y a tellement de choses à voir. "
murmura l’enfant, dans un soupir d’exaltation.

Il se releva d’un seul coup. Il en avait vu assez, c’était le moment de changer de point de vue, et donc, de descendre de ce mastodonte.

"Eh ! Où est-ce que tu vas ?! " s’exclama Myosotis, en le voyant dévaler le flan du reptile avec agilité, comme si cela ne lui causait aucun effort.

Sans chercher à lui répondre, Eglantin continua son petit bonhomme de chemin, tranquillement, avec curiosité, fouinant partout autour de lui, partout où un animal, moldu ou sorcier, pouvait être caché : sous une bâche, dans un placard, caché dans une caisse…
Son attitude posée tranchait avec l’état d’excitation et de jubilation dans lequel il était intérieurement. Il cherchait à distinguer chaque odeur, douce ou forte, boisée ou musquée, à ressentir chaque nuance de texture, des poils courts aux plus longs pelages, de la douceur des plumes à la rugosité des écailles. Chaque image, chaque sensation, il essayait de les graver à jamais dans sa mémoire d’enfant.

Mais le plus fascinant de tout, était sans conteste les écailles majestueuses aux reflets cramoisis de l’immense dragon empaillé. Elles avaient quelque chose de différent. Sans pouvoir l’expliquer, il était attiré par elles. Etait-ce à cause de leur brillance ? De leur couleur ? De leur froideur ? Il ne le savait pas. Ses doigts courraient le long de la peau épaisse, inlassablement. C’était passionnant. Il pourrait passer toute une journée à regarder ces écailles sous différents angles, juste pour la beauté multi chrome qu’elles étaient.
L’enfant aux cheveux bruns fût alors attiré par un éclat brillant, sur la table de travail. Il s’en approcha doucement avant de pousser un soupir d’admiration : entre les maigres fétus de pailles, se trouvaient l’œil vitreux, en attente d’installation dans l’orbite adéquate, image peu ragoutante, mais également des éclats d’écailles. Sans doute quelques morceaux récalcitrants n’ayant pas voulu se positionner correctement. Il prit un éclat de la taille d’une châtaigne et le porta devant son regard exalté. C’était encore mieux ainsi ! Lorsqu’il sentit sa sœur arriver près de lui, après une descente plus ardue que la sienne, il glissa rapidement et discrètement ses mains dans les poches de son pantalon.

"Tu aurais pu m’attendre Eglantin"
"..."
"Tu as vu tout ce qui t’intéressait ? "
"Non "
"Qu’est-ce qu’il te manque ?"
"Le zoo"
"Oui bien sûr. Euh… Pardon ?! "
s’étrangla Myosotis. Il était hors de question qu’ils aillent au zoo en pleine nuit ! C’était beaucoup trop dangereux pour des enfants comme eux.
 "Oui, le zoo. "

Eglantin planta son regard noisette impénétrable dans ceux semblables de son aînée. Malgré tout ce qu’il avait pu voir, étudier, dessiner ou même toucher, il n’était pas satisfait. Certes, c’était intéressant de voir tous ces cadavres empaillés, mais cela ne reflétait pas la réalité, leur façon de vivre, de se comporter, de se déplacer… Que des choses en apparence banales mais tellement importantes pour l’enfant passionné. Myosotis se gratta le crâne, d’un air contrit.

"C’est que… Il est tard. Et c’est dangereux et…. "
"Tu peux rentrer si tu veux. "
"Mais ! "
"Moi j’y vais. "


D’un geste vif, il rangea cahiers et crayons dans son sac à dos qu’il remit sur ses épaules, lui donnant une allure d’écolier modèle. Maintenant qu’il était dans les lieux, il n’allait pas partir sans avoir vu tout ce qu’il voulait voir. Zoo y compris. Pour cela, il était prêt à y passer la nuit, qu’importe. Si sa sœur n’avait pas le courage de l’accompagner, il pouvait parfaitement se débrouiller tout seul, du haut de ses 10 ans.
En trottinant, il se dirigea vers la porte par laquelle ils étaient tous deux entrés dans cette réserve de travail. Au fond, il aurait bien voulu y aller avec Myosotis mais si elle préférait rentrer c'était son choix. Il n'allait pas la forcer.
Dans ses pensées, il sortit du bâtiment pour se diriger vers la réserve zoologique. Les animaux devaient être pour la plupart endormis certes, mais cela promettait d'être un moment magique, privilégié. Après une longue inspiration, il poussa doucement le petit portillon métallique, qui s'ouvrit avec un bruit strident de crécelle, à vous hérisser les poils.

Il fit quelques pas avant de se diriger vers le premier enclos, des étoiles dans les yeux. Sa main d'enfant s'approcha lentement de l'animal paisible, avant de se poser sur lui, touchant plumes et fourrures avec, venant de lui, ce que l'on pouvait qualifier de sourire.




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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Sam 19 Nov 2016 - 15:17

Les yeux ronds, en regardant tout autour d'elle, Myosotis fit quelques pas dans l'allée principale de la réserve. Elle frissonna. Ses pas résonnaient de manière lugubre sur le sol marbré, brisant le silence étrange, si ténu, qui régnait dans le zoo ; ça allait réveiller les bêtes, et cette idée ne lui plaisait pas particulièrement.

Elle sursauta, lorsqu'un grognement pourtant léger s'éleva dans la pénombre. Malgré les cages et les enclos, elle n'était pas bien à l'aise autour de toutes ces créatures. Autant elle pouvait comprendre l'émerveillement d'Eglantin face à un dragon empaillé plus vrai que nature, autant elle ne comprenait pas l'intérêt de venir voir de sales bestioles bien vivantes.

Bien vivantes... et parfois même, imposantes, si elle devait croire certaines silhouettes qui se pressaient avec curiosité contre les barreaux de leurs cages, pour voir, de leurs pupilles brillantes, qui pouvait bien leur rendre visite au beau milieu de la nuit silencieuse.

Elle prit une inspiration déterminée, en essayant d'être plus brave.
Bon. C'était certain, elle ne serait jamais venue ici de son plein gré. Mais peut-être qu'il y avait des... des choses, heu, disons intéressantes à voir, au milieu de ces créatures ?

La gorge sèche, elle s'approcha d'une plaque dorée, devant une cage, et lut : « Veaudelune ». Elle se pencha au dessus de la barrière... et tomba nez à nez avec deux énormes yeux globuleux et exorbités, plantés au dessus d'une chose bizarrement lisse, cornue et blafarde. Ça poussa un meuglement de peur strident, avant d'aller se cacher avec célérité dans une sorte de terrier artificiel.

Myo laissa échapper un cri d'effroi, et fit un bond en arrière, le cœur battant sous la mauvaise surprise. Elle mit une main sur sa poitrine histoire de se calmer, et se racla la gorge, définitivement mal à l'aise :

- Toutes ces bestioles... C'est... heu... sympa, hein... mais tu ne crois pas qu'il est l'heure de rentrer ?

Devant l'absence de réponse, et ne sentant plus la présence de son frère à ses côtés, la demi-dryade tourna la tête. Pour apercevoir le magizoologue en culottes courtes en train de se faufiler entre les deux barrières blanches d'un grand enclos.

Le cœur de la jeune fille bondit à nouveau dans sa poitrine, et elle se rua vers lui :

- Eglantin ?! Mais qu'est-ce que tu fais ?!

- Je dois vérifier quelque chose, répondit sans se soucier de quoique ce soit le garçon.

- Vérifier quoi ?! s'écria sa sœur.

- Vérifier que j'y arrive.

- Mais... à quoi ?

Cette fois-ci, Eglantin ne lui répondit rien. Il passa derrière la clôture, et se dirigea d'un pas tranquille mais décidé vers quelque chose de remuant. Une grande masse dont Myo, à cause de l'absence de luminosité, ne distinguait que les yeux luisants.

Le sang de la gamine aux nattes vertes ne fit qu'un tour : d’instinct, pour sauver son frère, elle sauta au dessus de la clôture, et se précipita  vers le gigantesque animal qui se dressait devant le pré-adolescent... mais ce dernier, de dos, l'intima de stopper en un seul mouvement de bras.

Il avait l'air calme – comme d'habitude. Encore plus que d'habitude. Myosotis ne savait pas comment il faisait : la créature devant lui était non seulement énorme, mais elle semblait horriblement hostile. Des yeux jaunes orangés cruels, un redoutable bec affilé, des serres acérées comme des couteaux en avant, des sabots imposants prêts à ruer en arrière... et deux ailes vigoureuses, chacune plus grandes que les deux enfants réunis. Des poils, des plumes, du crin, le tout réuni pour créer un hybride aussi laid qu'impressionnant.
Pour faire simple, on aurait dit l'engeance malheureuse entre une créature chevaline, et l'oiseau monstrueux qui en aurait fait sa femelle.

Okay, ce n'était rien face au dragon de la salle précédente... mais cette chose était vivante, nom de Dieu ! Et vicieuse, la dryade en aurait mis sa baguette toute neuve au feu. Et en plus, elle sentait le poney.

- Ne bouge pas, intima Eglantin de son habituelle voix monocorde. Sa vision est basée sur le mouvement. Et il n'aime pas les mouvements brusques.

La fille aux cheveux verts, déjà peu à l'aise, déglutit :

- Tu plaisantes ?!

- Je ne plaisante jamais.

Sur ce, le garçon fit la chose la plus étonnante que sa sœur ne l'avait jamais vu faire : il se pencha vers l'animal, et inclina son corps en une révérence respectueuse, comme si la chose avait été la Reine d'Angleterre. Et, alors que Myo était en train de se dire, une fois de plus, qu'il avait réellement perdu la raison, un petit miracle s'opéra : la bestiole hybride plia son genou devant eux, et pencha la tête, en signe de déférence.

Le petit sorcier se releva. Il souriait presque ; c'était étrange de le voir à la fois aussi calme, et radieux. Oui, il y avait quelque chose de nouveau dans cet Eglantin-là ; quelque chose de passionné, qui brillait au fond de son regard. Myosotis sourit pour de bon, elle : elle était vraiment heureuse d'avoir la chance de voir cette facette-là de son petit frère.

- Salue-le aussi, dit ce dernier.

- Heu... quoi ?

- Il pourrait mal le prendre sinon.

Myosotis cligna les yeux, entre surprise et incompréhension. Mais plutôt qu'argumenter inutilement, elle préféra se pencher vers la bête, en une brève révérence, que le machin lui rendit.

- C'est quoi ? Un griffon ? demanda-t-elle enfin.

- Un hippogriffe.

- C'est pareil, non ?

Eglantin lui jeta un regard blasé qui en disait long sur à quel point elle se trompait. Myo ne préféra pas relever ; elle regarda son frère s'approcher de l'animal, et lui caresser les flancs avec douceur.
Le pas-griffon semblait apprécier : il se mit à pousser un murmure rauque, satisfait, proche d'un ronronnement.

La sorcière se détendit... un peu. Cette chose était peut-être moins dangereuse qu'elle en avait l'air.

Mais ce n'était pas une raison de s'éterniser ici.

Elle en était là de ses pensées, prête à en faire part à son comparse, lorsqu'elle réalisa ce à quoi le garçon œuvrait :

- Hey, attends, qu'est-ce que tu fais ?! s'exclama-t-elle.

- ...

Eglantin ne répondit rien ; il continua, avec application, de retirer la chaîne qui emprisonnait le cou de l'animal.

- Si tu fais ça, il va s'échapper !

- Pas nécessairement.

Les yeux écarquillés, Myo regarda, impuissante, les lourds maillons s'écraser à terre. L'hippogriffe s'ébroua joyeusement, puissamment. Puis il fit quelque pas pesants vers les deux enfants, devant lesquels il se baissa de tout son long, les genoux de ses quatre pattes dépareillées fléchis.

- Heu... ? articula la dryade.

- Je crois qu'il nous invite à monter sur lui, badina son frangin.

- Et tu ne comptes quand même pas... EGLANTIN ! NON !

Elle eut rapidement sa réponse, en voyant son petit frère grimper sans la moindre hésitation sur l'encolure du bestiau. Mais il était hors de question qu'elle le laisse faire une folie pareille : elle se précipita à son tour sur le dos de l'hippogriffe... et n'eut pas le temps de faire quoique ce soit : l'animal venait de se mettre à courir, à toute vitesse. Il bondit au dessus de la barrière de sa prison, et déploya ses monstrueuses ailes.

Il s'envola, au dessus des nombreux enclos de la réserve.

A Beauxbâtons, en cours d’Éducation Physique, Myosotis avait déjà volé sur un balai ; et si elle avait apprécié sentir l'altitude et le vent dans ses cheveux défaits, ça n'était pas du tout la même sensation que celle qu'elle vivait à présent. PAS DU TOUT. Là, elle ne contrôlait rien. Tout allait trop vite, trop haut ; et elle n'était pas bien installée du tout. Elle se sentait brinquebalée dans tous les sens, ses fesses tapant sur les os de la créature, ne pouvant se rattacher à rien.
Devant elle, son frère, de dos, paraissait trop absorbé par son expérience et par le paysage sous ses pieds pour avoir peur... mais elle n'était pas du tout dans le même état d'esprit. Elle ferma les yeux, apeurée, et réprima le cri dans sa gorge. Elle glissa ses doigts dans la fourrure qu'elle sentait sous ses paumes, et s'y accrocha de toutes ses forces.

Combien de temps ce petit tour avait-il duré ? Impossible à dire : mais Myosotis se rappellerait sans doute à vie de la gratitude et du soulagement qu'elle avait ressenti, lorsque l'animal ailé avait finalement posé patte à terre.

Elle soupira d'aise, calmant son cœur enfantin, sous le trot de sa monture, qui remontait tranquillement une des allées du zoo. Sous le regard doux mais pas plus étonné que ça d'un troupeau de créatures moutonesques qui luisaient dans la pénombre, dans des halos chamarrés.

- Lumos ! persifla une voix inconnue.

Le sang de Myo se figea, alors qu'une lumière crue aveugla l'équipée. L'hippogriffe poussa un cri de désagrément, et Eglantin détourna le regard, instinctivement.
Myosotis, elle, leva sa main devant ses yeux plissés. Et, avec effroi, elle vit s'avancer un homme mécontent, qui portait un uniforme sombre.

Et d'un coup, elle sentit son courage l'abandonner pour de bon.

Trop occupés par leur aventure nocturne, Eglantin et elle en avaient oublié la très probable présence d'un gardien de nuit...






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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Mer 23 Nov 2016 - 21:52

Les petits doigts d'enfant d'Eglantin se serrèrent sur le pelage de l'hippogriffe tandis que sa soeur mettait pied à terre. Sous lui, l'animal était dans un état de nervosité grandissant, provoqué par les gestes de la lampe que tenait le gardien.



"Descend moi d'là mon garçon ! Ce n'est pas un jeu !"



Le garçon jeta un bref coup d’œil à sa sœur qui lui ordonna d'un geste silencieux de descendre de l'animal avant que l'homme ne se fâche. Son regard pétillant de plaisir perdit toute sa lueur en quelques secondes et le semblant de sourire qu'il avait disparut, laissant place à un visage penaud d'enfant triste.

Tout en caressant le pelage soyeux du semi-équidé, Eglantin descendit doucement, tandis que l'homme se rapprochait petit à petit. L'hippogriffe se mit à piaffer de nervosité au fur et à mesure qu'il s'approchait.



"Allez ! Rentre dans ton enclos ! Allez ! "



Il faisait de grands mouvements de bras avec sa lampe et ramassa la chaine qu'il lança sans la moindre considération sur l'animal. Eglantin eut un sursaut et voulu s'approcher mais Myosotis le retint par le bras. Il essaya de se débattre.



"Mais arrêtez ! Vous allez lui faire mal !"



Sa voix d'enfant se brisa. Il était bouleversé de voir cet homme sans le moindre respect pour la créature vivante qu'était l'hippogriffe. C'était une créature douée de sentiments, pas juste un objet que l'on peut maltraiter sans le moindre problème. Sans le moindre souci de consience.
Si il n'était pas habitué à ressentir autant de choses en même temps, autant de sentiments, autant de colère et de tristesse, pour Myosotis la scène qui se déroulait devant elle était presque surréaliste. Son petit frère d'ordinaire si neutre paraissait pour la première fois de sa vie ressentir quelque chose. Et quelque chose de vraiment négatif. Il était bouleversé. Sa main agrippa celle de son aînée de toutes ses forces. Sûrement le premier vrai contact physique entre eux depuis fort longtemps.

Quelques minutes plus tard, l'hippogriffe de retour dans son enclos et attaché par la chaîne, le gardien se tourna vers les enfants pour les accabler de reproches et les menacer de tout raconter à leurs parents. Eglantin n'écoutait pas. Sa petite main toujours dans celle de sa sœur, il avait la tete baissée et le regard dans le vide.  Il murmura :

"Je veux rentrer à la maison..."
"J'espère bien que tu vas rentrer chez toi ! Espèce de vauriens ! Vos parents vont en entendre parler !"


Accompagnés par le gardien, ils remontèrent les rues de Paris, main dans la main, jusqu'à ce que l'homme tambourine violemment à la porte, réveillant une Chanterelle en furie de ne pas avoir pu finir sa longue nuit de régénération cellulaire. Après avoir froidement congédié l'homme à tout faire du zoo, la botaniste se tourna vers ses enfants, les cheveux en petard et pas maquillée.

"J'ai honte de vous ! Comment as-tu pu entraîner ton frère la dedans Myosotis ?"
"Mais !"
" Il n'y a pas de mais qui compte jeune fille ! Tu seras punie comme il se doit !"
"Mais elle n'a rien fait mère ! C'est moi qui ait décidé de partir !"
"Eglantin cesses-donc de couvrir ta sœur ! Elle est assez grande pour subir les conséquences de ses actes !"
"Mais elle n'a rien fait "
"Monte dans ta chambre jeune homme ! Et toi jeune fille tu restes ici !"


La tête baissée, Eglantin monta et s'assit en haut des escaliers, attendant le retour de sa sœur. De longues minutes durant, il écouta les éclats de voix et finit par s'endormir, son carnet de travail serré fort contre lui, une écaille de dragon dans son poing gauche, contre le mur, en haut des escaliers.



Oui, l'espace d'une nuit, ils avaient été frères et sœurs, partageant des moments uniques, des moments d'exception.
Ils se regardaient à présent dans les yeux, à moitié plongés dans leurs souvenirs.

"Je m'en souviens..." murmura Myosotis de sa voix de velours.
"Mère n'a jamais voulu me croire ce soir la." répondit Eglantin, de sa voix calme et posée.
"Tu as toujours été son petit protégé"

Le jeune homme leva ses yeux noisette au ciel. Que pouvait-il répondre à cela ? C'était un fait : il avait toujours eu la préférence de Chanterelle et il n'avait rien eu à faire pour cela. Pourquoi ? Il n'avait jamais su.

Autour d'eux, l'orage grondait toujours, mais ils n'y faisaient plus attention. Cela faisait bien longtemps que la pluie avait transpercé le pull du jeune homme et que les cheveux de sa sœur ruisselaient de gouttelettes. Le silence s'installa de nouveau entre eux tandis qu'un éclair brillant déchirait le ciel de part en part.

"J'ai toujours été de ton côté Myosotis. Toujours. "

Jamais ils n'avaient eu de discussion aussi longues. L'éternel muet qu'était Eglantin prenait sur lui pour essayer de convaincre son aînée de sa bonne fois et de sa sincérité, chose qui n'était pas facile.
Les mains dans ses poches de pantalon, il cachait sa nervosité en jouant avec une écaille de dragon. Celle qu'il gardait précieusement avec lui depuis cette nuit la. Son visage demeurait cependant impassible.




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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Mer 7 Déc 2016 - 19:38

Myosotis avait baissé le regard, après le bref échange.

Depuis des jours, elle avait cette impression terrible qu'on lui avait arraché le cœur avec un crochet rouillé, sans ménagement ; et si elle n'avait plus de larme à verser, rien n'avait pu ne serait-ce que la consoler un tant soit peu.

Jusqu'à présent.

Jusqu'à la petite étincelle qu'avait ravivé Eglantin, tout au fond d'elle.

Elle se rappelait de cette escapade nocturne, du dragon naturalisé, de l'hippogriffe, comme si ça s'était passé hier. De l'engueulade magistrale qui avait suivi aussi.

Elle avait apprécié passer du temps avec son petit frère ; elle gardait ce souvenir en elle, comme un des rares trésors de leur enfance commune. La fin de leur aventure, cependant, lui laissait aujourd'hui encore un goût amer. La colère de sa mère, ce soir-là, avait été suivie par tant d'autres, toutes aussi injustifiées... et tout cela avait contribué à isoler la semi-dryade encore davantage du reste de la famille. D'Eglantin.
Est-ce que cette seule nuit entre frère et sœur en valait le coup ? Elle n'en était pas certaine...

Mais les mots que le dandy venait de prononcer faisaient écho à quelque chose, au fond d'elle. L'amour fraternel, peut-être bien. Ou l'espoir de liens plus forts entre eux, désormais. Ou la chaleur de ne plus être seule, enfin, après les terribles jours qu'elle venait de passer.

Quoique ce soit, ce n'était pas rien, oh non.

L’œil brillant, elle releva le visage vers celui, impassible, de son frère.
Et, contre toute attente, elle esquissa un frêle sourire.

- On est pas vraiment une famille, hein ? souffla-t-elle de sa voix ronde, comme le velours.

- ...

Elle se mordit les lèvres inférieure, et soupira :

- Je veux dire... tu as vu ce gâchis ? Combien de fois on a pu se parler, seuls, dans toute notre vie ? Deux fois ? Trois ?

Le jeune homme ne répondit rien, une fois de plus. Aussi, Myo enfonça le clou :

- Non, on est pas une famille.

La fille-chlorophylle eut un petit rire amer. Enfant, elle avait rêvé d'avoir le genre de famille de publicités, toujours unis, toujours souriants. Ceux qui s'entraidaient. Ceux dont l'amour les uns pour les autres se lisaient sur leurs faces niaises. Ceux qui prenaient plaisir à partager un repas, en discutant gaiement. Ceux qui, lors des fêtes de fin d'année, portaient des pulls laids à l'effigie du Papa Noël ou de ses rennes, et chantaient ''Que l'on chante, qu'on s'apprête, falala lala lalala !'', autour d'un sapin recouvert de boules scintillantes.

Mais tout ça, ce n'était qu'un mythe. Elle le savait à présent. La famille parfaite n'existait pas ; et la sienne était à l'opposé de la perfection. A bien y réfléchir, elle n'en avait pas eu du tout, de famille. Elle avait grandi avec des semi-inconnus qui ne se souciaient pas d'elle. Pas très réjouissant.

Elle poussa un soupir lourd, et reprit doucement :

- Mais on pourrait.

- ...

- Je veux dire, juste toi et moi.

- On pourrait, confirma du bout des lèvres le jeune homme.

Myosotis hocha la tête, silencieusement.
Eglantin était toujours neutre. Ses yeux, cependant, ne lâchaient pas sa sœur. Et son regard avait une de ces intensités...

Peut-être n'était-il pas sincère. Peut-être essayait-il de la manipuler. Et alors ? Quelle importance ?! Au point où elle en était, Myo s'en fichait comme de sa première pousse de ganja. Tant qu'il était là.

Et puis, elle voulait croire en sa sincérité.

Mais il lui fallait être sincère, elle aussi.

- Il y a des choses qu'il faut que tu saches sur moi, murmura-t-elle.

Elle partit se rasseoir sur les gradins, là où l'averse ne pouvait plus l'atteindre. C'était d'une inutilité flagrante : sa chevelure était tellement mouillée qu'elle avait pris une teinte vert sombre, qui aurait presque pu passer pour du noir. Presque.

Elle ferma les yeux, et prit une longue inspiration. Le clapotement régulier de la pluie l'entourait, comme une bulle familière. A présent que l'orage s'était calmé, la mélodie de l'eau, répétitive, avait quelque chose de rassurant. Ça ramenait la française à ses rares souvenirs d'enfance joyeux, ou du moins pas trop douloureux. Lorsqu'elle regardait avec fascination les gouttes s'écraser contre la fenêtre de sa chambre, le nez collé à la vitre, observant sans comprendre la foule de parapluies, pleine de couleurs et de mouvement, qui passait au contrebas de leur appartement parisien...

Elle frissonna. Elle était transie de froid ; elle n'aurait pas même été étonnée de voir de la neige tomber. Mais lorsqu'elle ouvrit son œil unique, c'était toujours la même pluie qui s'abattait sur le rebord sous lequel elle s'était assise. La même sempiternelle pluie amie, qui s'efforçait de laver le monde, en vain.

Eglantin, confit dans son éternel mutisme, s'était rapproché de la Gamma, sans qu'elle ne s'en rende compte. Et toujours, ses yeux noisettes qui semblaient aimanté par son visage.

- J'avais décidé de partir, sans prévenir quiconque, tu sais ? lança Myosotis, en regardant au loin.

Son sourire triste flotta un moment, et elle rajouta, l’œil toujours dans le vague :

- Et à ce moment précis, je tombe sur toi. Peut-être est-ce un signe... Peut-être qu'il est temps pour moi d'arrêter de fuir...

Elle n'attendait pas réellement de réponse ; elle n'en eut pas. Elle se mordilla la lèvre inférieure, incertaine. Finalement, elle trancha :

- J'ai besoin de ton aide.

Son frère acquiesça, sans une once d'hésitation. Myosotis en ressentit une douce vague de reconnaissance, qu'elle la balaya aussitôt.

- Avant, il faut que tu saches qui je suis, décréta-t-elle. Ce que j'ai fait. Et que je referais, s'il le fallait. Il y a de grandes chances que tu me trouves répugnante. Que tu m'en veuilles, ou que tu me haïsses. Mais j'aurais tout de même besoin de ton aide.

La dryade jeta une œillade à Eglantin ; ce dernier ne mouftait toujours pas. Cela n'avait rien d'étonnant, pour quiconque le connaissait ; mais elle se demandait ce à quoi il pouvait bien songer, à ce moment précis.

Sans doute ne le saurait-elle jamais... aussi elle se lança.

Elle se mit à raconter toute son histoire. Son histoire avec Magnus Magouille. Le philtre d'amour, l'antidote. Le harcèlement. Le sexe, le dégoût de soi, et l'amour, aussi intense que douloureux. Elle était toujours en train de se demander s'il était sage d'entrer dans les détails les plus sordides qu'elle les racontait déjà, de sa voix suave qui contrastait avec son effroyable récit.

Elle ne cacha rien à son frère. Les exactions commises par Magouille, son impunité totale et sa dangerosité. Le sang qu'elle avait sur les mains, et son étrange absence de remords. Toutes les horreurs de son couple, celle qu'elle assumait comme celles dont elle n'avait pas réellement conscience, et qui lui semblaient naturelles : les sévices physiques et psychologiques, la jalousie maladive, l'avilissement sexuel, leur union forcée sous magie noire, et l'amour, au dessus de tout, l'amour ! L'amour obsessionnel, l'amour inconditionnel et malsain qu'elle projetait comme excuse à tout.

Plus les mots coulaient entre ses lèvres, plus les pupilles de son frère tremblaient ; c'était léger, mais indubitable. Myo ne remarqua rien. Elle tripotait nerveusement ses mains, et continuait son récit. Jusqu'au sacrifice de sa vie pour lui, et son retour parmi les vivants, un mois plus tard, qu'elle ne s'expliquait toujours pas.

Avant de dire, dans un murmure :

- C'est pour ça que j'ai besoin de ton aide, Eglantin.

Elle leva un œil suppliant, bordé de larmes :

-Pitié ! Efface-moi la mémoire ! Aide-moi à l'oublier ! Si tu savais, je l'aime tant ! J'ai tellement mal sans lui ! Tellement mal !

Et elle qui pensait être désormais à court de larmes éclata en sanglots, devant le visage indéchiffrable de son frangin.






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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Dim 11 Déc 2016 - 14:03

Pendant de longues minutes durant, Eglantin était resté impassible face au discours de sa sœur ainée. L'écoutant parler sans émettre le moindre commentaire. D'apparence neutre, il s'efforçait de cacher la colère qui montait en lui. Au plus Myosotis ajoutait des détails, au plus il se sentait bouillir intérieurement.

Dans les poches de son pantalon, ses poings se serraient de toutes ses forces, ses ongles marquants profondément sa chair. Il n'avait qu'une seule envie, encore plus présente qu'avant, aller faire payer le Doyen pour toute la souffrance qu'il avait causée.
Sa mâchoire se contractait subrepticement aux détails les plus durs à entendre. Il voulait crier, hurler, faire sortir toute la haine et la douleur qu'il ressentait à l'instant présent.

Chaque mot qu'elle ajoutait était comme un pieu qu'on lui enfonçait en plein cœur. Plus les détails arrivaient, plus il était dur pour lui de rester immobile et neutre. Il voulait la secouer, lui demander pourquoi elle ne s'était pas tournée vers lui avant. Pourquoi est-ce qu'elle avait subi tout cela ? Comment avait-elle pu accepter d'être ainsi utilisée, humiliée, rejetée. Pourquoi sa fierté d'habitude si présente ne s'était pas manifestée ? Il voulait la serrer contre lui en lui murmurant que c'était fini, que plus jamais Magnus Magouille ne pourrait lui faire de mal, que maintenant il était là et qu'il allait la protéger.

Mais il ne le fit pas. Myosotis n'avait que trop raison : ils n'étaient pas une famille, juste deux étrangers l'un pour l'autre, qui partageaient une partie de leur patrimoine génétique, une nationalité, une mère, quelques souvenirs et... C'est tout. Deux inconnus se tenant face à face. Essayant de rattraper le temps, de construire quelque chose, de se convaincre que tout n'était pas encore perdu.

En entendant la demande de sa sœur dryade, le cœur d'Eglantin eut un raté avant de se briser. Comment quelqu'un pouvait vous faire l'aimer et souffrir au point de tout vouloir oublier ? Il y avait tellement de choses en lui, tellement de sentiments qu'il en était bouleversé. Du désespoir, de la colère, de la tristesse, de la haine. Tellement de choses qu'il n'était pas habitué à ressentir. Et de l'amour. Tellement d'amour pour cette jeune femme qui ne pouvait plus retenir ses larmes et qui sanglotait comme une enfant. De l'amour tellement puissant et viscéral que ça lui faisait mal.
Si son visage restait impassible, son regard était le reflet de l'explosion de sensations qu'il ressentait en cet instant.

Il ne disait rien. Il ne pouvait rien dire sans craindre que sa voix ne trahisse ses pensées. Il ne voulait pas qu'elle soit témoin de sa faiblesse. Sans briser le silence pesant qui régnait sous la pluie, dans un geste fluide, il prit sa main, tendrement. Il la sentit trembler sous l'émotion.
Doucement, il la poussa à se lever, gardant sa main dans la sienne. Elle marchait lentement, les larmes coulant toujours le long de ses joues.

Dans un silence presque religieux, ils avançaient, pas après pas. Eglantin ne disait rien, ne voulant pas montrer sa faiblesse. Myosotis ne disait rien non plus, sans doute par peur de la réponse de son frère. Et si il ne voulait pas ? Comment ferait-elle pour continuer de vivre ?
Autour d'eux, la pluie s'était arrêtée, comme si elle ne voulait plus enfoncer le clou. Comme si le temps avait compris que cela ne servait plus à rien de faire couler des larmes de nuages, les larmes de Myosotis étant suffisantes.

Arrivés en bas de l'immeuble d'Eglantin, l'Alpha Alpha Alpha ouvrit la porte à sa sœur et la laissa passer devant lui, lui faisant signe de monter les escaliers.
L'odeur de l'herbe Gamma était toujours aussi présente, ce qui fit légèrement hausser un sourcil à la jeune fille aux cheveux verts.

Une fois la porte ouverte, il entra à grands pas pour aller cacher le tableau qui trônait en plein milieu de son petit appartement. Myosotis n'avait pas besoin de voir qu'il était à sa rechercher depuis des mois, ni qu'il s'était renseigné sur Magnus Magouille.
Lorsqu'il se retourna vers elle, il la vit bloquée sur le petit vide-poches de l'entrée. Sur une petite figurine.



En ce jour de Noël, Eglantin était encore dans son lit. Il avait un petit paquet dans les mains, reçu le matin même. Le jeune garçon de 10ans était partagé entre la curiosité et la suspicion. Qui pouvait donc lui avoir envoyé un cadeau ?

Après quelques minutes de réflexion, il ouvrit le paquet et lu la lettre qui l'accompagnait.

Eglantin,

Au départ je t'avais trouvé un pull à l'image de Papa Noël avec deux boules qui déversaient de la neige sur celui-ci. Mais j'ai pensé que cela te plairait plus.

Joyeux Noël.

Myosotis"


Intrigué, il déballa le cadeau, pour y trouver un petit renne en plastique. Tout ce qu'il y a de plus normal. Il haussa les épaules.

"C'est un renne moldu"

Et à l'évocation du mot "Renne", une légère musique se fit entendre, le faisant sursauter. "Falala lala lala lala"



Myosotis eut un léger sourire en voyant que ce jouet était toujours présent dans la vie de son frère, alors qu'elle n'avait jamais eu de réponse à sa lettre de Noël.
Elle murmura doucement.

"Je ne pensais pas que tu avais gardé le renne"
"Falala lala lala lala"
"Je n'ai jamais réussi à arrêter la musique."


La dryade laissa échapper un petit rire triste. Plus la journée passait, plus elle semblait comprendre que son petit frère n'était peut être pas le grand dadais insensible qu'il paraissait être.
Elle fit quelques pas dans l'appartement. Il était minuscule certes. Il y faisait froid. Mais on s'y sentait chez soi. A la maison.
Elle s'installa sans un mot sur le canapé, en s'enroulant bien au chaud dans la couverture qui était posée dessus. Elle était glacée jusqu'aux os.

Son frère cadet était partit mettre leurs cape et manteau à sécher, avant d'enfiler un pull sec et de revenir, sa baguette à la main. Ses doigts étaient fortement crispés dessus. Avait-il réellement le droit de faire cela ? Pouvait-il lui prendre ses souvenirs sans le moindre état d'âme ?
Si il le faisait, il serait responsable de son amnésie, du fait que certaines choses et personnes lui paraitraient étrangères. Mais si il ne le faisait pas... Myosotis resterait torturée dans sa douleur, et lui aussi. Ils souffriraient ensemble d'une situation qui ne pourrait pas aller en s'arrangeant.

Il déposa devant elle, une tasse de café bien chaude. Aimait-elle seulement le café ? Il ne le savait pas.
Alors il ajouta, à côté, une tasse de thé, une tasse de chocolat chaud, et des biscuits. Il voulait qu'elle soit bien, qu'elle aille bien. C'est la seule chose qui lui importait réellement.

"Merci Eglantin"

Sans un mot, il déposa furtivement, légèrement, comme une caresse, un léger baiser sur son front. Avant de murmurer comme dans un soupir :

"Oubliettes"

Les yeux de sa sœur s’écarquillèrent, puis se fermèrent. Le cœur lourd et serré, il s'éloigna pour aller se mettre face à la fenêtre. Il avait les lèvres pincées et le regard humide, ses doigts toujours serrés sur sa baguette. C'était sans doute mieux ainsi...




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MessageSujet: Re: Sous la pluie   Sam 24 Déc 2016 - 12:08

Un flash aveugla momentanément la jeune femme aux cheveux verts. Un halo d'une blancheur intense, qui la transperça d'une chaleur étrange, mais douce.

Elle ferma les yeux, et prit une longue inspiration, comme pour aspirer en elle cette lumière purificatrice.

- Eglantin... murmura-t-elle d'une voix presque vaporeuse. Merci...

Puis elle rouvrit ses yeux, après un long moment. Du moins, cela lui semblait avoir été un long moment. C'était difficile à dire ; elle avait cette impression d'avoir été... comme en transe. Ou en méditation profonde. Tellement perdue dans ses réflexions qu'elle en avait perdu le court du temps.

La dryade cligna des yeux. Elle se sentait bizarre, mais bizarrement bien. Définitivement apaisée. Le poids qui lui écrasait la poitrine, plus tôt, s'était évaporé, comme par magie.

Myo passa sa main dans son épaisse chevelure verte, et se mordilla les lèvres, incertaine. Elle essaya de se souvenir de ce dont elle était en train de parler, avec son frère, juste avant ; elle n'y parvint pas. Elle avait perdu le fil de leur conversation.
Mais le bien-être et le soulagement qu'elle ressentait n'avait qu'une seule explication plausible : Eglantin et elle s'étaient enfin réconciliés, et, enfin rapprochés. Après toutes ses années, ils étaient ce qu'ils auraient du être depuis toujours : une famille.

Elle avait enfin une famille ! Qu'y avait-il de plus important que ça ?

Quelle autre explication pour ce qu'elle ressentait, sinon ?

Elle tourna la tête, et considéra l'appartement de son frangin. Petit, pas franchement luxueux... mais douillet. Elle s'y sentait bien.

Eglantin, de dos, contemplait quelque chose qu'elle ne voyait pas, au travers de la fenêtre. Elle garda ses yeux noisette sur sa longue silhouette, quelques instants, pensive.

Pourquoi l'avait-elle remercié ?

Sans doute pour l'assortiment de tasses de différents breuvages aux arômes délicieux, qui refroidissaient sur la petite table d'appoint

Elle sourit, avec douceur. C'était trop mignon. Il avait préféré en faire trop plutôt que de prendre le risque de la décevoir; et c'était peut-être la chose la plus adorable qu'on avait fait pour elle.

Elle commençait à le cerner, un peu ; du moins, elle le pensait. Il pouvait semblait froid. Ou détaché. Mais ce n'était pas ça. C'était de la timidité, ou de la retenue, ou quelque chose d'apparent, peu importait le terme finalement. Mais il ne se fichait pas d'elle. Elle comprenait à présent qu'elle comptait pour lui, autant qu'il comptait pour elle. Il ne le montrait simplement pas. Ou pas comme les autres, disons. Et ce n'était pas grave.

Elle poussa un soupir d'aise.

Oui, Myosotis avait le coeur plus léger... mais étrangement, elle se sentait aussi très, très fatiguée. Comme si elle avait trop lutté contre le sommeil, et qu'elle acceptait enfin sa défaite.

- Tu sais, lança-t-elle d'une voix à moitié endormie. Je suis vraiment heureuse que l'on soit enfin une famille, toi et moi...

C'était la vérité. A présent, ils n'auraient pas à passer la nuit dehors, en catimini, pour partager un moment privilégié. A présent, leur mère ne se mettrait pas entre eux pour gâcher leur plaisir, et les empêcher de se voir. Et c'était si réconfortant, comme idée.

- Vraiment... heureuse...

Elle réprima un bâillement, et ferma les yeux, laissant sa tête dodeliner contre le dossier du fauteuil. Pourquoi était-elle si fatiguée d'un coup ? Ce n'était pas bien grave, ceci dit : après cette pluie glaciale qui l'avait gelée jusqu'aux os, il y avait quelque chose d'incroyablement agréable et réconfortant à se laisser aller dans les bras de Morphée, au chaud sous un plaid.

Pour elle, l'orage était enfin terminé...

Eglantin se rapprocha de sa sœur endormie, le visage grave. Il la considéra quelques secondes, puis se pencha vers elle, et réajusta la petite couverture, afin de mieux couvrir les épaules de la dryade.

Puis, il poussa un long soupir, et se dirigea vers sa chambre, les yeux emplis d'une tristesse indicible.






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Sous la pluie

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