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 Le Maitre et l'élève

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DOSSIER ETUDIANT
Filière : Filière :: Magizoologie
Description ::
Bons Points : Bons Points :: 33
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Titus Reynolds

Messages : 1708

Situation Amoureuse : Sais pas. Pas le temps je suppose.

Filière : Magizoologie

Sorts Connus : Calmos Pacificatum,
Contusionus Encontusiono,
Duro,
Hominum Revelio,
Incarcerem,
Lashlabask,
Meteorribilis / Meteorribilis Recanto
Spero Patronum,
Subcingulus,
Repulso,
Failamalle,
Sectumsempra,
Hypnose Animale,
Animagus

Inventaire : Glace à l'Ennemi,
Potion Miracle du Bon Dr Magouille (x6),
Lait de Poule Miracle du Bon Dr Magouille (x3),
Tequila Magouillita (x3),
Manuel du Bon Petit Vétérimage

MessageSujet: Le Maitre et l'élève   Ven 22 Mar 2013 - 20:06

Le monstre était d'une taille proprement stupéfiante : l'immense vestibule du bureau du professeur de Magizoologie dans lequel il était exposé semblait étrangement étroit lorsqu'on observait la Bête de la taille d'un éléphant, figée pour l'éternité, dans une posture inquiétante...

Titus ne pouvait en détacher le regard. Il comprenait peu à peu à quel point la terreur avait figé les entrailles des chasseurs qui avaient du l'affronter. De tous les muscles saillant sous son pelage pourpre moucheté d'ébène, transpirait une impression d'agilité phénoménale et ses yeux d'un vert sombre et maladif ne cessaient de fixer le cowboy partout où il allait, brillant d'une lueur infernale. Les crocs du titanesque félin s'étaient voilés d'une teinte grisâtre, sous l'action de l'haleine empoisonnée que le monstre exhalait de son vivant.

D'un pas lent et précautionneux, le jeune sorcier s'approcha de la stèle sur laquelle était clouté un écriteau. Il lut :
Nundu du Kenya ; Abattu le 18 Aout 1972 par Gilbert Dragonneau et les guerriers du peuple Samburu. Ce trophée fut offert au Professeur par le gouvernement sorcier Africain, reconnaissant.
Impressionné, Titus se releva lentement et s’apprêta à partir en reculant, les yeux fixés sur le fauve géant.

-Terrifiant, n'est-ce pas ? fit une voix derrière lui.

Le ricain sursauta et se retourna vivement, la main crispée sur son holster. Son prof, Dragonneau se trouvait derrière lui, observant d'un regard intense le Nundu statufié.

-Il m'arrive parfois, lorsque je travaille tard la nuit dans mon bureau, de me lever pour le regarder... Le professeur tourna alors la tête vers son étudiant.

-Ou plutôt pour le surveiller. J'ai souvent la bizarre impression qu'il pourrait s'échapper à tout moment, bien qu'il soit mort depuis 40 ans maintenant. Voilà ce que j'appelle un véritable démon...

Dragonneau se détourna du "trophée" et  se dirigea vers une de ses bibliothèques antiques, décorées de draperies et de talismans exotiques. Il en pris un vieux livre à la couverture noire et usée, dont les pages, nota Titus, étaient plusieurs fois annotées.

-Vous souhaitiez me parler de quelque chose en particulier, mon garçon ? demanda-t-il sans quitter l'ouvrage des yeux. Si j'ai bonne mémoire, vos cours ne reprennent que vendredi.

-Tout à fait, professeur.

Sortant de la poche de son manteau un calepin de cuir fatigué, Titus l'ouvrit à une page couverte de griffonnages qu'il avait marquée au préalable, et le tendit au professeur qui l'examina.

-Ce que vous voyez sont les mensurations de marques de griffes trouvées sur un mur en briques et le tronc d'un arbre dans Mysteria Lane. J'ai passé presque deux semaines à essayer de trouver à quel genre de créature elles appartiennent. Jusque là, j'ai fait chou blanc... Peut-être que vous pourriez m'en dire plus ?

-Bon dieu ! s'exclama Dragonneau. Ça ce sont des ergots ! Hélas, mon garçon, avec aussi peu de données, j’ai peur de ne rien pouvoir vous apprendre…

Le cowboy sortit alors de l'intérieur de son manteau une minuscule poche en cuir qu'il tendit à son professeur. Ce dernier en fit tomber le contenu dans sa main : il s'agissait du fragment de peau que le Gamma avait récupéré sur les lieux de la dernière attaque.

-Et avec ça, vous le pourriez ? Ces ergots comme vous dîtes appartiennent à une bête haute de deux mètres et à la peau verte et écailleuse, dont vous avez ici un petit aperçu !!! s’impatienta Titus. Vous pouvez vraiment rien me dire ?

-Deux mètres ? fit le vieil homme, les yeux rivés sur le bout d’épiderme.

-Oui !

-Avec ce genre d'écailles ??

-OUI !!!

-Sacré nom d’un musard ! Se pourrait-il que…

Titus attendit plusieurs secondes la fin de la phrase… qui ne vint jamais, Dragonneau s’étant encore perdu dans ses pensées. Il claqua des doigts devant le visage de son prof qui sursauta, revenant à la réalité.

-Restez avec moi, professeur ! Est-ce que ça vous évoque quelque chose ?

-Oui, ça se pourrait. Mais pourquoi en faites-vous tout un plat ? C’est le sujet de votre prochain exposé ?

-Non, c’est le monstre qui a attaqué mon amie !

-Saperlope ! Laissez-moi prendre des notes…

Sortant sa baguette, il recopia dans les airs en lettres de feu, les mesures que Titus avait notées dans son calepin. Puis, d’un geste de la main il envoya le pense-bête voler jusqu’à son bureau, et rendit son carnet au cowboy. Il garda cependant le bout d'écaille.

-Je vais étudier ça de près. Vous pouvez disposer, jeune homme.

-Merci, Monsieur.

Alors que Titus s’apprêtait à partir, Dragonneau fut saisi d’un doute.

-Vous ne comptez tout de même pas traquer cette créature, Mr Reynolds ?

Interloqué, Titus se retourna d'un bloc.

-Quelle question Monsieur ! Bien sûr que si !

Blasé, Dragonneau secoua la tête d'un air navré.

-Je ne comprends pas ce qui peut bien vous pousser à mettre votre vie en danger comme ça, dès que l'occasion se présente. Il y a un mois de ça, une manticore en captivité a failli vous écharper en plein cours. Vous faites preuve d'une grande imprudence, quelles que soient les occasions...

-Mais je...

-Bon dieu, Titus ! D'autres sorciers plus compétents peuvent s'occuper de votre bestiole ! Que tenez-vous donc tant à prouver en agissant comme ça, hein ?

-Mais, absolument rien, Monsieur !

-Alors c'est encore pire que ce que j'avais imaginé...

Il désigna d'un geste le Nundu trônant au milieu de la salle.

-Je suppose que c'est le genre de créature que vous aimeriez chasser un jour, n'est-ce pas ?

Titus observa la Bête d'un œil circonspect : à la vérité, ce monstre l'intimidait plus qu'autre chose. Devant un tel spectacle, les safaris devenaient soudain beaucoup moins attrayants...

Dragonneau se leva, se dirigeant lentement vers le "trophée".

-Nous étions plus d'une centaine à être partis traquer ce fauve. Une armée des plus impressionnantes : des guerriers-sorciers issus des tribus locales, trois mages anthropologues, de vieux amis que j’avais connu en faculté, des chasseurs de monstres assoiffés de sensations fortes, et tout ce que le pays comptait d'aventuriers et autres fanfarons...

Arrivé devant le fauve "figé" pour l'éternité, le vieil homme s'arrêta pour le contempler avec respect. Son regard était devenu lointain, perdu dans ses souvenirs.




-Le plus terrible avec cet animal, ce n'est pas sa taille, ni sa force ou sa vitesse démoniaque. Pas même son souffle empoisonné capable de décimer à lui seul une armée entière. Non, le plus terrible c'est le silence qui l'accompagne. Voyez-vous, malgré sa taille gigantesque, le Nundu a la particularité de se déplacer dans le silence le plus total, comme un fantôme.

Il désigna d'un geste l'animal empaillé :

-Celui-ci s'était échappé d'une grande réserve magique où les Massaï l'avaient enfermé. Durant l'été 72, il décima plusieurs villages kenyans sans laisser le moindre survivant. Aucun sorcier parti à sa poursuite n'en était revenu. Sous ses assauts, le pays s'enfonçait peu à peu dans les ténèbres.

Titus s'était arrêté, comme hypnotisé par le récit de son professeur qu'il regardait avec des yeux ronds de fascination.

-Pendant trois semaines nous l'avons traqué, reprit Dragonneau. Ratissant les forêts, sondant les rivières à la recherche des restes de ses repas... Une nuit, nous avons monté le campement à la hâte : nous étions sur une piste pour la première fois depuis le début de l’expédition, vous comprenez ? Nous voulions repartir avant l'aube et nous n'avons pas jugé utile d'ériger les défenses magiques élémentaires, pour pouvoir partir au plus vite... La chaleur était étouffante cette nuit-là, le 18 aout. Ces moustiques gros comme le poing, ces serpents change-formes… Bon dieu, je déteste la jungle !!!

Boutonnant son veston d’une main tremblante, le professeur qui semblait avoir vieilli de dix années au fil de son récit, poursuivit d’une voix blanche où transparaissait une terreur abjecte :

-Je ne saurais dire à quel moment de la nuit il a fondu sur nous, en silence, comme toujours. Sans doute nous traquait-il lui-même depuis plusieurs jours déjà. L’alerte n’a pu être donnée que parce la lune était pleine et haute, éclairant la jungle comme en plein jour : la sentinelle a pu le voir s’abattre sur lui et hurler de terreur, réveillant tout le monde.

Clignant des yeux, Titus baissa un moment les yeux sur ses mains : elles étaient moites et tremblantes. Tachant de se donner une contenance, il demanda d’une voix hésitante, osant difficilement rompre le silence qui s’était installé :

-Mais… vous l’avez eu, non ? Cette nuit-là ? Le 18 aout ? C’est ce qui est écrit sur la plaque !

Le vieil homme poussa un long soupir et poursuivit d’une voix éteinte :

-Certes. Nous l’avons eu. Mais à quel prix... Ce fut comme vous vous en doutez un effroyable carnage. Nous étions partis plus d’une centaine. Lorsque nous sommes rentrés avec sa dépouille au village Samburu, seuls cinq d’entre nous avaient survécu : quatre fiers guerriers des tribus voisines… et moi-même.

Titus sentit sa bouche se dessécher.

-Alors aucun de vos amis n’en a réchappé ?

-Non. Pas plus que les aventuriers m’as-tu-vu qui clamaient pourtant à tout bout de champ qu’ils ne feraient qu’une bouchée du bestiau !

Il se tourna alors vers le ricain, le regard triste.

-Savez-vous pourquoi je vous raconte cela, Titus ?

Le jeune sorcier resta muet, ne sachant que dire.

-Quand je vous observe, tout ce que je voie n’est que l’exacte réplique de ces chasseurs de monstres inconscients. Tous voulaient faire leurs preuves, s’enrichir, se vanter ou, comme vous, se repaître de sensations fortes. Tous étaient courageux, à leur manière. Tous étaient de puissants sorciers. Et tous sont morts.

Le cowboy baissa la tête. Il voyait où Dragonneau voulait en venir, mais il s’agissait de protéger son amie, pas d’autre chose ! Enfin, du moins le croyait-il.

-Je veux veiller sur Myo, c’est tout. Mais je comprends ce que vous voulez dire.

-A la bonne heure. Je me contre-fiche que vous fassiez cela pour aider un de vos proches, ou bien simplement pour vous "divertir". Je compte juste sur vous pour être plus prudent, dorénavant.

-Bien sûr, Monsieur. Et vous, vous allez me confier les résultats de vos recherches ?

-Si vous insistez… soupira le professeur. Si je trouve quoi que ce soit, je vous le ferez savoir. Maintenant zou,  disparaissez !

Pris au dépourvu, Titus s'empressa de quitter les lieux, plus troublé que jamais.



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